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DES
CHAMPIGNONS
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C03IESTIBLES ET VENENEUX
DES
CHAMPIGNONS
COMESTIBLES ET VÉNÉNEUX
G-. SICS-A-FLID
Préface par Ad. CHATIN, do l'Institut
OUVRAGE ACCOMPAGNÉ DE SOIXANTE-QL'J.NZE TLANCUES COLORIÉES
• t.
PARIS
LIBRAIRIE CH. DELAGRAVE
1S, RUE SOUFFLOT, lo
1883
:£sz-
PREFACE
Longtemps délaissées du botaniste et de l'amateur, que n'atti-
rait pas à elles l'éclat des fleurs, apanage des phanérogames,
les plantes cryptogames, commencèrent seulement à fixer l'atten-
tion lorsque l'étude paléontologique du terrain houillier, y mon-
trant l'existence presque exclusive de leurs débris fossiles, vint
apporter un éclatant témoignage de la prééminence qu'elles occu-
pèrent dans la végétation aux premières époques géologiques.
Mais ce n'est que dans la seconde moitié du siècle actuel que
les cryptogames cellulaires, et spécialement les Champignons
— quoique beaucoup fussent anciennement connus — s'im-
posèrent réellement à l'attention générale, prenant dès lors,
dans les travaux des botanistes, une place qui grandit chaque
jour.
Le moment de la faveur qui s'attache aujourd'hui à l'étude
des cryptogames était d'ailleurs comme marqué par les progrès
réalisés dans la botanique phanérogamique.
Pour celle-ci, en effet, abstraction faite de la physiologie,
VI PRÉFACE
de l'histologie et de la philosophie taxinomique qui, durant de
longues années encore, solliciteront les recherches des savants,
on est arrivé, pour la connaissance des espèces, et surtout des
espèces indigènes, à acquérir des notions si précises, si étendues,
que de nombreux adeptes de Flore, n'ayant plus à espérer d'ob-
servations nouvelles, se sont mis, croyant être dans la voie du
progrès, à démembrer les vieux genres, les anciennes espèces, en
fragments infinis, tellement multiples et ténus, qu'ils deviennent
souvent méconnaissables, même pour leurs créateurs.
Mieux valait — et c'est la voie où beaucoup, et des plus sages,
se sont engagés — se tourner vers les cryptogames, étudier les
merveilleux phénomènes qui, dominant leur existence, se trou-
vaient cependant naguère encore complètement ignorés. A cette
introduction biologique succéda naturellement la description do
nombreuses espèces, restées jusque là inconnues, et, par une
marche inverse de celle qui avait guidé trop de phanéroga-
mistes, on se trouva conduit à ramener, par l'observation, à un
môme type générique ou spécifique, des Champignons considérés
d'abord comme distincts, parce qu'ils n'avaient pas été suivis dans
le cycle évolutif de leurs différents âges.
C'est ainsi que furent révélés ces curieux polymorphismes, par
lesquels passe la rouille du Berberis lorsque, changeant d'hôte,
elle va se fixer sur les graminées, ou le Posidonia du Sabinicr,
devenant le Bœstellia du Poirier, etc.
Respiration des Champignons. — Les expériences de Th. de
Saussure ayant montré que les Champignons absorbent constam-
ment de l'oxygène et rejettent dans le milieu ambiant de l'acide
PRÉFACE VIT
carbonique, on avait regardé le fait comme exceptionnel,
conformément à la croyance généralement admise et suivant
laquelle les végétaux eussent du posséder une respiration
« inverse » do celle des animaux; les délicates recherches de
M. Garreau ont fait justice de cette prétendue dualité fonc-
tionnelle. Nous savons maintenant quo la respiration est
toujours identique dans les deux règnes et s'y traduit par
une absorption d'oxigène et une exhalation d'acide carbo-
nique ; nous ne songeons plus à la confondre avec la fonc-
tion chlorophyllienne, s'exprimant par une décomposition
d'acide carbonique, une fixation de carbone et une exhala-
tion d'oxygène, véritable acte nutritif limité aux parties vertes
et se manifestant seulement sous l'action de la lumière. Chez
les Champignons, la chlorophylle faisant défaut, la respira-
tion n'est pas masquée par la fonction chlorophyllienne ; mais
il no serait pas plus légitime de séparer les Champignons
des autres végétaux que de retirer de la sério zoologiquo
les animaux qui, comme l'Euglône ou, comme divers Cœlen-
térés et Turbellariés, possèdent de la chlorophylle.
Reproduction. — La reproduction des cryptogames forme l'un
des chapitres les plus intéressants do leur histoire, étant données
les découvertes inattendues auxquelles son étude a donné lieu en
ces dernières années.
On sait aujourd'hui que beaucoup de ces plantes possèdent,
pour une môme espèce, des moyens de reproduction variés, dont
l'un procède d'une véritable fécondation.
Naguère encore, avant les belles recherches de M. G. Thuret,
VIII PRÉFACE
recherches qui., limitées d'abord aux algues, ne tardèrent pas
à recevoir une rapide extension et dont le résultat immédiat
fut de modifier totalement les idées antérieurement admises
sur le mode de reproduction des divers cryptogames, nul n'eut
pensé pouvoir admettre une fécondation dans ces végétaux, dési-
gnés souvent par le nom d'Agames, ce qui impliquait la néga-
tion de toute fécondation.
Et cependant, qu'y a-t-il de mieux étudié, d'aussi certain, de
plus admirable que cette fécondation aux manifestations variées :
tantôt produite par le développement, sur la même plante, de
deux cellules mâle et femelle qui se mettent en contact, ailleurs
par le mouvement, réciproque, de deux individus d'abord écartés;
tantôt assurée par ces merveilleux anthérozoïdes, sortes de grains
de pollen qui empruntent aux infusoires, avec leurs appendices,
leur motricité, pour aller à la recherche des archégones au fond
desquelles le germe femelle attend d'eux son imprégnation afin
d'évoluer en une plante nouvelle.
Moins bien partagés que la plupart des autres cryptogames, les
Champignons n'ont guère, jusqu'à ce jour, offert de fécondation
que dans leurs petites espèces ; cependant ce phénomène, qui
n'a jamais été encore observé dans les Basidiosporés '(Agarics,
Bolets, etc.), a été constaté, par divers observateurs (de Bary,
Tulasne, etc.), chez des Pezizes; c'est aussi sur une de ces plantes
(Peziza nigra) qu'il a été constaté par M. Sicard.
Germination. — La germination des cryptogames, celle des
Champignons en particulier, entre pour une part importante dans
les recherches auxquelles se livrent les botanistes depuis 30 ans.
PRÉFACE IX
C'est en suivant la germination de leurs spores que Ton a surpris,
disséminés sur les prolhalles des Fougères, des Equisétacées, etc.,
les archégones et les anthéridies. C'est aussi sur le mycélium
naissant des Bulgaria, Peziza, etc., qu'on a vu se produire
les cellules fécondatrices.
M. Sicard a compris toute l'importance qui s'attache, dans les
Champignons, à l'étude de leur germination ; il y consacre, dans
son deuxième volume, de nombreuses planches.
Aussi facile à observer que rapide à se produire dans beaucoup
de Champignons, la germination se montre réfractaire (dans nos
expériences, du moins) chez d'autres, dans la Truffe notamment, où,
malgré de multiples recherches, elle n'a pas encore été constatée.
Transformisme. — Certes, quand on se reporte à certains
Champignons, si différents entre eux suivant l'âge, l'organe
reproducteur qui leur a donné naissance, l'hôte qui fournit à leur
subsistance, on peut être conduit à se demander s'il n'y a pas là
des faits que le transformisme soit en droit d'invoquer.
Mais, quand on considère que ces formes si diverses se repro-
duisent suivant un cycle constant pour la même espèce, on est
immédiatement mis en garde contre le courant auquel se laissent
aller de nos jours tant de naturalistes — les jeunes surtout — qui
se passionnent pour une hypothèse, rajeunie par Darwin, mais
qui date de Lamarck et d'Etiennne Geoffroy-Saint-Hilaire ,
et fut déjà si victorieusement combattue, de leur temps, par
Cuvier, de Blainville et le collaborateur en botanique de Lamarck
lui-même, Pyrame de Candolle, qu'on aurait pu la croire aban-
donnée pour toujours.
X PRÉFACE
Malgré les assertions des savants paléontologistes qui voient
partout des formes ancestrales successivement modifiées par le
temps et les milieux, le transformisme n'est pas mieux établi
par les faits géologiques que par les observations contempo-
raines.
Il suffit, pour s'en convaincre, de rappeler que son action
eût dû s'exercer sur tous les êtres des premiers âges de notre
planète, de telle sorte qu'il n'existât aujourd'hui que des êtres
perfectionnés, sans nulle trace, nul reste des premières espèces.
Et cependant, que voyons-nous ? des Conifères, des Fougères,
des Lycopodes, même des Champignons et des Algues, ces repré-
sentants les plus inférieurs de l'échelle végétale, encore organisés
comme leurs congénères enfouis dans les terrains les plus
anciens; et dans le règne animal, encore des Reptiles, des
Poissons, des Mollusques, des Arthropodes, des Vers et des
Protozoaires, comme à l'époque de ces formations géologiques,
sur lesquelles ont passé tant de siècles et de cataclysmes plané-
taires.
Les conséquences de ces faits, qu'il serait facile de multiplier,
se déroulent d'elles-mêmes, pleines de force et d'enseignements,
s'imposant à tout esprit non prévenu.
L'hypothèse du transformisme — car ce n'est qu'une hypo-
thèse — suppose que, toutes les espèces créées à l'origine
devaient, par mutations et, dit-on, sélections successives, donner
naissance à tous les êtres, aux formes encore représentées dans
la nature actuelle comme aux formes éteintes avec les époques
antérieures ; on serait donc forcé d'admettre que certaines espèces
privilégiées n'ont cessé d'être soumises â des perfectionnements
TRÉFACE XI
progressifs dont la période actuelle ne constituo qu'une simple
phase, tandis que d'autres espèces, initialement semblables aux
êtres perfectibles, sont condamnées, par suite d'une déchéance
originelle, à demeurer stationnaires dans leur infériorité pri-
mitive
Modifiant profondément le principe môme de leur doctrine, les
transformistes sont ainsi conduits à assigner aux premières créa-
tions une double destinée capable d'expliquer comment, auprès
de l'Homme et des Singes anthropomorphes, ses ancêtres immé-
diats, on trouve encore des Protozoaires, des Articulés, des
Mollusques et des Poissons, tandis que dans le règne végétal
coexistent, avec les Gamopétales hypogynes aux brillantes
corolles, des Fougères, des Mousses, des Algues, des Champi-
gnons réduits parfois à une seule cellule ou même à un simple
globule de proloplasma.
Rappelons, enfin, que les plus fervents adeptes du transfor-
misme ne peuvent parvenir à se mettre d'accord sur le sujet,
cependant bien limité, que nous examinons en ce moment. Dès
qu'on les invite à faire connaître l'ancêtre probable do nos
Champignons, ils formulent des conclusions absolument dissem-
blables ; les uns croient pouvoir placer cet ancêtre dans le
groupe des Siphonées ; pour d'autres, il résiderait parmi les
Monôres archégoniques ; enfin, quelques auteurs, désespérant
de pouvoir le trouver dans aucun des groupes connus, n'hésitent
pas à considérer la classe des Champignons « comme un troi-
sième règne intermédiaire aux « deux règnes organisés ».
De telles divergences suffisent à faire apprécier la doctrine
transformiste : sachons-lui gré des travaux qu'elle provoque, des
XII PRÉFACE
recherches qu'elle inspire, mais gardons-nous de partager ses
séduisantes illusions, ses dangereuses erreurs.
Chimie des Champignons. — Nous ne saurions suivre l'auteur
de l'Histoire des Champignons alimentaires et vénéneux dans les
vues qu'il développe sur la chimie de ces végétaux; quelques
mots cependant sur ce sujet :
Considérés au point de vue de leur constitution chimique, les
Champignons présentent, à côté de faits bien établis, des incon-
nues qui sollicitent les travailleurs, leur promettant, au delà de
difficultés qui en doubleront le prix, des découvertes utiles,
peut-être brillantes.
Ce que l'on sait bien, depuis les analyses de Vauquelin, c'est
que les Champignons sont assez azotés pour qu'on puisse les
regarder comme formés par une sorte de chair végétale, analogue
aux substances protéiques, ce que justifient leurs qualités alimen-
taires, appréciées et utilisées clans beaucoup de pays, où ils sont
une ressource de premier ordre.
Mais ce que nous connaissons encore mal, malgré les recherches
de savants chimistes , c'est la nature du — ou mieux — des
principes actifs des espèces vénéneuses. On a bien indiqué un
alcaloïde, Yamanitine, mais ce corps, dont la composition élé-
mentaire , les caractères chimiques et les propriétés toxico-
physiologiques n'ont jamais été contradictoirement établies, ne
paraît pas être le même pour tous les chimistes.
D'ailleurs, les Champignons de genres et d'espèces divers
renferment-ils tous le même poison? N'existe-t-il pas plusieurs
matières toxiques, les unes fixes, les autres volatiles et se dissi-
PRÉFACE XIII
pant par la chaleur? Avec des alcaloïdes fixes, comme la stry-
chnine et la morphine, ne s'en trouve-t-il pas dont la volatilité
rappelle la cicutine et la nicotine? Les Lactaires n'ont-elles pas
pour principes vénéneux des résines ou des huiles en suspension
dans le suc cellulaire, tandis qu'ailleurs existerait un composé
albuminoïde que la coction neutralise en le coagulant? Peut-être
encore les Champignons vénéneux renferment-ils de ces corps
qui, comme l'acide prussique du Laurier-Cerise et des amandes
amères ou l'essence sulfo-azotée du Raifort ne se forment qu'au
moment du contact de sucs d'abord enfermés dans des cellules
différentes ?
Culture des Champignons. — Un mot, pour terminer, sur la
culture des Champignons.
M. Sicard, à qui la culture, si développée dans la banlieue de
Paris et jusque dans l'enceinte de la capitale, du Champignon
de couche (Agaricus campestris) est familière, l'a traitée de main
de maître. Ce qu'il en dit sera un guide sûr, comme les belles
planches de son livre, dessinées par lui-même et coloriées d'après
ses types, rendront faciles à tous la connaissance des Champi-
gnons, de ceux surtout que chacun doit et veut connaître en
raison de leurs qualités, ou nocives, ou alimentaires.
En quelques pays on cultive, mais par des pratiques assez peu
assurées, divers Agarics et même, assure-t-on, la Morille. Il en
est autrement de la Truffe (Tuber cibarium) dont la production
a pris de grands développements , surtout dans la région du
Mont- Ventoux , à l'aide des glands tombés sur les truffières
et semés dans les terres calcaires des régions propres à la matu-
XIV PRÉFACE
ration du raisin. Les importantes cultures de Truffes de M. Rous-
seau, qui s'étendent sur plus de 20 hectares aux portos de
Garpentras, seront toujours citées comme des modèles à suivre.
L'observation suivante établit, entre cent autres, la nécessité
pour la Truffe des sols calcaires.
Quand on se rend de Poitiers à Périgueux en passant par
Limoges, on voit la Truffe disparaître vers Montmorillon , à
l'entrée dans le massif granitique, pour ne plus se montrer qu'à
Thiviers, après que celui-ci a été franchi.
Etant données ainsi ses conditions biologiques, on voit quels
vastes territoires sont réservés à la production de la Truffe ,
appelée à suivre celle de la vigne sur tous les sols calcaires,
comme déjà elle l'accompagne en Provence, Dauphiné, Quercy,
Périgord, Poitou, Anjou, etc. Dans la Champagne et la Bourgogne
en particulier, l'introduction de l'excellente Truffe noire (Tuber
cibarium ou melanosporum) est tout indiquée pour remplacer les
médiocres Tuber brumale et T. mesentericum qui y croissent.
Ces considérations suffisent à faire apprécier la haute valeur
qui s'attache à l'étude des Champignons. Par les phénomènes
qui caractérisent leur biologie, ils s'imposent tout particuliè-
rement à l'attention du naturaliste; maison se tromperait étran-
gement si l'on regardait leur histoire comme purement spéculative.
Nul chapitre , au contraire , de la Botanique générale n'offre
d'aussi nombreuses, d'aussi fréquentes applications. Dans ce
groupe se succèdent , presque sans interruption , des espèces
tantôt utiles , tantôt nuisibles , que rapproche la plus intime
PRÉFACE XV
parenté. Pour les bien connaître, pour éviter ces déplorables
méprises qui se renouvellent trop souvent, il importe de les
soumettre à un examen rigoureux et pour lequel le beau livre de
M. Sicard constituera le guide le plus sûr. Grâce à lui, on
parviendra facilement à poursuivre des études fructueuses entre
toutes, puisqu'elles nous apprennent à distinguer quelques-uns
des auxiliaires et des adversaires que nous rencontrons journelle-
ment dans cette incessante lutte pour l'existence qui résume la
vie de l'homme comme celle de tous les organismes.
Ad. CIIATIN.
HISTOIRE NATURELLE «w y««*
•OTAN!
DES ■ ■
CHAMPIGNONS
COMESTIBLES ET VÉNÉNEUX
PREMIÈRE PARTIE
CHAPITRE PREMIER
DISPOSITION DU LITRE
L'étude des Champignons, qui paraît si difficile et si peu
attrayante, ne tarde pas à séduire ceux qui s'y livrent. Nous
savons tous que ces êtres bizarres, à plus d'un titre, sont univer-
sellement appréciés du riche comme du pauvre; ils sont le condi-
ment indispensable d'une infinité de mets servis journellement
sur nos tables, et môme au temps de disette, l'homme trouve
encore dans les champignons une véritable ressource.
Mais combien de fois n'a-t-on pas vu ces cryptogames si esti-
ez mes , si recherchés, porter le deuil et la mort au sein des
*p familles, par suite d'une méprise faite en cueillant dans les bois
crj ou dans nos prairies des Champignons vénéneux pour des comes-
ct; tibles. Ces malheurs, trop fréquents, sont dus à l'extrême res-
5£ semblance que présentent entre elles une foule d'espèces, ce qui
rend leur détermination aride et difficile; aussi le but de ce livre
1
DISPOSITION DU LIVRE
est-il de populariser la connaissance des Champignons, et de
donner l'habitude et la pratique nécessaires pour distinguer une
espèce comestible d'une espèce vénéneuse.
Mais, indépendamment des caractères communs qui leur assi-
gnent une place parmi les végétaux, les Champignons en ont de
particuliers qui les différencient entre eux, et les rendent suscep-
tibles de subdivisions nombreuses. Depuis Théophraste jusqu'à
Pline, on ne trouve que l'indice vague de quatre sortes de cham-
pignons, non compris les Agarics, qu'on regardait comme des
excroissances d'arbres ; de Pline à Tournefort, à peine y a-t-il
trace de quelques genres convenablement caractérisés. On les
considérait comme des végétaux imparfaits, privés de feuilles et
de racines. Nous développons, du reste, ce passage de l'antiquité
à nos jours au chapitre II, Considérations générales.
Les Champignons sont tellement multipliés, et de natures si
diverses, soit par leur taille, la conformation de leurs parties
essentielles et accessoires, leurs manières d'être particulières, le
degré de consistance du réceptacle, la nature du tissu hyménial,
leur couleur, leur odeur, etc., que j'ai dû exposer, au chapitre
troisième, les diverses classifications proposées par les savants,
et celles que la plupart des mycologues modernes ont adop-
tées, avec les modifications exigées par la connaissance plus par-
faite et toute récente des organes de la fructification.
C'est au quatrième chapitre que le lecteur trouvera la méthode
rationelle de Léveillê., qui divise les Champignons en six classes,
et permet, en un instant, d'embrasser et de comprendre les rela-
tions naturelles qui existent entre tous les groupes.
La manière dont les Champignons se reproduisent, a été long-
temps, même chez les savants les plus distingués, un problème
difficile à résoudre, bien qu'il fût naturel de penser que ces
plantes doivent comme les autres se reproduire de graines. Mais
il y a dans cet acte essentiel des phénomènes si singuliers, les
spores ou semences sont si difficiles à apercevoir, qu'on ne doit
point être surpris que les anciens botanistes aient laissé indécise
la question de savoir si la reproduction des cryptogames est
l'elfet de la fermentation ou de la germination. Cette question
importante est résolue au cinquième chapitre.
La fécondation sexuée et asexuée, le polymorphisme et les gêné-
DISPOSITION DU LIVRE 3
rations alternantes forment trois paragraphes ; la respiration, la
nutrition, le développement du tissu cellulaire, nous apprennent
comment vivent, respirent et se développent les Champignons :
c'est l'objet du chapitre sixième.
Le difficile, dans un livre de la nature de celui-ci, n'est pas
d'étonner les esprits, ni de les entraîner pour un moment; c'est de
les attacher à l'étude par la solidité des principes, par le nombre
et l'évidence des preuves; c'est surtout de le faire si claire-
ment, qu'ils puissent voir tous les objets, et chacun d'eux en par-
ticulier, avec les caractères qui lui sont propres. Pour atteindre à
ce but, j'ai cru nécessaire de décrire séparément les divers orga-
nes qui composent les Champignons, et d'étudier ces mêmes
organes par rapport à leur forme, leur nombre et leurs situations,
comme caractères distinctifs des genres et des espèces. En consé-
quence, les chapitres septième, huitième, neuvième, sont consa-
crés à l'organisation, à la structure interne et externe de ces
plantes.
Le genre Agaric est le plus intéressant pour nous ; c'est celui
que l'on consomme le plus communément, que nous devons par
conséquent le mieux connaître, et comme les espèces en sont très
nombreuses, qu'elles se ressemblent par certains points, mais
diffèrent par d'autres , il faut les classer suivant des caractères
définis qui permettront de se rappeler leur place et de les trouver
facilement. Pour distinguer deux Champignons de diverses espèces
on devra donc les connaître tous ou presque tous, et dans tous les
détails de leur organisation ; alors seulement nous pourrons les
grouper de manière à en former un ensemble, un plan naturel
tel que les plus dissemblables soient éloignés les uns des autres.
Au chapitre dix, les grands Agarics sont divisés, selon la
méthode de Léveillé, en onze sous-genres. Dans ce groupement,
l'étude d'un caractère unique ne suffit point, car elle mène aux
erreurs inséparables des systèmes. L'étude de plusieurs carac-
tères ne suffit pas non plus ; seule la considération de tous les
caractères pourra conduire à une classification avouée par la
méthode naturelle ; c'est celle que je suivrai dans ce livre. Au
chapitre suivant, le onzième, je décris 87 genres et 415 espèces
les plus utiles à l'homme et aux animaux. Ces genres, ces
espèces sont dessinés en grandeur naturelle et coloriés d'après
DISPOSITION DU LIVRE
nature, sur soixante-quinze planches soigneusement numérotées
en chiffres romains. Les espèces sont numérotées en chiffres ordi-
naires, afin d'éviter toute confusion. Les comestibles sont précé-
dées de la majuscule C, les vénéneuses de la lettre V, les suspectes
se désignent par un S.
DEUXIÈME PARTIE
Dans le premier chapitre de la Deuxième partie, essentielle-
ment consacré aux données chimiques, je montre comment la
nature opère ses diverses transformations. Après quelques obser-
vations sur les champignons comestibles et vénéneux, et les
influences que ces cryptogames exercent sur l'homme et les ani-
maux, j'indique un moyen presque infaillible de remédier aux
accidents produits par ces poisons redoutables et redoutés ;
moyen que j'ai eu l'occasion d'expérimenter souvent sur les ani-
maux.
Les chapitres cinq, six, sept, sont réservés à la culture des
Champignons, qui a pris de nos jours un immense développeront.
Presque toutes les carrières et les Catacombes de Paris renfer-
ment des couches artificielles de Champignons qu'on exporte en
partie au Havre et clans le centre de la France ; exemple remar-
quable et peut-être unique d'une substance alimentaire qui sort
de Paris au lieu d'y être apportée. Après avoir indiqué pour diffé-
rents pays, la manière de construire les couches à l'air libre et
dans les caves, j'ai montré comment on prépare le fumierf puis
j'ai dessiné une planche spéciale afin que l'on comprît bien les
diverses phases de ces opérations (voyez planche LXXV,
fig. 406 à 411). Ce simple exposé prouvera que j'ai cherché à faire
un livre utile, et à la portée de tous. Je l'ai soumis du reste au
jugement de M. Ad. Chatin, professeur de botanique, directeur de
l'Ecole de pharmacie et membre de l'Institut, dont les bienveil-
lants conseils et les excellents encouragements ne m'ont jamais
fait défaut ; et je croirai avoir atteint mon but, si je parviens à
rendre moins fréquentes les méprises, à éviter les empoisonne-
ments, et à faire adopter comme alimentaires un grand nombre
d'espèces réputées dangereuses.
Noisy-le-Sec, près Paris. Décembre 18S2.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES g
CHAPITRE II
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Les anciens botanistes ne connaissaient guère que les Truffes,
les Oronges, quelques Bolets, qu'ils employaient comme aliments
et comme médicaments. Toutes les autres espèces paraissent leur
avoir été à peu près étrangères. Pline, rapporte que, de son temps
on faisait déjà une grande consommation de Champignons, et que
souvent même on avait de nombreux accidents à déplorer. Les
anciens définissaient vaguement ces cryptogames; ils compre-
naient quelquefois plusieurs espèces en une seule, et les réunis-
saient, d'après leurs caractères communs et suivant leurs proprié-
tés alimentaires et médicinales. Nous devons traverser une longue
suite de siècles, jusque vers l'an 1550, avant de rencontrer des
ouvrages de quelque importance sur l'ensemble des Champignons.
A la renaissance des lettres, tandis qu'on croyait devoir tout
découvrir dans les livres des auteurs grecs et latins, on n'y trouva
que de longs et pénibles commentaires sur cotte question. Les
naturalistes du xvie siècle, en multipliant les espèces, en créant
des genres nouveaux sans ordre et sans suite s'égarèrent dans une
voie fausse et bientôt le moment arriva où l'encombrement, la
diversité de tous ces mots nouveaux dépassèrent les forces cle la
mémoire humaine. Il fallut lui venir en aide, et établir un certain
ordre dans cet amas confus.
Micheli, le premier, dans son Gênera Plantarum, publié
en 1729, réunit en une espèce tous les Champignons semblables
entre eux. Il examina, il chercha pour les grouper sous une défi-
nition commune, toutes les espèces qui offraient entre elles une
certaine ressemblance par rapport aux autres.
Ce fut le professeur Link qui, avec sa grande patience et sa
sagacité, fit de ces unités nommées espèces par Micheli, des
unités d'un ordre plus élevé auxquelles il donna le nom de genres.
Quelques naturalistes, comme Medicus, Maerklin, Ackermann,
Kaeler, Harerle, ne virent dans ces productions que le résultat
d'une combinaison et d'un mélange des sucs pituiteux de plantes,
6 CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
modifiées par l'influence de l'air et des agents extérieurs. Comme
les Champignons n'ont ni feuilles ni racines, et qu'ils n'en
connaissaient pas les moyens de reproduction, ces auteurs les consi-
déraient comme des productions fortuites dues à la pituite des
arbres, au limon de la terre, où à des phénomènes atmosphériques,
comme le tonnerre. Ils ont même attribué la Truffe du cerf à
certaines humeurs que le cerf, le lynx, le tigre répandaient sur
le sol.
Marsili, dans la lettre qu'il écrivit à Lancini, reconnut le
premier que les Champignons commencent par une petite moisis-
sure. 11 ne s'agissait plus alors que de savoir si cette moisissure
appartenait à une génération spontanée, à une transformation des
substances animales et végétales, ou à des graines qui échappaient
aux moyens d'investigation des observateurs de cette époque.
Vers la fin du xvme siècle, Necker, clans un ouvrage qu'il publia
à Manheim, sous le titre de Traité sur la Mycetologie, crut voir le
tissu cellulaire et parenchymateux des plantes se transformer en
un corps radiculaire auquel il donna le nom de carcithe, et qui
est le blanc de Champignon proprement dit. Cette opinion n'a été
adoptée par personne.
Il était réservé à Micheli de prouver que les cryptogames,
comme toutes les autres plantes, proviennent de germes ; la décou-
verte des spores ou organes reproducteurs et les expériences qu'il
fit dans le bois de Boboli, aux environs de Florence, présentaient
alors toutes les garanties que l'on pouvait exiger pour établir la
nature des Champignons. Mais l'opinion de Micheli ne fut pas
admise, et l'on vit Buttner, Wilke, Weiss, Otto de Manchausen
et même Linné les considérer comme des Polypiers. Néanmoins
Weisse et Linné n'ont pas osé, dans leurs ouvrages, les séparer des
végétaux.
Muller seulement plaçait les Clavaires dans le règne animal,
parce qu'il avait aperçu du mouvement clans les spores. Enfin
Trattinnick, en nous faisant connaître les propriétés et le mode
de formation du Mycélium, a confirmé l'opinion que Micheli
avait émise, et, à partir de cette époque, les Champignons
n'ont plus cessé de faire partie du règne végétal. •
Parmi les nombreux auteurs qui ont depuis étudié les Cham-
pignons au môme point de vue et desquels on consultera toujours
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 7
les travaux analytiques avec fruit, je citerai Schmiedel, Gleditsch,
Tode, Hedwig, Bulliard, Paulet, Schmidt, Nées d'Esenbeck,
DittxMar , Persoon , Link , Fries , Ehrenberg , Kunze , Ad.
Brongniart , Corda , Schlechtendal , Montagne , Chevallier ,
Kickx, DESMAziÈREet surtout Greville dont les analyses surpassent
en fidélité et en exécution tout ce qui a été fait jusqu'à ce jour.
Malgré ces nombreux travaux représentant parfois plusieurs
années d'expériences et d'observations, on n'avait pas encore une
idée exacte et bien arrêtée des organes de la fructification.
Lorsque le 12 mars 1837, le docteur Léveillé lut à la Société
Philomatique de Paris un mémoire ayant pour titre : Recherches
sur VHymenium des Champignons, il y déclarait que l'opinion sur
l'organisation de la membrane fructifère de tous les vrais Cham-
pignons, universellement admise par Hedwig était complètement
erronée dans la plupart des genres, et particulièrement chez les
Agarics, les Bolets, les Clavaires, etc., genres qui ont toujours
été considérés comme devant former le type essentiel de cette
famille, et qui en renferment la majorité des espèces.
Cette opinion était tellement nouvelle, tellement en contra-
diction avec tous les travaux récents des auteurs les plus justement
estimés par l'exactitude de leurs recherches, que la Société Philo-
matique dut employer une grande réserve avant de l'approuver
ou de la rejeter. Les commissaires chargés de faire les rapports,
MM. Ad. Brongniart et Guillemin, demandèrent à vérifier sur
des espèces de Champignons aussi variées que possible les obser-
vations de Léveillé. Ils prièrent Decaisne, aussi exercé dans
l'emploi du microscope qu'habile à figurer ce qu'il y observait,
d'examiner, de son côté, toutes les espèces qu'il rencontrerait, et
c'est après avoir rapproché ces dessins faits séparément, que la
commission crut pouvoir établir son opinion sur des bases assez
solides pour la soumettre à la Société. Je donne à lire les
conclusions du rapport de Ad. Brongniart.
« Après les vérifications nombreuses et très attentives faites
« pendant tout l'été et l'automne par vos commissaires et par
« M. Decaisne, la commission ne peut conserver aucun doute
« sur l'exactitude des observations de M. Léveillé, dans tous les
« genres qui ont été soumis à leurs observations, dans un grand
« nombre d'espèces différentes d'Agarics et de Bolets, dans
8 CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
« plusieurs Théléphores , dans des Chanterelles , dans des
« Clavaires, et même dans des Trémelles, ils ont reconnu la
« structure signalée par M. Léveillé.
« Ils ont vu presque constamment les sporules fixées à l'extré-
« mité de quatre pointes coniques plus ou moins allongées qui
« terminent chacune des cellules de l'hyménium ; ils ont reconnu
« ces sporules ainsi quaternées à différents âges depuis leur
« première jeunesse jusqu'à leur état adulte, sans jamais les avoir
« vues dans l'intérieur des cellules qui leur servent de base. En
« examinant cette membrane fructifère perpendiculairement à sa
« surface, la disposition quaternée des sporules est facile àrecon-
« naître, et on voit qu'elle est presque constante, les cas où les
« sporules sont simplement ternées étant très rares, mais se
« rencontrant accidentellement sur les mêmes feuillets ou les
« mêmes tubes. La disposition géminée des spores dans les
« Clavaires et leur disposition solitaire dans les Trémelles, ont
« également été constatées ; enfin ils ont reconnu que dans le
« Cantharellus cibarius les sporules sont ordinairement réunies
« six par six ou rarement par cinq ou par sept.
« La généralité de cette structure, et le soin que vos commis-
ce saires ont mis à la vérifier ne leur laissent aucun doute sur
« l'exactitude des observations de Léveillé, et sur les déductions
ce qu'il en a tirées relativement à la classification des Chaîn-
ée pignons à membrane fructifère en deux ordres, les Helvellées
ce thécasporées et les Agaricinées basicliosporées. »
Ce rapport dû à la plume d'un éminent botaniste , Ad.
Brongniart, qui a bien voulu m'honorer de son amitié, eut
un grand retentissement. Des observations sur le même sujet,
publiées en Allemagne par M. Ascherson d'une part et par
M. Corda de l'autre, vinrent confirmer la découverte de Léveillé.
BIBLIOGRAPHIE
Depuis une cinquantaine d'années, les Champignons sont
beaucoup mieux connus qu'ils ne l'étaient auparavant, quoique le
nombre des espèces ait prodigieusement augmenté. On pourrait
croire que cet avantage doit être rapporté aux ouvrages qui ont
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 9
été publiés ; la littérature y a contribué certainement pour
beaucoup, mais il est dû principalement à Persoon. Ce célèbre
botaniste, on peut l'affirmer sans crainte, est le père de la myco-
logie ; il en a semé le germe dans tous les pays. Plein de zèle,
studieux, doué d'une vue perçante, d'un jugement sain , bon,
modeste, obligeant envers tout le monde, il était en relations avec
tous les savants de son époque, et chacun d'eux voulait avoir son
avis ; des envois de cryptogames lui étaient faits de tous pays, et
sa collection précieusement conservée au musée de Leyde
augmente incessamment par les soins des professeurs.
La mycologie possède de nombreux matériaux ; malheureu-
sement leur prix et leur dissémination les rendent difficiles à
consulter, et, pour étudier cette science avec fruit, il faut avoir
recours aux livres descriptifs, surtout à ceux qui sont accom-
pagnés de figures, les unes noires, les autres coloriées. Dans les
premiers on trouve Sterbeeck, Clusius, Micheli, Gleditsch,
Battara, etc., dans les seconds, Krapf, Schiffer, Bulliard,
Paulet, Bolton, Persoon, Sowerbij, Vittadini, Roques, Krom-
bholtz, Berkeley, etc. Avec ces ouvrages, en comparant les indi-
vidus vivants aux figures qui les représentent, on parvient à les
reconnaître assez facilement. Quelques auteurs, abstraction faite
de l'ensemble des Champignons, ont publié des traités parti-
culiers sur ceux qui sont comestibles ou vénéneux ; leur nombre
est très considérable. Paulet, Bulliard et Persoon, en com-
mençant leurs ouvrages avaient principalement ce but; mais
plus tard ils n'ont pu s'empêcher d'y ajouter des genres et des
espèces qui sortaient du cadre tracé. Les autres, au contraire,
comme Kerner, Duchanoy, Lenz, Fries, Letellier, Krombholtz,
Roques, Descourtils, Noulet, Cordier, Dassier, etc., sont
demeurés fidèles au titre qu'ils avaient adopté. Les docteurs
Mougeot et Quelet on rendu un véritable service à la science, en
publiant les Champignons qui croissent dans la Meurthe, la
Moselle, le Jura; M. Barla a représenté les Champignons des
environs de Nice ; et ce qui augmente leur valeur, en a désigné
les espèces par leur véritable nom. M. Gillet publie les Cham-
pignons de la Normandie, plusieurs fascicules ont déjà paru. En
Angleterre, Saunders, Berkeley, Cook et Worthington Smith ont
réuni en deux feuilles les figures coloriées des Champignons
10 CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
comestibles et vénéneux les plus communs. Outre les ouvrages
déjà cités, on pourra consulter avec avantage le grand ouvrage de
Corda, sous le titre d'Icônes Fungorum, dans lequel on trouve l'ana-
lyse d'un grand nombre de genres. Ce travail recommandable à
bien des titres sérieux révèle aux botanistes la structure intime de
beaucoup de Champignons. MM. Tulasne, en publiant le Selecla
Fungorum Carpologia, et de nombreux articles dans les Ann.
des Sciences Nat. ont fait faire un grand pas a cette partie de la
botanique; le Manuel de Mycologie de Bonorden est à lire,
Quelet, Boudier, De Seyne, Cornu, Boze, Richon, Cordier, etc.;
en France, De Bary, etc., en Allemagne, ont écrit des travaux
remarquables. Il existe encore beaucoup d'autres livres et des
collections qui sont moins connues. La bibliothèque de la rue de
Richelieu en possède une superbe qui provient de M. Roussel,
ancien fermier-général. On en voit à la bibliothèque du Jardin
des Plantes de Paris une autre non moins curieuse, et dont
Persoon a de beaucoup augmenté la valeur en désignant par leur
véritable nom un grand nombre d'espèces. M. Wallays, de
Courtray, a étudié les Champignons de la Belgique; M. Kickx(J.),
la Flore cryptogamique des Flandres ; Secretan, la Mycologie
suisse, etc., etc. Quelques auteurs enfin ont publié des collections
en cire, le Muséum d'histoire naturelle en possède deux : l'une, de
Trattinnick , a été donnée par François II d'AuLriche à
Louis XVIII; l'autre a été faite par Pinçon. Un de mes anciens
collègues des hôpitaux, le docteur Lemoine, professeur à l'Ecole
cle Médecine et de Pharmacie de Reims, a essayé de former une
nouvelle collection de ce genre ; le peu que j'en ai vu était parfai-
tement exécuté; M. Barla, de Nice, vient d'offrir à M. Chatin,
pour l'École de Pharmacie de Paris, une fort belle collection en
cire de Champignons grandeur naturelle.
DES CLASSIFICATIONS 11
CHAPITRE III
DES CLASSIFICATIONS
Mon livre ne saurait être complet sans quelques notions sur
l'arrangement systématique ou classification que ces plantes ont
reçu des botanistes. Les Champignons sont., comme les animaux
et les autres végétaux, soumis à la loi générale de la nature ; aussi
veux-je mettre le lecteur en état de comprendre la valeur et la
relation clés différents groupes dans lesquels les Champignons ont
été répartis. Nous savons déjà que les botanistes qui ont précédé'
Persoon comprennent, et cela pour ainsi dire sans exception,
dans un genre unique, le genre Agaricus. Persoon a le premier
distingué, avec sa sagacité ordinaire, un certain nombre de séries,
de formes analogues, qu'il trouve cependant naturel de séparer
les unes des autres sous des dénominations spéciales. En 1797,
parut son Tentamen Dispositionis methodicœ Fungorum (Lipsiœ).
Quatre ans après, en 1801, le Sinopsis methodica Fungorum
(Gottingœ). Il établit trois grandes divisions dans les espèces
alors connues du genre Agaricus. Ce sont les genres Amanita,
Agaricus et Merulius; le genre Agaricus se subdivise lui-même
en plusieurs sous-genres qu'il appelle Lepiota, Cortinaria,
Gymnopus, Mycena, Coprinus, Pratella, Lactifluus, Ihissulu,
Omphalia et Pleuropus. La création de ces groupes est si natu-
relle que la plupart d'entre eux sont encore conservés, et que les
parties modifiées ont servi elles-mêmes de point de départ à des
sections nouvelles.
En 1817, F. G. Nées d'Esenbeck fit paraître son System der
Pilze und Schwaemme ; les fondements de cette classification ne
sont pas assez solides. Elle est censée reposer sur les principes
réels et déduite de l'analyse des caractères. En l'étudiant avec
attention on reconnaît qu'il n'en est pourtant pas toujours ainsi.
L'auteur puise dans les ouvrages ce qu'il y trouve de mieux, il en
fait un corps sans jambes ; il n'a pas vérifié les observations et
plusieurs sont fautives. Cependant son travail renferme des consi-
dérations mycologiques élevées, des rapprochements extrê-
12 DES CLASSIFICATIONS
mement ingénieux, un nombre immense d'observations fines et
délicates.
Rien d'étonnant donc à ce qu'il ait été pris pour modèle par les
auteurs modernes qui ont écrit sur les Champignons. Le professeur
Fries notamment, pour établir son Systema Mycologicum lui a
emprunté des matériaux précieux.
Nées d'Esenbeck divise ces végétaux en trois familles :
lre Famille, Coniomycètes, renferment trois divisions et cinq
subdivisions ;
2me Famille, Hyphomycètes, quatre divisions et huit subdi-
visions ;
3me Famille, Gasteromycètes, six divisions et huit subdivisions.
On reconnaîtra sans peine que cette classification en trois
familles, treize divisions et vingt-trois subdivisions était tout au
moins l'œuvre d'un esprit véritablement classificateur, et qui,
pour l'époque, avait réussi à créer un très utile et très ingénieux
système artificiel.
En 1825, M. Ad. Brongniart proposait, dans un livre bien
connu, ayant pour titre : Essai d'une nouvelle classification natu-
relle des Champignons, de diviser cette classe en cinq tribus, les
Urédinées, les Mucédinées, les Lycoperdacées, les Champignons
proprement dits et les Hypoxylon. En 1845, dans son Enumé-
ration Générale des plantes cultivées au Muséum d'histoire natu-
relle, M. Brongniart décrit et adopte le système de Fries, sauf
quelques modifications; il divise les Champignons en quatre ordres
comprenant neuf tribus :
1° Hyphomycées, Mycélium filamenteux produisant directement
sur une partie de ses rameaux les spores ou les vésicules qui les
renferment. Mucédinées, Mucorées et Urédinées;
2° Gastéromycées, Mycélium donnant naissance à des excrois-
sances fongueuses dont la partie externe forme une enveloppe,
Péridium, contenant dans son intérieur les utricules productrices
des spores (Sporanges ou Basides). Tubéracées, Lycoperdacées et
Clathracées ;
3° Hyménomycées, Mycélium produisant des excroissances
fongueuses dont une partie de la surface (Hymenium), est formée
par les utricules productrices des spores (Basides ou Thèques) :
Agaricinées et Pezizées ;
DES CLASSIFICATIONS 13
4° Sclcromycées , Mycélium produisant des excroissances
fongueuses, contenant un ou plusieurs conceptacles durs ren-
fermant des Thèques : Hypoxilées.
Persoon avait d'abord été tenté de diviser les Agarics en
plusieurs genres, mais il a reculé devant cette innovation ; nous
savons trop peu de chose, disait-il, sur la structure et les organes
de la reproduction, sur la structure et les fonctions des différentes
parties, pour établir des genres véritables. Ce que Persoon n'avait
osé, M. F ries le fit dans un ouvrage extrêmement remarquable,
publié en 1821 sous le titre de Systema Mycologicum. Il présenta
une nouvelle distribution du genre Agaricus, basée principa-
lement sur la couleur des spores, ce qui lui permit d'établir six
classes, savoir :
1° Coniomycètes, Champignons qui envahissent les végétaux
vivaces : Epiphytes et Endophytes : genres JEcidium, Uredo,
Puccinia, Ustilago ;
2° Hyphomycètes, Champignons qui se développent sur les
substances en moisissure : les Mucorécs et les Mucédinées ;
3° Gasteromycètes, Champignons dont les organes de repro-
duction sont renfermés dans des cavités sinueuses : Tubéracées,
Lycoperdaeées, Clathracées, etc. ;
4° Pyrenomycètes, Champignons dont les corps reproducteurs
se forment dans un nucléus : Sphêriacées ;
5° Discomycètes, Champignons dont les corps reproducteurs
sont portés par une sorte de disque plan ou en coupe : Pezizées et
Phacidiées (Hypoxilées) de de Candolle ;
6° Hymenomy cèles, Champignons à hyménium : Agaricinées,
Polyporées, Auricularinées, Clavarinées et Trcmcllinées.
Son sous-genre Agaricus comprend à lui seul presque toutes les
espèces d1 Agaricinées connues. Ces espèces sont réparties en
plusieurs groupes ou sous-genres secondaires dans cinq sections,
et d'après la coloration des spores, comme je l'ai fait remarquer
plus haut. Toutefois, M. Fries ne devait pas s'en tenir là. Assez
heureux pour consacrer une longue et laborieuse existence à
l'étude des Cryptogames (cinquante-trois ans), dans un dernier
volume qu'il vient de faire paraître (Hymenomycètes Europœi,
sive Epicriseas systematis Mycologici editio altéra, Upsalœ, 1874),
il divise les Agaricinées en vingt genres, et subdivise les Agaricus
14 DES CLASSIFICATIONS
en trente-cinq sous-genres, rassemblés en cinq sections d'après
la coloration des spores.
Division du genre Agaricus, de FRIES
A. Leucospori (Sporis albis) : Amanita, Lepiota, Armilaria,
Tricholoma, Clitocybe, Collybia, Mycena, Omphalia, Pleurotus ;
B. Hyporhodii (Sporis roseis) : Volvaria, Annularia, Pluteus,
Entoloma, Clitopilus, Leptonia, Nolanea, Eccilia, Claudopus ;
C. Dermini (Sporis ochraceis) : Pholiota, Inocybe, Hebeloma
Flammula, Naucaria, Pluteolus, Galera, Tubaria, Crepidotus;
D. Pratelli (Sporis atro-purpureis ) : Chilonia, Psalliota,
Stropharia, Hypholoma, Psilocybe, Psalhyra ;
E. Coprinarii (Sporis atris) ; Panœcolus, Psathyrella.
Dans cette nouvelle classification, l'illustre Fries dégage de
son ancien genre Agaricus, des groupes indépendants : Corti-
narius, Hygrophorus, Gomphidius, Russula, Lactarius, etc.,
qu'il soustrait ainsi à la caractéristique primordiale de la colo-
ration des spores. Il en résulte, je ne dirai pas de la confusion,
mais un bouleversement général dans cette partie de la myco-
logie.
Que vont faire les disciples du maître, ceux surtout qui aiment
la clarté et la simplicité des méthodes et des dénominations? Je
crois que les savants cryptogamistes, MM. Quelet, Boudier,
Richon, Cornu, Roze, etc., constitueront une sorte de famille dont
les sous-genres de Fries deviendront des genres principaux.
En réalité mon avis est, qu'il ne doit plus exister qu'un seul
grand genre : les Agarics, dont le nom typique Agaricus n'a plus
besoin d'être accouplé avec un nom générique de section, suivi
d'un terme spécifique pour désigner une espèce connue en
Europe. La classification de Léveillé, que j'expose plus loin, a
l'avantage de grouper les genres dans un ordre systématique où
l'importance de tous les caractères différentiels sont pris en consi-
dération. M. Bonorden, en 1864 (Abhandlungen aus dem Gebiete
der Mykologie), admet douze ordres :
1° Coniornycètes ; 2° Hyphomycètes ; 3° Mucorini ; 4° Mycélini,
Tubercularini, Siilbini, Hymenularii, Isariei, Trichodermacei ;
5° Tremellini ; 6° Hymenomycètes ; 7° Discomycètes ; 8° Myxomy-
DES CLASSIFICATIONS 15
cètes ; 9° Gasteromycètes ; 10° Cryptomycètes {Nemasporei et
Pseadiei) ; 11° Sphœronemei, Asterinei, Thyrcomy cètes, Exci-
pidini, Leptosporici, Podosporiacei, Sporocadei, Crijptotrichei,
Sympixidei; 12° enfin les Pyrenomycès ou Sphœriacei com-
mençant par les Erysiphei et finissant par les Tuberacei.
Dans la préface de son Handbuch der Physiologischen
Botanik, 1866, M. de Bary, un mycologiste allemand des plus
distingués, établit quatre ordres subdivisés en treize familles :
1° Physcomycètes ou Champignons algues, Saprolegnicés, Pcro-
nosporées, Mucorinées; 2° Hypodermès ou Champignons entho-
phytes, Urédinées, /Ecidiées; 3° Basidiomycètcs ou Champignons à
basides, Tremellinés, Hymenomy cotes et Gasteromycètes ; 4° Asco-
rnycètes ou Champignons à thèques (Protomy cètes, Tubéracés,
Omjijcnés, Pyrenomycètes et Discomycètes).
M. J. Berkeley, dans ses Outlines of a British Fungologie, suit
à peu de chose près la classification de Fries. Après les Hyméno-
mycètes, les \ Gasteromycètes, les Coniomycètes et les Hyphomycètes,
il adopte un cinquième ordre sous le nom d' Ascomycètes {Asci-
thecœ), Champignons à thèques, Thécasporées, répondant à la
division des Endosporées de M. Tulasne, et dans lequel il
comprend les Helvcllacées, les Tubéracées, les Phacidiées, les
Sphériacées, les Perisporiacées et les Onygénécs, plus un sixième
ordre, les Physcomycètes pour les Antennariées et les Mucorinées.
M. Bertillon, dans le Dict. encyclopédique des Sciences
médicales, a proposé des modifications sur divers genres. Un
savant mycologue anglais , M. Worthington Smith, dans le
Journal ofBotany, London 1871, eul l'heureuse idée de publier
des tableaux synoptiques dans lesquels, en alliant naturellement
les divers sous-genres du genre Agaricus de Fries, il se contente
de les grouper d'après deux nouveaux caractères, mais il accepte
lui, avec empressement, Y émancipation que lui a léguée son
maître Fries, et sans se laisser arrêter par une autorité dont il ne
connaît plus la voix, il pénètre partout ; à l'aide du microscope il
cherche à reviser les sous genres, à les faire concorder avec la
méthode naturelle.
Un autre ouvrage intéressant, c'est le volume intitulé : Les
Champignons de la France, 1869, qu'a publié avant sa mort mon
regretté ami M. Cordier, et dans lequel il a cherché, en fervent
H) DES CLASSIFICATIONS
disciple de Persoon, à subordonner le système de Fries à celui de
son savant maître.
M. C. Cooke, savant botaniste bien connu, dans son livre sur
les Champignons, Paris 1875, et surtout dans son Manuel des
Champignons de la Grande-Bretagne, adopte et suit la classifi-
cation de M. J. Berkeley. M. Ernest Roze, dans les séances des
11 février et 10 mars 1876, présenta à la Sociélé Botanique de
France son essai d'une classification nouvelle des Agaricinées.
Mais toutes ces classifications sont artificielles et arbitraires. Il
n'en est aucune, quelles que soient ses prétentions, qui mérite,
quand on veut la prendre dans son ensemble, le titre de classifi-
cation naturelle.
En cryptogamie, tout reste à faire. On ne connaît pas môme les
fonctions du Champignon, on ignore à quoi servent les éléments
qui les composent ; on discute fort sur les organes et sur leur
importance, et bien peu pourraient dire ce qu'ils sont et à quoi
ils concourent. Comme l'appât d'une gloire vaine a porté bien des
cryptogamistes à démembrer des espèces et des genres pour
leur imposer leur nom, on devra, ce me semble, réagir de toutes
ses forces contre cette tendance, n'admettre des espèces qu'à bon
escient et ne point faire des genres de complaisance. Il faudra
se rappeler que la classification parfaite présente pour caractère
essentiel, une disposition de tous les êtres par passage insensible,
les groupements naturels, quelque petits qu'ils soient, contri-
buant à simplifier et réunir : tel est le but.
Les descriptions devront être claires, précises, nettes, dégagées
de ces termes barbares, dont on s'est plu à encombrer le langage
du mycologiste, comme pour rebuter les commençants et les
dégoûter de sa science dès les premiers pas.
DIVISION DES CHAMPIGNONS 17
CHAPITRE IV
DIVISION DES CHAMPIGNONS
Par J.-H. LÉVEILLÉ
Les Champignons se divisent en six classes :
1° Les Basidiosporés renferment les Champignons les plus
connus. Leur réceptacle est très variable dans ses formes et sa
structure. Les organes de la fructification, qui se composent de
basides, sont situés sur sa face externe ou dans son parenchyme,
et quelquefois dans des conceptacles particuliers ;
2° Les ThécasporéSj, très variables aussi dans leur structure, se
reconnaissent aux utricules ou thèques, dans lesquelles les spores
sont renfermées. Ces petits appareils peuvent être placés à
l'extérieur ou dans l'intérieur du réceptacle ;
3° Les Clinosporés sont extrêmement nombreux et ordinai-
rement volumineux, les spores se fixent sur un clinode, et le
clinode est tantôt nu, tantôt renfermé dans l'intérieur d'un
réceptacle le plus souvent corné ;
4° Les Cystisporés sont caractérisés par des réceptacles filamen-
teux,, simples ou rameux, le plus souvent cloisonnés, terminés par
des sporanges vésiculeux dans lesquels les spores sont enfermées ;
5" Les Trichosporés ont des réceptacles simples ou rameux,
continus ou cloisonnés, recouverts en tout ou en partie de spores
nues. Dans certains genres, elles sont fixées à l'extrémité des
rameaux, et, dans d'autres, distribuées plus ou moins réguliè-
rement sur un ou plusieurs points de leur surface ;
6° Les Arthrosporés se distinguent à la disposition des spores
qui sont articulées ensemble et placées bout à bout, comme les
grains d'un collier ou d'un chapelet. Le réceptacle qui les supporte
est quelquefois si court que ces champignons semblent n'être
formés que des spores.
Les trois premières classes se partagent en deux grandes sous-
divisions, la première de chacune d'elles renferme tous les genres
qui ont les spores à la surface du réceptacle, et la seconde ceux
2
18 DIVISION DES CHAMPIGNONS
qui les ont dans des conceptacles particuliers. Pour exprimer ces
deux sous-divisions, et prenant la partie pour le tout, afin d'avoir
des noms moins longs et plus doux à l'oreille, je distingue :
1° les Basidiosporcs en Entobasides et Ectobasides ; 2° les
Thecasporés en Endothcques et Ectothèques ; 3° les Clinosporés
en Endocline et Ectoclmes. J'ai cru devoir appeler tribus et
sections les divisions qui suivent ; elles comprennent l'énumé-
ration des genres. Le nom de famille m'a paru trop élevé et trop
bien défini en botanique pour le donner à ces petitsgroupes ;
je conserve donc la famille des Champignons dans le même sens
que A.-L. de Jussieu l'a établie.
Pour mettre les lecteurs en état de comprendre la valeur et
la relation des différents groupes formés par Léveillé, j'ai tenu
à la donner textuellement, afin que chacun par une lecture atten-
tive pût bien se pénétrer de l'idée de l'auteur, car il est impossible
de juger le classement sans avoir l'ensemble complet. Nous
pouvons dire seulement que ses groupes semblent plus naturels
et mieux liés entre eux que ceux des autres classifications.
DISTRIBUTION MÉTHODIQUE DES CHAMPIGNONS
DIVISION I. — BASIDIOSPORÉS (1)
Réceptacle de forme variable. Spores supportées par des basides qui
recouvrent sa surface, ou qui sont renfermés dans son intérieur.
Sous-division I. — ECTOBASIDES.
Basides recouvrant une partie seulement ou la totalité du réceptacle.
Tribu I. — Idiomycètes.
Réceptacle charnu, coriace ou trémelloïde, pédicule, sessile ou résupiné,
nu ou renfermé dans une volve; face basidiophore lisse ou garnie de
lames, de veines, de pores ou d'aiguillons.
(1) Extrait du Dictionnaire universel d'Histoire naturelle, par M. C. d'Orbigny, tome 8,
p. 486 et suivantes.
DIVISION DES CHAMPIGNONS 19
Section I. — Agaricinés.
Réceptacle nu ou renfermé dans une volve. Basides situés sur des
lames.
A. Lames disposées en rayons ou en éventail.
Genres : Amanita, Lam.; Agaricus, L.; Lentinus, Fr.; Montacjnites, Fr.;
Plerophyllits, Lév.; Héliomyces, Lév.; Panus, Fr.; Xcrotus, Fr.; Trogia, Fr.;
Schizophyllum, Fr.; Cantharellus, Adans.; Lenzi/rs, Fr.
B. Lames concentriques.
Genre : Cyclomyces, Klotzsch.
Section IL — Phlébophorés.
Réceptacle charnu ou trémelloïde, membraneux ou épais, sessile ou
pédicule; face basidiophore parcourue par des plis ou par des veines
irrégulières, simples, dichotomes.
Genres : Phlebophora, Lév.; Phlebia, Fr.; Xylomyzon, Pers.
Section III. — Polyporés.
Réceptacle charnu, coriace, subéreux, épais, membraneux, sessile,
pédicule ou résupiné, nu ou renfermé dans une volve. Pores lamelleux,
anastomosés, parallèles, anfractueux, alvéolés, discrets ou réunis, dans
lesquels sont renfermés des basides tétraspores avec ou sans cystides.
A. Réceptacle charnu. Pores parallèles, distincts, séparables, tubuleux.
Genres : Boletus, Fistulina, Bull.
B. Réceptacle charnu. Pores anfractueux inséparables.
Genres : Secotium, Kze.; Polyplocium, Berk.
G. Réceptacle coriace, subéreux. Pores allongés, formés par des lames
sinueuses anastomosées.
Genres : Hymenogramme, Mntg et Berk.; Dwdulea, Pers.
D. Réceptacle coriace, subéreux. Pores parallèles, tubuleux, insépa-
rables.
Genres : Polyporua, Trame/es, Glœoporus, Mntg.
E. Réceptacle coriace. Pores parallèles, inséparables, grands, anguleux,
alvéoles.
Genres : Junguhnia, Cord.; Favolus, P. B.; Hexagona, Fr.
Section IV. — Hydnés.
Réceptacle charnu ou coriace, épais ou membraneux, pédicule, sessile
ou résupiné. Basides situés sur des aiguillons ou des papilles fortement
prononcées.
Genres : Bydnum, L.; Hericium, Pers.; Irpex, Fr. ; Radulum, Fr. ;
Sistotrema, Pers.; Grandinia, Fr.; Odontia, Fr. = Cymatoderma, Jnghn.
Kneiffia, Fr.
Section V. — Théléphorés.
Réceptacle coriace, subéreux ou charnu, pédicule, sessile ou résupiné.
20 DIVISION DES CHAMPIGNONS
Face fertile, lisse ou recouverte de petites soies, ou de petites cupules
membraneuses.
Genres : Craterellus, Fr.; Thelephora, Ehrbg.; Leptochœte, Lév. = Hymmo-
chœle, Lév.; Coniophora, DC; Hypochms, Ehrbg.; Cladoderris, Pers.; Cora,
Fr.; Cyphella, Fr.
Section VI. — Clavafjés.
Réceptacle charnu, rarement coriace, rarneux ou en forme de massue,
recouvert de basides sur toute sa périphérie.
Genres : Sparassis, Fr.; Gomphus, Pers.; Clavaria, L.; Lachnocladium,
Lév. = Eriocladus, Lév.; Calocera, Fr.; Merisma, Pers.; Crinula, Fr.;
Pterula, Fr.; Pistillaria, Fr.; Typhula, Fr.
Section VIL — Trémellés.
Réceptacle gélatineux, sessile, rarement pédicule. Surface fertile,
humide, glabre, unie ou plissée, couverte de basides monospores.
Genres : Tremella, L.; Nœmatelia, Fr.; Myxacium, Wallr.; Dacrymyees,
Nées; Exidia, Fr.; Guepinia, Fr.; Tremiscus, Pers.; Laschia, Fr.; Lemalis,
Fr.?; Hirneola, Fr."?; Phyllopta, Fr.; Pyrenium, Tode?
Tribu IL — Asérosmés.
Réceptacle pédicule, renfermé dans une volve, campanule, arrondi ou
divisé en étoile, alvéolé ou sinueux. Surface fertile recouvrant toute la
surface du réceptable ou située à la partie interne et à la base de ses
divisions, se réduisant en un liquide fétide. Pédicule simple, lacuneux ou
divisé en différentes parties qui s'anastomosent et forment un treillage à
mailles plus ou moins grandes.
Section I. — Phalloïdes.
Réceptacle campaniforme, libre ou adhérent, alvéolé ou lisse. Basides
situés à la périphérie. Pédicule simple lacuneux, nu ou garni d'un réseau.
Genres : Dictyophora, Desv.; Sophronia, Pers.?; Phallus, Mich.; Cyno-
phallus, Fr.; Simblum, Klolzsch; Fœtidaria, Mntg.?
Section IL — Clathracés.
Réceptacle globuleux, muni d'une volve et placé au centre d'un pédi-
cule divisé et anastomosé en forme de treillage.
Genres : Clathrus, L.; Ilcodictyon, Tul.; Coleus, Cav. et Sech.; Laternea,
Turp.; Aserophallus, Mntg.?
Section III. — Lysurés.
Réceptacle pédicule, charnu, enfermé dans une volve, divisé en lanières
du sommet à la base. Surface fertile située en dedans et à la base des
divisions.
Genres : Lysurus, Fr.; Aseroë, Labill.; Calathiseus, Mntg.; Staurophallus,
Mntg.?
DIVISION DES CHAMPIGNONS 21
Sous-division II. — ENTOBASIDES.
Basides situés dans le parenchyme même du réceptacle, ou dans des
sporanges particuliers qui y sont renfermés.
Tribu I. — Coniogastres.
Réceptacle globuleux, ovale ou allongé, membraneux, charnu, papy-
racé, nu ou enfermé dans une volve, sessile ou supporté par un pédicule
qui le traverse quelquefois en tout ou en partie sous forme d'axe. Paren-
chyme spongieux, compacte ou mou, se réduisant en poussière et en
filaments. Basides tétraspores, discrets, tapissant les vacuoles ou pressés
les uns contre les autres.
Section I. — Podaxinés.
Réceptacle rond, ovale ou allongé, charnu ou mou, nu, traversé en
tout ou en partie par un axe central.
Genres : Podaxon, Desv.; Cauloglossum, Grev.; Hyperrhiza, Bosc;
Cycloderma, Klotzsch; Stetnonitis, Pers.; Diachra, Fr.
Section II. — Battarrés.
Réceptacle presque globuleux, enfermé dans une volve se réduisant
en spores et en filaments à sa partie supérieure. Pédicule long et fibreux.
Genre : Battarrea, Pers.
Section III. — Tylostomés.
Réceptacle globuleux, déprimé en dessous, papyracé, enveloppe dans
une volve fugace, s'ouvrant par un pore régulier, cartilagineux ou se
déchirant irrégulièrement. Pédicule allongé, fibreux, plein ou fistuleux.
Genres : Tylostoma, Pers.; Schizostoma, Ehrbg.; Calostoma, Pers.?;
Vitremyces, Nées?; Riella, Rafin.; Suspicante, Schweinitz?
Section IV. — Géastrés.
Réceptacle arrondi, membraneux, sessile ou pédicule, s'ouvrant à sa
partie supérieure ou sur plusieurs points de sa surface, renfermé dans
une volve persistante, coriace, hygrométrique, qui se rompt du sommet à
l.i base sous forme d'étoile.
Genres : Myriostoma, Desv.; Pkcostoma, Desv.; Geas/er, Mich.; Disciseda,
Czern.; Actinodermum, Nées? Diploderma, Lk.
Section V. — Brooméié.s.
Réceptacles globuleux, sessiles, s'ouvrant irrégulièrement à la partie
supérieure, et plongés en partie dans une base commune.
Genre : Brooméia, Berk.
Section VI. — Lycoperdés.
Réceptacle presque globuleux, recouvert d'un cortex verruqueux plus
ou moins fugace s'ouvrant à sa partie supérieure, sessile ou supporté par
22 DIVISION DES CHAMPIGNONS
un pédicule celluleux en dedans et persistant. Spores sessiles ou pédi-
cellées, glabres ou hérissées.
Genres : Lycoperdon, Mien.; Bovista, Pers.; Lycogala, Pers.
Section VII. — IIippoperdés.
Réceptacle charnu, recouvert d'un cortex fugace. Parenchyme celluleux
et persistant, ne se réduisant pas en filaments. Spores rondes, sessiles,
glabres ou hérissées.
Genre : Hippoperdon, Mntg.
Section VIII. — Phellorinés.
Réceptacle arrondi, ovale, coriace, subéreux, persistant, s'ouvrant en
lanières irrégulières à sa partie supérieure.
Genres : Phellorina, Berk.; Mycenastrum, Desv.; Endoneuron, Czern.
Section IX. — Polysaccés.
Réceptacle arrondi ou ovale, sessile ou pédicule, membraneux ou
coriace, puis fragile, s'ouvrant irrégulièrement, divisé à l'intérieur en
plusieurs loges qui renferment des conceptables particuliers arrondis ou
difformes.
Genres : Polysaccum, DC; Scoleiocarpus, Berk.
Section X. — SCLÉRODERMÉS.
Réceptacle presque globuleux, sessile ou pédicule, coriace, indéhiscent,
ou se brisant au sommet. Parenchyme compacte, enfin pulvérulent.
Basides pressés les uns contre les autres.
Genres : Scleroderma, Pers.; Goupilla, Mér. ?
Section XI. — Triciiodekmés.
Réceptacle arrondi ou en forme de coussin, sessile ou pédicule, partie
supérieure filamenteuse et disparaissant spontanément pour donner issue
aux spores.
Genres : Trichocoma, Jnghn.; Pilacre, Fr.; Trichoderma, Pers., Ostraco-
derma, Fr.; Institalc, Fr.; Hyphelia, Fr.?
Section XII. — Réticulariés.
Réceptacle arrondi ou en forme do coussin, d'abord mou, diftluent, puis
pulvérulent.
Genres : Reticularia, Bull.; JEthalium, Lk.; Lignidium, Lk.; Diphtherium,
Ehrbg.; Enteridium, Ehrbg.; Lachnobolus, Fr. ?; Ptycogaster, Gord.?
Section XIII. — Spumariés.
Réceptacles nombreux, fixés à une membrane muqueuse commune,
recouverte d'une enveloppe molle, diffluente comme de l'écume, et qui
se réduit enfin en poussière.
Genres : Spumaria, Pers.; Pitlocarpium, Lk.?
DIVISION DES CHAMPIGNONS gg
Section XIV. — Physarés.
Réceptacles de forme variable, sessiles ou pédicules. Parenchyme
formé par un réseau solide, sans élasticité et naissant des parois du
réceptacle.
Genres : Physarum, Pers.; Didymium, Schrad; Tricamphora, Jnghn;
Cupularia, Lk.; Tripotrichia, Cord.; Craterium, Trentp.; Diderma, Pers.;
Cionium, Lk.; Leocarpus, Lk.; Leangium, Lk.; Polyckysmium, Cord.;
Angioridium, Griv.; Stegasma, Cord.; Cylichnium, Wallr.? Trichulius, Sehmid.:'
Section XV. — Triciiiacés.
Réceptacle ovale ou arrondi, sessile ou pédicule. Réseau élastique.
Genres : Trichia, Hall.; Arcyria, Hall.; Cirrhotus, Mart.?
Section XVI. — Cribrariés.
Réceptacle globuleux, ovale, pédicule. Réseau solide, persistant, et
dépourvu d'élasticité.
Genres : Dictydium, Schrad.; Cribraria, Schrad.
Section XVII. — Licés.
Réceptacle de forme variable, sessile. Parenchyme sans texture mani-
feste, et ne présentant à l'époque de la dispersion des spores que peu ou
point de filaments.
Genres: Perichxna, Fr.; Licm, Schrad.; Tubiilum, l'ers.; Vhclonilis, Ghev.;
Tipularia, Chev.; Dichosporium, Nées?; Clissosporium, Fr. ?; Asterothecium,
Wallr.?; Amphisporium, Lk.'?
Tribu I. — Cyophorés.
Réceptacle sessile ou pédicule, subglobuleux ou urcéolé, floconneux,
membraneux ou fibreux, renfermant dans son intérieur un ou plusieurs
sporanges. Ouverture irrégulière, circulaire ou en lanières, nue ou munie
d'un épiphragme. Sporanges sphériques, ovales, sessiles ou attachés à
un funicule, quelquefois lancés au loin avec élasticité.
Section I. — Polygastrés.
Réceptacle arrondi, sessile, floconneux ou subéreux, s'ouvrant irrégu-
lièrement. Sporanges nombreux et sessiles.
Heures : Polygaster, Fr.; Endogone, Lk.; Gemmularia, Rafin.?; Arachnion,
Schweinz; Myriococcum, Fr.; Polyangium, Lk.; Ciliciocarpus, Cord.
Section IL — Nidulariés.
Réceptacle arrondi ou urcéolé, coriace ; ouverture irrégulière ou orbi-
culaire, nue ou munie d'un épiphragme. Sporanges superposés, le plus
souvent lenticulaires, sessiles ou attachés à un funicule élastique.
Genres : Crucibulum, Tul.; Cyathtts, Pers.; Cyathea, Br.
Section III. — Carpobolés.
Réceptacle arrondi ou urcéolé, sessile; ouverture simple, orbiculaire
24 DIVISION DES CHAMPIGNONS
ou divisée en lanières. Sporange unique, sessile, ovale ou arrondi, lancé
quelquefois avec élasticité.
Genres : Atractobolus, Tode; Thelebolus, Tode; Carpobolus, Mich.
Tribu III. — Hystérangiés.
Réceptacle globuleux ou difforme, charnu, indéhiscent. Parenchyme
compacte ou spongieux, homogène ou veiné. Basides libres ou pressés
les uns contre les autres.
Genres: Gaut/iiera,Vilt.; Splanchnomyces, Gord.; Hymenangium, Klotzsçh.;
Octaviana, Tull.; Melanogaster, Gord.; Hyperrhiza,, Bosc?; Hydmngium,
Wallr.; Hysterangium, Vitt.; Bromicolla, Eichwald.?
DIVISION II. — THÉGASPORÊS.
Réceptacle de forme variable. Spores renfermées dans des thèques
avec ou sans paraphyses, situées h sa surface ou dans l'intérieur du
réceptacle.
Sous-division I. — ECTOTHÈQUES.
Réceptacle charnu, coriace ou trémelloïde, sessile ou pédicule, capi-
tulé, membraneux et plié, en forme de massue ou de cupule, lisse,
sinueux ou alvéolé.
Tribu I. — Mitres.
Réceptacle charnu, allongé, en forme de langue, de massue, capitulé.
membraneux, sinueux, alvéolé, ou plié.
Section I. — Géoglossés.
Réceptacle charnu, pédicule, lisse, en forme de massue ou capitulé.
Genres : Spathularia, Pers.; Geoylossum, Pers; Leotia, Pers.; Mitrula, Fr.;
Heyderia, Fr.; Vibrissea, Fr.
Section II. — Morchellés.
Réceptacle pédicule, charnu ou trémelloïde, sphérique, campanule ou
conique, sinueux ou alvéolé.
Genres : Morchella, Pers.; Eromitra, Lév. = Miirophora, Lév.; Gyroce-
phalus, Pers.; Verpa, Pers.
Section III. — Helvellés.
Réceptacle pédicule, membraneux, divisé en lobes plies et rabattus,
libres ou adhérents au pédicule.
Genre : Helvella, L.
Tribu II. — Cyathydés.
Réceptacle sessile ou pédicule, charnu, coriace ou trémelloïde, en
forme de cupule.
DIVISION DES CHAMPIGNONS 25
Section I. — Gyttariés.
Réceptacle sessile ou pédicule, trémelloïde, présentant à sa périphérie
un plus ou moins grand nombre de cellules dans lesquelles les thèques
sont renfermées.
Genre : Cyttaria, Berk.
Section II. — Pézizés.
Réceptacle charnu, rarement coriace, sessile ou pédicule, en forme de
cupule plus ou moins profonde, ou de disque convexe.
Genres : Peziza, L.; Ascobolus, Pers.; Bulgaria, Fr.; Rhizina, Fr.; Patel-
laria, Fr.; Helotium, Pers.
Section III. — Agyriés.
Réceptacle charnu, sessile, convexe ou plat.
Genres : Agyrium, Fr., Cord.; Pyronema, Carus; Cryplomyces, Grev.;
Propolis, Fr., Cord.; Xylographa, Fr."?; Sarea, Fr."?
Section IV. — Génangiés.
Réceptacle sessile, rarement pédicule, coriace, déprimé ou concave;
ouverture nue ou munie d'un voile membraneux fugace.
Genres : Cénangium, Fr.; Tympanis, Tode; Dennea, Fr. ?
Section V. — Stictés.
Réceptacle sessile, membraneux; ouverture entière ou divisée en
lanières.
Genres : Stictis, Pers.; Cryptodiscus, Cord.; Godronia, Moug. et Lév.;
Melittosporium, Cord.
Sous-division IL — ENDOTHÈQUES.
Réceptacle sessile ou pédicule, charnu, coriace, subéreux ou charbon-
neux, nu; conceptacles isolés ou réunis en plus ou moins grand nombre,
sphériques, ovales ou déprimés, s'ouvrant en une ou plusieurs fentes,
ou par un pore.
Tribu I. — Rhegmostomés.
Conceptacles sessiles, cornés ; ouverture linéaire ou radiée.
Section I. — Hystéries.
Conceptacles sessiles, cornés, saillants ou déprimés, orbiculaires,
ovales ou linéaires; ouverture longitudinale, linéaire.
Genres : Glonium, Muhlenb.; Hystérium, Pers.; Hysterographium, Cord.;
Lophium, Fr.; Aylographum, Libert; Dichœna, Fr.; Oslropa, Fr.; Sporomega,
Cord.; Endotrkhiim, Cord.; Schizothecium, Cord.; Chcilaria, Libert; Rhy-
tisma, Fr.
26 DIVISION DES CHAMPIGNONS
Section II. — Cliostomés.
Conceptacles sessiles, cornés, déprimés, s'ouvrant en plusieurs fentes
du centre à la circonférence.
Genres : Phacidium, Fr.; Aclidium, Fr.; Cliostomum, Fr.; Pi/idium, Kz.
Tribu II. — Stégillés.
Conceptacles sessiles, cornés, aplatis, la partie supérieure se détache
en forme d'opercule ou d'écaillé, et met à découvert les thèques.
Genres : Stegilla, Rchb.; Schizoderma, Ehrbg.
Tribu III. — Sphériacés.
Conceptacles globuleux, ovales, aplatis, coriaces ou cornés, isolés ou
réunis en grand nombre, libres ou supportés par un réceptacle 'allongé,
pulviné ou étalé, charnu, subéreux, carbonacé ou composé de fibres
rayonnantes, indéhiscent, ou s'ouvrant par un pore en forme de papille,
ou situé à l'extrémité d'un col ou bec plus ou moins prononcé.
Genres : Hypocrea, Fr.; Hypoxylon, Bull.; Acrosphseria, Cord.; Acroscy-
phus, Lév.; Thamnomyces, Ehrbg.; Chœnocarpus, Rebent.; Cordyceps, Mntg.,
Fr.; Bacillaria, Mntg.; Sphxria, L.; Podostrombium, Kz. = Hypolyssus
Hontagnei, Berk.; Aposphwria, Berk.; Depazea, Fr.; Stigmea, Fr.; Sporotheca,
Cord.; Dotidea, Fr.; Pyrenochium, Link.; Polystigma, Pers.; Saccothecium,
Mntg.; Melanospora, Cord.; Splanchnonema, (lord.; Asterina, Lév.; Pisomyxa,
Cord.?; Lembosia, Lév.; Meliola, Fr.?; Microthyrium, Desmaz.; Micropeltis,
Mntg.; Pemphydium, Mntg.; Hypospila, Fr.?; Perisporium, Fr.
Tribu IV. — Angiosarques.
Réceptacles charnus, arrondis ou tubéreux, sessiles, pédicules ou
placés sur une base filamenteuse, le plus souvent indéhiscents; paren-
chyme uniforme ou veiné; spores au nombre de six à huit, renfermées
dans des thèques arrondies ou ovales, rarement cylindriques.
Section I. — Tobéracés.
Réceptacle hypogé, arrondi, tubéreux, lisse ou verruqueux à sa surface ;
spores lisses ou hérissées, renfermées dans des thèques arrondies, ovales
•ou cylindriques.
Genres : Tuber, Mich.; Choiromyces, Tul.; Pachyphlseus, Tul.; Hydnobo-
lites, Tul.; Delastria, Tul.; Sphxrosoma, Klotzsch; Elaphomyces, Nées;
Bahamia, Vitt.; Genea, Vitt.; Picoa, Vitt.
Section IL — Oxygénés.
Réceptacle sphérique ou en forme de capitule, charnu, compacte, indé-
hiscent, supporté par un pédicule plein, charnu ; spores renfermées dans
des thèques ovales ou arrondies.
Genres : Onygena, Pers.; Spadonia, Fr.?; Hypochxna, Fr.?
DIVISION DES CHAMPIGNONS 27
Section III. — Érysiphés.
Réceptacle charnu, spliéiïque, le plus souvent indéhiscent, supporté
par une base floconneuse superficielle ou cachée ; spores au nombre
d'une à huit, renfermées dans des thèques arrondies ou ovoïdes.
Genres : Erysiphe, Iledw. fils; Lasiobotrys, Kze.
DIVISION III. — CLINOSPORÉS.
Réceptacle de forme variable, recouvert par le clinode ou le renfermant
dans son intérieur.
Sous-division I. — ECTOCLINES.
Clinode charnu recouvrant en tout ou en partie la surface du réceptacle
Tribu I. — Sarcopsidés.
Réceptacle charnu, mou, en forme de capitule, de coussin, sessile ou
pédicule.
Section I. — TUBERCULARIÉS.
Réceptacle charnu, sessile ou pédicule; spores déliquescentes.
Genres : Tubercularia, Tode; Ditiola, Fr.; Ceratopodium, Gord.; Cilicipo-
dium-, Gord.; Hymenula, Fr.; JEgerita, Pers.; Epicoccutn, Lk.; Conisporium,
Gord.; Sphxrosporium, Sehweinz.; Chromostroma, Gord.; Crocisporium, Cord.;
Fusarium, Lk.; Sphacelia, Lév.; Selenosporium, ('.uni.; Stromateria, Cord.;
Seimatosporium, Gord.; Sphœrosporium, Schwnz.; Chrooslromu, Gord.; V.owu-
laria, Cord.; Gymnosporiutn, Gord.'?; Chromosporium, Cord.?; Amphisporium.
Lk."?; Echinobotryum, Cord.?; Coniothecium, Cord.1?; An status abortivu*
variatum Sphœriarum? Blennoria, Fr. ?
Section II. — Stilbés.
Réceptacle pédicule, terminé en tète, mou, déliquescent, enfin pulvé-
rulent.
Genres : Hyalopus, Cord.; Stilbum, Tode; Graphium, Cord.; Melanostroma,
Gord.; Gloiocladium, Cord.
Section III. — Excipulés.
Réceptacle membraneux, excipuliibrme, sessile ou pédicule; clinode
convexe, déliquescent; spores continues, cloisonnées, avec ou sans
appendices filiformes.
Genres : Excipula, Gord.; Dinemasporium, Lév.; Polynema, Lév.; Chœto-
stroma, Cord.
Section IV. — Mélanconiés.
Réceptacle charnu, plat, simple ou lobé, caché sous l'épidémie; spores
continues ou cloisonnées, mélangées avec une matière gélatineuse, et
sortant sous forme de masses, de fils ou de rubans.
Genres : Stegonosporium, Gord.; Asterosporium, Kze.; Didymosporium.
28 DIVISION DES CHAMPIGNONS
Nées; Stilbospora, Pers.; Cryptosporium, Kze.; Dictyosporium, Corel.; Fusi-
coccum, Gord.; Nxmaspora, Pers.; Libertella, Desmaz.; Myxosporium, Lk.;
Dicoccum, Gord.?; Fusoma, Cord.?; Aptenoum, Cord.?
Section V. — Myrothécies.
Réceptacle membraneux, sessile, superficiel, marge nue ou formée par
des poils dressés.
Genres : Myrothecium, Tode; Psilonia, Fr.; Myrosporium, Cord.; Tricho-
teconium, Cord.; Scolicotrichum, Kze."?; Aseimotrihum, Cord.?; Volutella,
Tode?
Tribu II. — Coniopsidés.
Réceptacle charnu, coriace, trémelloïde, pulviné, convexe, ou lingui-
forme, d'abord caché, puis saillant; spores caduques pulvérulentes, sim-
ples ou cloisonnées, sessiles ou pédiculées.
Section I. — Urédinés.
Réceptacle charnu, en forme de coussin ou subulé ; spores rondes ou
ovales, continues, sessiles ou pédiculées.
Genres : Uredo, Pers.; Cronartium, Fr.; Spilocea, Fr.?; Papularia, Fr.?;
Phyllxdium, Fr.?; Physoderma?; Protomyces, Ung. ?
Section II. — Ustilaginés.
Réceptacle filamenteux, fugace, caché; spores situées dans l'épaisseur
des tissus qu'elles détruisent pour se répandre au dehors sous forme de
poussière.
Genres : Poltjcystis, Lév.; Ustilago, Dittm.; Sporisorium, Ehrbg; Tcsticu-
laria, Klotzsch.
Section III. — Phragmidiés.
Réceptacle charnu, coriace ou trémelloïde ; spores pédicellées et cloi-
sonnées.
Genres : Puccinia, Pers.; Rhopalidium, Motg. = Puccinia brassicx, Mntg.;
Solenodonta, Castg. = Puccinia coronata, Cord.; Melampsora, Castg.; An
status abortivus Puccinia1? Polythrincium, Kze; Phragmidium, Fr.; Xenodo-
chus, Schlect.; Triphragmium, Lk.; Gymnosporangium, Lk.; Podisoma, Lk.;
Coryneum, Nées; Spohdesmium, Lk.; Ceratosporium, Schweinz.; Clasteros-
poriuni, Schweinz.; Hymenopodium, Cord.; Didymaria, Cord.; An Puccinia
in statu juvenili? Entomyclium, Wallr. ? Bryomyces, Miq.; An germinal io
muscorum ?
Sous-division IL — ENDOCLINES.
Réceptacles coriaces ou cornés, sessiles ou pédicules, renfermant lu
clinode et les spores dans leur intérieur.
Section I. — Actinothyriés.
Réceptacle sessile, adné, se séparant sous forme d'écaillé.
DIVISION DES CHAMPIGNONS 29
Genres : Actinothyrium, Kze.; Leptostrouia, Leptothyrium, Kze.; Parmu-
laria, Lév.; Coniothyrium, Cord.; Lichenopsis, Sckweinz.
Section II. — Labrellés.
Conceptacle corné, sessile, s'ouvrant par une fente longitudinale.
Genres : Labrella, Fr.?; Endotrichum, Cord.; Phragmotrichum, Kze.;
Strigula, Fr.?
Section III. — Astéromés.
Gonceptacles hémisphériques, cornés, et s'ouvrant par un pore au
sommet, supporté par un réceptacle composé de fibres solides, rayon-
nantes et adnées.
Genres : Asleroma, DC, Libert; Ypsilonia, Lév.; Dendrina, Fr.
Section IV. — Pestalozziés.
Conceptacle nu, hémisphérique, corné, s'ouvrant par un pore; spores
cloisonnées, pourvues d'appendices filiformes.
Genres : Péstalozzia, Dntrs. = Robillarda, Castg.; Discosia, Libert; Dilo-
phospora, Desmaz.; Neoltiospora, Desmaz.; Seiridium, Nées; Phhjctidium,
Wallr., Dntrs.; Prosthemium, Kze.
Section V. — Sphéronémés.
Conceptacle libre, rarement supporté par un réceptacle, globuleux,
conique, cylindrique, aplati, corné ou membraneux; spores simples ou
cloisonnées, sortant sous forme de tache du de globule.
Genres : Zythia, Fr.; Sphseronxma, Fr.; Herçospora, Fr.; Ascospora,
Libert; Septoria, Fr.; Phoma, Fr.; Melasmia, Lév.; Ceuthospora, Grev.;
Stigmella, Lév.; Sporocadus, Cord.; Couturea, Castg.; Cryptosporium, Kze.;
Hender sonia, Berk.; Acrospermum, Tode; Micropera, Lév.; Cylispora, Fr.;
Polyehœion, Pers.; Fumago cifri, Pers.
Section VI. — Sphéropsidés.
Conceptacle corné, charbonneux, globuleux, ovale, hémisphérique,
isolé ou supporté sur un réceptacle commun, uniloculaire, indéhiscent,
ou s'ouvrant par un pore en forme de papille ou situé à l'extrémité d'un
col plus ou moins allongé; spores continues ou cloisonnées.
Genres : Acrosphxria, Cord.? Phylacia, Lév.; Corynelia, Fr.? Sphseropsis,
Lév.; Piptostomum, Lév.; Sphinctrina, Fr.; Scopinella, Lév. = Scopulina,
Lév.; Diplodia, Fr.; Apiosporium, Kze.; Microtheàum, Cord.; Gibbera, Fr.;
Spilobolus, Lk.; Coccobolus, Wallr.; Pyrenotrichum, Mntg.; Selerococum, Fr.;
Chsetomium, Kze.; Myxotricfmm, Kze.; Angiopoma, Lév.; Vermicularia, Fr.;
Schizothecium, Cord.; Apiosporium, Kze.; Dryophilum, Schweinz.; An iticu-
nubulu insectorum ?
30 DIVISION DES CHAMPIGNONS
DIVISION IV. — CYSTOSPORÉS.
Réceptacles floconneux, cloisonnés, simples ou rameux; spores conti-
nues; renfermées dans un sporange terminal, membraneux, muni ou non
d'une columelle centrale.
Tribu I. — Columellés.
Sporange renfermant une columelle à l'intérieur, se déchirant irrégu-
lièrement ou circulairement au-dessous.
Section I. — Cratéromycés.
Sporange vésiculeux, terminal ou latéral, ouvert à sa partie supérieure.
A. Sporange sans opercule.
Genres : Calyssosporium, Gord.; Hemiseyphe, Cord.; Cratéromycés, Cord.;
Didymocrater, Mart.; Zygosporium, Mntg.'?
B. Sporange opercule
Genre : Diamphora, Mart.
Section II. — Ascophorés.
Sporange vésiculeux, s'ouvrant irrégulièrement ou circulairement
au-dessous.
Genres : Ascophora, Tode; Rhizopus, Ehrbg.; Mucor, Mich.; Sporodinia,
Lk.; Cystopora, Rabenb.?
Tribu II. — Saprophilés.
Sporanges terminaux ou latéraux, isolés ou conjugués, continus ou
operculés, sans columelle à l'intérieur.
Section I. — Mucorinés.
Sporange vésiculeux, sans columelle à l'intérieur, s'ouvrant au sommet.
Genres : Hydrophora, Tode; Melidium, Escbw.; Helicostyluin, Cord.; Thc-
Iractis, Mart.; Acrostalagmus, Cord.; Azygites, Fr.; Cepha/euros, Kze.*?;
Endodromia, Berk.?
Section II. — Pilobolés.
Sporange vésiculeux, terminal, recouvert d'un opercule.
Genres : Pilobolus, Tode; Pycnopodium?, Cord.; Chordostylum?, Tode;
Caulogasler ?, Cord./
Section III. — Syzygités?
Réceptacle floconneux; sporange résultant de la conjugaison des
rameaux latéraux.
Genres : Syzygités, Ehrbg.; An alga aerea?
DIVISION DES CHAMPIGNONS 31
DIVISION V. — TRICHOSPORÉS.
Flocons du réceptacle isolés ou réunis en un seul corps, simples ou
rameux; spores extérieures fixées sur toute la surface ou sur quelques
points seulement.
Sous-division I. — ALEURINÉS.
H, ptacles isolés ou formés de plusieurs flocons réunis, allongés,
membraneux ou capitules; spores situées sur toute leur surface ou seule-
ment à la partie supérieure.
Tribu 1. — Isariés.
Réceptacle composé, solide, capitulé ou allongé.
Genres : Maria, Pers.; Amphichorda, Fr.; Peribotryon, Fr.?; Tricli-
nium, Fée?
Tribu II. — Scoriadés.
Réceptacle membraneux, eupuliforme ou rameux, diffluent ou persis-
tant, recouvert de spores.
Genres : Ceratium, Ub. et Schweinz.; Dacrina, Fr.; Epiehysium, Tode?
Tribu III. — Périconiés.
Réceptacle composé, plein ou cloisonné, subuliforme, termine en un
capitule arrondi, ovale ou allongé, couvert de spores.
Genres : Periconia, Tode; Sporocybe, Fr.; Paehnocybe, Berk.; Cephalo-
trichum, Lk.; Doratomyces, Gord., an genus distinctum?
Tribu IV. — Sporotrichés.
Réceptacles floconneux, rameux, recouverts de spores sur toute leur
surface.
Genres : Sporotrichum, Lk.; Fusidium, Lk.; Aleurisma, Lk.; Asterophora,
Dittam; Mycogone, Pers.; Sepedonium, Lk.; Nemalogonium, Desinaz.; Colle-
tosporium, Gord.; Acrothamnium, Nées'?; Plecotrichum, Gord.?; Mainomyces,
Gord.; Chrysosporium, Gord.?; Chromosporium, Gord.?; Myxonema, Cord.?;
Melanotrichum, Cord.?; Memnonium, Cord.?; Artotrogus, Mntg.?
Tribu V. — Ménisporés.
Réceptacles floconneux, simples, cloisonnés, obtus ou aigus au som-
met; spores nombreuses, simples ou cloisonnées, ovales, allongées, cour-
bées ou anguleuses, terminales et verticillées.
Genres : Menispora, Pers.; Rhinotrichum, Cord.; CamptôUm, Lk.; Arthri-
nium, Kze.; Gonatosporium, Lk.; Psilonia, Fr.?; Medusula, Tode?, Bala-
iittiin, Wallr.; Spondycladium, Mark; Cœlosporium, Lk.; Ospriosporium,
Cord.?; Trichostroma, Cord.?; Œdemium, Lk.
32 DIVISION DES CHAMPIGNONS
Sous-division IL — PHYCOCLADÉS.
Réceptacles simples ou rameux, cloisonnés; spores simples ou cloison-
nées, fixées sur une vésicule terminale, ou isolées à la pointe des rameaux.
Tribu I. — Céphalosporés.
Réceptacles simples ou rameux; spores continues ou cloisonnées, fixées
à la surface des vésicules.
A. Spores continues.
Genres : Phycomyces, Kze.; Acmosporium, Cord.; Cephalosporium, Cord.;
Myriocephalum, Dntrs.; Rhopalomyces, Cord.; Cltorefopsis, Cord.; Haplotri-
chum, Cord.; Haplaria, Lk.; Gonatobotrys , Cord.; Desmotrichum, Lév.;
Chlonostachys, Cord.; Myotrichum, Kze.; Gonytrichum, Nées; Ramulia,
Ung?; Actinocladium, Enrbg.?; Capillaria, Pers.?; Chionypha, Thien?;
Schinzia, Nag.?; Naegeiia, Rabenb.?
B. Spores cloisonnées.
Genres : Arthrobotrys, Cord.?; Strachybotrys, Cord.; Diplosporium, Lk.
Tribu IL — Oxycladés.
Réceptacles simples ou rameux, cloisonnés; spores continues ou cloi-
sonnées, fixées en plus ou moins grand nombre, ou solitaires à l'extré-
mité des rameaux terminés en pointes.
Section I. — Cladobotryés.
Spores plus ou moins nombreuses à l'extrémité des rameaux.
A. Spores continues.
Genres : Polyaclis, Lk.; Cladobotryum, Nées; Stachylidium, Cord.
B. Spores cloisonnées.
Genres : Trichothecium, Lk.; Cephalothecium, Cord.; Dactylium, Nées;
Mystrosporium, Cord.; Stachybotrys, Cord.
Section IL — Botrytidés.
Réceptacles simples ou rameux, cloisonnés; spores simples ou cloison-
nées, solitaires à l'extrémité des rameaux.
A. Sjwres continues.
Genres : Botrytis, Lk.; Peronospora, Cord.; Verticillium, Nées; Acremo-
nium, Lk.; Pterodinia, Cbev.; Streblocaulium, Chev.; Ampliiblistrum, Cord.;
Geotrichum, Lk.?; Zygodcsmus, Cord.
B. Spores cloisonnées.
Genres : Blastolrichum, Cord.; Brachycladium, Cord.; Triposporium , Cord.;
Acrothecium, Cord.; Anodotrichum, Cord.
DIVISION DES CHAMPIGNONS 33
Sous-division III. — SCLÉROCHÉTÉS.
Réceptacles pleins ou cloisonnés, formés d'un seul rang de cellules ou
de plusieurs réunis ensemble, simples ou rameux ; spores isolées répan-
dues çà et là, ou réunies en plus ou moins grand nombre à la base ou au
sommet.
Tribu I. — Hélicosporés.
Spores filiformes, cloisonnées, tournées en hélice, fixées sur toute la
surface des réceptacles.
Genres : Helicotrichum, Nées; Helicoma, Cord.
Tribu II. — Gyrocérés.
Réceptacles composés, simples ou rameux; rameaux stériles plus ou
moins courbés; spores fixées en grand nombre autour de la base.
Genres : Gyrothrix, Cord.; Gyrocerus, Cord.; Chœtopsis, Grev.; Slrepto-
thrix, Cord.; Ceratocladium, Cord.; Circinotrichum, Nées.
Tribu III. — Helminthosporés.
Réceptacles solides ou cloisonnés, simples ou rameux; spores cloison-
nées, solitaires, fixées à l'extrémité des rameaux ou sur différents points.
Genres : Helminthosporium, Lk.; Podosporium, Schweinz.; Soredospora,
Cord.; Azosma, Cord.; Mitrosporium, Cord.; Macrosporium, Fr.; Coccosporium,
Cord.; Midonotrickum, Cord.; Septosporium, Cord.; Stemphylium, Cord.;
Triposporium, Cord.; Trichxgum, Cord.; Macroon, Cord.; Amphitrichum,
Nées"?; Midonosporium, Cord.?
DIVISION VI. — ARTHROSPORÉS.
Réceptacles filamenteux, simples ou rameux, cloisonnés ou presque
nuls; spores disposées en chapelet, terminales, persistantes ou caduques.
Sous-division I. — PHRAGMONÉMÉS.
Réceptacles rameux; spores ou articles persistants.
Tribu I. — Antennariés.
Réceptacles rameux, étalés, rarement dressés, cloisonnés et atténués
de la base au sommet, articles persistants; spores
Genre : Antennaria, Lk.
Tribu IL — Alternariés.
Réceptacles simples, dressés; spores continues ou cloisonnées, sépa-
rées par un étranglement bien marqué.
Genres : AKeniaria, Nées; Phragmotrichum, Kze.
3
34 DIVISION DES CHAMPIGNONS
Sous-division II. — HORMISCINÉS.
Réceptacle formé d'un seul rang de cellules ou de plusieurs réunies
ensemble, solide ou cloisonné, simple ou rameux, capitulé ou allongé;
spores caduques, continues ou cloisonnées, terminales ou fixées au
capitule.
Tribu I. — Corémiés.
Réceptacle plein, renflé à son extrémité supérieure en forme de capi-
tule ou de massue.
Genres : Coremium, Lk.; Stysanus, Gord.
Tribu IL — Aspergillés.
Réceptacle floconneux, simple ou rameux; spores fixées sur une vési-
cule arrondie ou ovale terminale.
Genres : Aspergillus, Mich.; Monilia, Hill.; Pénicillium, Lk.
Tribu III. — Oidiés.
Réceptacles simples ou rameux, floconneux; spores terminales, faisant
suite aux rameaux ou verticillées.
A. Spores à l'extrémité des rameaux.
Genres : Oidium, Lk.; Rhodocephalus, Cord.; Demalium, Pers.; Cladospo-
rium, Lk.; Chloridium, Lk.?
B. Spores disposées en verticilles.
Genres : Sporodon, Cord.; Gonatorrhodon, Cord.
Tribu IV. — Septonémés.
Réceptacles floconneux, simples ou rameux ; spores cloisonnées.
Genres : Dendryphium, Cord.; Solenosporium, Cord.; Cladolrichum, Cord.;
Trimmatospora, Cord.; Sepioncma, Cord.; Bispora, Cord.
Tribu V. — Torulacés.
Réceptacle floconneux, nul ou presque nul ; spores continues.
Genres : Torula, Pers.; Telracolium, Kze.; Cylindrosporium, Grév.;
Sporendonema, Desmaz.; Speirea, Cord.; Gongylocladium, Wallr.?; Helico-
myces, Lk.
Doué d'une intelligence supérieure et d'un esprit juste, Léveillé
n'oublia point la marche suivie avant lui pour arriver à grouper
les Champignons ; il remarqua que ces groupes avaient été classés
DIVISION DES CHAMPIGNONS 35
d'après leurs formes extérieures, et comprit tout de suite que les
nouvelles divisions, les sous-divisions, les tribus, les sections et
les genres doivent être faites d'après l'organisation microscopique
des espèces. Il résolut donc de les étudier tous, dans tous les
genres, dans toutes les espèces. C'était. un travail gigantesque,
mais il sentait qu'il lui deviendrait facile ensuite d'établir les
affinités de ces cryptogames en comptant le nombre des caractères
semblables et en jugeant leur valeur ; Léveillé se mit donc à
l'œuvre, résolument; après plus cle vingt années d'un labeur
assidu, il publia sa Méthode, qui fut adoptée par le docteur
Mougeot, dans rémunération des Champignons des Vosges (1).
M. Ad. de Jussieu la suivit dans son Cours élémentaire de bota-
nique, page 412, chapitre 545 ; Payer, professeur de botanique à
la Faculté des sciences, l'accepta dans sa Botanique cryptogai ni-
que, 1850.
Les découvertes récentes qui permettent d'établir chez une
même espèce de Champignons la faculté de développer dans le
cours de son existence plusieurs systèmes de reproduction, nous
font encore prévoir la possibilité de séries nouvelles. En effet,
chez les Clinosporés, les Champignons varient, l'espèce n'est pas
fixe, et cette variété fixée d'une manière durable, constituera une
nouvelle série d'êtres avec des caractères anatomiques et physio-
logiques qui la différencieront de l'espèce mère. Dans quelques
tribus de la division des Clinosporés, l'espèce première se trouvera
donc démembrée et divisée ; mais il reste à les étudier espèce par
espèce et à les classer; aujourd'hui on ne saurait présumer, même
approximativement, ce que pourra être un jour le nombre des
genres, qui deviendra certainement considérable et dont par suite
le classement sera excessivement laborieux.
(1) Statistique du département des Vosges, partie botanique.
36 GERMINATION DES SPORES
CHAPITRE V
GERMINATION DES SPORES
Les organes reproducteurs des Champignons ont reçu le nom
collectif de spores. Ce sont des cellules simples, formées généra-
lement de deux enveloppes et d'un contenu proloplasmique ; elles
sont le résultat d'une production cellulaire ou d'une reproduction
sexuelle. Lorsque la spore porte des appendices locomobiles, on
la désigne sous le nom de zoospore; si elle en est dépourvue, elle
garde sa qualification de spore. On trouve aussi, chez les Cham-
pignons, d'autres cellules reproductrices, avec ou sans appendices
locomobiles, qui se montrent analogues aux précédentes mais
sont le résultat d'une reproduction sexuelle, et ont reçu souvent
des noms particuliers rappelant leur origine
Enfin, il existe encore dans un grand nombre de Champignons
plusieurs sortes de petits corps susceptibles de germination, ainsi
que d'autres dont le rôle n'est pas suffisamment connu ; tous se
montrent indépendamment d'une génération sexuelle, qui, si elle
existe, n'a pu du moins être constatée. Ceci posé, étudions la
germination des spores dans les Champignons à chapeau.
En beaucoup d'espèces, il n'y a pas de dificulté à étudier la
germination des spores, tandis que chez d'autres le succès est
fort incertain. Toutefois, la germination s'effectue sous l'influence
des mêmes agents qui agissent sur les graines; l'eau, l'oxygène et
la chaleur. On obtient quelquefois la germination de spores sous
l'eau. Les températures extrêmes entre lesquelles peut se produire
la germination varient suivant l'espèce ; elles sont en général
comprises entre six et quarante degrés. M. HofFiMann s'est livré à
de nombreuses expériences portant sur quarante-huit espèces, et
il en a consigné les résultats dans le Pringshcim Jahrbuch.
de 1860, page 267. M. de Seynes, qui a fait des Basidiosporés un
objet spécial d'études, ne donne aucun renseignement sur la ger-
mination et l'accroissement de la spore.
Jusqu'ici on ne sait presque rien de positif ; la plus grande
spore de Champignon est microscopique, la plus petite est à peine
GERMINATION DES SPORES 37
visible avec un grossissement de trois cents diamètres , la
planche II, fig. V, sp., représente les spores de l'Agaric mouche,
Amanita musearia grossies de six cents diamètres. La forme de la
spore toujours sphérique dans le principe, persiste ainsi tant que
la spore est attachée auxbasides. Dans les Amanites, les Lépiotes,
les spores sont ovoïdes, plus ou moins allongées ou atténuées à
partir du hile, qui se distingue par sa transparence. D'autres fois
les spores affectent l'aspect fusiforme, avec des extrémités ou
régulièrement atténuées comme dans l'Agaric couleuvre ,
Agaricus procerus, planche VII, fig. 21, ou obtuses, comme dans
l'Agaric nu, Agaricus nudus, planche XII, flg. 43. Elles sont
assez irrégulières, réniformes ou comprimées dans l'Agaric coni-
que, Ag. conieus, planche XXXIV, fig. 178. Tous les Coprins ont
les spores ovales-ovoïcles, plus ou moins allongées ou atténuées à
partir du hile, planche XL, fig. 209. L'exospore est quelquefois
rugueux, parsemé de verrues plus ou moins proéminentes, ainsi
qu'on peut le voir dans les Russules, planche XLVI, fig. 244, ou
dans les Lactaires, planche XLIII, fig. 230. Chez l'Agaric nain,
Ag. nanus, il y a un commencement de forme polygonale,
planche XXVII, fig. 143, mais les angles sont fort arrondis, et
c'est dans l'Agaric satiné, Ag. sericeus, planche XXVIII, fig. 151.
L'Agaric velu, Ag. ephebeus, planche XXXIV, fig, 181, que la
forme polygonale devient le plus distincte.
Les spores des Champignons sont des cellules qui diffèrent des
cellules végétatives, comme nous venons de le voir, par leur
forme, leur dimension, leur couleur, la structure de leur mem-
brane d'enveloppe et leur mode d'accroissement. Les trois
spores les mieux déterminées sont les plus rares, la zoospore,
cellule d'origine agame ou masse de protoplasma nu se mouvant
avec des cils vibratiles, après avoir pris naissance à l'intérieur
d'une cellule mère nommée sporange; ïoospore , née aussi à
l'intérieur d'une cellule mère nommée oogone et se développant à
la suite d'une fécondalion ; la zijgospore résultant de la conju-
gaison de deux cellules qui vont au-devant l'une de l'autre, puis
s'accolent par leur sommet, et dont le protoplasma se confond en
une seule masse après la résorption de la double paroi mitoyenne.
Ordinairement simple, la spore se cloisonne chez certaines espèces
et paraît multiple.
38 GERMINATION DES SPORES
Le protoplasma qui la remplit est tantôt finement granuleux,
tantôt condensé en une masse très réfringente, homogène ; parfois
il présente une, deux ou plusieurs gouttelettes huileuses isolées,
à forme de nucléoles, qui doivent clans les premiers temps de la
germination servir d'aliment aux jeunes filaments mycéliens. Les
enveloppes des spores varient en épaisseur, et le plus souvent il y
en a deux; l'endospore intérieurement, l'épispore extérieurement.
Celle-ci, presque toujours colorée et dont les nuances sont aussi
variables que la forme, offre les teintes les plus sombres ou les
plus délicates; rose, isabelle, jaune, violet, gris cendré, chamois,
orangé, olive, cannelle, rouge brique, rouge brun, noir sépia, etc.
L'examen de ces colorations constatées sous le champ du
microscope par la transparence dans une goutte de glycérine,
prouve que la membrane extérieure ne peut pas être modifiée par
l'huile, assez souvent colorée, qui s'incorporerait au protoplasma,
comme on le prétend sans se rendre compte des teintes vraies de
la membrane et du nucléus.
La coloration des spores est un fait physiologiquemenl inté-
ressant, et sur lequel repose la division du genre Agaricus du
professeur Pries ; mais elle n'est point permanente.
Dans les Agarics à feuillets blancs, les spores sont blan-
ches, et chez tous les individus, dans les Agarics à feuillets
colorés, la membrane externe de la spore prendra la môme colo-
ration que les feuillets; la couleur du chapeau peut subir des
variations comme les plantes phanérogames. Il n'est pas néces-
saire de signaler ici en détail toutes les modifications que subissent
la forme et la couleur des spores chez les différents groupes. Le
fait est indiqué en particulier pour chaque espèce.
Quand un Agaric ou un Bolet est mûr, si Ton coupe la tige au
niveau des feuillets tournés en bas, sur une feuille de papier noir,
et qu'on le laisse pendant quelques heures dans cette position, on
trouvera, imprimée sur le papier, l'image du chapeau, avec ses
feuillets rayonnants ; c'est que les spores se sont répandues de
l'hyménium sur le papier, et en grand nombre. Cette petite expé-
rience montre la facilité avec laquelle les spores se disséminent.
Les tubes des Bolets, les pores des Polysporées, les épines des
Hydnées, sont des modifications de l'hyménium produisant un
résultat semblable.
GERMINATION DES SPORES 39
Pour déterminer les spores ou semences de Champignons qui
germent sous nos yeux, il faut les placer dans des conditions
convenables de chaleur, d'humidité, et sous une température
toujours constante de 15 à 25 degrés, selon les espèces. Ces germi-
nations artificielles qu'on peut suivre pas à pas sous le champ du
microscope se produisent dans des cupules de verre imaginées par
le professeur Van-Thieghem.
J'ai reconnu que le purin obtenu en faisant bouillir pendant
cinq minutes trente grammes de crottin de cheval dans cent
grammes d'eau distillée, puis filtrant le liquide chaud au travers
du papier Joseph pour avoir trente grammes de liqueur, donne
des résultats satisfaisants ; mais avant d'en faire usage, on le
soumet à l'ébullition afin de détruire les bactéries qui existent
toujours et détruiraient les germinations. J'ai semé plusieurs fois
avec une goutte de ce liquide, sur le disque de verre mince n° 2,
qui doit être fixé sur la cupule, trois spores d'Agaric champêtre,
trois ou quatre d'Agaric sauvage, trois d'Agaric des champs,
deux d'Agaric comestible. Tout d'abord, le contenu de ces spores
semblait formé de deux parties distinctes, il y avait une grosse
goutte d'huile chamois, de la môme forme que les spores, et l'espace
compris entre elles et la paroi de l'endospore était occupé par un
liquide clair plus fluide et moins réfringent, sans être incolore.
Dix heures après, à mesure que la membrane absorbait la liqueur
environnante, ceLte quantité de liquide augmentait; au bout de
vingt heures, tout le contenu de sept spores, qui jusque-là était
resté partagé en deux parties, présentait un aspect homogène ; il n'y
avait que des granulations nombreuses, presque de même taille,
le remplissant complètement, et atteignant la paroi de l'endos-
pore ; la fig. 408, 409, de la planche LXXV, rend compte du
développement. Après trente-cinq heures, et sous une tempéra-
ture constante de vingt-deux degrés, les sept spores s'accroissent
rapidement, devenant parfois irrégulières, et le volume se double,
planche LXXV, fig. 410. Dix heures plus tard, se montre à la
surface, généralement à un des sommets de l'ellipse, une petite
proéminence avec une membrane extrêmement fine, qui ne paraît
pas se séparer de l'enveloppe sporale ; il est difficile de dire si
c'est un prolongement de Yexospore passant au travers de Yendo-
spore, ou simplement un appendice formé par une continuation
de Yendospore.
40 GERMINATION DES SPORES
Quelquefois on aperçoit, au point où le premier filament
mycélien sort de la spore, une marque circulaire semblant
indiquer la rupture de l'exospore. Dès lors, un autre changement
survient dans le contenu ; le protoplasma qui paraissait huileux,
réfringent et liquide, intervertissant les situations, occupe main-
tenant la position extérieure, avec quelques parcelles au centre ;
les autres spores restent immobiles, ne changent ni de forme, ni
de couleur ; elles seront stériles, car celles qui doivent germer
commencent à le faire rapidement. Petit à petit, le mycélium ou
blanc de champignons forme adroite et à gauche des ramifications
ayant môme diamètre que le filament principal.
Il se produit alors une germination dont certaines branches
s'étendent les unes à la surface du disque de verre, les autres
dans le vide de la cupule. Souvent plusieurs d'entre elles chemi-
nent côte à côte, et s'unissent en forme d'écheloir par des
anastomoses transverses. Il y a des spores qui, en ne germant que
d'un côté, produisent une seule branche de mycélium, quelquefois
double ; c'est-à-dire que deux rameaux issus de deux points
voisins ou séparés de la même spore se sont anastomosés; ceci est
le cas le plus rare.
On observe encore que la germination peut être multiple, formée
de plusieurs branches de mycélium douées d'un accroissement
commun ; dans ce cas, la branche mère du mycélium émet près
de sa base un rameau grêle possédant la même vigueur. Elle se
compose alors de deux rameaux n'ayant ni l'un ni l'autre la forme
de chaînette et ne se détachant point. Tous ces filaments sont légè-
rement colorés, principalement ceux qui proviennent des spores à
colorations diverses et d'un purin choisi.
Si, après avoir expliqué comment les spores germent et de
quelle manière elles donnent naissance au mycélium, je pousse
plus loin mes observations, on assistera à ses différentes ramifi-
cations, à ses anastomoses, qui finissent par former un tissu plus
ou moins épais, planche LXXV, fig. 411.
Le mycélium est la partie la plus active, la plus vivante du
Champignon ; il possède une existence à lui. Sur ses filaments
repose la récolte à venir; il est la souche et le tronc du Cham-
pignon (fig. 411, m.), qui petit à petit va atteindre son
complet développement, pour servir à l'alimentation. Les Bolets,
GERMINATION DES SPORES -il
les Hydnes, les Clavaires, demandent encore à être soumis à des
expériences persévérantes et à des études attentives quant à leur
mode de germination, et plus spécialement quant aux conditions
essentielles à la production d'un mycélium fertile.
Dans les prairies, dans les bois, ces cryptogames étant mangés
par des insectes tels que les limaces, les syphildes, etc., les spores
subissent dans ces estomacs une incubation, et, les insectes une
fois morts, ces spores en voie de germination se trouvent dissé-
minées çà et là. Partant de ce principe, j'ai nourri plusieurs lapins
pendant quelques jours avec des chapeaux de Bolets, d'Hydnes,
de Clavaires, etc., ce qui m'a conduit à des observations que je
publierai un jour.
M. Tulasne a décrit la germination de la spore clans le Tremella
violacea (Ami. des Se. Nat., 3e série XIX, p. 193), et a suivi égale-
ment la germination des pseudospores des /Ecidium violœ,
euphorbiœ , ranunculacerum , et les pseudospores de celui-ci
émettent trois longs filaments qui décrivent des spirales
imitant les circonvolutions de la tige du liseron. M. Cornu, dans
ses expériences sur les pseudospores du Podisoma juniperi a
obtenu la germination d'un assez grand nombre d'entre elles ; ses
communications à la Société Botanique de France ne laissent aucun
doute à cet égard.
Dans le Peridermium, les pseudospores plongées dans l'eau
germent à n'importe quel point de leur surface. Il en paraît être
presque de même chez les Urèdinées.
Les pseudospores et les spores d'un assez grand nombre de
Pezizes et d'autres espèces appartenant à différents groupes, ne
donnent pas directement naissance au mycélium. Si l'on met,
dans des conditions propres à leur germination, d'autres sortes
de Champignons Thécasporés, on voit bientôt apparaître une
petite éminence qui s'allonge légèrement, se gonfle à son extrémité.
Le gonflement s'accroît, devient réni forme comme la spore, dont
cette nouvelle cellule reproduit la structure tout en restant plus
petite. Une cloison la sépare du filament qui la soutient, mais
auparavant le protoplasma qui remplissait la spore s'est porté en
entier dans la spore secondaire ou sporiclie ainsi formée qui ne
tarde pas à se détacher de la spore mère. La sporiclie est
quelquefois beaucoup plus petite que la spore d'où elle provient,
et ressemble à une spermatie.
42 GERMINATION DES SPORES
La germination des Ustilaginées s'est enrichie grâce aux travaux
du docteur Ficher de Waldheim ( Pringsheim Jarhbucher ,
vol. VII, 1869), de nouvelles connaissances sur les Pseudospores
de Tilletia caries avec les spores secondaires accouplées. Au bout
de quelques jours, on voit un petite tube obtus passer à travers
l'épispore, portant à son sommet de longs corps fusiformes, qui
sont les spores de première génération. Ils s'accouplent au moyen
de petits tubes transversaux, et forment de longs sporules de
seconde génération portés sur de courts pédicelles ; ces sporules
germent à leur tour, produisant sur de petits stérigmates des
spores semblables de troisième génération.
Le professeur de Bary a observé, dans le Cystopus candidus
(Ann. des Se. Nat., 4e série, XX, p. 5), deux sortes d'organes
reproducteurs ; d'abord ceux qui se trouvent à la surface de la
plante et crèvent à travers la cuticule en pustules blanches, se
disposant sous forme de chaînes, et que de Bary nomme conidies;
ensuite certains corps globuleux appelés oogones , qui se déve-
loppent sur le mycélium dans l'intérieur des tissus de la plante
nourricière. Quand les conidies sont semées sur l'eau , elles
absorbent rapidement l'humidité et se gonflent ; le centre de l'une
des extrémités devient promptement une grande papille obtuse,
semblable au col d'une bouteille. Cette partie se remplit d'un
protoplasma où se forment des vacuoles.
Bientôt cependant, ces vacuoles disparaissent, et de très fines
lignes de démarcation séparent le protoplasma en portions polyé-
driques, au nombre de cinq à huit, présentant chacune au centre
une vacuole faiblement colorée. Presque aussitôt après cette sépa-
ration, la papille se gonfle à l'extrémité, s'ouvre et en môme
temps les cinq à huit corps formés dans l'intérieur sont chassés un
à un; ce sont des zoospores, qui d'abord prennent une forme lenti-
culaire, et se groupent devant l'ouverture de la cellule mère en
une masse globuleuse. Cependant ils commencent à se mouvoir,
des cils vibratiles se montrent, et au moyen de ces appendices, le
globule tout entier se meut par oscillations, tandis que les
zoospores se séparent une à une , chacune devenant isolée et
nageant en liberté dans le fluide environnant. Le mouvement est
précisément le même que celui des zoospores des Algues.
Le mode de germination des Mucors a été étudié par différents
MYCELIUM 43
observateurs, en dernier lieu par MM. Van-Tiiieghem et Le
Monnier, Ann. des Se. Nat., 1873, XVII, p. 211, et dans une des
formes les plus communes, le Phycomyces nitens. D'après eux la
germination de cette espèce n'a pas lieu clans l'eau ordinaire,
mais elle se produit facilement dans d'autres milieux, tels que le
jus d'orange , etc. La spore perd sa couleur, se gonfle et absorbe
le fluide qui l'entoure, jusqu'à ce que son volume se double et que
sa forme devienne ovoïde. Alors de l'une de ses extrémités quel-
quefois de deux, elle émet un fil épais qui s'allonge et porte des
ramifications en forme d'ailes. On obtient ainsi des sporanges,
tandis que chez d'autres espèces il se forme des chlamydospores.
M. Van-Thieghem décrit pour un autre cryptogame un second
procédé de reproduction, qui n'est pas rare dans les Mucorinées.
Des fils accouplés sur la matière nourricière élaborent par degrés
des zygospores, mais celles-ci, contrairement à ce qui se passe
ailleurs, sont entourées de curieux appendices ramifiés qui
émanent des cellules, arquées aux deux bouts, de la zygospore
nouvellement développée.
Ce que j'ai dit au sujet des divers types, suffit à faire connaître
la germination des spores ; les particularités spéciales à iliaque
forme ou aux différentes espèces seront indiquées avec tous les
détails que comporte une étude pareille, dans mon second
volume.
§1
MYCÉLIUM
Nous venons de voir que le premier développement de la spore
produit une sorte de filament cellulaire, de couleur variable, mais
généralement blanchâtre, plus ou moins allongé, d'abord simple et
qui se complique ensuite en se ramifiant et s'anastomosant. Le my-
célium est la souche, le tronc des Champignons ; sans lui ils cessent
d'être. La meilleure preuve que l'on puisse en donner, c'est que le
mycélium a une existence propre, qu'il est annuel ou vivace, et
qu'à une époque 'fixe, quand les circonstances sont favorables, on
le voit donner naissance à des Champignons. L'époque de sa
fructification écoulée, il rentre dans le repos et attend son prin-
44 FÉCONDATION
temps, son automne, sa saison, en un mot, pour donner de
nouveaux fruits.
Tout est semblable ici à ce que l'on observe chaque jour et dans
tous les végétaux ; pourquoi les Champignons s'écarteraient-ils
donc de la règle générale?
Léveillé distingue quatre formes de mycélium :
1° Le mycélium nématoïde ou filamenteux. C'est le plus
fréquent de tous ; il consiste en filaments simples ou rameux,
cloisonnés, distincts, diversement colorés, souvent anastomosés ;
on le trouve assez généralement à la base du pédicelle des Cham-
pignons, sous la forme de filaments blancs ;
2° Le mycélium hyménoïde ou membraneux ne diffère pas
sensiblement du nématoïde ; seulement les filaments sont plus
rapprochés , plus confondus , et forment des membranes
d'épaisseur variable. On le trouve principalement entre les
feuilles, sous les écorces, dans les trous pratiqués par les insectes
aux troncs des arbres morts ;
3° Le mycélium scléroïde ou tuberculeux n'est jamais primitif,
il est toujours consécutif ou nématoïde. Sur différents points de
celui-ci on voit naître de petits tubercules qui augmentent peu à
peu de volume. Soumise au microscope, leur substance est com-
posée de cellules étroites et anguleuses. Ces tubercules ont été
décrits sous les noms de Sclerotium, Rhizoctonia, etc., et se font
remarquer par les dégâts qu'ils causent à certaines de nos
cultures ;
4° Le mycélium malacoïde ou pulpeux, est moins connu que
les autres. Il se présente sous la forme de membrane ou de fila-
ments charnus, mous, anastomosés. Dans le second état, c'est le
Phlebomorpha, de Persoon, dans le premier, le Mesenterica, de
Todf; lorsque la saison est favorable, ce mycélium se recouvre de
réceptacles de Physariées, de Trichiacées, etc.
FÉCONDATION
Les observations faites sur les Basicliosporés tendaient à
démontrer la formation d'un carpogone donnant naissance par
une prolifération cellulaire au réceptacle hyménié à basides
FECONDATION 4 b
sporifères; mais l'acte fécondateur n'a pu être saisi. Dans ces
dernières années, MM. Reess, Van-Thieghem, Kirchner, Karsten,
Œrstedt, ont étudié cette question. Les trois premiers supposent
l'existence d'un macvocyte qui rappelle les macrocytes ou les
scolecites des Thecasporés ; pour MM. Karsten et Œrstedt,
l'organe mâle est représenté par un ou plusieurs rameaux nés du
mycélium faisant fonction d'anthéridie ; c'est une illusion qui a
pour un moment paru réalité. M. de SEYNEVoit également chez le
Lepiota cepœstipes une macrocyste, mais il n'a reconnu aucun
organe auquel on puisse attribuer une fonction copulatrice. Dans
ces dernières années M. Œrstedt, poursuivant ses recherches,
aurait observé dans l'Agaric variable de Persoon , des oocystes
ou cellules réniformes allongées, qui poussent comme des
branches rudimentaires sur les filaments du mycélium, et
renferment un abondant protoplasma, peut-être même un nucléus.
A la base de ces oocystes apparaissent, à un moment donné, les
anthéridies supposées, c'est-à-dire un ou deux filaments délicats,
qui généralement tournent leurs extrémités vers les oocystes, et
viennent s'y appliquer. Dès ce moment, sans éprouver de modi-
fication appréciable, Voocyste s'enveloppe d'un réseau de fila-
ments de mycélium nés sur le filament qui la porte, et ce tissu
forme les rudiments du chapeau.
Si la théorie de M. Œrstedt se confirme, naturellement la
totalité du chapeau des Agaricinées sera le résultat d'une
fécondation.
M. Worthixgton G. Smith a fait des observations sur le Coprin
radies, et les a communiquées au Woolhope Club de Hereford,
le 14 octobre 1875. Quand une lamelle de Coprin est placée dans
l'eau, dit M. Smith, au bout de trois heures toutes les cellules sont
mortes, mais les granules fécondateurs, après une couple
d'heures, reprennent vie, sont doués d'un mouvement giratoire,
s'attachent aux spores, en percent l'enveloppe et déchargent leur
contenu dans la substance de ces organes. Trente-quatre ou
quarante heures écoulées,, la spore laisse échapper de son inté-
rieur une nouvelle cellule, qui sera la première du chapeau d'une
nouvelle plante. Au contraire la spore non fécondée produit un
mycélium qui lui est particulier.
Nous n'avons pas à discuter toutes les autres théories, tous les
46 FÉCONDATION
prétendus faits découverts sur les organes de la fécondation des
Champignons Basidiosporés. Parmi ces observations les unes sont
incomplètes et sans aucun résultat définitif; quant aux faits
rapportés plus haut et regardés, à tort ou à raison, comme des
fécondations sexuelles, quelques-uns étonnent le naturaliste par
leur étrangeté. Pourquoi cet étonnement? Est-ce parce que nous
leur donnerions une fausse interprétation? Est-ce parce que ces
phénomènes présenteraient une allure à laquelle nous ne sommes
pas habitués? Est-ce enfin parce qu'ils n'auraient pas été étudiés
avec tout le soin désirable? Mais si la fécondation n'est point
encore démontrée, on ne saurait tout à fait admettre qu'elle
n'existe pas.
Avant de nier absolument, examinez les œufs de tel ou tel
animal dont la structure se rapproche en réalité beaucoup de la
cellule qu'on a sous les yeux. Il y a plus, cette anthéridie qui
fonctionne, dont le liquide fécondateur rempli de corpuscules se
fond dans le protoplasma au sein duquel sont les germes, n'est-ce
pas la reproduction de l'acte par lequel se fécondent eux-mêmes
les animaux supérieurs.
§111
La reproduction sexuée chez les Champignons est une décou-
verte toute récente due plus particulièrement aux travaux de
MM. Pringsheim, de Bary, Voronine, Cienkowski, Tulasne, Van-
Tiiieghem, Cornu, etc. Elle a lieu par le moyen de conceptacles
remplis de spores immobiles ou sexuées provenant d'une fécon-
dation. Tantôt l'organe mâle est constitué par des branches laté-
rales terminées par une cellule anthéridie qui contient des anthé-
rozoïdes ; dans d'autres cas, il n'y a pas de branches latérales,
mais des anthéridies qui diffèrent suivant les genres.
La reproduction asexuée s'effectue par le moyen de zoospores,
produits dans des cellules mères spéciales qu'on nomme sporanges;
les sporanges sont formés par le cloisonnement d'une portion
terminale de l'utricule unique, diversement ramifiée, qui constitue
l'espèce. Le protoplasma qui s'est accumulé en cet endroit se
divise ensuite en petites masses égales, dont chacune devient une
zoospore.
FÉCONDATION 47
Prenons comme exemple le Saprolegnia monoiea, auquel
M. Cornu, en 1872, a consacré une monographie étendue. Le
Saprolegnia monoiea est monoïque comme son nom l'indique. A
l'extrémité des filaments cloisonnés qui constituent ces petites
plantes se développe un sporange sphérique ou allongé nommé
oogone. Au-dessous de Yoogone une cellule présente un proto-
plasma plus clair qui se groupe en petits corps ovoïdes ; elle s'ouvre
par un pore latéral situé à la partie supérieure, et donne issue à
des corps de môme forme que les zoospores, munis comme ces
derniers d'un cil vibratile ; ce sont les anthérozoïdes. Ils se
meuvent et s'appliquent sur la paroi, puis pénètrent à l'intérieur
de Yoogone dont l'extrémité supérieure est à ce moment large-
ment béante ; là, ils se confondent avec la masse protoplasmique de
Yoogone, qui devient Yoospore.
Une seconde espèce de fécondation, dite par copulation et
observée chez les Cystopus, les Peronospora, etc., s'opère ainsi :
les oogones se développent au sommet des rameaux du mycélium,
la figure 403, k, planche LXX1V, représente la plante, la lettre J,
un rameau mycélien avec huit oogones, voy. en L" une oogone
grossie de neuf cents diamètres, la lettre L indique le filament
mycélien producteur de l'oogone, en même temps se forme sur ce
rameau ou sur un voisin une branche plus fine, L', qui s'applique
par son sommet L' sur Yoogone, se renfle, et l'extrémité renflée
s'isole par une cloison du filament qui la supporte, c'est Yanthé-
ridie ; le protoplasma contenu clans l'oogone se concentre en une
gonosphère isolée des parois, tandis que l'anthéridie pousse un
prolongement tubuleux mince, qui perfore la membrane de
Yoogone et prend l'aspect d'une sorte de bec, L'. Ce bec s'allonge
dans l'intérieur de Yoogone, arrivée à la rencontre de Yoosphère :
celle-ci s'enveloppe d'une membrane de cellulose et devient une
oospore , exactement comme chez les monoblepharis, après le
contact et la fusion de Y anthérozoïde.
Le troisième mode de fécondation, appelé par conjugaison, est le
plus anciennement connu ; il fut découvert par Ehremberg (Silvœ
mijcol. Berioliense) . Sur une moisissure primitivement appelée
Syzygites megalocarpus, Yoospore appelée ici zygospore, par allu-
sion à la jonction des deux rameaux dont elle est née, est une spore
hibernante, protégée comme Yoospore par d'épaisses enveloppes.
48 FÉCONDATION
Le phénomène se passe de la manière suivante : deux filaments
se rencontrent, chacun poussant vers l'autre un processus de
même diamètre que le filament et s'unissent intimement ; ils se
renflent au point de contact et deviennent claviformes, émettant
entre eux un corps posé en travers des filaments conjugués.
Chacun des processus se crée une memhrane transversale qui le
sépare du corps médian et s'enrichit de protoplasma, l'un gran-
dissant plus que l'autre. Les extrémités de ces corps ou cellules
copulatives, dont les membranes formaient deux cellules, se
confondent en une seule par destruction de ces membranes, et il
en résulte un corps médian à cavité unique. Ce corps, résultat de
la réunion des deux cellules géminées, est une spore ou, pour
rappeler la manière dont il s'est fait, une zygospore. Cette zygos-
pore prend la forme d'un petit tonneau, sa membrane s'épaissit et
se compose, à la maturité, d'une épispore solide, bleu noirâtre
foncé, couverte de verrues sur la surface convexe, et d'une endos-
pore épaisse à plusieurs couches, incolore, couverte de verrues
pleines entrant dans les creux internes formés sur l'épispore. Le
contenu est du plasma à gros grains avec des gouttes d'un liquide
oléagineux.
La famille des Mucorinées offre des exemples nombreux et
diversifiés de ce mode de fécondation. D'après MM. Van-
Thiegiiem et Le Monnier (Recherches sur les Mucorinées, 1873,
in., Ann. des Se. Nat.), quelquefois les deux cellules qui doivent
se rencontrer s'arrêtent dans leur croissance avant de se toucher
et donnent chacune naissance, par leurs extrémités qui se regar-
dent, à une oospore de môme forme et de même structure que la
zygospore , d'ordinaire plus petite., susceptible de germer, et à
laquelle on donne le nom d'azygospore.
Ces cellules sont différenciées, quoique faiblement, dans les
Pliycomyccs et les Rhizopus, et l'on ne rencontre pas d'azygos-
pore chez ces Mucorinées.
MM. de Bary et Woronine ont observé dans le Peziza pyronema
confluais, Pers., un phénomène que M.TuLASNEa vérifié et auquel
il ajoute d'importants détails.
Résumons tout ce qu'on sait de certain sur la fécondation et la
sexualité chez les Champignons, bien que nous n'avions rien de
précis actuellement sur les Agarics et les Bolets.
POLYMORPHISME. — GÉNÉRATIONS ALTERNANTES 49
Dans les Peronosporés, la fécondation semble se rapprocher de
celle des phanérogames ; l'extrémité de l'anthéridie, semblable à
celle du tube pollinique, s'approche sans se rompre de la cellule à
féconder.
Chez le Syzygites megalocarpus, le résultat de la fécondation
est une zygospore qui germe à la vérité, mais jusqu'ici nous ne
savons pas sûrement ce qu'elle donne.
Dans le Rhizopus nigricans, les Syzygites , c'est presque la
production conjuguée des Algues, une sorte de greffe sur un
nouveau modèle.
D'autres Champignons Thécasporés ont donné lieu à de
nouvelles observations. Ainsi, chez le Peziza Pyroncma, il se
produit non pas des spores simples, non pas des sacs à spores,
mais du tissu hyménial, des thèques, qui elles-mêmes donneront
naissance aux spores. Dans VErijsiphe cichoraceum, c'est une
Thèque qui crée de toutes pièces, contenant et contenu, aussitôt
que deux filaments se sont rencontrés.
Faut-il s'étonner de la multiplicité des procédés de repro-
duction quant on voit la multiplicité des produits ? Dans les
exemples qui précèdent, chaque rapprochement amène des effets
divers pour les différentes plantes.
§IV
POLYMORPHISME. — GÉNÉRATIONS ALTERNANTES
J'ai déjà indiqué les principaux faits qui peuvent établir, chez
une même espèce de Champignons, la faculté de développer dans
le cours de son existence, soit simultanément, soit l'un après
l'autre, plusieurs systèmes de reproduction. Deux catégories
distinctes de phénomènes ont été groupées sous le nom de poly-
morphisme. Dans la première, deux ou plusieurs formes de fruits
se présentent successivement ou ensemble sur le même individu,
et dans la seconde, deux ou plusieurs formes se montrent sur des
mycéliums différents, sur des parties différentes de la même
plante ou sur une substance nourricière entièrement distincle.
Les cas les plus simples sont ceux où l'on n'a reconnu jusqu'ici
que deux formes de corps reproducteurs, mais ce dimorphisme
50 POLYMORPHISME. — GÉNÉRATIONS ALTERNANTES
présente lui-même plusieurs variétés. Chez les Basidiosporcs,
M. de Seyne a observé que la Fistuline hépatique, outre les spores
portées par les basides, porte des conidies à la partie supérieure du
réceptacle, disséminées dans le parenchyme. Une fois développée,
la conidie est un peu plus grande et plus régulière que la spore,
mais elle s'en rapproche cependant beaucoup par la forme et la
couleur.
M. Tulasne a prouvé que les expansions trémelloïdes connues
sous le nom de Coryne sarcoidcs Pers, avec leurs fines spermaties
et conidies blanches, ne sont qu'une phase reproductrice du
Peziza sarcoidcs Pers.
Un des cas les plus anciens de dualisme a été observé parmi les
Urédinées. Il y a plusieurs années, on croyait à une relation
mystérieuse entre la rouille (Tricobasis rubigo vera) du blé et des
graminées, et la Nielle du blé (Puccinia graminis) qui lui succède.
La rouille à spores simples fait d'abord son apparition ; plus
tard vient la Nielle à spores biloculaires, et il n'est pas rare de
trouver les deux formes dans la même pustule.
Les spores de l'Uredo, toujours simples, restent dans cet état,
excepté clans VUredo linearis, où l'on a observé chaque phase
intermédiaire. Les unes et les autres sont parfaites dans leur
genre et capables de germination ; de plus une même espèce peut
donner naissance à quatre principales formes.
Prenons comme exemple la Fumagine, qui recouvre d'une suie
noirâtre les feuilles de beaucoup de plantes, principalement des
orangers; on voit la forme reproductrice conidienne, la plus
répandue de toutes, représentée par un mycélium brun qui donne
naissance à une grande quantité de conidies formant un chapelet
de moisissure, et connue sous le nom de Cladosporium ou
Torula.
Plus tard naît du même mycélium un réceptacle noirâtre,
contenant des thèques à six spores. Avant l'apparition de ces
réceptacles, on en rencontre qui ont l'aspect de bouteilles
allongées, s'ouvrant par le sommet, ce sont des pycnides d'où
s'échappent des stylospores allongées, cloisonnées, peu différentes
des vraies spores. Le même mycélium produit parfois des récep-
tacles d'une forme très analogue aux pycnides et donne nais-
sance à des spermaties linéaires, ce sont des spermogonies.
POLYMORPHISME. — GÉNÉRATIONS ALTERNANTES 51
Enfin il existe un autre type de polymorphisme, dans lequel
se rencontrent à la fois une succession de formes alternantes et un
réceptacle nouveau. Lorsqu'un Champignon parasite prend toutes
ces formes sur un même individu, on le qualifie de monoxène
ou autoïque ; lorsqu'il varie en changeant de nourriciers, il est
hétéroïque. Je ferai remarquer que le Champignon peut offrir dans
ses différents états des moyens de reproduction différents.
M. de Bary a montré comment la Puccinie des Graminées qui
se montre sur le chaume des céréales, est hétéroïque. Après
FUredo rougeâtre, que l'on appelle la Rouille du blé, du seigle,
ce dimorphisme s'est compliqué par l'adjonction d'un troisième
terme, YMcidium berberidis, sur les feuilles des Epines-Vinettes.
Voici comment on peut donner une idée du cycle complet de
végétation de ces curieux parasites. A la fin de l'été, sur le
chaume des Graminées , le même réceptacle possède deux
sortes de spores : 1° des uredospores qui peuvent germer sur
la même plante en reproduisant des Uredo; 2° des corps d'une
grande dimension, arrondis et plus larges vers le haut, à deux
loges et prenant une teinte brune, foncée ou noirâtre ; ces corps
nommés par M. de Bary téleutospores (spores delà fin) ou spores
parfaites, pénètrent après le sommeil hibernal dans les jeunes
feuilles de l'Epine-Vinette et y développent un mycélium qui
donne naissance à de petites conidies transparentes , ou spores
secondaires, connues sous le nom de sporidics.
Ce sont les sporidies issues des téleutospores qui germent sur
l'Epine-Vinette et percent les cellules épidermiques pour se déve-
lopper dans le parenchyme en Mcidium berberidis.
Qu'une spore d'AZcidium tombe sur une feuille de seigle ou de
blé, elle y émet un filament germinatif qui pénètre par un stomate
et se transforme en Uredo caractéristique de la Puccinie des
Graminées, lesquels se propagent eux-mêmes sous leur forme
Uredo.
C'est de même au moyen <¥ uredospores et de téleutospores que
le Puccinia straminis se reproduit à l'état d'Uredo sur les Grami-
nées, à l'état d' Mcidium sur les Borraginées, etc., et 1' 'Mcidium
fournit à son tour des spores qui engendrent l'Uredo.
Le cycle comprend quelquefois moins de formes ; tel est celui
des JEcidies des Pomacées, que l'on sait aujourd'hui formées par
52 RESPIRATION DES CHAMPIGNONS
la germination de sporidies issues des téleutospores des Gymno-
sporangium et Podissoma gélatineux qui se développent sur les
genévriers.
C'est à l'instigation du docteur Léveillé que M. Decaisne fit
venir d'Alençon un pied de Sabine couvert de Podisoma. Cette
conifère fut placée au Jardin des Plantes dans l'école des. Poiriers,
arbres sur lesquels on n'avait jamais observé la présence d'Uredo.
Peu de semaines après, toutes les feuilles des poiriers placés dans
le voisinage du Podisoma se trouvèrent couvertes de taches
orangées, premier indice de la présence du Rœstelia. M. Decaisne
fit enlever les Sabines; depuis cette époque on n'a plus aperçu la
moindre tache de Y JEcidium.
M. Cornu obtenait le même résultat avec Y JEcidium rhamni
(Société Botanique de France, séance du 2S juin 1880).
Ce chapitre doit être considéré comme donnant des aperçus et
des indications, mais nullement comme traitant la question d'une
manière complète.
Dans notre second volume il nous sera possible d'étendre consi-
dérablement tous les cas de polymorphisme, en y joignant nos
observations, et les exemples énumérés dans les ouvrages des
mycologistes d'Europe.
CHAPITRE VI
RESPIRATION DES CHAMPIGNONS
Les Champignons, en contact avec l'atmosphère par la plupart
de leurs parties, sont constamment en rapport avec cette enve-
loppe gazeuse de notre globe. Tantôt ils absorbent les gaz qui
entrent dans leur composition ; tantôt au contraire, ils exhalent
des matières gazeuses de nature diverse, suivant les circonstances,
et qui, en se mêlant ainsi à l'air, contribuent à modifier plus ou
moins les proportions de leurs éléments essentiels. Ce sont ces
RESPIRATION DES CHAMPIGNONS 53
rapports incessants des Champignons avec l'atmosphère, ces
exhalations et ces absorptions de gaz opérées par eux qui consti-
tuent la respiration, phénomène essentiel à leur existence, entrevu
depuis longtemps déjà, mais dont la connaissance exacte ne
remonte pas au delà de la fin du siècle dernier.
M. de Humboldt, en 1793, dans le Flora Fribergensis , était
arrivé à cette donnée importante que VAgaricus edulis respire
comme les parties colorées des Phanérogames, que les Champi-
gnons vicient rapidement l'air, en lui prenant son oxygène, pour
le remplacer par un autre gaz : l'acide carbonique. Le savant
voyageur allemand prouva par de nombreuses expériences que les
mômes phénomènes respiratoires se manifestent avec la même
intensité le jour et la nuit, et annonça le premier que les Agarics
placés au soleil ou dans l'obscurité produisent un second gaz,
l'hydrogène.
De Candolle (Flore Française, tom. 11, page 2) confirma cette
découverte sur des Champignons de différents genres, et ses
recherches nombreuses sur la respiration des Champignons
devinrent la base de la théorie moderne de ce phénomène. Au fait
déjà reconnu par de Humboldt et de Candolle; Marcet,
(Bibliothèque Universelle de Genève, tom. LVII, p. 393, 1834), en
ajouta plusieurs nouveaux d'une importance majeure. Ainsi des
Agaricus campestris, plongés dans de l'eau privée d'acide carbo-
nique, dégagent ce même acide, et diverses expériences de Marcet,
faites dans des atmosphères artificielles cette fois, ont amené un
égal résultat.
Cet ingénieux observateur fit passer un courant d'air atmos-
phérique dans une cloche de verre contenant un kilogramme de
Champignons, et obtint de l'acide carbonique, mais en moindre
quantité que s'il remplaçait l'air atmosphérique par du gaz
oxygène, et moins encore que s'il remplace l'oxygène par l'azote.
L'expérience a démontré que les Champignons expirent aussi
de l'azote. M. Grischow ayant mis dans un récipient de quinze
centimètres cubes de capacité un jeune Amanita muscaria
d'environ six centimètres cubes de volume., et l'ayant exposé au
soleil pendant deux heures, après l'avoir laissé préalablement une
nuit dans son récipient, remarqua que cette atmosphère limitée
avait diminué de trois centimètres cubes, et qu'elle présentait la
54 DE LA NUTRITION
composition suivante, 0,13 d'acide carbonique, 0,0b d'oxygène,
0,82 d'azote, avec des traces d'hydrogène. Nous venons de
voir chez les Champignons l'azote et l'hydrogène faire partie du
gaz expiré.
M. Muntz (Compt. rend. Acad. des Sciences. LXXX, p. 178), en
plaçant un Agaricus campestris dans un courant d'air continu,
n'a jamais recueilli aucune trace d'hydrogène, mais en changeant
l'air atmosphérique par un courant d'azote ou d'acide carbonique,
il a toujours vu se produire de l'hydrogène. L'auteur en tire cette
conclusion : dans le premier cas, les Champignons ont joué leur
rôle ordinaire ; ils ont brûlé avec l'oxygène de l'air les maté-
riaux dont ils disposent ; dans le second cas, cette combustion,
devenue impossible, a été remplacée par une combustion inté-
rieure, accompagnée d'un dégagement d'hydrogène dû à la
fermentation de la mannite qui se décompose en acide carbo-
nique, alcool et hydrogène. En résumé ces Cryptogames, comme
les fleurs, ont une respiration analogue à celle des animaux :
ils absorbent de l'oxygène et dégagent de l'acide carbonique.
§1
DE LA NUTRITION
La nutrition constitue la manifestation la plus universelle de la
vie : c'est la mutation continuelle des particules qui forment l'être
vivant animal ou végétal, et la propriété commune la plus générale,
la plus essentielle de tout élément organique, qui consiste, pour
les êtres vivants, à puiser leurs principes nutritifs soit dans le sol,
soit dans l'air qui les environne. Le Champignon se les incorpore
pour un temps donné, les élabore et les élimine ensuite, ces Cryp-
togames ayant la propriété d'être en relation d'échange constant
avec le milieu où ils vivent par un perpétuel mouvement d'assi-
milation ou de désassimilation ; c'est en quelque sorte une réno-
vation moléculaire insaisissable pour nos yeux, mais très visible
au moyen d'appareils appropriés et à l'aide des instruments que
la science met à notre disposition ; on constate l'entrée et la sortie
des sucs nourriciers qui traversent incessamment leur organisme,
le renouvellent dans sa substance et le maintiennent en sa forme.
DE LA NUTRITION 55
Nous avons vu que la germination des spores de Champignons
produit des filaments connus sous le nom de mycélium, ou blanc
de Champignons ; dans sa jeunesse il rampe sous le sol ou sur le
fumier, et vient puiser là les éléments nécessaires à son existence;
ces éléments sont gazeux, liquides ou solubles. Le premier est
représenté par l'air, l'acide carbonique, l'ammoniaque, etc. ; le
second par la pluie, la rosée, la neige ; le troisième par la masse
de matières organiques complexes qui existent dans la terre ou à
sa surface. L'acide carbonique de l'air ou du sol pénètre en même
temps que l'eau, dans les cellules du mycélium sur le protoplasma
qui a la propriété de décomposer une partie de l'acide carbonique,
et l'eau, les deux éléments combinés l'un à l'autre forment ce
que les physiologistes désignent habituellement sous le nom
d'hydrate de carbone.
Les propriétaires qui cultivent artificiellement des Champignons
sur couche, se servent de fumier bien préparé qui renferme une
importante quantité d'acide carbonique. J'ai, par de nombreuses
expériences, la preuve qu'il présente au mycélium une source
alimentaire lente et continue. Dans les forêts, dans les prairies où
le Champignon sort du sol spontanément, sans culture, ces
substances se forment par la décomposition des feuilles, des
racines, de tous les débris de végétations antérieures qui consti-
tuent ce que les agronomes nomment matière ulmique. Là tout
est réuni ; l'humidité, Tair, l'azote même existant dans le sol à
l'état de nitrate et de sels ammoniacaux, ou sous la forme de ma-
tières organiques complexes.
M. Boussingault est parvenu à démontrer avec une netteté
parfaite que tous les végétaux trouvent dans les nitrates que
renferme la terre l'azote nécessaire à la reconstitution et à l'ali-
mentation de leur tissu. Je conclus de ceci qu'aussitôt la germi-
nation des spores, tous les éléments nutritifs viennent, pour ainsi
dire, à la rencontre du mycélium, qui se développe sans efforts
sous l'impulsion de ces aliments, aidé par une température appro-
priée.
Le protoplasma contenu dans l'intérieur des cellules mycéliales
agit à son tour sur ces aliments organiques et inorganiques en
produisant une action réductrice qui est la base de toute activité
organique, et, en présence de tous ces éléments azotés et carbonés,
î)0 DÉVELOPPEMENT DES TISSUS
le mycélium s'étend graduellement, de dislance en distance, se
cloisonne transversalement, puis se feutre, et à sa surface on voit
apparaître de petits agrégats assez compactes semblables aux
petits cônes de sapin, planche LXXV, fig. 411, m. C'est le
premier rudiment du Champignon ; les mycologues le nomment
stroraa.
Après sa formation, le petit stroma subit un temps d'arrêt néces-
saire à son organisation ; il vit encore aux dépens du mycélium
générateur qui absorbe les aliments bruts, et les élabore, la
chaleur et l'humidité du sol aidant, en sève nourricière. En
observant avec le microscope, au moyen de coupes minces et
longitudinales, les jeunes tissus du stroma, on constate en effet
que les filaments cellulaires sont tous parallèles et qu'ils s'allon-
gent ensemble à leur sommet, tandis que la base du cône se
constitue par les filaments du mycélium qui leur sert de point
d'appui et de nourriture. Remarquons en passant que les matières
minérales ne sont pas étrangères à l'élaboration des principes
immédiats de nature organique, par rapport au rôle physique et
chimique qu'elles peuvent exercer, et que c'est dans des condi-
tions extrêmement favorables que les jeunes stromas poursuivent
leur développement.
§11
DÉVELOPPEMENT DES TISSUS
Au point de vue chimique, les cellules du mycélium sont cons-
tituées fondamentalement par des substances albuminoïdes, de
l'eau et des matières minérales, associées pour former une
substance à demi solide, à laquelle on a donné le nom de proto-
plasma, et qui, clans toute cellule, quelle qu'en soit la complexité
d'organisation, représente la seule partie douée des propriétés qui
caractérisent la vie. Toute modification apportée dans la compo-
sition chimique de cette substance entraîne nécessairement une
modification correspondante dans les propriétés de la cellule , et
si les changements apportés à sa composition dépassent certaines
limites, ces propriétés disparaissent, soit pour un temps plus ou
moins long, soit d'une façon définitive.
Ainsi, qu'on enlève par la dessiccation au protoplasma contenu
DÉVELOPPEMENT DES TISSUS 57
dans les cellules du mycélium, l'eau qui est nécessaire à sa consti-
tution chimique normale, et l'on verra le jeune stroma cesser de
se nourrir, cesser de se reproduire. Si, au contraire, les cellules
du mycélium sont placées dans un milieu favorable, elles s'arron-
dissent comme un fil, se couchent horizontalement, s'entrelacent
et se feutrent de plus en plus. Rien de plus variable que la forme,
la taille, la coloration, la structure de ces individualités anato-
miques et physiologiques. Sous le champ du microscope, le tissu
primitif au sommet du cône du jeune stroma est régulier ; ses
cellules sont plates, leur direction toujours parallèle et verticale,
et plus on s'éloigne de la base du cône, plus il est facile de recon-
naître ce tissu. Pour ce qui concerne la forme, la multiplication
des cellules des Champignons, nos connaissances s'appuient sur
un grand nombre de sérieuses expériences ; nous sommes beau-
coup moins avancés au sujet des filaments du mycélium et de la
démarcation entre lui et la première apparition des cellules du
Champignon, et nous ne pouvons à cet égard que formuler des
hypothèses, plausibles il est vrai, mais non démontrées par des
faits positifs.
11 existe, chez le Champignon, un mode de multiplication et de
formation des cellules à l'aide de cellules préexistantes : le mycé-
lium. Nous pouvons admettre que le protoplasma tout entier
d'une cellule se condense, sort de la membrane du mycélium qui
l'emprisonnait, et va, sous une forme nouvelle, acquérir de nou-
velles propriétés; on a désigné le phénomène sous le nom de rajeu-
nissement. En résumé, on distingue parfaitement les filaments
mycéliens des cellules du Champignon ; mais le passage de l'un à
l'autre est plus difficile à saisir et il y a là toute une série d'inté-
ressantes recherches à faire. Reprenons l'examen de nos certi-
tudes.
Avant d'arriver à la surface du sol, le petit Champignon subit
un temps d'arrêt qui varie avec les circonstances et le milieu, et
pendant lequel les cellules du jeune cryptogame s'organisent;
elles absorbent les éléments nutritifs du mycélium dans un état
de simplicité limité mais suffisant pour le développement de
toutes les couches cellulaires. C'est la plus externe qui s'organise
la première et forme un tissu très résistant qui sera Tépiclerme
planche II, fig. T, u', u. Deux lacunes aérifères se sont formées,
58 DÉVELOPPEMENT DES TISSUS
fig. 71, RR, et les tissus filamenteux s'accroissent de telle façon
que les parois supérieures des deux lacunes forment déjà en minia-
ture la face inférieure du chapeau.
On observe aussi que les filaments cellulaires participant à cet
allongement ont subi trois partitions principales ; la première
oblique à droite, la deuxième à gauche, la troisième., qui occupe le
milieu de l'espace annulaire, semble se diviser en deux parties et
se sépare par une petite cloison transversale, fig. 71, P, située juste
au centre du jeune Champignon. A mesure que le petit cône se
développe, les deux premières partitions en RR forment les bords
du chapeau, la troisième couche résistante et compacte devient
plus manifeste ; elle s'abaisse en s'inclinant et constitue le pédi-
celle qui doit fixer le Champignon au lieu où il a pris naissance.
Nous avons dit plus haut qu'au moment de la séparation, il se
forme un renflement en P, fig. 7', dans lequel s'accumule un
protoplasma granuleux sans noyau ; ce renflement sépare le pédi-
celle du chapeau par la formation de la cloison transversale, et
l'on peut admettre que celte cloison se produit au dessous de la
masse de protoplasma granuleuse, qui s'accumule au-dessus de
la séparation.
Vers la partie supérieure de cet amas, on trouve un proto-
plasma plus dense, plus incolore, plus transparent, sphérique,
représentant le protoplasma de la jeune cellule ; au milieu un
noyau punctiforme grossissant peu à peu, mais plus lentement, à
mesure que la zone du protoplasma clair qui l'entoure s'élargit de
son côté. Ce noyau, d'abord parfaitement homogène, réfracte
fortement la lumière, ce qui le fait comparer à une tache d'huile,
et, tandis que le protoplasma de la cellule s'accroît, il devient
réticulé.
Pendant la première partie de leur existence, ces cellules sont
dépourvues d'enveloppes ; c'est seulement lorsqu'elle est complè-
tement individualisée, et lorsque la cellule arrive au contact de
ses voisines, qu'un dépôt de cellulose s'effectue autour d'elle et
lui constitue une membrane. Si on fait une coupe longitudinale
de ce petit Champignon avant qu'il atteigne la surface du sol, on
distingue adroite et à gauche des bords du chapeau, fig. 72, u,u,
deux taches teintées de jaune plus ou moins foncé. Examinant
sous le champ du microscope une coupe de ce tissu, on obser-
STRUCTURE. — ORGANISATION DES CHAMPIGNONS b9
vera facilement deux espèces de cellules placées côte à
côte ; les unes sont polyédriques, les autres, en moins grand
nombre, sont sphériques ; mais les deux sortes se remplissent
exactement par un protoplasma visqueux, incolore, contenant de
petites granulations grisâtres d'autant plus nombreuses, que la
cellule jouit d'une activité plus grande.
Ces granulations que beaucoup d'auteurs tendent à considérer
comme de nature graisseuse, doivent être soigneusement distin-
guées du protoplasma lui-même, et constituent très probable-
ment des produits de désassimilation des substances albuminoïdes.
Au centre du protoplasma granuleux de ces jeunes cellules, se
trouve un noyau volumineux, dont les contours arrondis sont
rendus très nets par l'acide acétique ; il est clair, peu granuleux,
et offre dans sa partie médiane un nucléole brillant, c'est là seule-
ment que Ton trouve l'hyménium, et, sur ces cellules seules que
se forment les stérigmates, puis les spores nécessaires à la repro-
duction de l'espèce ; alors, son organisation terminée, le crypto-
game perce le sol et fait son apparition à la surface.
Voilà la simple explication de faits qu'on eût longtemps peine à
comprendre. Il semblait impossible que dans les endroits où l'on
avait passé la veille sans rien apercevoir, on trouvât le lendemain
une multitude de Champignons ; le mycélium, caché à tous les yeux,
avait préparé sa progéniture, qui n'attendait sous terre qu'une
circonstance favorable pour se produire au jour.
CHAPITRE VII
STRUCTURE. - ORGANISATION DES CHAMPIGNONS
Nous venons d'étudier la première organisation d'un Champi-
gnon du genre Agaric jusqu'à la surface du sol ; pour connaître
maintenant la structure de l'ordre auquel appartient le genre
Amanite, un examen de cette espèce sera presque suffisant. Ici
60 STRUCTURE. — ORGANISATION DES CHAMPIGNONS
nous trouverons trois parties bien distinctes à examiner ; le pédi-
celle, le chapeau, qui portent l'hyménium, et les feuillets insérés
à la surface inférieure du chapeau.
Prenons comme exemple l'Amanite mouche, Amanita mits-
caria, planche II, fig. 7, qui est le type le plus complet et le
mieux organisé. Lors donc que ce Champignon est arrivé presque
à maturité, le chapeau se déploie déchirant le voile du bord, qui
reste pour un certain temps en collier autour du pédicelle et prend
le nom d'anneau, fig. P. Des fragments du voile demeurent
souvent attachés sur le chapeau ou au bord, sous la forme d'une
membrane plus ou moins consistante qui contient le Champi-
gnon dans son jeune âge. Elle existe dans tous les Champignons
à chapeau, mais chez un très grand nombre sa texture est si déli-
cate, qu'elle disparaît complètement pendant la première évo-
lution, sans qu'on puisse en trouver la moindre trace.
On ne doit y attacher d'importance que lorsque ses débris
restent manifestes à la base du pédicelle ou sur le chapeau. C'est
la volve qui se compose de cellules allongées et rameuses
s'anastomosant entre elles, est dite complète quand elle se déchire
pour laisser passer le chapeau, le pédicelle, et qu'elle reste à la
base de celui-ci ; incomplète quand elle ne recouvre pas le Cham-
pignon en entier ; caduque ou persistante , épaisse ou mince ,
ample quand elle représente un vase dont le bord est largement
ouvert, comme l'Oronge véritable, planche III, fig. 8, C, et enfin
vaginée lorsqu'elle est longue, et assez étroite, planche VI,
fig. 18 à 20.
Cette parlie que Ton rejette souvent comme inutile, est au
contraire de la plus haute importance pour la distinction des
espèces ; aussi faut— il enlever un Champignon de terre avec pré-
caution pour constater l'existence de cette membrane.
§ I
DIT PÉDICELLE
Le pédicelle que certains auteurs nomment pédicule, stipe,
pied, etc., est la partie, en forme de tige, qui supporte le chapeau
et fixe le Champignon au lieu où il a pris naissance.
Selon ses divers modes d'insertion, il est dit central (cas le
STRUCTURE. — ORGANISATION DES CHAMPIGNONS 61
plus commun), excentrique, latéral ou ascendant. Sa partie
moyenne est nue, souvent munie d'un anneau ou d'une cortine.
Il est court ou long, plein ou fîstuleux, creux quand sa partie
centrale vient à disparaître. Dans quelques espèces il est flocon-
neux, c'est-à-dire traversé en longueur par un filament byssoïde.
La forme du pédicelle, toujours très variable, est simple, rameuse,
bulbeuse, fusiforme, atténuée à l'une ou à l'autre extrémité.
Dans un grand nombre d'espèces il est uni, mais chez d'autres
il présente des lignes parallèles et longitudinales ; c'est le pédi-
celle strié. Si ces lignes sont séparées par de profonds sillons, il
est sillonné ; si le pédicelle présente des éminences arrondies
foncées en couleur, il est écailleux; quand les écailles s'entre-
croisent en circonscrivant des enfoncements irréguliers, on le
nomme écailleux, réticulé ; si ces enfoncements sont profonds, il
est lacuneux. Parfois dans les endroits sombres et obscurs comme
les souterrains, il s'allonge, se ramifie même, et ne produit pas
de chapeau ; les Agarics ressemblent alors à des Clavaires.
DU CHAPEAU
Le chapeau, considéré d'une manière générale, forme à lui seul
ce que l'on nomme un Champignon ; c'est lui qui frappe la vue et
que l'on mange. Une coupe longitudinale, faite dans le chapeau
et tout le long du pédicelle, donne la meilleure notion de l'arran-
gement des parties et de leurs relations avec l'ensemble. On voit
par là que le chapeau est la continuation du pédicelle, et que
sa substance, moins fibreuse que celle du pédicelle descend dans
les feuillets. 11 présente deux faces dont la position varie ; la
première regarde en haut, c'est la surface ; elle est lisse, striée,
villeuse, écailleuse, rugueuse, sèche ou visqueuse. L'épiderme
qui la recouvre s'enlève dans quelques espèces, mais fait souvent
corps avec la chair ; sa couleur et sa consistance sont très suscep-
tibles de changer. Le chapeau plus ou moins charnu, épais ou
membraneux, se dessèche facilement, parfois se pourrit ou tombe
en déliquescence. Sa forme peut être aplatie, convexe, hémisphé-
rique, concave, en entonnoir ou infundibuliforme. Si le centre
62 STRUCTURE. — ORGANISATION DES CHAMPIGNONS
présente une petite élévation, il est mamelonné ; si cette élévation
est plus large, on le dit en forme de bouclier, et enfin si le centre
du chapeau offre une dépression, il est ombiliqué.
Chez quelques espèces on le rencontre en demi-cercle ou circu-
laire ; c'est la forme dimidiée ; dans d'autres genres où le chapeau
est couvert de poils fins, épars ou rapprochés, on le dit pubescent ;
si les poils sont longs et serrés, il est velu ; s'il n'est recouvert que
d'un duvet cotonneux, il devient tomenteux.
La seconde face du chapeau regarde en bas ou de côté selon
qu'il est horizontal, ou vertical; la marge est aussi très importante
à étudier quant à ses formes, surtout lorsqu'elle est roulée en de-
dans ou appliquée immédiatement sur le pédicelle. La structure
du chapeau est la môme dans tous les Agarics; mais la forme, la
taille et la dimension des cellules du chapeau sont tellement va-
riables qu'il est presque inutile d'y insister ici ; je me bornerai
donc à rappeler les faits les plus importants.
Lorsque les cellules vivent dans un milieu humide, il est fré-
quent de les voir affecter la forme arrondie, ou ovoïde ; c'est le
cas des Phallus ; c'est le cas des spores d'un grand nombre de
Champignons pendant leur premier âge. II est fréquent aussi de
voir les cellules du chapeau modifier spontanément leurs formes
comme les Russules, cependant nous devons dire que, dans les
divers chapeaux que nous avons examinés, les cellules une fois
parvenues à un certain état de développement qui correspond à
l'âge adulte, ne changent plus d'aspect. Il n'en est pas ainsi pour
d'autres cellules libres.
La cellule unique qui forme les basides, les cystides, le tissu
hyménial en un mot, s'allonge et se ramifie, émet çà et là des
pousses latérales qui sans cesse modifient son aspect général. Ces
changements de formes, dus à un développement pour ainsi dire
incessant, dans cette seule partie du chapeau et du Champignon
sont rendus possibles par ce fait que la membrane cellulosique
reste sans cesse imprégnée de protoplosma.
Si maintenant nous examinons le plus simple de tous les Aga-
rics, le Schizophillum commune, planche LVII fig. 287, nous ne
trouverons ni volve, ni anneau, ni pédicelle. Le chapeau est mem-
braneux, sessile, résupiné ; les lames naissent d'un point unique
situé à la marge du chapeau, et s'étendent en forme d'éventail.
DES LAMES OU FEUILLETS DES AGARICINÉES 63
Ces deux Champignons, si on les compare, ne possèdent donc de
commun que le chapeau, les lames, le tissu hyménial, les spores,
et se ressemblent si peu que les auteurs en ont fait deux genres
différents.
Quand nous passerons en revue les autres espèces intermé-
diaires, nous verrons la volve disparaître; le pédicelle, de central
devenir exentrique, latéral, puis enfin s'effacer complètement;
l'anneau, de membraneux, large et consistant, se réduire en
filaments arachnoïdes, et disparaître aussi tout à fait.
CHAPITRE Vin
DES LAMES OU FEUILLETS DES AGAEICINÉES
La partie inférieure du chapeau des Agarics, est constituée par
le prolongement membraneux et parallèle d'un tissu rayonnant
du centre à la circonférence, planche, II, fig. 7, 0. C'est sur cet te
disposition que reposent les caractères du genre. Considérée
isolément, une lame d'Agaric varie beaucoup de forme selon le
mode d'insertion au pédicelle : si son extrémité centrale n'atteint
pas le pédicelle, on la dit écartée, planche I, fig. 1 ; quand les
lames arrivent au point où commence le pédicelle, elles sont
libres, planche I, fig. 2 ; si on les voit convexes près de leur inser-
tion sur le pédicelle on les dit sinuées, planche I, fig. 3, si elles
s'insèrent perpendiculairement au pédicelle, elles sont adnées,
planche I, fig. 4; elles deviennent émarginées planche I, fig. 5,
quand elles sont entaillées près de leur insertion sur le pédicelle ;
enfin, si les lames s'insèrent en descendant le long du pédicelle,
on les appelle décurrentes, fig. 6.
Elles sont composées de trois couches, une médiane ou trame
comprenant des cellules qui se continuent avec celles du chapeau,
planche II, fig. m. m. ch., et deux latérales formées par l'hymé-
nium fig. S, t, t. Cette organisation existe dans tous les Agarics,
64 DES LAMES OU FEUILLETS DES AGARICINÉES
sans exception. Si chez les Coprins, planches XL, XLI, et quelques
autres espèces, les lames paraissent dépourvues de trames, c'est
que les cellules sont moins abondantes, et forment un tissu moins
dense et moins résistant que celui de l'hyménium. Dans aucune
espèce d'Agarics ni dans aucun des sous-genres établis, les deux
couches de l'hyménium ne sont en contact immédiat ; la trame les
sépare toujours, et tout caractère fondé sur l'absence de cette
partie est un prétendu caractère anatomique qu'il faut soigneuse-
ment éliminer.
On distingue dans une lame d'Agaric deux bords, l'un adhérent
au chapeau ou à la base, planche II, fig. SS, m, m, l'autre libre
appelé marge ou tranche, fig. S, te; deux extrémités, une interne
qui répond au pédicelle et que certains auteurs regardent comme
la base, fig. S, ch. ml, l'autre correspondante la marge du chapeau
fig. S, S ; deux surfaces parallèles et qui forment les côtés, plan-
che II, fig. ba, ba, l'hyménium ou membrane sporulifère recouvre
la trame des lames dans toute leur étendue t, t, an, fig. S. Son
tissu est composé de cellules superposées en plus ou moins grand
nombre, et qui varient de grandeur et de forme suivant les genres
d'Agarics.
Si l'on fait une coupe transversale d'une lame d'Agaric, sous le
champ du microscope, son caractère se montre immédiatement
avec évidence, sur les deux bords de l'hyménium.
La première particularité qu'on observe sont les spores, plan-
che II, fig. V, sp, presque uniformément disposées par groupe de
quatre; on voit ensuite que chaque spore est portée sur une tige
menue ou stérigmate, planche II, fig. V, st, et que quatre de ces
stérigmates procèdent du sommet d'un appendice plus gros,
inséré sur l'hyménium et appelé baside, planche II, fig. V,
an, an, fig. S, S, U. Chaque baside sert de support à quatre stérig-
mates et chaque stérigmate à une spore.
Un examen plus attentif de l'hyménium montre que les ba-
sides sont accompagnées d'autres corps, souvent plus gros, mais
sans stérigmates ni spores, qui ont été nommés cystides, planche II,
fig. S, S, ba, ba (ce), et dont la structure et les fonctions ont ame-
né bien des controverses. Ces deux espèces de cellules seproduisent
sur l'hyménium de tous les Agaricinées, des Bolets, des Poly-
spores, des Hydnes, des Clavaires, etc.
UENÈSE DE l'hYMÉNIUM. -- BASIDES. — f'.YSTIDES ÎV.\
CHAPITRE IX
ItENÉSE DE L'HYMÉNIUM. - - BASIDES. - CYSTIDES
Si on étudie, sous le porte-objet du microscope, la coupe trans-
versale d'une jeune lame d'Agaric en voie de formation on la voit
composée seulement d'une série de filaments qui, de la région
moyenne du chapeau, forment le corps de la jeune lame ou le tissu
de la trame.
Ces fdaments divergent à droite et à gauche en se dirigeant
vers les deux faces, où les articles des fdaments se raccourcissent,
prennent une forme légèrement ovale, et vont créer ainsi une
couche nouvelle de tissu sous-hyménial. Si on l'examine avec un
grossissement de 600 diamètres, on observe aisément que les cel-
lules de la trame procèdent l'une de l'autre, et que les fdaments
nouveaux sont de môme nature que les fdaments producteurs ou
homologues.
Cette seconde formation est amenée par poussées latérales ; la
preuve en est fournie par le filament producteur, qui, poursui-
vant sa course longitudinalementparson sommet, développe en-
core selon ses besoins, et toujours en se raccourcissant, de nou-
velles cellules légèrement ovales, plus faibles que la partie du
membre producteur situé au-dessous.
Ces cellules d'égales dimensions au début se développent sans
cesse sur les deux faces latérales de la lamelle, et pendant l'accrois-
sement progressif de celle-ci ; mais comme elles perdent la pro-
priété de se reproduire, de se multiplier par de nouvelles divisions,
.au même moment naissent, parla même reproduction, d'autres
filaments qui s'insèrent étroitement les uns contre les. autres, et
toujours perpendiculairement au bord interne et externe des la-
melles. Nous observons ainsi deux sortes de cellules, les basides
et les cystides, isolées l'une de l'autre, qui, après leur formation,
cessent d'être parties intégrantes de la cellule mère, deviennent
un membre nouveau et ne participent plus à aucun accroissement
ultérieur. En un mot, c'est la partie terminale d'un filament fruc-
tifère, ou d'un organe doué d'accroissement ; c'est la fin du point
06 GENÈSE DE l'hYMÉNIUM. — BASIDES. — CYSTIDES
végétatif de cette partie cellulaire, encore exclusivement formée
par un filament primitif. Le contenu de ces cellules est granu-
leux et semble mêlé de particules oléagineuses qui, dans les ba-
sides, sont en communication par les stérigmates (planche II,
fig. V,s, £), avec l'intérieur des spores (planche II, fig. V,s, /). Lors-
que les spores approchent de leur maturité, la communication
entre leur contenu et celui des basides diminue et finit par cesser
complètement.
Les cystides (planche II, ce), sont ordinairement plus grandes que
les basides, varient de taille et de forme avec les espèces, et se
montrent égales ou inférieures en taille aux basides, dont, comme
nous l'avons dit plus haut, elles se rapprochent par la structure,
sauf le développement à leur sommet des stérigmates et des
spores. Je ne puis pas discuter ici les idées de Corda, d'HoFFMANN,
de Schmitz et de Seyne, mon rôle, plus modesle, consiste à faire
observer qu'une cellule qui reste à la place où elle est née, qui
commence par une petite protubérance vide de tout contenu,
qui se distingue d'une manière aussi frappante des autres cellules
du Champignon par sa forme, par son contenu, et par ses fonc-
tions, doit fixer l'attention des physiologistes; mais il nous est
nécessaire de suivre plus attentivement son début, d'étudier mieux
son organisation, surtout sa forme variable avec chaque espèce,
pour avoir la certitude absolue, et c'est l'histoire complète des
Basidiosporés qui serait à faire.
En somme, l'hyménium des Champignons n'est ici qu'une for-
mation purement cellulaire, provenant d'une matrice cellulaire,
et qui ne doit vivre qu'un moment pour la reproduction de
l'espèce.
DU GENRE AGARIC (17
CHAPITRE X
DU GENRE A.GARIC
Le genre Agaric est une des divisions les plus considérables du
règne végétal, tant au point de vue de son importance numérique
que pour les propriétés nuisibles ou utiles des Champignons qu'elle
renferme. Persoon avait décomposé la famille des Agaricinées en
trois genres : Amanita, Agaricus, Merulius; ce dernier était
divisé en trois sous-genres : Cantharellus, Serpulà, Gomphius. Le
genre Agaric forme dix sous-genres, fondés sur l'existence et la
nature de l'anneau; les deux genres Lepiota et Cortinaria sont
basés sur son absence; le Gymnopus, sur la forme, la consistance
du chapeau; les Mycena, Omphalia ont pour cause l'excentricité
du pédicelle; le genre Pleuropus, la déliquescence et l'état mem-
braneux du chapeau; Coprin/us, la consistance du réceptacle et
des lamelles ; Pratellus, Lactifluus, la lactescence de ses organes ;
Russula, l'égalité des lamelles.
Cette classification de Persoon groupait les Agaricinées d'après
des caractères assez faciles à saisir; mais l'accroissement des
espèces connues depuis cette époque l'a rendue insuffisante, et
la classification généralement adoptée aujourd'hui est celle de
Fries.
Elle est basée sur les trois caractères principaux suivants :
1° La nature charnue, fugace ou coriace, persistante, du tissu
du chapeau et du pédicelle ;
2° L'absence ou la nature de la trame des lamelles, c'est-à-dire
du tissu intermédiaire entre les faces hyméniales, qui peuvent,
dans certains cas, se séparer facilement ou être très adhérentes,
comme la lamelle peut se séparer facilement du chapeau ou lui
être intimement unie ;
3° La couleur des spores.
Ces considérations ont permis à Fries de ranger les Agaraci-
nées en quatre genres et vingt et un sous-genres.
Les caractères des sous-genres, les Cortinaires par exemple,
sont tirés de la forme du chapeau, du pédicelle et des lamelles, de
68 DU GENRE AGARIC
leurs rapports mutuels, de la présence, ou de l'absence, de la
nature de l'anneau et de la volve.
Quels que soient les services que cette classification a rendus,
il est impossible de ne pas reconnaître avec Léveillé que plusieurs
des sous-genres de Fuies reposent sur des caractères que l'œil le
plus exercé ne saisit pas toujours, et que l'examen anatomique ne
démontre pas constamment. La plupart des auteurs qui l'ont
adoptée ont cherché à y introduire des modifications destinées soit
à la simplifier, soit à la rendre plus fidèle aux rapprochements
exigés par des affinités incontestables.
En 1844, Rabeniiorts, dans sa Flore d'Allemagne, a diminué le
nombre des genres de Fries, et n'a conservé comme tels que les
Russules, Gomphidius, Paxillus et Agaricus. Ce dernier est divisé
en six tribus, suivant la couleur des spores et des lamelles, sous
les noms de Coprinus, Pratella, Derminus, Cortinarius, Hypo-
rhodius, Leucosporus, dans lesquels rentrent tous les sous-genres
de Fries, et les autres formés par lui aux dépens de l'ancien genre
Agaricus.
M. Cooke, en 1871, dans le Handbook of British Fungi, tirant
au contraire des caractères posés par Fries toutes leurs consé-
quences, a augmenté le nombre des genres, adoptant même le
genre Lepista, de Smith. Il a multiplié les sous-genres et, afin de
rendre plus saisissables les rapports qu'ils offrent entre eux, les a
fait suivre d'un tableau dû à MM. Worthington G. Smith, qui
les disposent en séries homologues, selon la méthode adoptée en
chimie.
Dans les Champignons du Jura et des Vosges, publiés en 1872,
M. le docteur Quelet répartit la famille des Agaricinées entre
quarante-cinq genres, groupés en un certain nombre de séries
basées sur les caractères de la couleur des spores, de la nature et
des rapports des lamelles avec le pédicelle, de la consistance de
tout le réceptacle ou de l'une de ses parties par rapport à l'autre.
M. Quelet a encore élevé au rang de genre les sous-genres de
Fries.
M. de Seyne, dans son article Champignon, du Dictionnaire de
Botanique de M. H. Bâillon, adopte franchement la nécessité
actuelle d'une coupure artificielle, et le savant cryptogamiste
pense qu'elle doit être faite en vue de la détermination des espèces.
DU GENRE AGARIC 69
Je renvoie a l'article Agaric de ce Dictionnaire ceux qui désire-
raient connaître la division proposée en Chromospores et Leuco-
spores, ainsi que les quarante-neuf types mentionnés.
Le genre Agaric, établi par Linné et adopté par tous les bota-
nistes, présente les caractères indiqués plus haut. Les espèces
étant très nombreuses, tous les auteurs ont senti la nécessité de
le subdiviser pour en faciliter l'étude, et d'après Léveillé il pré-
sente onze sous-genres :
Ier Sous-genre, Amanita .-Agaric à volve, chapeau charnu, le
plus souvent verruqueux; lames membraneuses, serrées; pédicelle
allongé, nu ou muni d'un anneau.
2e Sous-genre, Lepiota : Pas de volve; pédicelle muni d'un
anneau membraneux; lamelles ni nébuleuses ni fuligineuses,
dépourvues de suc.
3e Sous-genre, Gymnopus : Chapeau charnu entier et convexe ;
lames unicolores, marcescentes; pédicelle sans anneau ni cortine.
4e Sous-genre, Mycena : Chapeau le plus souvent membraneux,
strié, presque transparent, convexe et persistant; lames unico-
lores facilement desséchées; pédicelle allongé, fistuleux et nu.
5e Sous-genre, Omphalia : Chapeau entier, charnu ou membra-
neux, infundibuli forme ou déprimé au centre; lames d'inégale
longueur, ni succulentes ni lactescentes, le plus souvent décur-
rentes ; pédicelle nu et central.
6e Sous-genre, Coprinus : Chapeau membraneux ou à peine
charnu, fugace, lames noires, se liquéfiant; pédicelle blanc, nu
ou muni d'un anneau.
7e Sous-genre, Cortinaria : Chapeau le plus souvent charnu;
lames émarginées ou sinuées à leur extrémité interne, unicolores
et couleur de cannelle; pédicelle souvent bulbeux, entouré d'une
cortine ou anneau arachnoïde.
8e Sous-genre, Pratella : Chapeau charnu ou presque membra-
neux, persistant; lames nébuleuses et enfin noires; pédicelle nu ou
muni d'un anneau.
9e Sous-genre, Lactarius : Chapeau charnu, le plus souvent,
déprimé au centre; lames lactescentes.
10e Sous-genre, Russula : Chapeau charnu, le plus souvent
déprimé au centre; lames dépourvues de suc et toutes de la même
longueur; pédicelle nu.
7|) DU GENRE AGARIC
11e Sous-genre, Pleuropus : Chapeau charnu, déprimé, oblique,
entier ou dimidié; pédicule excentrique, latéral ou nul.
Cette distribution des Agarics a été adoptée par tous les auteurs,
et malgré les imperfections qu'elle présente, celui qui l'adopte
pour étudier les Champignons rapporte avec la plus grande facilité
les différentes espèces aux sections qui leur conviennent.
Les chiffres romains qui suivent le nom de l'espèce indiquent
les planches, et les chiffres arabes les figures.
Comme le genre Agaric est sans contredit le plus varié de tous,
on devra apprendre à le connaître espèce par espèce, comme on
agit avec les autres plantes et les animaux, et pour cela il faudra
simplement lire avec attention la description des espèces, comparer
les figures aux Champignons frais, observer avec soin la forme du
chapeau, sa texture, son port aux différents états de développe-
ment; sa coloration qui peut varier selon l'âge, le terrain et l'hu-
midité; attacher une grande importance à la partie qui supporte
le chapeau et que l'on appelle pédicelle ; bien remarquer s'il est
bulbeux à sa base; aussi faut-il toujours enlever un Champignon
de terre avec précaution pour constater ^'existence de la volve ou
du bulbe.
Nous connaissons les caractères du genre Agaric ; mais il
faut étudier la structure des lamelles sous le rapport de la propor-
tion, de la forme et du mode d'insertion avec le pédicelle, et. muni
de ces connaissances, on pourra affirmer que tels caractères sont les
indices certains, infaillibles, d'un Champignon comestible ou d'un
produit vénéneux.
DESCRIPTION DES ESPÈCES
CHAPITRE XI
DESCRIPTION DES ESPÈCES
Section I. — AGARIGINÉS
Réceptacle nu ou renfermé dans une volve. Basides situées sur
des lames.
A. Lames disposées en rayons ou en éventail.
1" SOUS-GENRE, AMANITA
Le genre Amanite est très nombreux et renferme un grand
nombre d'espèces; c'est le Champignon le plus complet, celui clans
lequel toutes les parties ont atteint le plus haut degré d'organisa-
tion ; le caractère essentiel de ce genre consiste, outre le mycé-
lium hyménoïde et souterrain, dans la volve ou bourse (planche III.
fig, 8, C), qui dans le jeune âge renferme toutes les parties du
Champignon (fig. 9) ; elle ?e déchire de bonne heure pour que celui-
ci puisse se développer entièrement.
Dans quelques espèces, le Champignon adulte n'en offre plus
aucune trace; mais l'Amanite porte sur son chapeau des débris
parfois à peine reconnaissables. La volve acquiert un grand déve-
loppement, et avant de se rompre elle s'attache à la base du pédi-
celle. Ce caractère est très facile à saisir, mais c'est celui qui exige
l'étude la plus attentive, car. sauf quatre espèces excellentes à
manger, les autres contiennent des poisons mortels pour l'homme
et pour les animaux.
Il existe un caractère vraiment important et de premier ordre
pour distinguer l'Oronge comestible de l'Oronge fausse ou Agaric
mouche, si abondante dans tous les bois au mois de septembre :
Les lamelles sont toujours blanches (planche II, fig. 7, 0), sans
variation dans aucune espèce; tandis que la couleur du chapeau
passe du rouge ou jaune selon l'âge et les terrains, la couleur
blanche des lames ne change pas.
72 DESCRIPTION DES ESPÈCES
Les lamelles de l'Oronge vraie, ou Amanita cœsarea sont tou-
jours d'un jaune d'oeuf (planche III, fîg. 8).
Amanite mouche, Amanita muscaria, planche II, fig. 7.
Noms vulgaires : Faux jaseron, Mujolo, Folo, Agaric aux mouches.
Tue-Mouches.
Syn. : Mich. t. 78, fig. 2; Schxff, t. 27, 28; Grewscot, Crypt., t. 54; Roq.,
t. 12, fig. 1, 2; Orf., Med. Leg. t. 14, fig. 1 ; Paul, t. 157; Lenz, Schw.,
fig. 3; Kroinbh., Schw., t. 9 ; Vittad., t. 5 ; Hoffm., t. 1; DC., FI. Fr., 561,
Fr. Epie, p. 7 ; A. Aurantiacus, Bull.; t. 122.
Chapeau large de 10 à 18 centimètres, d'un rouge écarlate, plus
prononcé au centre, convexe ou à peu près plan à la maturité,
presque constamment moucheté de verrues blanchâtres, angu-
leuses, formées par les débris du volva, adhérentes au chapeau,
qui est un peu visqueux, et à bord faiblement strié. Feuillets
blancs, larges, droits, inégaux, adnés, coupés brusquement à
leur terminaison, Pédicelle blanc, long de 10 à 20 centimètres,
plein, cylindrique, bulbeux à sa base (planche II, fig. R), où se
trouvent à peine quelques vestiges d'un volva écailleux. L'anneau
(fig. P), est large, blanc, ordinairement rabattu. Spores blanches,
fuligineuses (fig. V, sp). Bois en septembre, octobre. Saveur
vireuse. — C'est un poison actif.
Amanite oronge, Amanita cœsarea, planche III, fig. 8.
Noms vulgaires : Oronge vraie, Jaune d'œuf, Dorade, D'orgne, Rouma-
nel, Jaseron, Doumergal, Ounègal, etc.
Scop., FI. dam,, 419; Mich., Nov. Gai., t. 67, lig. 1; Paul, Champ.,
t. 159; Roq., Phyt. med., t. 13, fig. 1, 2; Pers., Champ, corn., t. 1; DC, FI.
Fr., 562; Kroinbh., Schw., t. 8; A. aurantiacus, Bull., t. 120; Vittad, Fung.
Mang., t. 1 ; Gord., Champ. Franc, p. 4; Fr. Epie, p. 2.
Chapeau de forme presque plane, orbiculaire, large de 8 à
12 centimètres, à bord striés, souvent incisés, se recourbant en
dessus; presque jamais tachetés de verrues. Feuillets larges,
épais, inégaux, toujours de couleur jaune d'œuf, très adhérents
au chapeau; écartés; leur extrémité centrale n'arrive pas au pédi-
celle (planche I, fig. 1). L'Oronge, quand elle est jeune, est renfer-
mée dans une bourse plus ou moins ronde et blanche, qui lui
donne l'apparence d'un oeuf (planche III, fig. 9); à la maturité la
bourse se déchire, une partie reste à la base du pédicelle, qui est
jaune en dehors, blanc en dedans, lisse, long de 4 à 12 centi-
PREMIER SOUS-GENRE, AMANITA 73
mètres, plein, bulbeux, pourvu d'un anneau, jaune, large, ren-
versé. Août, septembre, dans le midi et près Paris, à Verrières
et aux Essarts-le-Roi. — C'est un manger délicaL.
Amanite rougeâtre, Amanita rubescens, planche III, fig. 10.
Amanite vineuse, le Rougeâtre, le Verruqueux.
Syn. : Pers., Syn., p. 13; Paul., t. 161; Ag. rerrucosus, Bull., t. 316;
Krombh., t. 10; Schaeff., t. 91 et 261; Quelet, p. 30; Fr. Epie, p. 23;
Letell, p. 667; Cord., p.
Chapeau d'abord convexe, puis presque plan, large de 6 à
10 centimètres, d'un rouge vineux, plus coloré au centre du cha-
peau, à peine strié sur les bords, parsemés de squames d'un blanc
rougeâtre. Feuillets larges, nombreux, droits, inégaux; les plus
courts coupés assez brusquement, se terminent en s'arrondissant.
Décurrents par une strie au sommet, long de 6 à 12 centimètres,
ordinairement flstuleux, couvert dans sa longueur de petites pelu-
chures; pourvu à son sommet d'un anneau blanc, large et fine-
ment strié, conserve dans sa jeunesse l'empreinte des feuillets,
bulbeux à la base et peluches. Spores rondes, blanches, fuligi-
neuses (fig. C). Odeur nulle, saveur un peu fade. Eté, automne,
dans les parties découvertes des bois. — Bon comestible.
Amanite ovoïde, Amanita ovoidea, planche IV, fig. 11.
Oronge blanche, Boulé, Goucoumelle blanche, Coquemelle.
DC, FI. Fr. suppl., p. 53 ; Vittad, t. 2, Amanita alba; Pers., Champ.,
p. 177; Fr. Epie, p. 3.
Chapeau orbiculaire, presque plan, lisse, dépourvu de
squames, à bord saillants infléchis non striés, auxquels sont sou-
vent suspendus des débris de l'anneau, large de 8 à 10 centimètres.
Lames blanches, saillantes, adnées, puis atténuées et comme
coupées brusquement. Pédicelle long de 6 à 10 centimètre.-,
plein, ferme, cylindrique, à peine renflé à sa base, et tomen-
teux. Son anneau est peu consistant, la volve est grande,
mince. Très commune dans les bois en août, septembre et octobre
en Auvergne. Son odeur est faible, sa chair épaisse, ferme, d'un
goût très-agréable. Malheureusement on peut la confondre avec
l'Agaric bulbeux, qui est vénéneux. Je conseille de ne pas la
cueillir.
, i DESCRIPTION DES ESPECES
Amanite pomme de pin, Amanita strobiliformis, planche IV, fig. 12.
Vittad, t. 9; Paul., Champ., t. 162, fig. 1; Bull., t. 593; Berkl., Outl.,t. 3.
fig. 2; Fr. Epie, p. 7.
Chapeau hémisphérique puis plan, chargé de verrues serrées,
longues, anguleuses, blanches, puis grisâtres; chair blanche,
compacte, à odeur et saveur agréables. Lamelles libres et arron-
dies, décurrentes par une courte strie. Pédicelle gros, solide,
floconneux, pourvu dans le jeune âge d'un anneau fugace, renflé
en bulbe à sa base, où il est marqué d'un sillon circulaire, Spores
grandes, ovales, sphériques (fig. E). Automne, à Fontainebleau,
Chantilly, Saint-Germain. — Vénéneux.
Amanite déchirée, Amanita recutita, planche IV, fig. 13.
Fr. Epie, p. 7; A<j. bulbosus, Bull., t. 577.
Chapeau compacte, convexe plan, gris fuligineux, couvert
d'écaillés larges mucronées, marge lisse, pellicule séparable, chair
blanche, humide, à odeur vireuse. Lamelles larges, blanches.,
libres, décurrentes par une strie. Pédicelle plein, solide, court,
atténué vers le haut; anneau blanc membraneux; volva à limbe
libre, aigu, ne dépassant pas le bulbe. Spores globuleuses (fig. F).
Eté, automne, dans les bois de pin de préférence. Chantilly,
Rambouillet, Meudon. — Vénéneux.
Amanite bulbeuse, Amanita bulbosa, planche V, fig. 11.
Vaill., Bot., t. 14, fig. 5 ; Bull. Champ., t. 2 et 577.
Chapeau convexe, puis déprimé au centre, large de 6 à 12 centi-
mètres, n'offre pas de verrues, son bord est sans stries. Pédicelle
long de 4 à 8 centimètres, creusé d'un canal par l'âge, se renfle
subitement en bas en un bulbe qu'enveloppe une volve lâche et
presque toujours bien visible ; l'anneau est blanc ainsi que tout le
Champignon. Lamelles décurrentes par une strie, spores grandes,
ovales rondes. Odeur non désagréable. Saveur nullement rebu-
tante. Mai, juin et septembre, dans les bois. Saint-Germain.
Meudon, Chantilly, etc. — Vénéneux.
Amanite mappa, Amanita mappa, planche V, fig. 15.
Paul., Champ., t. 158, fig. 1, 2; Vittad., Fuiuj. mang., t. 11 ; Krombh..
t. 28, fig. 1, 12; Ag. bulboses, Bull., t. 577, fig. D, G, H; Amanita venenosà,
Pers., Champ, comest., t. 2, fig. 3; Roq., t. 15, fig. 1.
Chapeau d'abord convexe, puis plan, large de (j à 10 centi-
PREMIER SOUS-GENRE, AMANITA 7 H
mètres, citrin ou blanc, humide et recouvert d'écaillés molles,
blanches; chair blanche, jaunâtre sous l'épidémie, lamelles
blanches inégales; elles atteignent le pédicelle, qui est égal, blanc
lavé de jaune, glabrescent, bulbe gros, globuleux, volve ne lais-
sant qu'un rebord circulaire sur le bulbe ; anneau large finement
strié. Spores oblongues, blanches (fig. D), odeur vireuse. Très
commun en automne dans les bois. — Très vénéneux.
Amanite petite coiffe, Amanita volvaceus minor, planche V,
fig. 17.
A. pusilla, Pers., Syn. 249; Am. parvulus, Weinm.; Volvaceus minor,
Bull., t. 330; Fr. Epie, p. 8.
Chapeau mince, sec, hémisphérique mamelonné, blanc, strié
de noir, lames ventrues, roses, inégales, assez distantes du pédi-
celle, qui est plein, transparent, court, blanc à volva lâche, à
quatre ou cinq découpures, soyeux, rougeâtre, sans anneau.
Spores oblongues, roses. En automne dans les bois, les jardins
sur la terre. — Vénéneux.
Amanite ciguë, Amanita phalloides, planche V, fig. 16.
Vaill., Bot. par., t. 14, fig. 5; Vivian, Fungh., t. 15; Wil., t. 17; ly.
bulbosus, Bull., t. 2; Roq., t. 23, fig. '.'>; Amanita citrina, Pers., Champ,
corn., t. 2, fig. 2 ; Ag. virescens, FI. dan., t. 240 ; Cord., p. 8; Fr. Epie, p. G.
Chapeau convexe, aplati, glabre, large de 8 à 10 centimètres,
à bord orbiculaire non strié, chargé irrégulièrement des débris du
volva, d'une couleur verdâtre, prend avec l'âge une teinte verl
olive ou fauve, un peu plus pâle sur les bords. Lamelles blanches,
inégales nombreuses, les plus courtes coupées brusquement, les
plus longues adnées. Pédicelle blanc, longde 10 à 12 centimètres,
d'abord plein, mais ensuite devenant creux au sommet, cylin-
drique un peu renflé à sa base, enveloppé par le reste du volva,
pourvu à sa partie supérieure d'un anneau membraneux peu con-
sistant. Spores sphériques hyalines (fit;'. F). Très commun dans les
bois, été automne, odeur vireuse, saveur acre. — Très vénéneux.
Amanite engaîné, Amanita vaginata, planche VI, fig. 18, 19, 20,
20 bis.
Noms vulgaires : Goucoumelle jaune, Coucoumelle orangé, Coucou-
nielle grise, Grisette.
Batt.t. S, fig. CD.; FI. dan., t. lu 14; Bull;,i. 98, 512 ; Schseff., t. 8b, 80,
76 DESCRIPTION DES ESPÈCES
95, 244; Krombh., t. 1, fig. 1, S; Fr. Epie, pi. V, fig. 1/2; Cord., p. 12,
pi. V; Paul, t. loi, fig. 1, 2.
Chapeau assez mince, peu charnu, campanule, puis plan, large
de 6 à 8 centimètres, à superficie lisse souvent chargé des débris
du volva ; le chapeau est constamment strié sur les bords. Feuil-
lets blancs, inégaux, rétrécis à la base, et adhérents au sommet du
pédicelle qui est grêle, fragile, fîstuleux à la maturité, cylindrique,
non bulbeux à la base, mais souvent peluché, et entouré d'un
volva persistant, plus ou moins allongé en forme de gaîne; toutes
ces espèces sont dépourvues d'anneau. Spores oblongues, blan-
ches (fig. K). — Alimentaire.
Il existe en France plusieurs variétés de ce joli Champignon.
Anatomiquement elles se ressemblent toutes, la couleur du cha-
peau seul varie, la fig. 18 représente l'espèce jaune, qui peut
être orangé; la figure 19, la Grisette, Coucoumelle grise; la
ligure 20, l'espèce blanche, encore jeune; la figure 20bis, une
espèce à chapeau conique, brun jaunâtre ou livide.
On trouve ces Amanites dans les bois, où elles sont très com-
munes, de juin à novembre. Aliment délicat. On peut les con-
fondre avec YAmanita livida qui est vénéneuse. Mais le pédicelle
de cette dernière est communément enfoncé dans la terre jus-
qu'aux deux tiers de sa hauteur, puis son odeur est vireuse, sa sa-
veur très acre, tandis que toutes les Coucoumelles ont une odeur
de bons Champignons, une saveur douce et agréable.
2e SOUS-GENRE, LEPIOTE, LEPIOTA
Ce sous-genre comprend la sous-division Armilaria, de Fries.
Champignons charnus, sans volva, recouverts dans le jeune âge
d'une membrane, non distincte de l'épiderme du chapeau ; en se
déchirant, laisse un anneau persistant sur le pédicelle. Lamelles
radiant du centre à la circonférence, simples, parallèles, parmi
lesquelles, s'en trouvent de plus courtes vers la circonférence, ne
noircissant pas. Pas de volve. Spores blanches, grandes, ovales,
hyalines.
CHAMPIGNON TERRESTRE
Agaric couleuvre, Ag. procerus, planche VII, fig. 21.
Noms vulgaires : Couleuvrelle, Cul-crours, Iloupale, Capellon, Coche,
DEUXIÈME SOUS-GENRE, LEPIOTE, LEPIOTA 77
Cocherelle, Parasol, Paturon, Colombette, Escumelle, Commère, Golmelle,
Brugaizello, Auvergne.
Scop., p. 418; Sehrefï., t. 22, 23; Paul, Champ., t. 133; A. colubrinus,
Bull., t. 7*, 583; Cord., p. 20; Krombh., t. 24, fig. 1, 12; Quelet, p. 32.
Chapeau ovoïde, mamelonné puis étalé, ordinairement proémi-
nent au centre, peut atteindre jusqu'à 25 ou 30 centimètres de
diamètre. Epidermc épais, lacéré en larges écailles soyeuses et
imbriquées, formées par l'épiderme qui se soulève ; elles sont
blanchâtres, grises ou brunes. Chair molle à odeur de farine, très
parfumée. Lamelles très écartées, serrées, d'un blanc pâle, iné-
gales, n'atteignant pas le pédicelle qui est renflé en bulbe à la
base, fort long, grêle, cylindrique, fistuleux, muni d'un anneau
mobile et persistant.
Ce Champignon remarquable par sa beauté, son odeur et sa sa-
veur agréables, vient à la fin de l'été et en automne, dans les en-
droits découverts des boisetdans les champs sablonneux, la fig. 22
donne un Procerus jeune encore, mamelonné, et la lettre L, les
spores blanches, oblongues.
Agaric excorié, Ag. escoriatus, planche VII, fig. 23.
Schaeff., t. 18, 19; Syn., Pers., p. 257; Krombh., t. 24, 30; Vittad, t. 35;
Paul, t. 135 bis.
Chapeau large de 5 à 6 centimètres, convexe, puis plan, à
centre proéminent, d'une couleur fauve cendré, lacéré en petites
écailles soyeuses. Lamelles d'un blanc pâle, minces, nombreuses,
inégales, saillantes, n'atteignant pas le pédicelle, qui est cylindri-
que, peu bulbeux à sa base, blanc, lisse et creux, muni d'un an-
neau large et persistant. Croît l'été, l'automne dansles bois, sur le
bord des chemins ; odeur nulle, saveur douce. — ■ Comestible.
Ag. couleur d'amiante, Ag. amiantinus, planche VIII, fig. 24.
Fr. Monogr., p. 29; A. flavo floccosus, Batsch., f. 97; A. croceus ; Boit.,
t. 51, f. 2 ; Sowerb, t. 19; A. ochraeeus, Bull., t. 362, 530; A. murica/us, FI.
dan., t. 1015; A. fimbriatus , Schum., p. 261; Krombh., t. 1, f. 12; Fr.
Epie, p. 37.
Chapeau de 3 à 5 centimètres, convexe plan, jaune grisâtre; il
varie par la couleur du chapeau qui quelquefois est élégamment
floconneux. Feuillets libres ou légèrement adnés, blanchâtres.
Pédicelle grêle, blanc pâle au-dessus de l'anneau membraneux,
78 DESCRIPTION DES ESPÈCES
floconneux, pulvérulent au-dessous, un peu épaissi à la base. On
trouve une variété blanche dans les bois de sapins à Ory, Chan-
tilly, Vincennes, juillet à décembre. — Comestible.
Agaric en bouclier, Ag. clypeolarius, planche VIII, fig. 25.
Bull., t. 405, 506, f. 2 ; Syst. Vye., l,p. 21 ; Kickx, p. 132; Berkl., Outl.,
p. 94; Fr.Epic, p. 32.
Chapeau mamelonné, mou, soyeux, lisse, à épiderme se rele-
vant en petites écailles éparses, rouillées, fauves, jaunâtres ou
blanches. Lamelles rapprochées, blanches, libres. Pédicelle un
peu long, blanc ou gris fauve, recouvert d'écaillés floconneuses,
grêle ; anneau fugace, concolore.
Été, automne. Bois humides. — Comestible.
Agaric de moyenne taille, Ag. mesomorphus, planche VIII, fig. 26.
Bull. t. 506, fig. 1; Fr. Epie, p. 38; de Seyne, Monlp., p. 115; Kickx,
p. 134.
Chapeau presque membraneux, mamelonné, aigu, sec, lisse,
d'un jaune pâle. Lamelles libres, assez larges, surtout antérieu-
rement, et blanches. Pédicelle grêle de la couleur du chapeau,
muni d'un anneau redressé. Sur la terre, dans les prés, de juillet
à novembre. — Comestible.
Agaric à tête de Méduse, Ag. Melleus, planche IX, fig. 28.
Noms vulgaires : Gassenado en Languedoc, Piboulada en Auvergne.
Ag. annularius, Bull., t. 540, f. 3, 337; Ay. polymyces, Pers., Syn. 19; Fr.
Epie, p. 44; Krombh., t. 1, f. 13 et t. 43, f. 2, 6 ; Lenz., f. 7; Mellea,
Quelet, p. 30; Mich., t. 81, f. 2; Vittad, t. 3.
C'est un Champignon très commun en Europe ; on le trouve en
été, en automne, dans tous les bois, sur le bord des chemins, au
pied des vieux arbres coupés, au niveau du sol, par groupes de
dix à vingt individus. Chapeau charnu, d'un fauve jaunâtre ou
couleur de miel, mêlé parfois de verdâtre, convexe, à centre
proéminent, parsemé de petites écailles pileuses, brunâtres; ses
bords sont minces, étalés, faiblement striés. Les lamelles sont
blanches, quelquefois légèrement jaunâtres, inégales, larges, peu
serrées, décurrentes par une dent. Le pédicelle est jaunâtre, lavé
d'un peu de noir à la base, long de 6 à 12 centimètres, cylindrique,
son pied est légèrement courbé, plein dans le jeune âge, devient
fistuleux en vieillissant, garni vers le sommet d'un anneau entier
TROISIÈME SOUS-(iENRE, GYMNOPUS 7y
membraneux, pâle, souvent légèrement sulfurin, évasé en godet
étant jeune, puis rabattu. On ne mange que le chapeau qui est
charnu. Spores blanches, petites, oblongues.
Agaric muqueux, Ag. mucidus, planche IX, fig. 29.
Fr. Epie, p. 40; Pers., Syn., p. 66; Quel., t. 2, f. 1 ; Price, t. 14, f. 91 ;
Paul, t. 139 bis; A. nitidus, FI. dan., t. 773.
Chapeau large de 4 à 6 centimètres, convexe, étalé, mince, mou.
plan, élégamment ridé, glutineux, d'un blanc brillant; quelque-
fois il prend une teinte cendrée, ou légèrement fuligineuse. La-
melles larges, inégales, d'un blanc pur, arrondies et décurrentes
par une strie sur le pédicelle qui est grêle, recourbé, plein, légè-
rement rende à sa base, raide, floconneux, pourvu au som-
met d'un anneau, réfléchi, mince, large, strié et blanc. Spores
blanches, oblongues. Croît à l'automne en touffes sur les souches
du hêtre. Comestible.
Agaric raclé, Ag. ramentaceus, planche IX, fig. 30.
Bull., t. 595, f. 3; Pers., Syst. myc, 1, p. 21 ; Berkl, Outl., p. 96; Ag.
ambiguus, Lach., n. 36.
Chapeau charnu, convexe plan, blanc, écailleux, à disque et
écailles noirâtres ; chair blanche. Lamelles minces, larges, libres,
séparables, un peu fuligineuses. Pédicelle plein, inégal, blanc,
légèrement fuligineux au-dessus de l'anneau, qui est étroit, flo-
conneux, puis oblique et caduc.
Odeur ingrate; donne des coliques. Été, automne.
3e SOUS-GENRE, GYMNOPUS
Ce sous-genre renferme les Tricholoma, Clytocibe, et Collybia
de Fries.
Les Gymnopes ont le chapeau, charnu, entier et convexe, les
lames unicolores et marcescentes. Le pédicelle est sans anneau,
ni cortine. Spores blanches.
Agaric voûté, Ag. arquatus, planche X, fig. 31.
Pers., M. E., p. 174; Bull., t. 44; Fr. Epie, p. 70; Quel., p. 213.
Chapeau épais, compacte puis mou, obtus, de 4 à 10 centi-
mètres, marge débordant légèrement ; chair molle, brunâtre ou
jaunâtre. Lamelles serrées, étroites, émarginées, décurrentes
80 DESCRIPTION DES ESPÈCES
avec ou sons denticules, arquées en forme de demi-accolades puis
planes, toujours blanches. Pédicelle ferme, d'abord écailleux,
Obrilleux, puis nu et réticulé, d'une couleur brune, épais et noi-
râtre à la base. Dans les bois, les prés, sur la terre, dans les jar-
dins. Ce Champignon est très commun en automne ; il varie extrê-
mement de forme, de couleur, et de grandeur. — Comestible.
Agaric cendré, Ag. cinerasceus, planche X, fig. 32.
Bull., t. 428, f. 2; Pers., Myc. Eur., 3, p. 209 ; Berkl., Outl., p. 106; Fr.
Epie, p. 100.
Chapeau charnu, campanule, puis plan, quelquefois un peu
creusé en entonnoir, d'abord blanc, prend une couleur cendrée en
vieillissant ; chair ferme mais cassante; feuillets larges, épais, peu
multipliés, libres, très fragiles, se détachant de la chair du cha-
peau au moindre effort, d'abord blanc, puis cendré principale-
ment sur les bords du chapeau. Pédicelle nu, plein, fibreux, cy-
lindrique, d'un blanc cendré, se terminant un peu en pointe à la
base. Solitaire dans les bois ou en groupe de cinq ou six. Automne.
Pas malfaisant, mais fade.
"i
Agaric cartilagineux, Ag. cartilagineus, planche X, fig. 33.
Fr. Epie, p. 60; A. umbrinus, Pers., Myc. Eur, 3, p. 214; Bull., t. 589, f. 2.
Chapeau compacte, obtus, large de 4 à 8 centimètres, glabre,
couleur brune, fuligineuse, marge mince, pruineuse, enroulée, et
débordant le chapeau; chair molle un peu brunâtre. Lames serrées
étroites, d'un blanc grisâtre, mince et libres. Pédicelle ferme,
écailleux, fibrilleux dans le jeune âge, puis nu, épaissi et blan-
châtre à la base. Dans les bois, été, automne. — Comestible.
Agaric clignotant, Ag. nictitans, planche X, fig. 35.
Iïussey, II, t. 40 ; Berkl., Oull., p. 98, Fr. Epie, p. 50.
Chapeau charnu, plan, ondulé, glabre, brun roux, pâle au
bord, recouvert au centre de fines écailles plus foncées, marge
blanchâtre, villeuse. Lamelles libres, serrées, blanches, quelque-
fois tachetées de roux. Pédicelle plein, fibrilleux, un peu recourbé
à la base, lavé de roux. Été automne. — Comestible.
Agaric gris de souris, Ag. murinaceus, planche VIII, fig. 27.
Berkl., Oull., p. 100; Sowerb, t. 106; Bull., t. 520; Fr. Epie, p. 62.
Chapeau campanule, puis étalé, mamelonné, mince, large de
TROISIÈME SOUS-GENRE, GYMNOPUS 81
G à 8 centimètres, soyeux, légèrement squammeux, souvent
crevassé sur les bords; toute la surface du chapeau est cendrée,
fuligineuse. Les lamelles sont peu serrées, larges, à bords
sinueux, un peu plus pâles que le chapeau, adnées, échancrées, à
leur base, les plus courtes sont coupées court. Pédicelle ordinai-
rement flexueux, fïstuleux, nu, grisâtre, jamais glabre. Croît en
automne, dans les bois et les prés. — Vénéneux.
Agaric pied rayé, Ag. grammopodius, planche XI, fig. 39.
Ag. tabulons, Pers., M. E., 3, p. 73; Bull., 548, 585, f. 1; Fr. Epie, p. 74;
Gord., p. 33; Quelet, p. 46.
Chapeau convexe, en cloche, puis mamelonné, plan, puis
déprimé, fuligineux ou gris brun, plus ou moins foncé, large de
6 à 10 centimères, luisant par le temps sec; sa chair est brune,
son odeur est herbacée. Lamelles serrées, arquées, adnées, décur-
rentes, blanches; par l'âge elles deviennent un peu plus pâles.
Pédicelle ferme, épais, plein, nu, cylindrique, puis creux, marqué
sur sa longueur par de petites raies brunes, un peu renflé à la
base. Très commun dans les bois et les prés. Octobre, novembre.
Un peu fade au goût cru, mais bien meilleur cuit. — Comestible.
Agaric couleur de froment, Ag. frumentaceus, planche XII, fig 42.
Berkl., Oui!., p. 144 ; Kickx, p. 137; Bull., t. 571, f. 1 ; Fr. Epie, p. 52.
Chapeau convexe, obtus, puis presque déprimé, toujous sec,
lisse, glabre, varie de paille roux jusqu'au brun ; la marge est
légèrement recourbée en dessous. Lamelles libres, arquées, adnées,
d'un blanc jaunâtre. Pédicelle solide long de 5 à 10 centimètres,
égal, cendré, nu, cylindrique, légèrement renflé à la base.
Sur la fin de l'été en groupes, dans les bois. — Comestible.
Agaric nu, Ag. nudus, planche XII, fig. 43.
Violaceo rufescentibus, Bull., t. 439; Krombh., t. 72, f. 27, 29; Berkl.,
Outl, fig. 7, t. 4 ; Hoffm., Anulyt., t. 1 1, f. 1; Fr. Epie, p. 72 ; Quelet, p. 45.
Chapeau d'abord convexe, puis aplani, généralement un peu
mamelonné, quelquefois concave ou sinué, glabre, humide, d'une
couleur variant entre le violet tendre, le lilas tendre grisâtre et
le violet fauve ; ses bords sont légèrement recourbés en dessous ;
chair blanchâtre, un peu violacée. Lamelles étroites, serrées,
arrondies à leur base et adhérentes au pédicelle par un léger pro-
6
82 DESCRIPTION DES ESPÈCES
longement, d'un beau violet passant au pourpre brunâtre. Pédi-
celle égal, farineux au sommet, plein, élastique, cylindrique, nu,
long de 4 à 6 centimètres, un peu épaissi à la base. Saveur
agréable, odeur de farine.
Eté et automne, dans les jardins, les bois. — Comestible.
Agaric mousseron blanc, Ag. albellus, planche XIII, fig. 48.
DC, FI. fr., 469 ; Schseff., t. 50 ; Roq., t. 16, fig. 4, 5; Sow., t. 122; Paul,
t. 94 et 93, f. 1, 8; Fr. Epie, p. 67 ; Pers., Ch. cornes., n° 13.
Entièrement blanc, chapeau épais, charnu, compacte, conique
ou convexe, quelquefois irrégulièrement arrondi , glabre, large
de 6 à 10 centimètres, d'abord blanc, devient d'un gris légère-
ment fauve, souvent maculé de petites taches squammeuses non
persistantes, ses bords sont lisses, minces, légèrement repliés en
dessous; chair molle, floconneuse, blanche, immuable, à odeur
fine de farine fraîche. Lamelles nombreuses, serrées, entières,
émarginées, adhérentes au pédicelle et terminées par une
dent. Pédicelle charnu, compacte, ovoïde, un peu ventru à la
base, court, strié, iîbrilleux, enfoncé en partie dans le sol, haut de
3 à 5 centimètres. Avril, mai, sur les bords des bois, dans les
prés, les bruyères. C'est le plus délicat des Champignons.
Agaric trapu, Ag. brevipes, planche XIII, fig. 49.
Paul, Ch., t. 44, f. 1, 2; Pers., M. E., 3, p. 217; Bull., t. 521, f. 2, Fr.
Epie, p. 75 ; Klotsch., FI. bor., t. 374.
Chapeau convexe, plan, large de S à 7 centimètres, mou, lisse,
humide, gris fuligineux ou brun, pâlissant en vieillissant, taché
par des parcelles de terre ; chair humide, brunâtre, blanchissant
par la sécheresse. Lamelles serrées, émarginées, libres, ventrues,
aiguës, comme débordées par la marge du chapeau, elles sont
d'un gris cendré, échancrées, sur le pédicelle qui est court, nu,
plein, fibreux, rigide, brun en dedans comme en dehors, pruineux
au sommet, souvent renflé à sa base.
Tard, en automne, dans les allées des jardins. Très délicat.
Agaric à odeur forte, Ag. graveolens, planche XIV, fig. 55.
Krombh., t. 2, f. 2, 6 et t. 55, f. 2, 6 ; Pers., Myc, 353 ; Paul, t. 94, f. 5,
6 ; Bail., t. 142; Fr. Epie, p. 67.
Chapeau très charnu, épais, hémisphérique, puis bosselé,
ondulé, large de 6 à 8 centimètres, blanchâtre, passant rapi-
TROISIÈME SOUS-GENRE, GYMNOPUS 83
dément au jaune cendré, lisse, mais marqué de lignes brunes ; les
bords sont lisses et roulés en dessous; chair compacte, fragile,
blanchâtre, odeur de farine. Lamelles terminées en pointe aux
deux extrémités, minces, serrées, arquées, adhérentes au pédi-
celle, d'abord blanches puis jaunâtres. Pédicelle blanchâtre ou
gris fauve, très épais, ventru, longs de 5 à 6 centimètres. Prin-
temps, dans les friches, les bois, les prés. — Comestible délicat.
Agaric couleur de soufre, Ag. sulfureus, planche XIV, fig. 56.
Paul, t. 85, f. 3, 4 ; FI. dan., t. 1910, f. 1 ; Bull., t. 168 ; Fr. Epie, p. 63.
Chapeau charnu, plan-convexe, un peu mamelonné, soyeux,
jaune de soufre avec le centre plus ou moins brunâtre ; chair
jaune, odeur nauséeuse. Lamelles rétrécies en arrière, émargi-
nées, assez épaisses, espacées, d'un beau jaune, pédicelle plein,
cylindrique, fibreux, strié, jaune en dedans comme à l'extérieur.
Spores oblongues et jaunes. — Vénéneux.
Agaric acerbe, Ag. acerbus, planche XVII, fig. 72.
Pers., Myc, 279 ; Vittad, p. 330 ; Bull., t. 571, f. 2 ; Fr. Epie, p. 71.
Chapeau charnu, compacte, convexe-plan, lisse, d'abord blan-
châtre teinté de jaune au centre, et enfin un peu roussâtre, strié,
mince au bord, fortement enroulé en dessous, marge un peu glu-
tineuse. Lames droites, inégales, d'un jaune pâle légèrement
décurrentes. Pédicelle cylindrique, plein, nu, épais, blanc, orné
de fines peluchures jaunes, quelquefois épaissi à la base. A terre,
automne, dans les bois, en groupes de deux à quatre. Comes-
tible malgré sa saveur amère, qui disparaît par la cuisson.
Agaric feuillets en coin, Ag. cuneifolius, planche XVII, fig. 76.
Berkl., Oull., p. 102; Fr. Epie, p. 61 ; Syst. myc, 1, p. 99; Ag.ovinus;
Bull., t. 580, a. 6.
Chapeau charnu mince, plan-convexe, large de 4 à 6 centi-
mètres, jaunâtre, villeux, pruineux, marge crevassée, farineuse ;
chair blanche par le sec. Lamelles serrées, sinuées, blanchâtres,
décurrentes par une dent. Pédicelle cylindrique, mince, subfis-
tuleux, lisse, blanc, grisâtre. Spores petites, blanches, oblongues.
Odeur de farine. — Comestible.
Agaric des pacages, Ag. ovinus, planche XVII, fig. 77.
Fr. Epie, p. 61 ; Bull., t. 580; Huss., II, t. 50.
Chapeau convexe-plan, d'un blanc sale ou grisâtre, pruineux,
84 DESCRIPTION DES ESPÈCES
marge striée, large de 4 à 6 centimètres; chair mince, ferme,
blanche par le sec. Lamelles sinuées, libres, séparables, à la fin
un peu décurrentes. Pédicelle plein, court, 3 ou 4 centimètres,
fibreux, blanc, pruineux au sommet. Spores ovoïdes, hyalines.
Comestible.
Agaric à odeur de savon, Ag. saponaceus, planche XVIII, fig. 78.
Ag. madreporus, Batsch., t. 36, f. 2U3 ; Ag. murinaceus, Krombh., t. 72,
f. 6, 18 ; Ag. fusiformis, Schum., p. 318 ; Ag. argyrospermus, Bull., t. 602 ;
Ag. myomices, Pers., p. parte; Fr. Epie, p. S9.
Tous les auteurs qui ont décrit ce Champignon lui donnent un
nom différent. Léveillé, à cause de son arôme rappelant le savon,
de son chapeau qui est toujours d'un gris verdâtre ou jaunâtre,
glabre, taché, puis granuleux, crevassé, et de sa chair souvent
rougeâtre et savonneuse, lui a conservé son nom. Les lamelles
sont minces, espacées, émarginées en crochet, blanches, rare-
ment jaunes. Pédicelle ferme, blanc, souvent rougeâtre d'un
côté. Ce Champignon n'est pas vénéneux, mais il communique à
l'eau une odeur sodique désagréable.
Automne, hiver. Très commun.
Agaric tête blanche, Ag. leucocephalus, planche XX, fig. 91.
Schaeff., t. 236 ; Berkl., Ont/., t. 4, f. 6; Pers., Myc.Eur., 3, p. 113; Ag.
albus, Fr. Epie, p. 70 ; Bull., t. 336.
Chapeau charnu, mince, convexe-plan, mamelonné, large
de 5 4à C centimètres, humide, transparent; chair compacte.
Lamelles arrondies, libres, serrées, minces et très entières. Pédi-
celle creux, fibreux, subcartilagineux, poli, atténué, radicant;
odeur de farine fraîche. Spores blanches. Automne dans les bois.
Comestible.
Agaric à tète jaune, Ag. chrysentherus, planche XX, fig. 92.
Quel., p. 212, S. M., I, p. 126 ; Bail., t. 536; Fr. Epie, -p. 64.
Chapeau charnu, convexe-plan, ondulé, large de S à 6 centi-
mètres, jaune foncé lisse; chair un peu jaunâtre. Lamelles serrées,
émarginées, adnées, décurrentes par stries, d'une couleur rous-
sâtre. Pédicelle charnu fibreux, atténué de haut en bas, strié,
jaune pâle, blanc et un peu laineux à la base. Eté, automne, dans
les bois, Vincennes, Chantilly, Meudon, etc.; sans odeur. —
Comestible.
TROISIÈME SOUS-GENRE, GYMNOPUS 85
Agaric violet, Ag. ionidas, planche XX, fig. 94.
Ag. purpuraceus, Pers., Myc. Eur., 3, p. 225; Kickx, p. 140; Fr. Epie,
p. 65; Bull., t. 533, f. 3.
Chapeau charnu, campanule convexe, fauve purpurin ou liliacin
clair, marge enroulée, pruineuse; chair sapide, blanche. Lamelles
blanches puis pâlissant un peu, minces, serrées émarginées, décur-
rentes par une dent. Pédicelle charnu fibreux, élasLique, villeux,
atténué en bas, d'une couleur fauve pâle. Spores blanches.
Eté, automne. — Comestible.
Agaric sordide, Ag. sordidus, planche XV, fîg. 63.
Fr. Epie, -p. 70; Quel., p. 47.
Chapeau campanule ou plan ondulé, liliacin, puis brun violacé;
chair inodore, grise lilacinée, marge striée en vieillissant, large de
3 à 6 centimètres. Lamelles arrondies puis sinuées, décurrentes,
assez serrées, puis espacées, violettes, légèrement fuligineuses.
Pédicelle mince, court, 3 à S centimètres, fibreux, blanchâtre,
pruineux au sommet.
Octobre à décembre dans les jardins. — Comestible.
Agaric couleur de terre, Ag. terreus, planche XXXII.fîg. 171.
Sowerb., t. 76 ; Schseff., t. 64 ; Smith, t. 44, f. 2; Ag. argiracens, Bull.,
t. 573, f. 2 ; Fr. Epie, p. 57 ; Kickx., p. 158 ; Quel., p. 42.
Chapeau charnu, mou, fragile, mamelonné, couvert d'écaillés
fibrilleuses, gris fauve ; chair blanche. Lamelles émarginées,
décurrentes par une dent, ondulées, blanchâtres. Pédicelle plein,
blanchâtre, un peu cendré et écailleux; odeur de plume brûlée.
Eté, automne. — Comestible.
Agaric géotrope, Ag. geotropus, planche XI, fig. 38.
Grev., t. 41 ; Sow., t. 61 ; Batsch., f. 204 ; Bull., t. 573, f. 2 ; Fr. Epie,
p. 96.
Chapeau charnu, convexe, puis plan, et en entonnoir, mame-
lonné au centre à bord légèrement replié en dessous, surface lisse
comme satinée, d'une couleur blanc jaunâtre ; chair blanche.
Lamelles inégales, simples, nombreuses, décurrentes, droites
aiguës aux deux extrémités, de la couleur du chapeau. Pédicelle
blanc, plein, compacte, fibrilleux, atténué en haut, velu à la base.
Automne, à terre, dans les bois. — Comestible.
86 DESCRIPTION DES ESPÈCES
Agaric pruineux, Ag. pruinosus, planche XI, fîg. 4U.
Lascli., e. specc. et descr. Ed. i, p. 75; Icon., t. 57, f. 3; Quel., p. 216,
Fr. Epie, p. 101.
Chapeau charnu, membraneux, ombiliqué, puis en entonnoir,
large de 3 à 5 centimètres, lisse, cendré, brun couvert d'une efflo-
rescence, gris de plomb. Lamelles étroites, serrées, adnées,
décurrentes, brunâtres. Pédicelle plein, grêle, fibrilleux, blanc
gris, épaissi villeux et blanc à la base. Automne, dans les gazons.
— Comestible.
Agaric des bruyères, Ag. ericetorum, planche XIII, lig. 50.
Fr. Epie, p. 99 ; Bull., t. 551, f. 1; Quel., p. 53.
Chapeau charnu, plan-concave, souvent excentrique, brillant,
blanc. Lamelles brièvement décurrentes, un peu espacées, réunies
par des veines blanches. Pédicelle plein, mou, floconneux en
dedans, mince, atténué vers le bas. Automne, dans les bois.
— Comestible.
Agaric parfume, Ag. fragans, planche XIII, fig. 51.
Pers., Mye.Eur.,Z,t 27, f. o; Kroinbh., t. 1, f. 34, 38; Letell., t. 658;
A. gralus, Schum., Fr., p. 105 ; Quel., p. 55.
Chapeau charnu, membraneux, convexe, puis plan, lisse,
enfin déprimé, à bords striés, d'un blanc terne; chair aqueuse.
Lamelles nombreuses, adnées, subdécurrentes, aiguës, peu
serrées, blanchâtres ou jaunâtres. Pédicelle d'un jaune clair,
court, plein, puis creux, inégal, ordinairement flexueux, souvent
velu à la base, un peu pruineux au sommet. Automne, septembre.,
octobre, parmi les mousses, dans les prés, les bois; odeur
agréable se rapprochant de celle de l'anis. Très bon en salade.
Agaric jarre, Ag. obbatus, planche XIII, lig. 53.
Berkl., A. br. n. 1200 ; Quel., p. 54 ; Dali., t. 248, f. 6 ; Fr. Epie, p. 101;
Ag. tardus cinereus, Pers., Myc. eur., 3, p. 81.
Chapeau submembraneux, convexe-plan, 3 à o centimètres,
grandement ombiliqué, glabre, souvent strié jusqu'au milieu,
cendré de jaunâtre foncé, très aqueux. Lamelles peu décurrentes,
espacées, larges, cendrées obscures, couvertes d'une pruine
blanche. Pédicelle cylindrique, fîstuleux, allongé, glabre, nu,
d'un jaune cendré, strié de blanc. Dans les bois, en automne.
— Comestible.
TROISIÈME SOUS-GENRE, GYMNOPUS 87
Agaric gigantesque, Ag. giganteus, planche XV, fig. 60.
Sow., t. 244; Quel., p. 51; Huss., I, t. 79; Fr. Epie, p. 93; Ag.
stereopus, Pers., M. E., 3, p. 72 ; Ag. infundibuliformis, Iloffman.
Chapeau charnu, convexe -plan, ondulé, infundibuliforme,
villeux par l'humidité, floconneux, crevassé, écailleux, couleur de
cuir, blanchâtre; marge mince, enroulée, puis sillonnée et ridée,
large de 2 à 3 décimètres. Lamelles peu décurrentes, très
serrées, minces, réunies par des veinures blanchâtres, puis rous-
sâtres. Pédicelle épais, spongieux, à écorce dure, villeux au
sommet, blanchâtre; odeur herbacée. Automne, Chantilly, Fon-
tainebleau. Meudon. — Comestible.
Agaric à odeur suave, Ag. suaveolens, planche XV, fig. 61.
Schum., FI. dan., t. 1912, f. 1; .S'. M. I., p. 91 ; A. nedeosmus, Pers., Myc.
Eur., 3, n. 121 ; Quel., p. 54; Fr. Epie, p. 102.
Chapeau charnu, mince, convexe-plan, puis déprimé, lisse,
blanc par l'humidité, le centre souvent plus obscur, devenant
blanc en vieillissant; chair blanche. Lamelles adnées, décur-
rentes, serrées, minces, blanches. Pédicelle plan puis creux,
élastique, épaissi et villeux à la base, blanc; d'une odeur et
saveur suaves. Eté et automne, dans bois, les mousses. — Comes-
tible.
Agaric couleur bronzé, Ag. molybdinus, planche XIV, fig. 57.
S. M. L, p. 49 ; Bull., t. 523 ; A. fumoso, Pers.; Fr. Epie, p. 89.
Chapeau ordinairement large de 10 à 15 centimètres, marge
enroulée, d'une couleur plombée, son sommet est légèrement
bistré ; chair jaunâtre, mince. Lamelle d'un gris blanchâtre,
très large, et formant avec le pédicelle un angle droit ren-
trant. Pédicelle nu, plus ou moins long, légèrement recourbé
à la base, écailleux au sommet. Commun en automne, dans les
bois. Fontainebleau, Chantilly, Saint-Germain, Meudon. — N'est
pas vénéneux, mais sans saveur.
Agaric de l'automne, Ag. brumalis, planche XV, fig. 64.
Berkl., Outl., p. 112; Secr., n. 1041 ; Bull., t. 278, A. B., Fr. Epie,
p. 103; Quel., p. 54.
Chapeau assez mince, convexe plan, puis concave, luisant par
le temps sec, puis jaunâtre. Lamelles arquées, décurrentes, ser-
88 DESCRIPTION DES ESPÈCES
rées, d'abord blanchâtres, puis jaunâtres avec l'âge. Pédicelle
recourbé, cotonneux, laineux, blanc à la base, blanc grisâtre au
sommet, fistuleux, strié, élastique. Odeur et saveur très agréables.
Automne. — Comestible.
Agaric odorant, Ag. odorus, planche XV, fig. 65.
Sowerb., t. 42; Krombh., t. 67. f. 20, 21; A. anisalus, Pers., Ois. et Myc.
Europ ; Bull., t. 556 ; Fr. Epie, p. 83 ; Quel., p. 83.
Chapeau peu charnu, mince, d'abord convexe, puis plan, jamais
visqueux, légèrement mamelonné au centre. Ses bords sont sou-
vent relevés, large de 4 à 8 centimètres, d'une couleur vert cen-
dré, plus ou moins pâle, mélangé de gris ; chair blanche ou gri-
sâtre. Lamelles minces, adnées, subdéeurrentes; un tiers à peine
arrive jusqu'au pédicelle, d'un blanc pâle, légèrement incarnat.
Pédicelle élastique, cylindrique, nu, d'une longueur de 4 à 6 cen-
timètres, et de la couleur du chapeau, un peu épaissi à la base,
recouvert d'un duvet. La figure 66 représente un petit Oclorus à
chapeau plan. Odeur très agréable d'anis.
Eté et automne. — Comestible.
Agaric en bassin, Ag. catinus, planche XVI, fig. 68.
A. suavis, Pers., M. £., 3, p. 59 ; Bull., t. 286 ; Sec?:, n° 993 ; Fr. Epie.
p. 99; Quel., p. 215.
Chapeau plan, puis excavé, large de 4 à 5 centimètres, lisse et
blanc, incarnat par la pluie et jaunâtre cuir par le sec; chair
flasque, blanche, mince. Lamelles obliques, décurrentes, minces,
toujours blanches. Pédicelle spongieux, élastique, blanc, coton-
neux à la base; très odorant. Dans les bois.
Automne. — Comestible.
Agaric flasque, Ag. flaccidus, planche XVI, fig. 69.
Pers., Myc., p. 82; A. infundibuliformis, Bull., 553, Fr. Epie, p.
Chapeau mince, flasque, à peine charnu, déprimé, puis en
entonnoir, lisse, large de 5 à 7 centimètres, d'une couleur fauve
ou roussâtre. Lamelles nombreuses, décurrentes, étroites, arquées,
jaunâtres. Pédicelle d'un jaune clair, court, plein, inégal, flexueux,
velu à la base. Eté et automne, dans les bois, souvent en touffes.
— Donne des coliques.
TROISIÈME SOUS-GENRE, GYMNOPUS 89
Agaric nébuleux, Ag. nebulosus, planche XVII, fig. 75.
A. c/iprolanus, Bull., t. 400 ; Paul, Ch., t, 79, f. 1, 5; A. marinaceus, Goonn,
et Rab., t. 10, f. 2; A. canabriculatus, Schum.; Fr. Epie, p. 79.
Chapeau compacte, convexe plan, large de 10 à 12 centimètres,
obtus, grisâtre, saupoudré d'une pruine grise, luisant au soleil ;
chair compacte, blanche. Lamelles serrées, minces, arquées,
adnées, puis un peu decurrentes et égales, d'un blanc pâle. Pédi-
celle plein, spongieux, élastique, atténué en haut, blanchâtre.
Odeur faible de farine. — Donne des coliques.
Agaric visqueux, Ag. viscidus, planche XIX, fig. 83.
Agaricus, Linn., Suec, n. 1229; A. lubricus, Scop., II, p. 447 ; A. rutilus,
Schseff., t. 55 ; Krombh., t. 4, f. 5, 7 ; A. gomphus, Pers.; Fr. Epie, p. 400.
Chapeau compacte, campanule, puis étalé-mamelonné, large de
6 a 9 centimètres, légèrement visqueux, brillant par le temps sec,
brun rougeâtre ; chair jaunâtre pâle. Lamelles très decurrentes,
espacées, pâles à reflet olive, enfin brun pourpre. Pédicelle plein,
allongé, fibrilleux écuilleux, jaunâtre, couleur cannelle en dedans,
cortine non glutineuse, formant un anneau caduque. Spores nébu-
leuses. Eté, automne, dans les bois de pins. — Comestible.
Agaric ondulé, Ag. undulatus, planche, XIX, fig. 88.
Pers., M. E., p. 112 ; Bull., t. 535, f. 2 ; Fr. Epie, p. 82.
Chapeau petit grêle, ondulé, inégal, mamelonné, plan-convexe,
zone de blanc, strié sur les bords. Lamelles pressées, decurrentes,
argileuses. Pédicelle long, un peu tors, fragile, fistuleux, blan-
châtre. Odeur herbacée, sans saveur. — N'est pas malfaisant.
Agaric, pied eu clou, Ag. clavipes, planche XXI, fig. 99.
Pers., Syn., p. 353 ; A. mollis, Boit., t. 40 ; A. obeonicus, Schum., e.
Descr.; Fr. Epie, p. 79.
Chapeau charnu, convexe plan, puis obeonique, large de 4 à
6 centimètres, lisse, glabre, sec, brun fuligineux, cendré livide, la
marge un peu blanche, rarement blanc; chair molle, blanche.
Lamelles longuement decurrentes, assez espacées, flasques,
droites, larges, entières, blanches, souvent jaunes. Pédicelle plein,
spongieux, conique, fuligineux livide. Été, automne, dans les
bois. Odeur agréable. — Comestible.
90 DESCRIPTION DES ESPÈCES
Agaric des caves, Ag. cryptarum, planche XXXII, fig. 170.
Lév. Letell.
Chapeau conique, puis sphérique, blanc, couvert de petits
tubercules nombreux, irrégu'iers; chair épaisse, blanche solide,
ferme. Lamelles inégales, extrêmement étroites, s'insèrent à angle
droit sur le pédicelle, qui est renflé en bas et aminci en haut.
Vient en touffes, de grandeurs et de grosseurs différentes, sur une
souche épaisse de mycélium, toute Tannée, dans les caves, les
serres. — Donne des coliques.
Agaric laque, Ag. laccatus, planche XIII, fig. 52.
Schœff., t. 13 ; Kronibh., t. 43, f. 17, 20 ; Bull., t. 570 ; Batt., t. 18, G. L;
Fr. Epie, p. 111 ; Quel., p. 55.
Chapeau charnu, membraneux, convexe, puis ombiliqué, hy-
grophane, à épiderme finement écailleux et farineux, violet, lilas,
incarnat, jaunâtre ou roux. Lamelles épaisses, adnées, d'un violet
foncé, puis concolore et recouvertes d'une p'ruine blanche. Spores
muriquées (voyez la figure), sphériques, blanches, un 100e de mil-
limètre. Pédicelle tenace, fibreux, lilas, puis incarnat ou roux.
Eté et automne, dans tous les bois. — Comestible.
Agaric pied en fuseau, Ag. fusipes, planche X, fig. 34.
Kronibh., t. 42, f. 9, 11 ; Berkl., Ou//., t. 5, f. 5 ; Ag. crassipes, Sdueff.,
t. 87, 88 ; Bull., t. 106, 516, f. 2 ; Fr. Epie, p. 108 ; Quel., p. 57.
Chapeau charnu, tenace, convexe, difforme, glabre, souvent
fendillé, d'une couleur fauve, rougeâtre, pâlissant. Lamelles
adnées, en anneaux, larges, espacées, réunies par des veines,
variant du blanc au gris rougeâtre, et tachetées comme le chapeau
de brun pourpre. Pédicelle en fuseau, tordu, sillonné, rougeâtre
en haut, brun en bas, et longuement radicant. Eté et automne,
en faisceaux au pied des troncs d'arbres.
Comestible, mais coriace.
Agaric à pied velouté, Ag. velutinus, planche XIV, fig. 58.
Batsch., f. 112; Krombh., t. 44, f. 6, 9 ; Batt., t. 22, c; A. austriacus trait,
Austr., t. 7 ; Fr. Epie, p. 115.
Chapeau peu charnu, convexe-plan, jaune fauve, glabre, un
peu visqueux, marge plus pâle ; chair molle, jaunâtre. Lamelles
libres, arrondies et larges, assez espacées, inégales, jaunâtres.
TROISIÈME SOUS-GENRE, (iYMNOPUS 91
Pédicelle recouvert d'un velours brun, prolongé en racine recour-
bée. Automne et hiver, sur les souches. Coriace, saveur aqueuse.
Comestible.
Agaric à pied gonflé, Ag. œdematopus, planche XIV, fig. 59.
Schseff., t. 259; Fusiformis, Bull., t. 70 ; Fr. Epie, p. 112 ; A. bulbosus,
Pall., Ross., L, t. 9, f. 2.
Chapeau peu charnu, petit, pulvérulent, plan, lisse, roux, très
hygrophane. Lamelles décurrentes, serrées, blanches. Pédicelle
solide, long, pulvérulent, très ventru au milieu, roux, mais plus
pâle que le chapeau. D'une saveur agréable. Dans les bois, au
printemps et à l'automne. Comestible.
Agaric butireux, Ag. butyraceus, planche XV, fig. 62.
A. lejopus, Pers., le, pict., t. 2, f. 1, 3 ; Berkl., Oui!., p. 1 15 ; Batt., 1. 16,
c; Bull, t., 572 ; Fr. Epie, p. 1 13.
Chapeau charnu, d'abord convexe, puis étalé, mamelonné,
humide et gros, lisse, brun ou fuligineux, pâlissant; chair rousse,
blanchissant. Lamelles presque libres, serrées, crénelées, blanches.
Pédicelle iîstuleux, spongieux cartilagineux, strié, conique, rous-
sâtre ou bistré, renflé et laineux à la base. Été et automne, dans
tous les bois. Coriace. — Comestible.
Agaric retourné, Ag. inversus, planche XVI, fig. 67.
Scop., Car/i., p. 445; Schœll., t. 65; Berkl., Ou//., p. 111.; Bull., t. 553 ;
A. infundibuliformis, Fr.Epic, p. 96.
Chapeau charnu, presque fragile, convexe-plan, puis en enton-
noir, festonné, large de 5 à 8 centimètres, très glabre, humide,
roux ou brique, puis alutacé ; chair mince, compacte, jaunâtre.
Lamelles décurrentes, serrées, blanchâtres, avec une arête con-
colorc. Pédicelle le plus souvent creux, à écorce rigide, glabre,
blanchâtre, à la base il est jaune et villeux. Croît à l'automne en
groupe ou seul, dans les bois de pin. Coriace. — Non vénéneux.
Agaric dryophile, Ag. driophilus, planche XVI, fig. 70.
Berkl., Outl., p. 119 ; Bull., t. 434; de Seyne, Month., p. 144 ; Fr. Epie,
p. 122.
Chapeau mince, tenace, plan-convexe déprimé au centre, fauve,
roux grisâtre ou jaunâtre. Chair blanche, mince. Lamelles presque
libres, décurrentes par une petite denticule, serrées, étroites,
92 DESCRIPTION DES ESPÈCES
planes, blanches ou pâles. Pédicelle fîstuleux, glabre, grêle,
épaissi à la base, jaunâtre ou roux. Très commun au printemps, à
l'automne, dans les bois. — Comestible.
Agaric ventru, Ag. ventricosus, planche XVIII, fig. 79.
Bull., t. 411, f. 1 ; Fr. Epie, p. 120.
Chapeau conique, puis étalé, lisse, couleur terre d'ombre pâle.
Lamelles concolores, jointes, sinueuses, presque décurrentes.
Pédicelle allongé, ventru à la base, qui est fusiforme, allongée,
jaunâtre. Assez commun sur la terre, les fumiers, dans les bois.
Saveur aqueuse. — Non malfaisant.
Agarie contractile. Ag. clusilis, planche XVIII, fig. 80.
Secr., n. 1007 ; A. umbilicatus, Bull., t. 411, f. 2; Fr. Epie, p. 129.
Chapeau lisse, convexe-plan, légèrement ombiliqué, à bord
réfléchi, d'un blanc chamois, luisant, strié, chair fauve. Lamelles
adhérentes, jaunâtres, un peu décurrentes. Pédicelle creux, fîstu-
leux, lisse, grêle, d'un blanc grisâtre.
Eté, dans les bois. — Comestible.
Agarie aqueux, Ag. aquosus, planche XVIII, fig. 81.
Sommerf., Lapp., p. 284, Secr., n. 737; Fr. Epie, p. 122 ; Bull., t. 12.
Chapeau plan, peu charnu, mou, aqueux, d'un blanc jaunâtre,
à bord strié, large de 2 à 3 centimètres. Lamelles libres, rousses,
presque dentées. Pédicelle fistuleux, d'une couleur fauve, ayant
des fibrilles blanchâtres à la base. Septembre, octobre, dans les
bois, parmi les mousses. — Comestible.
Agaric tortu, Ag. contortus, planche XVIII, fig. 82.
Kichx, p. 147; Paul, Ch., t. 50; Bull., t. 36; Batt., t. 9; Fr. Epie, p. 112.
Chapeau charnu, moyen, d'un roux foncé, convexe, mamelonné,
sec au centre. Lamelles blanches, arrondies, adnées, espacées,
décurrentes par une dent. Pédicelle flexueux, tortu, dressé,
rameux, glabre, plein d'un rouge foncé, noir et épais h la base,
presque conique. Saveur amère. Coriace.
Agaric à long pied, Ag. longipes, planche XIX, fig. 85.
Berkl., Outl., p. 112; A. pudens, Pers., M. E., 3. p. 140; A. macrourus, 2;
Scop., Bull., t. 232; Fr. Epie, p. 110; Batt., t. 20 ; f. A.; Krombh., t. 1,
f. 31.
Chapeau coriace, conique, puis plan, peu mamelonné, couleur
TROISIÈME SOUS-GENRE, GYMN0PUS 93
de cuir ou fauve pâle, muni de poils érigés, roux; chair blanche.
Lamelles très espacées, larges, arrondies, blanc de lait. Pédicelle
long, fibreux, fragile, couvert d'un velours brun doré, sillonné
dans toute sa longueur. Odeur et saveur de noisette. Eté, automne,
dans le sol, le bois pourri, bruyères. — Comestible.
Agaric des devins, Ag. hariolorum, planche XX, fig. 9b.
DC, FI. Fr., 11, p. 182; A. sagarum, secr., n. 735; Bull., t. 585, f. 2; Fr.
Epie, p. 117; Quel., p. 59.
Chapeau submembraneux, tenace, campanule, convexe, puis
aplani, obtus ou déprimé, large de 5 centimètres, lisse, glabre,
blanchâtre, faiblement strié à la marge. Lamelles libres, peu ser-
rées, linéaires, blancliâtres. Pédicelle cartilagineux, fistuleux, un
peu comprimé, d'une couleur brun roux, et recouvert d'un duvet
laineux blanchâtre, nu et pâle au sommet. Bulliard le nomme
Agaric des devins.
Été et automne, sur les feuilles, dans les bois. — Comestible.
Agaric à pied en forme de lance, Ag. lancipes, planche XXI, fig. 97.
Paul, Ch., t. 118; Krombh., t. 42, f. 6, 8; Fr. Epie, p. 112; A. crassipe-
dem ducit, Seyne.
Chapeau peu charnu, convexe-plan, puis hémisphérique, glabre,
rugueux, brillant par le sec, d'une couleur roux brun, livide, à
marge striolée, large de 5 à 8 centimètres. Lamelles émarginées,
adnées, libres, ventrues, espacées, distinctes, blanches. Pédicelle
long de 8 à 15 centimètres, étroit, flexible, lisse, luisant par le
sec, fauve pâle, se prolonge à la base en racine forme de lance,
Été, automne, dans les bois, Meudon, etc. — Comestible.
Agaric clou, Ag. clavus, planche XXIV, fig. 124.
Paul, Ch., t. 97, f. 3; Bull., t. 148, A. C; Cooke, Brit., p. 6U; Linn., FI.
suce, n. 1212; Kickx, Bely., p. 150; Quel., p. 63.
Chapeau peu charnu, très mince, convexe, puis plan, avec une
papille centrale, large de 5 à 6 millimètres, glabre, brillant, d'une
couleur orangé écarlate, avec le disque souvent plus foncé, et la
marge striée. Lamelles libres, un peu serrées, blanches. Pédicelle
court, filiforme, glabre, blanchâtre, un peu hérissé à la base. Eté
et automne, dans les bois, sur les rameaux et les brindilles. —
N'est pas mangeable.
94 DESCRIPTION DES ESPÈCES
Agaric esculent, Ag. esculentus, planche XXV, tig. 134.
Wulf, m. jacq., Coll. II, t. 14, f. 4; Lenz., f. 18; VailL, t. 11, f. 46, 18 ;
A. pcrpendicularis, Bull., t. 422, f. 2; Fr. Epie, p. 121 ; Quel., p. 62.
Chapeau mince, convexe-plan, orbiculaire, lisse ou strié par le
sec, argileux ocracé, souvent brunâtre; chair tenace, blanche,
sapide. Lamelles libres ou décurrentes, très larges, assez espacées,
blanchâtres. Pédicelle raide, lisse, brillant, jaune d'argile, terminé
par une longue racine perpendiculaire. Printemps. Comestible.
Agaric à pied châtain, Ag. phseopodius, planche XXXVII, fig. 19b.
S. M. I., p. 122; Bull., t. 532, f. 2; Secr., n. 653; Fr'Epic., p. 113.
Chapeau charnu, puis convexe-plan, mamelonné, large de 8 à
10 centimètres, glabre ; les bords sont sinués, d'une couleur
variant entre le roux et le brun ; chair un peu fauve. Lamelles
blanches, inégales, aiguës à la base, presque libres. Pédicelle
plein, épaissi aux deux extrémités, glabre, d'une couleur variant
du noir au brun. Été, automne, dans les bois. — Comestible.
Agaric des collines, Ag. collinus, planche XXII, fig. 102.
Schœff., t. 220; A. arundinaceus, Bull., t. 403, f. 1; Paul, t. 104, f. 7, 9;
S. M. I., p. 124; Scop., Carn., p. 132; Fr. Epie, p. 119.
Chapeau charnu, membraneux, campanule, puis mamelonné et
étalé, large de 3 à 6 centimètres, glabre, un peu visqueux, strié,
lisse et brillant, brun ou cuir pâle; chair mince, blanche. Lamelles
libres, puis écartées, assez espacées, larges, blanchâtres. Pédicelle
fistuleux, assez fragile, lisse, glabre, blanc pâle, pubescent à la
base. Automne, dans les herbes. — Comestible.
4° SOUS-GENRE, OMPHALIA
Les Champignons de ce groupe ont le chapeau entier, charnu
ou membraneux, en entonnoir ou déprimé au centre, et à marge
droite des mycéna. Lames d'inégales longueur, ni succulentes, ni
lactescentes, le plus souvent décurrentes, ne noircissant pas, ne se
détachant pas facilement du chapeau. Pédicelle nu et central, le
plus souvent coriace, absence de collier ; espèce terrestre, de pe-
tite taille. Spores blanches.
CINQUIÈME SOUS-GENRE, MYCENA 9b
Agaric hydrogramme, Ag. hydrogrammus, planche XI, fig. 37.
A. streptopus, Pers., M. E., 3, p. 82; Bull., t. 674; Letell., le., t. 605; Fr.
Epie, p. 154; Quelet, p. 218.
Chapeau membraneux, flasque, fortement ombiliqué, étalé,
large de 5 à 7 centimètres, hygrophane, un peu ondulé et strié.
Lamelles longuement décurrenles, très serrées, étroites, arquées,
inégales. Pédicelle fistuleux, cartilagineux, comprimé, ondulé,
allongé, base radicante, laineuse et blanche. Automne, sur les
feuilles mortes, dans les bois. — Comestible.
Agaric fichet, Ag. fibula, planche XXII, fig. 110.
Berkl., Outl., p. 433; Kickx, p. 157; Bull., t. 186, 550, f. 1; Fr. Epie,
p. 164; Pers., Myc. Eut:, 3, n. 100, 102; Quel., t. 4, f. 5.
Chapeau membraneux, capuchonné, puis ouvert, ombiliqué,
orangé, légèrement strié, moins coloré parle temps sec ; on le
trouve encore avec un chapeau gris fauve ou blanc. Lamelles très
décurrentes, larges, espacées, blanchâtres. Pédicelle plein, puis
fistuleux, filiforme, concolore, pâle. Été et automne, dans les
gazons, les forêts. — Ne se mange pas.
Agaric ombellifère, Ag. umbelliferus, planche XXII, fig. 112.
A. ericetorum, Pers., pr. p. var. a.; Berkl., Outl., p. 132; .4. niveus, FI.
dan., t. 1015 ; A., Fr. Espic, p. 160; Quel., p. 65.
Chapeau un peu charnu, membraneux, faiblement ombiliqué,
large de 1 à 2 centimètres, aqueux par les temps humides, légère-
ment strié, lisse, soyeux, floconneux, marge infléchie, crénelée.
Lamelles triangulaires, larges en arrière, assez espacées d'un
blanc ocracé. Pédicelle plein, puis creux, glabre, blanc villeux à
labase .Sur les bords des mares ,été, automne. — Ne se mange pas.
5e SOUS-GENRE, MYCENA
Léveillé comprenait dans le genre Mycena, les Pleurotus, Vol-
varia, Pluteus, Enioloma, Clitopilus, Leptonia, Nolanca, Pho-
liota, Hebeloma, Flammula, Naucaria, Galera, Crepidolus, de
Fries. Ces genres seront décrits par ordres, tout en donnant à
chaque section le plus d'indépendance possible, pour la rendre
complète en elle-même.
Ces Champignons ont leur chapeau le plus souvent en cloche,
96 DESCRIPTION DES ESPÈCES
membraneux, presque transparent, à peine ombiliqué, marge
plus ou moins striée. Lamelles non décurrentes, unicolores se des-
séchant facilement, ne noircissant pas en vieillissant. Pédicelle
cartilagineux, allongé, fistuleux, pas de volva, pas de collier;
Champignons épiphytes. Spores blanches.
Agaric en casque, Ag. galericulatus, planche XXII, fig. 103.
Scop., Carn., p. 455; Schœff., t. 32; Bull., t. 518, f. C. D. E., Paul, t. 122,
f. 7, 8; Fr. Epie, p. 138; Quel., p. 70.
Chapeau membraneux, conique, en cloche, strié, mamelonné,
livide, pâle, cendré ou fauve. Lamelles adnées décurrentes par
une dent, assez serrées, blanchâtres ou incarnat. Pédicelle te-
nace, lisse, glabre, pâle, à racine olique, courte, hérissée. Toute
Tannée sur les souches pourries des forêts. Très coriace.
N'est pas vénéneux.
Agaric rose, Ag. roseus, planche XXII, fig. 104.
A. roseus, Batsch., f. 20; FI. dan., t. 1612; Pers., Syn., 393, t. 5, f. 3.
Chapeau campanule, petit, 1 à 5 centimètres, obtusément ma-
melonné, à bord strié, d'une couleur rose. Lamelles adhérentes,
adnées blanches, à bord plus obscur. Pédicelle filiforme sans suc,
pâle, à base velue. D'août à novembre, sur les rameaux, les
feuilles, ou en groupes. — Comestible.
Agaric pur, Ag. purus, planche XXII, fig. 107.
Paul, t. 119; A. collinus, Larbr., t. 13, f. 4; Bull., t. 507; Pers., Syn.,
p. 339; Fr. Epie, p. 133.
Chapeau peu charnu, en cloche, puis plan, faiblement mame-
lonné, rose, liliacé, violet grisâtre ou blanc, marge striée. Lamelles
sinuées, adnées, très larges, réunies par un réseau, blanchâtres.
Pédicelle rigide, lisse, blanchâtre, laineux à la base ; odeur forte,
saveur désagréable de radis. Eté et automne. — Ne se mange pas.
Agaric rayé, Ag. lineatus, planche XXII, fig. 109.
Pers., S. M., L, p. 152; Fr. Epie, p. 134; Bull., t. 522, f. 3; Quelet, p. 68.
Chapeau capuchonné., campanule, obtus, large de 2 à 3 centi-
mètres, sillonné, rayé, glabre, jaunâtre. Lamelles linéaires,
adnées, assez espacées, blanches. Pédicelle filiforme, allongé et
muni d'abondants poils blancs à la base. Sur les feuilles et les
mousses. Été et automne. — Ne se mange pas.
CINQUIÈME SOUS-GENRE, MYCENA 97
Agaric fauve blanc, Ag. flavo-albus, planche XXIII, fig. 120.
Ed. L, p. 103; Berkl. et Br., n. 989; A. pumilus, Bull., t. 260; A. terreus,
Pers., M. E., 3, n» 403; Fr. Epie, p. 135.
Chapeau peu charnu, campanule-convexe, puis plan, un peu
mamelonné, glabre, large de 2 à 3 centimètres, fendillé par le sec,
d'une couleur jaune blanc ou blanc. Lamelles blanches, libres et
espacées, séparables, ventrues, planes. Pédicelle fistuleux, raide,
d'un blanc transparent. Été et automne, dans les bois, entre les
mousses. — Comestible.
Agaric des écorces, Ag. corticalis, planche XXIII, fig. 121.
Schumsaell, n. 4689, S. M., L, p. 159; Mich., t. 74, f. 8; Lasch., in Linn.,
n. 203; Fr. Epie, p. 153; Hiemalis, Quel., p. 75.
Chapeau très mince, hémisphérique, obtus puis ombiliqué,
sillonné, large de 2 à S millimètres, d'une couleur fauve, violacé
ou ocracé au sommet, glabre et floconneux, pruineux. Lamelles
adnées par une dent, larges, espacées, plus pâles que le cha-
peau. Pédicelle grêle, fistuleux, court, courbe, blanchâtre,
violacé ou brunâtre. Automne et hiver, sur les troncs, pruniers,
chênes, saules, sapins. Ne se mange pas.
Ces Champignons ont le voile non distinct de l'épidémie.
Lamelles arrondies, libres. Spores rosées.
Agaric nain, Ag. nanus, planche XXVII, fig. 143.
Berkl., Oui/., p. 141; A. pyrrospermus, Bull., t. 547, f. 3; Pers., Syn.,
p. 357; Fr. Epie, p. 187; Quel., p. 82.
Chapeau campanule-convexe, puis plan, brun, souvent finement
et élégamment granulé et ridé, laissant voir un fond jaunâtre,
large de 4 à 6 centimètres. Lamelles libres, assez serrées, jaune,
pâle ou rougissant un peu. Pédicelle plein, grêle, fibrilleux, jaune
brillant ou très pâle, un peu recourbé et blanc, tomenteux à la
base. Spores rosées, rondes, petites, un 200e de millimètre.
Été sur le bois mort. Ne se mange pas.
Agaric velu, Ag. ephebeus, planche XXXIV, fig. 181.
Syn. myc, L, p. 238; Monag., p. 264; A. villosus, Bull., t. 214; Fr. Epie,
p. 186.
Chapeau moyen, campanule, puis plan, un peu velu, d'une cou-
leur violet purpurin. Lamelles libres, un peu serrées, arron-
7
98 DESCRIPTION DES ESPÈCES
dies, ocracées, pâles. Pédicelle cylindrique, plein, blanc, un peu
recourbé à la base, égal. Eté, automne, sur le bois mort, le chêne.
Non comestible.
Champignons à chapeau charnu, fibreux, marge incurvée. La-
melles sinuées. Terrestre. Spores grandes, sphériques, rosées.
Agaric ondulé, Ag. répandus, planche X, fig. 36.
BerkI., Engl. PL, V., p. 78; Cooke, p. 191 ; Bull., t. 423, f. 2; Fr. Epie,
p. 190.
Chapeau moyen, charnu, convexe, puis plan, obtusément ma-
melonné, lisse, d'une couleur jaune rougeâtre, sur un fond blanc,
à bords sinueux, brisés parfois. Lamelles libres, larges, arrondies,
d'un blanc pâle. Pédicelle solide, blanc, fibro-squammeux au
sommet, spores globuleuses, ocracé. Mai, juin, dans les bois;
saveur désagréable, odeur nauséeuse. — Vénéneux.
Agaric rose grisâtre, Ag. rhodopolius, planche XI, fig. 41.
BerkI., OutL, p. 145; Krombh., t. 53, f. 17, 22; Fr. Epie, p. 195; Boit.,
t. 6; Quelet, p. 227.
Chapeau campanule, bossu, glabre, peu charnu, large de G à
12 centimètres, d'une couleur brune ou livide pâlissant, puis isa-
belle, soyeux, brillant, marge festonnée, brisée, blanche. La-
melles adnées, séparables, un peu sinuées, grossièrement den-
telées, blanches puis rosées. Pédicelle creux, glabre, strié, blanc,
pruineux au sommet. Eté et automne, dans les forêts.
Ce Champignon a une mauvaise odeur; saveur désagréable.
— Vénéneux.
Agaric inodore, Ag. inodorus, planche XXII, fig. 111.
A. sericellus candidus, Fr. Epie, p. 194; A. sericeus, Alb. et Schic,
n. 528; A. molliusculus, Lasch.,n. 265; A. inodorus, Bull., t. 524, f. 2.
Chapeau membraneux, à stries serrées, hygrophane, d'un brun
fuligineux, très brillant par le sec, convexe-plan, mamelonné large
de 3 à 4 centimètres. Chair fauve pâle. Lamelles sinuées, assez
serrées, grises puis brunes. Pédicelle grêle, fibreux, fistuleux, gri-
sâtre, brillant. Spores sphériques, rosées. Été et automne. En
groupe dans les gazons ; mauvais goût. Non vénéneux, mais pas
mangeable.
-
CINQUIÈME SOUS-GENRE, MYCENA 99
Agaric fertile, Ag. fertilis, planche XXVII, fîg. 142.
Berkl., Ont/., p. 142; Pers., p. p.; A. phonospermus, Bull., t. 547, F. 1 et
590; Fr.JEpic.,?. 193.
Chapeau glabre, campanule, mince, mamelonné, d'une couleur
livide noirâtre, pâle ou grise. Lamelles adhérentes, larges, dis-
tinctes, d'une couleur incarnat, souvent comme dentées. Pédi-
celle plein, glabre, blanchâtre, comme pointu à la base, odeur de
farine récente; dans les prés, le long des chemins. — Comestible.
Agaric sinué, Ag. sinuatus, planche XXVI, fig. 138.
Pers., Myc. Eut:, 3, n. 281; Cooke, p. 90; Oudein., p. 26; Fr. Epie, p. 189.
Chapeau compacte, glabre, sinué, lobé, d'abord convexe, puis
se déprimant, d'un blanc jaune, très grand, 8 à 12 centimètres.
Lamelles très serrées, presque soudées, très larges, d'une couleur
rousse et adnées. Pédicelle épais, plein, à peu près égal, d'une
couleur blanche. Automne sur la terre, dans les bois. — Comestible.
Agaric ardoise, Ag. ardosiacus, planche XXVII, fig. 145.
Berkl., Outl., p. 144; Bull., t. 348; Fr. Epie, p. 191.
Chapeau charnu, humide, conico-campanulé, fragile et se fen-
dillant, d'un beau bleu lilas fugace, puis bleu d'acier, à la fin il
devient cendré et finement fibuleux. Lamelles sinuées, libres, un
peu larges, d'un blanc grisâtre, puis incarnat. Pédicelle épais,
fibreux, aqueux, grisâtre, à stries blanches et liliacées ; odeur de
farine ou de fruit. Automne, dans les prés, les bois humides.
— Comestible.
Agaric satiné, Ag. sericeus, planche XXVIII, fig. 151.
Berkl., Outl., p. 145; Seyn., Montp., p. 98; Bull., p. 413, f. 2; A. pascuus,
Pers., Syn.; A. vulgo, Fr. Epie, p. 196.
Chapeau membraneux, à stries serrées, hygrophane, d'une cou-
leur brun fuligineux, très brillante par le temps sec, convexe
plan, puis mamelonné, large de 3 à S centimètres. Pédicelle
grêle, fibreux, fîstuleux, grisâtre, brillant. Spores sphériques,
rosées, un 100e de millimètre. Été et automne, en groupes dans les
prés, les gazons. La chair de ce Champignon est fauve pâle.
Ne se mange pas.
Agaric livide, Ag. lividus, planche XXXIV, fig. 177.
Fr. Epie, p. 189; Bull., t. 382; Quelet, p. 83.
Chapeau charnu, plan-convexe, bosselé, sec, soyeux, marge
100 DESCRIPTION DES ESPÈCES
jaunâtre en dessous. Lamelles très larges, fortement sinuées,
arrondies, décurrentes par une dent, espacées. Pédicelle fort,
recourbé et renflé à la base, fibreux, dur et blanc; chair blanche,
fibreuse, fragile; odeur agréable, saveur nauséeuse. Spores gran-
des, rosées, sphériques. Eté, automne, clans les bois. — Vénéneux.
Chapeau irrégulier plus ou moins déprimé ou ombiliqué.
Lamelles longues, décurrentes, Champignons odorants. Spores
rosées.
Agaric orcelle, Ag. orcella, planche XXVIII, fig. 147.
Vittad., t. 12, f. 2; Batsch., f. 216; Bull., t. 573, f. 1 ; Fr. Epie, p. 197;
Secr., n° 558.
Chapeau charnu, mou, convexe, puis étalé, ondulé et difforme,
blanc ou un peu grisâtre, glacé et visqueux par le temps humide,
marge plus mince, enroulée, blanche, farineuse. Lamelles très
décurrentes, serrées, blanchâtres à peine jaunâtres , à reflet
incarnat. Pédicelle blanc, épaissi aux deux extrémités, la base
est couverte d'un duvet blanc. Printemps, bord des bois ; odeur
agréable de farine. — Comestible.
Agaric prunelle, Ag. prunulus, planche XXVÏI, fig. 149.
A. albellus, Schœff., t. 78; A. pallidu.t, Sowerb, t. 143; Krorubh., t. 55,
f. 7, 8; Berkl., OutL, t. 7, f. 7; Quelet, t, 5, f. 3; Fr. Epie, p. 197.
Chapeau compacte, grisâtre au centre, assez régulier, marge
farineuse, blanche, enroulée. Lamelles minces, décurrentes, as-
sez serrées, blanches d'abord, puis incarnat. Pédicelle épais
strié, cotonneux à la base, blanchâtre. Spores rosées, assez
grandes. Printemps, été, bord des bois, odeur agréable de farine.
— Comestible.
Chapeau à marge d'abord incurvée. Lamelles les plus grandes
adnées avec ou sans dent. Spores rosées.
Agaric pied brillant, Ag. lampropus, planche XXVII, fig. 146.
Berkl., OutL, p. 146; Fr. Epie, p. 202; Quelet, p. 88; A. ylaucus, Bull.,
t. 521.
Chapeau peu charnu, convexe, étalé, obtus, puis déprimé,
écailleux, d'une couleur gris fuligineux ou gris de souris, se déco-
lorant par l'humidité. Lamelles adnées, séparables, d'abord blan-
CINQUIÈME SOUS-GENRE, MYGENA 101
ches, puis roses. Pédicelle fistuleux, glabre, lisse, souvent cou-
leur d'acier ou violacé. Dans les prés, Tété. Ne se mange pas.
Agaric dentelé, Ag. serrulatus, planche XXVIII, fig. 148.
Pers., Syn.,1., 463; A. columbinus, Bull., t. 413, fig. 1; Berkl., Outl.,
p. 146; Fr. Epie, -p. 203.
Chapeau peu charnu, convexe, puis ombiliqué, écailleux; jeune
il a une couleur bleu noirâtre et devient ensuite fuligineux. La-
melles adnées, larges au milieu, bleuâtre pâle, avec l'arête noi-
râtre puis grise. Pédicelle égal, fistuleux, glabre, blanchâtre ou
azuré. Dans les gazons, été et automne. Ne se mange pas.
Agaric papilé, Ag. mammosus, planche XXV, fig. 136.
Kickx., p. 103; Batsch., f. 5; Bull., t. 526; Fr. Epie, p. 207.
Chapeau membraneux, campanule conique, mamelon pointu,
brun, strié, isabelle et soyeux par le temps sec, un peu glabre.
Lamelles libres, séparables, ventrues, non serrées, grises ou
blanches, et enfin rosées. Pédicelle fistuleux, allongé, rigide, blanc
farineux, un peu épais au sommet. Printemps et été, dans les bois,
les gazons. Ne se mange pas.
Agaric variable, Ag. variabilis, planche XXIV, fig. 123.
Pers., Obs., t. 5, fig. 12; Syst. mijc, L, p. 27o; Cum. syn., Berkl., Outl.,
p. 164, t. 10, f. 1; Kickx., p. 171; A. sessilù, Bull.,t.l52; Fv.,Epic, p. 213.
Chapeau très peu charnu, retourné en haut comme le montre la
figure, il est fixé au moyen d'un pédicelle très court sur les
rameaux morts. Lamelles convergeant vers un point excentrique,
assez larges, espacées, d'une coloration variable, tantôt blanches,
ou brunâtres fauves. Eté et automne, dans les bois humides, sur
le bois mort. Ne se mange pas.
Agaric pygniée, Ag. pygmseus, planche XXIV, fig. 129.
Bull., t. 523, f. 2; Fr., 3Ionor/., I., p. 368.
Chapeau membraneux, campanule, hémisphérique, mamelonné,
ocracé, brunâtre, striolé, très hygrophane, large de 3 à 4 centi-
mètres, luisant par le sec, marge plus pâle à voile fugace ; chair
sale, amère. Lamelles sinuées, ventrues, assez espacées, un peu
jaunâtres, puis fauves. Pédicelle fistuleux, fragile, pâle, ocracé,
brunâtre en bas, d'un luisant argenté, un peu farineux au som-
met. Spores en amande, fauves.
Eté et automne, dans les chemins des bois.
102 DESCRIPTION DES ESPÈCES
Agaric transparent, Ag. pellucidus, planche XXII, fig. 113.
Bull., t. 550, f. 2;Syst. Myc, I.,p. 150; Secret., n°338; Fr., Epie, -p. 273.
Chapeau membraneux, globuleux campanule, puis convexe ou-
vert, inégal, lisse, gris pâle, finement strié, large de 2 centi-
mètres. Lamelles subdécurrentes, assez espacées, peu serrées,
pâle ocracé. Pédicelle raide, grêle, fibrilleux, allongé, luisant,
pruineux au sommet, citrin ou ocracé. Eté, automne, sur les
feuilles de hêtres, dans les chemins des bois.
Ne se mange pas.
Agaric en cupule, Ag. cupularis, planche XXXI, fig. 104.
Bull., t. 534, f. 2; Dec, FI. Fr., VI, p. 107; Secrt., n. 1052; 'Fr., Epie,
p. 272.
Chapeau membraneux, convexe, puis étalé, ombiliqué, 3 à
4 centimètres, glabre, hygrophane, gris livide, marge striée.
Lamelles décurrentes, serrées blanchâtres. Pédicelle fistuleux,
cylindrique, parfois blanc pruineux au sommet, et blanc flocon-
neux à la base. Eté, automne, bords des chemins, sur la mousse.
Suspect.
6" SOUS-GENRE, PRATELLA
Chapeau charnu ou presque membraneux, persistant. Lamelles
nébuleuses, se décolorant. Pédicelle central nu ou pourvu d'un
anneau. Spores d'un brun pourpre ou noirâtre, rouillées ou
ocracées.
Léveillé rangeait dans ce sous-genre : les Pholiota, Hebeloma,
Flammula, Naucaria, Galera, Crepidolus, Psalioia, Slropharia,
Hypholoma, Psiloqjbe, Psalhira, de Fries.
Tégument laissant un anneau sur le pédicelle. Champignons
remarquables, terrestres, jamais sur les souches.
Agaric remarquable, Ag. spectabilis, planche XII, fig. 47.
A. aureus, Bull., t. 92; A. rabarbarinus, Krombh., t. 3, f. 3; Fr., Epie,
p. 221 ; Cooke, p. 108; Kickx., p. 165.
Chapeau convexe sur un côté, plan sur l'autre, sec; sa cuticule
se déchire en squammes ou en fibres soyeuses, d'une couleur-
doré pâle ou fauve. Lamelles adnées, décurrentes, serrées,
étroites, d'un jaune ferrugineux. Pédicelle ferme, ventru, assez
SIXIÈME SOUS-GENRE, PRATELLA 103
court, enveloppé en bas par l'anneau, farineux au sommet.
Eté et automne, dans les bois. Goût salé, saveur amère.
Comestible.
Agaric sphaleromorphe, Ag. sphaleromorphus , planche XXV,
fîg. 131.
A. récalvus, Lasch., n. 431 ; Bull., t. 540, f. 1 ; Fr., Epie, p. 217.
Chapeau charnu, mince, convexe sur un côté, plan sur l'autre,
lisse, humide, jaunâtre ocracé. Lamelles arquées, décurrentes,
d'abord d'un blanc jaunâtre, puis argileuses ou brunâtres. Pédi-
celle plein, soyeux, blanchâtre, grêle, mais épaissi à la base, muni
d'un anneau éloigné des lamelles, et très mince. Printemps, été,
dans les prés et les bois. On le mange.
Agaric racine de navet, Ag. radicosus, planche XXV, fig. 133.
Berkl., Outl., p. 150; Krombh., t. G2, f. 0, 10; Bull., t. 160; Kickx.,
p. 104; Fr., Epie, p. 218; Quel., p. 92.
Chapeau charnu, conique, convexe, tacheté, écailleux, blanc
ocracé, un peu visqueux; chair blanchâtre. Lamelles libres,
sinuées, serrées, pâles, puis rousses. Pédicelle plein, blanc, fusi-
forme, radicant, anneau distant blanc, écailleux, membraneux;
le pédicelle au-dessous de l'anneau est recouvert d'écaillés dres-
sées. Spores fauve brunâtre. Été et automne, dans les forêts,
sur les souches. Odeur de laurier-cerise. — Comestible.
Agaric changeant, Ag. mutabilis, planche XXVIII, fîg. 150.
Sckœff., t. 9; Kroiub., t. 73, f. 7, 9; Berkl., t. 8, f. 3; Bull. t. 543; O.P.
R, A. caudicinus, Pers.; Fr. Epie, p. 225; Quel., p. 94.
Chapeau peu charnu, convexe-plan, un peu mamelonné, lisse,
couleur cannelle par les temps humides, un peu plus pâle par le
sec. Lamelles adnées, décurrentes, serrées, couleur cannelle.
Pédicelle très fibreux, courbé ou tordu, jaunâtre, écailleux, plus
brun à la base. Anneau membraneux., écailleux, floconneux.
Spores brunâtres. Par groupes sur les vieilles souches ou soli-
taire, mais bien plus grand. Odeur faible.
Été et automne. — Comestible.
Agaric écailleux, Ag. squarrosus, planche XXIX, fig. 152.
Mull., S. M., I., p. 243; A. squamosus, Bull., t. 260; A. floccosus, Schseff.,
t. 61; Fr., Epie, p. 221; Quel., p. 93.
Chapeau charnu, campanule, convexe, puis étalé, sec, d'une
104 DESCRIPTION DES ESPÈCES
couleur safrané rouillé, tout couvert d'écaillés brunâtres, recour-
bées; chair jaune. Lamelles aclnées, décurrentes par une dent,
olivâtres puis rouillées. Pédicelle plein, atténué à la base, d'un
jaune pâle, chargé d'écaillés recourbées et brunâtres, munies au
sommet d'un anneau étalé, laineux, d'un jaune fauve. Automne,
en touffes sur les souches, au pied des arbres. Odeur forte de bois
pourri. — Comestible.
Agaric pudique, Ag. pudicus, planche XXXII, fig. 167.
A. Mus, Bull., t. 597; F., 2, R. S.; Berkl., OutL, p. 160; Kickx., p. 164;
Fr., Epie, p. 218; Gordier, p. 28.
Chapeau charnu, globuleux, convexe, puis plan, lisse, sec et
arrondi, large de 8 à 10 centimètres; chair blanche. Lamelles
blanches, puis d'un blanc fauve, ventrues, arrondies en arrière,
serrées, adnées. Pédicelle plein, blanc fauve, un peu courbé et
bulbeux à la base, lisse, et muni d'un anneau blanc, membraneux,
étalé, entier et persistant. Été, automne; solitaire ou en touffes,
sur les vieux troncs d'arbres. — Comestible.
Agaric atténué, Ag. attenuatus, planche XXXII, fig. 166.
PC, FI. Fr., VI, p. 51; A. cylindraceus, Letell., t. 632; A. cylindraceus,
Fr., Epie, p. 118.
Chapeau charnu, convexe, glabre, large de 10 à 12 centimètres,
d'un blanc un peu roussâtre, à bords repliés en dessous dans la
jeunesse. Lamelles blanchâtres ou brun fauve, souvent un peu
décurrentes. Pédicelle plein, charnu, blanchâtre, cylindrique,
plus ou moins courbé et aminci à la base. Anneau placé près du
sommet du pédicelle, rabattu, peu consistant, d'un blanc fauve.
Printemps, automne, le plus souvent en touffes, sur les souches.
Odeur agréable. — Comestible.
Chapeau à pellicule humide, visqueuse, voile distinct. Pédicelle
fibreux, charnu. Spores argileuses, ocracées. Champignon ter-
restre, souvent odorant.
Agaric échaudé, Ag. crustuliniformis, planche XXVI, fig. 137.
Bull., t. 308, 546; Berkl., OutL, t. 9, f. 1; A. circinans, Pers., Obs.; Fr.,
Epie, p. 241; Quel., p. 95.
Chapeau charnu, convexe plan, glabre., roux, ocracé ou blan-
SIXIÈME SOUS-GENRE, PRATELLA 105
châtre, un peu visqueux, plus obscur au centre; chair hyaline,
humide. Lamelles arrondies, serrées, minces, blanchâtres, puis
ocracées, et à la fin brunes, sont quelquefois tachetées. Pédicelle
plein, solide, légèrement bulbeux, blanchâtre, couvert d'écaillés
floconneuses. Odeur, saveur de radis. Été, automne, dans les prés,
les bois. — Vénéneux.
Agaric sinué, Ag. sinuosus, planche XXVI, fig. 138.
Secr., n. 574; Bull., t. 579, f. 1; Fr. Epie., p. 237.
Chapeau charnu, convexe, puis plan, le centre très déprimé,
sinué, glabre, roux, ocracé, légèrement visqueux, large de 10 à
11 centimètres. Lamelles arrondies, serrées, planes, émarginées,
d'une couleur argileuse, rouillées ou ocracées. Pédicelle plein,
solide, bulbeux à la base, fibreux, charnu, bistré, rougeâtre.
Spores ocracées. Été, automne. — Vénéneux.
Chapeau à marge d'abord enroulée. Lamelles adnées ou décur-
rentes. Pédicelle charnu, fibreux, voile filamenteux ou indistinct.
Champignons terrestres ou lignicoles.
Agaric de l'aune, Ag. alnicola, planche XX, fig. 89.
A- amants, Cuil., t. 562 (Var. salicicola);'A. vclatus, Sckum., p. 339; Que-
let, p. 233; Fr., Epie, p. 248; Berkl. et Br., n. 1242.
Chapeau charnu, convexe-plan, large de 5 à 10 centimètres,
humide, fibrilleux, parfois écailleux, jaune orangé, puis rouillé ;
chair citrine amère. Lamelles adnées, jaunâtres, puis rouillées.
Pédicelle fibro-charnu, plein, puis creux, recourbé et radicant,
fibrilleux, jaune rouillé. Été et automne, sur les souches de
l'aune. N'est pas vénéneux, mais très amer.
Agaric en fuseau, Ag. fusus, planche XXXI, fig. 160,
A. hybridus, Bull., t. 398; Batsch., f. 189; A. pompusus, Balt., t. 5; Fr.,
Epie., p. 247.
Chapeau convexe, puis mamelonné, fauve, large de 8 à 12 cen-
timètres, à marge enroulée, avec vestiges d'une cortine jaunâtre
au bord du chapeau; chair jaune soufré. Lamelles étroites, ver-
dâtres, adnées, à tégument noirâtre. Pédicelle creux, gonflé en
haut, subulé en bas, d'une couleur fauve, glabre. Dans le creux
des souches, printemps, automne, en groupes.
Saveur amère. Ne se mange pas.
106 DESCRIPTION DES ESPÈCES
Agaric apicré, Ag. apicreus, planche XXXI, fig. 161.
A. lignatilis, Bull., t. 551, A. B.; A. picreus, Secr., n. 260; Fr., Epie.,
p. 249.
Chapeau jaunâtre, fauve, peu charnu, légèrement mamelonné,
puis convexe-plan, lisse, glabre, large de 4 à 8 centimètres.
Lamelles adnées, serrées, planes, fauves, couleur cannelle. Pédi-
celle plein, fibreux, courbé, strié, blanc jaunâtre au sommet, et
villeux cannelé à la base. Spores rouillées. Printemps, été, sur les
planches pourries. Coriace.
Agaric pulvérulent; Ag. conissans, planche XXXI, fig. 162.
Kickx., p. 169; A. pulverulentus, Bull., t. 178; Fr., Epie, p. 249.
Chapeau peu charnu, mamelonné, ocracé, à bords plus pâles.
Lamelles jointes, d'une couleur d'abord blanchâtre, fuligineuses,
à téguments noirâtres. Pédicelle creux, égal, jaune blanchâtre. De
mai à novembre, groupé en buissons, sur le bord des chemins.
Saveur amère. Ne se mange pas.
Agaric gymnopode, Ag. gymnopodius, planche XXXI, fig. 163.
Fr., Epie, p. 244; Bull., t. 601, f. 1 ; Mougeot, Champ, des Vosg.
Chapeau charnu, large de 6 à 8 centimètres, d'un brun ferrugi-
neux, campanule, convexe, puis plan, strié et souvent fendu
sur les bords, mamelonné au centre, qui est comme hérissé
de petites aspérités noires. Lamelles très larges, inégales, peu
nombreuses, arquées, décurrentes, plus claires que le chapeau.
Pédicelle nu, plein, atténué et contourné à son extrémité infé-
rieure, strié, d'une couleur brun foncé. Automne, dans les bois,
par groupes, à terre ; sa chair blanche a une odeur et une saveur
agréables. — Comestible.
Voile nul. Chapeau glabre, marge incurvée. Spores rouil-
lées.
Agaric des moissons, Ag. arvalis, planche XIX, fig. 87.
Bull., t. 422, fig. 2; Bott., t. 28, D.; Fr., Epie, p. 261.
Chapeau peu charnu, convexe-plan, large de 3 6 à centimètres,
lisse, sec, glabre, jaune ou fauve ocracé pâlissant, souvent cre-
vassé; chair blanche. Lamelles libres, serrées, puis espacées, bru-
nâtres ou couleur cannelle sale. Pédicelle tenace, grêle, cylin-
drique, un peu bulbeux, soyeux, jaunâtre.
Eté, automne, prés et champs. — Comestible.
SIXIÈME SOUS-GENRE. PRATELLA 107
Agaric sidéroïde, Ag. sideroides, planche XXII, fig. 108.
DC, FI. Fr., 5, p. 46 ; Bull., t. 588, Fr. Epie, p. 258; A. hemisphxricus,
Scop. carn., p. 448; Quel., p. 99.
Chapeau peu charnu, petit, campanule, mamelonné, glabre,
lis?e, humide, un peu visqueux, fauve rougeâtre, cannelle, ou
couleur de cuir par le temps sec. Lamelles adnées, décurrentes
par une denlicule, serrées, jaunâtres ou cannelle. Pédicelle fistu-
leux, assez rigide, cylindrique, grêle, onduleux, lisse, glabre, un
peu épais à la base et jaunâtre ou brunâtre, et blanc pruineux au
sommet. Été, automne, dans les bois. Ne se mange pas.
Agaric horizontal. Ag. horizontalis, planche XXIII, fig. 117.
Berkl., Oui/., p. 159; Bull., t. 324; Fr., Epie, p. 256.
Chapeau peu charnu, très petit, plan convexe, obtus, sec, lisse,
d'une couleur cannelle. Lamelles rondes, libres, planes, de la cou-
leur du chapeau. Pédicelle très court, grêle, nu. Groupés sur les
écorces d'arbres. Ne se mange pas.
Agaric demi-or biculaire, Ag. semi-orbiculatus, planche XXV,
fig. 135.
Berkl., Outl., t. 9, f. 4; Bull., t. 422; Fr., Epie, p. 260 ; Quelet, p. 100.
Chapeau peu charnu, convexe étalé, de 3 à G centimètres, sec,
lisse, glabre, ratatiné par le sec, couleur ocracé. Lamelles adnées,
sinuées, serrées, larges, rouillées. Pédicelle cartilagineux, tenace,
grêle, rigide, cylindrique, lisse, d'une couleur rouillé brillant.
Été, automne, sur le bord des chemins.
Champignons à chapeau plus ou moins campanule. Voile fibril-
leux, fugace ou nul. Spores ocracées. Champignons élégants.
Agaric grêle, Ag. tener, planche XXII, fig. 105.
Schaeff., t. 70; f. 6, 8; Bull., t. 535, f. 1 ; Fr., Epie, p. 267.
Chapeau membraneux, conique, campanule, puis mamelonné
étalé, pulvérulent, d'un brun roux ou ocracé. Lamelles adnées, en
cône, paraissant libres, linéaires, couleur cannelle. Pédicelle
allongé, grêle, brun, puis jaunâtre ocracé, fraprile, luisant, bulbi-
forme ou radicant. Été, automne, sur les gazons, les prés.
Ne se mange pas.
108 DESCRIPTION DES ESPÈCES
Agaric mou, Ag. mollis, planche XXIV, fig. 125.
Schseff.; t. 213; Sowerb., t. 98; Letell., t. 688; Fr., Epie, p. 275 ; Quel.,
t. 7, f. 7.
Chapeau comme divisé en deux parties, presque sessile, convexe
plan, réniforme, souvent ondulé, ou lobé flasque, lisse, pâle ou
tacheté de roux; chair très molle, épaisse, aqueuse, blanchâtre.
Lamelles décurrentes, serrées, grisâtres ou jaunâtres. Été et
automne, sur les souches pourries. Trop coriace, mais n'est pas
vénéneux.
Champignon à chapeau distinct. Pédicelle central, nu ou pourvu
d'un anneau. Lamelles arrondies et libres. Spores d'un brun
pourpre ou noirâtre. — Comestible.
Agaric champêtre. Ag. campestris, planche XXXII, fig. 165.
Grev., t. 161; Schœff., t. 33; FI. dan., t. 704; Vittad., t. 6, 8; Krombh.,
t. 23, f. 1, 8 et t. 20, f. 14, 15; Paul, t. 130; Gordier, p. 89; Fr., Epie.,
p. 279; Bull., t. 134 et 514.
Chapeau charnu, convexe-plan, sec, soyeux, lisse ou écailleux,
d'une couleur roussâtre ou brun bistré, ou fauve clair, quelque-
fois jaunâtre ou même entièrement blanc, large de 4 à 12 centi-
mètres, à chair épaisse, molle, rougissant et brunissant parfois.
Lamelles libres, ventrues, serrées, blanches, puis roses, et enfin
brun obscur1, non adhérentes au pédicelle. Pédicelle plein,
lisse ou écailleux, cylindrique ou quelquefois renflé à sa base, long
de 4 à 8 centimètres, pourvu dans son milieu d'un anneau blanc,
ouvert ou réfléchi, plus ou moins complet, caduc. Eté et automne,
vient dans les bois, les champs, les jardins, il est cosmopolite; son
usage est répandu partout.
Odeur et saveur très agréables. — Comestible.
Agaric des bois, Ag. sylvicola, planche XXXII, fig. 168.
Paul, t. 183; Krombh., f. 8; Vitt., t. 8; A. cchdis, Pers.; Fr., Epie., p. 280.
Chapeau lisse, blanc luisant, doux, large de 6 à 12 centimètres;
chair épaisse, molle, brunissant avec le temps. Lamelles droites,
inégales, serrées, couleur de chair dans les jeunes individus, puis
d'un rouge vineux. Pédicelle long, subbulbeux, plein, cylindrique,
ordinairement glabre, pourvu d'un anneau simple. Eté, automne,
prés, bois, écuries. — Comestible.
SIXIÈME SOUS-GENRË, PRATELLA l'<ï9
Agaric des champs, Ag. arvensis, planche XXXIII, fig. 172.
Paul, t. 134, f. 1, 2; Bull., t. 514, f. N. B.; Pers., Sijn., 301; Krombh..
t. 23, f. 11. 14; Berkl., t. 10, f. 4; Fr., Epie, p. 180.
Chapeau charnu, sphérique campanule, puis un peu aplati,
large de 8 à 12 centimètres, floconneux, farineux, ensuite glabre
et sec, d'un blanc de neige; chair épaisse, blanche et compacte.
Lamelles libres, ventrues, plus larges en avant, d'une couleur rose
tendre ou lilas. Pédicelle ferme, creux et spongieux, blanc, épaissi
à la base, pourvu d'un anneau ample, retombant et ordinairement
double. Été et automne, en cercle dans les prés et les endroits
découverts des bois.
Odeur et saveur très agréables. — Comestible.
Agaric à graines rouges, Ag. hœmatospermus, planche XXXIII,
fig. 173.
Syst. Myc, L, p. 282; Krombh., t. 3, f. 21, 25; Bull., t. 59o, f. 1; Fr.,
Epie, p. 282.
Chapeau peu charnu, convexe-plan, d'un brun rougeâtre, lisse,
fibrilleux, plus foncé au centre, large de 3 à 5 centimètres.
Lamelles un peu écartées du pédicelle et sinuées, d'une couleur
rosé, et enfin rougeâtre. Pédicelle creux, floconneux en dedans,
grêle, un peu atténué vers le haut. Anneau médian, distant,
très mince. Automne, dans les jardins.
Comestible.
Agaric comestible, Ag. edulis, planche XXXII, fig. 17b.
Léveil.; Sic.
Chapeau charnu, campanule, ovale-campanulé, puis aplani,
large de 9 à 15 centimètres, floconneux, farineux, puis soyeux,
lisse ou écailleux, sec, blanc ou tacheté de jaunâtre; chair épaisse,
compacte. Lamelles libres, ventrues, blanches, puis brunâtres.
Pédicelle creux, fort, épais à la base, lisse, glabre, blanchâtre.
Anneau supérieur ample, presque double et lacinié. Eté et
automne, dans les prés, les bois, les pâturages. Odeur très
agréable de farine. — Comestible.
Champignon à pellicule du chapeau visqueuse et à lamelles
adnées, à anneau variable, à spores fauve rougeâtre.
110 DESCRIPTION DES ESPÈCES
Agaric érugineux, Ag. œruginosus, planche XIX, fig. 84.
Schaeff., t. 1 ; Sowerb., t. 264 ; Krombh., t. 3, f. 27, 28; Fr., Epie, p. 284;
Quel., p. 110.
Chapeau convexe-plan, peu charnu, légèrement mamelonné,
d'une couleur bleu plus ou moins foncé, recouvert d'une couche
de mucosité concolore. Lamelles adnées. molles, brunâtres ou un
peu rougeâtres. Pédicelle fibrilleux, creux, d'une couleur verdâtre,
muni d'un anneau écailleux, blanchâtre ou vert. Eté et automne,
dans les bois. — Vénéneux.
Agaric à graine noire, Ag. melaspermus, planche XXV, fig. 132.
Kickx., p. 173; Bull., t. 540, f. 2; Berkl. et Br., n. 1254; Fr., Epie,
p. 285; Quelet, t. 24, f. 3.
Chapeau mou, charnu, plan-convexe, d'un blanc jaunâtre, plus
ou moins brillant, large de 4 à 6 centimètres, souvent un peu
visqueux. Lamelles libres, sinuées, arrondies ou émarginées,
larges, d'un violet grisâtre, elles deviennent d'un beau violet noi-
râtre. Pédicelle à peine creux, fibreux, d'une couleur blanchâtre,
muni d'un anneau épais, étroit, blanchâtre. Spores lilas.
Eté, automne, dans les prés., le bord des bois. Ne se mange pas.
Agaric coronille, Ag. coronilla, planche XXVI, fig. 139.
Syst. Mijc, I., p. 282; Bull., t. 597; Fr., Epie, p. 285; Quel., t. 14, f. 7.
Chapeau charnu, épais, convexe, puis plan, obtus, presque tou-
jours sec, d'une couleur jaune pâle, lisse, et souvent crevassé;
chair blanche. Lamelles adnées, planes, serrées, d'une couleur
brunâtre. Pédicelle court, plein, atténué à sa base, blanc, muni à
sa partie supérieure d'un anneau blanc et réfléchi. Automne, dans
les prés et les bois. — Comestible.
Agaric obturé, Ag. obturatus, planche XXXII, fig. 169.
S. M., I., p. 283; Lasch., Berkl. et Br., n. 1253; Seyn., Montp., p. 82;
Saund., et S. M., t. 25, f. 1, 2; Fr., Epie, p. 285; Quel., p. 110.
Chapeau peu charnu, convexe-plan, puis conique, sec, d'une
couleur de paille, souvent écailleux pâle. Lamelles adnées, planes,
d'abord blanches, puis brunes. Pédicelle blanc, court, jamais
creux, un peu atténué à la base. Anneau réfléchi, épais, étroit,
blanc. Automne, dans les gazons, le bord des bois.
Ne se mange pas.
SIXIÈME SOUS-GENRE, PRATELLA 1 1 1
Champignon à chapeau tenace, glabre. Voile adhérent à sa
marge sous forme de franges. Spores brunes.
Agaric fasciculaire, A g. fascicularis, planche XXI, fig. 96.
Krombh., t. 44, f. 4, 5; Sowerb., t. 225; Hussey., II, t. 45; FI. dan.,
t. 2075; Fr., Epie., p. 291.
Chapeau très peu charnu, un peu mamelonné, glabre, d'une
couleur variant entre le jaune roux et le jaune sulfureux ; la marge
est ornée de franges allant du jaune au vert. Lamelles serrées,
linéaires, adnées, jaunes, vertes ou noirâtres. Pédicelle fistuleux,
grêle, flexueux, jaune pâle, la chair de ce Champignon est jau-
nâtre, d'une saveur nauséeuse et amère. On le rencontre toute
l'année, en touffes serrées, sur les vieilles souches et dans tous les
bois. — Vénéneux.
Agaric de De Candolle, Ag. Candoleanus, planche XXI, fig. 98.
A. appendiculatus, Schuni.; Berkl., Outl., p. 170; Seyn., Montp., p. 81 ;
Fr., Epie, p. 295; Kickx., p. 175.
Chapeau peu charnu, campanule, puis convexe, un peu plan,
large de 5 à 8 centimètres, d'une couleur brunâtre, le milieu blanc,
un peu rougeâtre, lisse; chair mince, blanche. Lamelles arron-
dies, séparables, serrées, violacées ou brunes, arête blanche. Pédi-
celle long, flbrilleux, strié au sommet, blanc ; le voile blanc est
suspendu à la marge du chapeau. Spores ovales, brunes. Été et
automne, en touffes dans les jardins, les bois. Ne se mange pas.
Agaric pilulilbrme, Ag. pilulaeformis, planche XXIII, fig. 1 15.
DC, FI. Fr., IL, p. 211; Bull., t. 112; Fr., Epie.,?. 296.
Chapeau ténu, ovale campanule, glabre, d'une couleur blan-
châtre, jaunâtre ou grisâtre. Lamelles adnées, d'un blanc cendré,
Pédicelle fragile, fistuleux, courbe, glabre, blanc. Ce petit Cham-
pignon a l'aspect des Coprins. Vient du printemps à l'automne, sur
les troncs, les souches, parmi la mousse et même la pierre
moussue. Ne se mange pas.
Agaric pyrotrique, Ag. pyrotrichu'*, planche XXX, fig. 156.
A. lacrymabundus, Bull., t. 525, f. 3; Krombh., t. 42, f. 12, 16; A. rnacrou-
rus, Abbild., Schw., 3, A.; A. ignescens, Laach., n. 588; Holnisk., ot. II,
t. 35; Fr., Epie., -p. 293.
Chapeau peu charnu, convexe, obtus, légèrement poilu, un peu
112 DESCRIPTION DES ESPÈCES
écailleux, d'une couleur fauve doré, large de 6 à 10 centimètres;
chair blanchâtre, fauve. Lamelles adnées, assez serrées, blan-
châtres, puis brunes, avec l'arête blanchâtre, larmoyante par l'hu-
midité. Pédicelle creux, un peu épaissi à la base, blanchâtre, puis
brunâtre, muni d'une cortine distincte blanche, en forme de frange.
Eté, automne, en touffes, près des vieilles souches, dans les bois.
Ne se mange pas.
Agaric toisonné, Ag. velutinus, planche XXX, fig. 157.
Pers., Syn., p. 409; Berkl., Ou//., p. 170, t. 11, f. 2; A. lacrimabundus,
Sow., t. 41 ; Fr., Epie, p. 293.
Chapeau peu charnu, ouvert, un peu mamelonné, large de 5 à
8 centimètres, d'une couleur jaune fauve, puis isabelle, couvert de
petites fibrilles; chair mince, cassante. Lamelles peu adnées,
libres, séparables, peu serrées, d'une couleur brunâtre, ponctuées
de noir. Pédicelle creux, assez épais, cylindrique, soyeux,
muni d'un voile d'une couleur grise. Été et automne, dans les
jardins, dans les chemins, au pied des arbres.
Ne se mange pas.
Agaric à lames olivâtres, Ag. elaeodes, planche XXX, fig. 159.
Paul, t. 108 : Secr., n. 337, B. G.; Bull., t. 30; Labr., t. 10, f. 2; Kickx.,
p. 175; FT.,Epic, 291.
Chapeau peu charnu, ouvert, obtus, glabre, mou, ruguleux,
couleur jaune fauve. Lamelles sinuces, arrondies, serrées, sèches,
fragiles, d'une couleur olive, passant rapidement au vert-de-gris.
Pédicelle fîstuleux, flbrilleux, de la couleur du chapeau, finement
poudré au sommet. Été et automne, en bouquets, sur les souches.
— Vénéneux.
Champignons à chapeau glabre, marge incurvée, voile nul.
Lamelles adnées. Pédicelle presque cartilagineux. Terrestre.
Agaric des bruyères, Ag. erieseus, planche XIX, fig. 86.
Pers., Syn., p. 413; Berkl. etBr., n. 149; Fr., Epie, p. 298; A. clivula-
rum, Letell., t. 676.
Chapeau peu charnu, convexe, obtus, d'un brun pourpre, marge
un peu striée. Lamelles triangulaires, planes, d'une couleur
pourpre ou fuligineuse. Pédicelle grêle, fîstuleux, égal, sub-fibril-
leux, puis glabre, d'un brun pâle, un peu pruineux au sommet.
SIXIÈME SOUS-GENRE, PRA.TELLA 113
Très commun du printemps à l'automne. Dans les champs, les
bois. — Comestible.
Agaric physaloïde, Ag. physaloides, planche XX, fig. 90.
Secr., n. 971 ; Bull., t. 366, f. 1 ; Lasch., n. 446, Y.; Fi\, Epie, p. 300.
Chapeau peu charnu, un peu campanule ou aplani, avec un petit
mamelon saillant, sa pellicule est un peu visqueuse, brun pourpre,
brillant, large de 1 à 2 centimètres. Lamelles presque décur-
rentes, serrées, pâles, et enfin d'un brun foncé. Pédicelle fistuleux,
filiforme, flexible, pâle et brun à la base. Spores ovales, violet
pâle. Été et automne, dans les chemins, dans les gazons, les
forêts. Ne se mange pas.
Agaric appendiculé, Ag. appendiculatus, planche XXX, fig. 158.
A. stipatus, Pers., Syn., p. 423; Berkl., Outl., t. 11, fig. 3; Kickx., p. 176;
Bull., t. 392; Sowerb., p. 324 ; Fr., Epie, p. 296.
Chapeau convexe campanule, peu charnu, obtus, sec, lisse,
d'une couleur fauve livide, puis blanc, fragile. Lamelles sub-
adnées, d'un violet pâle, blanchâtres sur les bords du chapeau, et
un peu ventrues. Pédicelle blanc, fistuleux, raide, fragile, de 4 à
8 centimètres, à tégument frangé, et dont il reste des lambeaux au
rebord du chapeau. Été et automne, dans les jardins, dans les
bois. Ne se mange pas.
Champignon à chapeau sub-membraneux, conique ou campa-
nule, à marge droite. Anneau fibrilleux ou nul. Lamelles brunes
ou purpurines. Spores purpurines.
Agaric à pied flexueux, Ag. gyroflexus, planche XXIII, fig. 118.
A. palescens, Schœff., t. 211; A. digitaliformis, Bull., t. 22; Fr., Epie,
p. 305; Quel. p. 118.
Chapeau très clair, strié, à marge striée, orné de fibrilles
soyeuses blanches, d'une couleur brun clair. Lamelles larges,
adnées, pâles ou grises. Pédicelle blanc, fragile, onduleux,
recourbé, strié, pulvérulent au sommet, tomenteux à sa base. Été,
automne, sur les vieux troncs, dans les jardins et dans les bois.
Ne se mange pas.
114 DESCRIPTION DES ESPÈCES
7» SOUS-GENRE, COPRINUS
Champignons à chapeau membraneux ou à peine charnu,
fugace, absence de volva. Lamelles minces, noires, se liquéfiant
en une eau noirâtre. Pédicelle nu ou pourvu d'un collier, presque
toujours fugace, blanc, aranéeux et fistuleux. Ces Champignons ont
une existence éphémère, presque tous croissent sur le fumier ou
les terrains riches en engrais.
Agaric entassé, Ag. congregatus, planche XXIII, fig. 114.
DC, FI. F/-., II, p. 151 ; Bull., t. 94; Fi\; Epie, p. 328; Quel., p. 240.
Chapeau membraneux, cylindrique, après conique, large de 3 à
4 centimètres, strié, puis fendu sur les bords, d'un blanc grisâtre,
recouvert d'un duvet floconneux très fin. Lamelles libres,
linéaires, d'un brun noir, bordées de blanc. Pédicelle fistuleux,
cylindrique, un peu épaissi à la base, velouté, grisâtre. Spores
noires. Tout l'été, dans les forets, sur le bord des chemins.
Ne se mange pas.
Agaric papilionacé, Ag. papilionaceus, planche XL, fig. 209.
Berkl., Oatl., p. 175; Kickx., p. 179; Bull., t. 561, f. 2 ; Fr., Epie., p. 311;
Quel., p. 122.
Chapeau glabre, peu charnu, hémisphérique, sec, blanc ou gris,
crevassé par la sécheresse. Lamelles adnées, plus larges que
longues, planes, tachetées de noir. Pédicelle lisse, blanchâtre,
pulvérulent au sommet. Spores noires. Été, automne, sur le
fumier, le bord des chemins. Ne se mange pas.
Agaric pie, Ag. picaceus, planche XL, fig. 210.
Berkl., OutL, p. 178; Kickx., p. 183; Agaricus, Bull., t. 206; Fr., Epie,
p. 323.
Chapeau mince, ovoïde, puis en cloche ou bien étalé et
retroussé, large de 5 à 8 centimètres, couvert d'écaillés inégales
et superficielles, caduques, blanches, tandis que le chapeau est
fuligineux noir. Lamelles libres, ventrues, noircissantes. Pédicelle
fragile, fistuleux, glabre, blanc, un peu bulbeux à la base. Été,
automne, bord des chemins, dans les jardins.
Ne se mange pas.
SEPTIÈME SOUS-GENRE, COPRINUS 115
Agarie du terreau, Ag. fimi-putris, planche XL, fig. 211.
Berkl., Outl., t. 11, f. G; Bull., t. 66; Kickx., p. 179; Fr., Epie, p. 310.
Chapeau très peu charnu, conique, un peu bossu, puis ouvert,
visqueux, lisse, d'une couleur cendré. Lamelles adnées, ascen-
dantes, larges, cendrées, en vieillissant deviennent noires. Pédi-
celle fistuleux, plus long que le chapeau, cylindrique, grisâtre,
il est marqué un peu au-dessus du milieu d'une zone. Été,
automne, sur le bord des chemins, sur le fumier.
Ne se mange pas.
Agaric déliquescent, Ag. deliquescens, planche XL, fig. 212.
Berkl., Oull., p. 180; Kickx., p. 186; Ag., Bull., t. 558, f. 1; Fr., Epie,
p. 327.
Chapeau membraneux, strié, hémisphérique, puis campanuli-
forme, allongé. Lamelles libres, linéaires, d'une couleur fuligi-
neuse, claires, puis noires, à marges blanches. Pédicelle fistuleux,
cylindrique, presque égal, glabre, un peu marbré de jaune. Été,
automne, en groupes, dans les prés, les jardins.
Ne se mange pas, mais n'est pas vénéneux.
Agaric micacé, Ag. micaceus, planche XL, fig. 213.
Berkl., Outl., p. 179; Kickx., p. 185; Agarieus, Bull., t. 246; A.lignorum,
Scop., Schœff.; Fr., Epie., p. 325.
Chapeau membraneux, sillonné, ovale campanule, d'une cou-
leur jaune fauve ou ferrugineux, parsemé de granules brillantes,
fugaces, déchirées sur les bords et relevées en dessus. Lamelles
libres, luisantes, lancéolées, d'abord rose cendré, puis noires.
Pédicelle fistuleux, cylindrique, lisse, soyeux, "nu, blanchâtre,
égal. Été, automne, dans les jardins, bords des chemins, en
groupes. Ne se mange pas.
Agaric chevelu, Ag. comatus, planche XLI, fig. 214.
Kroinbh., t. 30, fig. 15, 21; A. porcellanus, Schœff., t. 46, 47; A. typhoï-
des, Bull., t. 582, f. 2; Berkl., Outl., p. 177; A. fimelarius, Boit., t. 44;
A. cylindricus, Sowerb., t. 189; Fr., Epie, p. 320.
Chapeau peu charnu, ovale, puis ouvert, couvert de larges
écailles filamenteuses, blanc, strié, rose, puis noir; marge sou-
vent inégale. Lamelles libres, écartées du pédicelle, passant par
le blanc, le rose et le noir. Pédicelle creux, bulbeux, radié à la
116 DESCRIPTION DES ESPÈCES
base, atténué vers le haut, allongé, brillant, blanc ou rosâtre,
muni d'un anneau mobile, mince,, blanc. Eté, automne, sur le
bord des chemins, les gazons. — Comestible.
Agaric à encre, Ag. atramentarius, planche XLI, fig. 215.
Bull., t. 164; Berkl., Outl., t. 12, f. 1; A. plicatus, Pers., Syn., p. 396;
Kickx., p. 182; Fr., Epie., p. 322.
Chapeau peu charnu, ovale, obtus, mou au toucher, finement
écailleux, anguleux, d'une couleur grisâtre ou livide, à marge très
inégale. Lamelles libres, très ventrues, à arête floconneuse,
blanchâtres, puis noirâtres. Pédicelle lisse et longuement atténué
au sommet, anguleux, zone en dedans, renflé et annulé en bas.
Eté et automne, dans les jardins, sur le bord des chemins. —
Comestible.
Agaric fimetaire, Ag. fimetarius, planche XLI, fîg. 216.
Ag. cinereus. Bull., t. 88; Berkl., Outl., p. 179; Pers., Syn., p. 398; Seyn.,
Montp., p. 71; Kickx., p. 183; Hoffm., IC, t. 9, f. 2; Fr., Epie, p. 324;
Boit., t. 20.
Chapeau membraneux, en massue, puis conique, fendillé et
retroussé, d'une couleur cendré pâle ou fauve, souvent poilu ou
nu et sillonné, le sommet restant lisse. Lamelles libres, linéaires,
blanches, passant par le rose et devenant noires. Pédicelle plein,
un peu épais à la base, écailleux, blanc, quelquefois pourvu
d'une longue racine. Spores ovales, d'un brun noir. Eté, automne,
dans les champs, sur les fumiers.
Odeur très agréable. — Comestible.
Agaric stercoré, Ag. stercoriarus, planche XLI, fîg. 217.
Kickx., p. 187; Scop. 427; Fr., Epie, p. 330.
Chapeau ovoïde campanule, strié, couvert d'un léger duvet
blanc et micacé. Lamelles adnées, ventrues, atténuées en arrière,
noires. Pédicelle ovale, bulbeux, puis atténué en haut, pruineux,
blanc et allongé. Été, automne, sur le bord des chemins.
Ne se mange pas.
Agaric momentané, Ag. momentaneus, planche XLII, fig. 218.
Lév.,BulL, t. 128.
Chapeau glabre, campanule, étalé, fendu, strié, cendré rou-
geâtre, à disque roux. Lamelles lancéolées, distantes, pâles, bru-
SEPTIÈME SOUS-GENRE, COPRINUS 1 1 /
nâtres ou d'un brun noir. Pédicelle nu, long, très grêle, glabre,
égal, creux. Cette espèce ne dure que quelques heures à partir de
son développement. De mai à octobre, dans les jardins, sur les
fumiers, bords des chemins. Ne se mange pas.
Agaric éteignoir, Ag. extinctorius, planche XLII, fig. 219.
Berkl., Outl., p. 178; Kickx., p. 183; Agaricus, Bull., t. 437, f. 1 ; Paul,
t. 124, f. 7; Fr., Epie, p. 324.
Chapeau en massue, puis en cloche, assez membraneux, fine-
ment strié du sommet aux bords, blanc, muni de fines écailles
caduques retroussées, blanches, ou d'un gris fauve, souvent fen-
dillées. Lamelles libres, larges, lancéolées, d'abord blanches,
passant ensuite au brun noir. Pédicelle ferme, farineux ou écail-
leux, blanc, atténué en haut, renflé à la base. Spores aiguës aux
deux extrémités. Printemps, sur les vieilles souches, endroits
frais. Ne se mange pas.
Agaric drapé, Ag. tomentosus, planche XLII, fig. 220.
Berkl., Outl., p. 179; Agaricus, Bull., t. 138; Seyn., -Monlp., p. 171;
Mich., t. 80, f. 5; Quel., p. 240; Fr., Epie, p. 325.
Chapeau cylindrique, puis conique, large de 3 à 4 centimètres,
strié, puis fendu sur les bords, d'un blanc grisâtre, parsemé d'un
duvet floconneux très fin. Lamelles libres, linéaires, d'un brun
noir, avec une bordure blanche. Pédicelle fistuleux, cylindrique,
un peu épais à la base, grisâtre ou velouté de gris. Tout l'été, sur
les bords des chemins, dans les bois. Ne se mange pas.
Agaric chancelant, Ag. titubans, planche XLII, fig. 221.
DC, FI. Fr., II, p. 151 ; Ag., Bull., t. 94; Fr., Epie, p. 328.
Chapeau membraneux, cylindrique, campanule, glabre, ocracé.
Lamelles linéaires, adnées, blanches, puis noires. Pédicelle fistu-
leux, grêle, glabre, blanc. Été, automne, sur le bord des chemins,
dans les endroits humides. Ne se mange pas.
Agaric stercoré, Ag. stercorarius, planche XLII, fig. 222.
Kickx., p. 187; Bull., t. 542, f. M.; Scop., p. 427; Fr., Epie, p. 330.
Chapeau ovoïde, puis campanule, large de 2 à 3 centimètres,
strié, couvert d'un duvet blanc et micacé. Lamelles atténuées en
arrière, ventrues, noires. Pédicelle atténué en haut, ovaie, un peu
118 DESCRIPTION DES ESPÈCES
bulbeux à la base, blanc. Été, bords des chemins.
Ne se mange pas.
Agaric disséminé, Ag. disseminatus, planche XLII, fig. 223.
Paul, t. 123, f. 6; Pers., Syn., p. 403, Schaeff., t. 308; Quel., t. 8, f. 5;
Fr., Epie., p. 316.
Chapeau campanule, ténu, glabre, sillonné, d'abord blanchâtre,
puis gris. Lamelles adnées, larges, blanc cendré, puis noirâtres.
Pédicelle fragile, fistuleux, courbe, furfuracé, puis glabre, blanc.
Vient du printemps à l'automne, au pied des arbres morls, sur les
souches. Ne se mange pas.
Agaric éphémère, Ag. ephemereus, planche XLII, fig. 224.
Berkl., OutL, p. 181 : Bull., t. 128; FI. Dan., t. 832, f. 2; Weinm., p. 280;
Fr., Epie, p. 331.
Chapeau ovale en massue, puis ouvert étalé, très tendre, radié,
sillonné, légèrement furfuracé; le centre du chapeau est un peu
rougeâtre. Lamelles adnées, linéaires, d'abord blanches, brunes,
et enfin noires. Pédicelle tendre, fistuleux, égal, glabre, blan-
châtre. Printemps, été, dans les jardins, sur le bord des chemins.
Ne se mange pas.
Agaric cendré, Ag. cinereus, planche XLII, fig. 225.
Schseff., t. 100; FI. Dan., t. 1195; Pers., Syn., p. 398; Fr., Epie, p. 324.
Chapeau d'abord ovoïde, puis conique, enfin étalé, large de 6 à
42 centimètres, déchiré et recourbé sur les bords, sillonné, tomen-
teux, cendré, lisse au sommet, d'un blanc livide. Lamelles linéai-
res, ponctuées, un peu flexueuses, adnées. Pédicelle long, blanc,
légèrement tomenteux, écailleux. Été, automne, sur le fumier, la
terre, les vieilles souches. — Comestible.
Agaric pliant, Ag. plicatilis, planche XLII, fig. 326.
Berkl., Ont/., p. 181 ; Kickx., p. 189; A. strialus, Bull., t. 352; Pers., Syn.,
p. 404; Fr., Epie, p. 331; Quel., p. 130.
Chapeau d'abord ovale ou cylindrique, campanule, puis ouvert,
très tendre, plissé et sillonné, large de 3 centimètres, glabre,
brun, puis blanc cendré, à disque large, lisse, puis déprimé et
plus foncé en roux. Lamelles adnées, espacées, cendrées, noires.
Pédicelle grêle, cylindrique, fistuleux, lisse, glabre, pâle. Prin-
temps, été, automne, dans les prés, sur le bord des chemins, en
groupes. Ne se mange pas.
HUITIÈME SOUS-GENRE, CORTINARIA 1 1 9
Agaric sans chair, Ag. spectrum, planche XLII, fig. 227.
Ed. I., p. 253; Jungh. in.Linn., V., t. 6, f. 10; Fr., Epie, p. 331 ; Quel.,
p. 131.
Chapeau campanule, sillonné, glabre, cendré ctpellucide, large
de S à 8 millimètres. Lamelles adnées, espacées, intercalées de
plus courtes, blanchâtres, puis noires. Pédicelle très délicat, déli-
quescent et fugace, filiforme, blanchâtre. Une partie de l'année
sur les détritus. Ne se mange pas.
Agaric radié, Ag. radiatus, planche XLII, fig. 228.
Kickx., p. 187; Agaricus, Boit., t. 39, f. G.; Bull., t. 542, f. 4; Fr., Epie,
p. 330; Quel., p. 128.
Chapeau très ténu, en massue, puis ouvert, aplani, radié, strié,
large de 4 à 10 millimètres, grisâtre, couvert d'écaillés soyeuses
très caduques. Lamelles libres, espacées, pâles, puis noires. Pédi-
celle filiforme, hyalin, tapissé de fines soies à la base. Prin-
temps, été, automne, sur le crottin de cheval, la bouse, etc.
Ne se mange pas.
Agaric faux éphémère, Ag. ephemeroides, planche XLII, fig. 229.
Bull., Agaricus, t. 582; Lapp., p. 226; Fr., Epie, p. 328; Quel., p. 127.
Chapeau cylindrique, puis ouvert, grisâtre, puis livide, couvert
d'écaillés floconneuses, plissées, sillonnées et retroussées, très
délicat. Lamelles écartées, très tendres, hyalines, puis noires.
Pédicelle glabre, renflé en bulbilles à la base, contient un fil libre
dans son tube, muni d'un anneau très mince et mobile. Endroits
humides, été, automne. Ne se mange pas.
8" SOUS-GENRE, CORTINARIA
Les Cortinaires ont comme caractères: Un chapeau le plus sou-
vent charnu, convexe-plan ; les lamelles, émarginées ou sinuées
à leur extrémité interne, se décolorent en se desséchant, devien-
nent à la fin couleur cannelle et pulvérulentes, mais ne noircissent
pas, sont recouvertes dans leur jeune âge d'un voile aranéeux; le
pédicelle est souvent bulbeux, entouré d'une cortine ou anneau
filamenteux, souvent descendant.
Aucune espèce de Cortinaire n'est vénéneuse.
120 DESCRIPTION DES ESPECES
Agaric sablé, Cort. arenatus, planche XVII, fîg. 73.
Berkl., Outl.,^. 188; A. psammocephalus, Bull., t. 586; Agaricus, Pers.,
Syn., p. 293; Hussey, I, t. 72; Fr., Epie., p. 365.
Chapeau épais, mamelonné, blanc grisâtre, couvert de poils
écailleux gris, large de 8 à 12 centimètres. Lamelles émarginées,
pressées, d'une couleur violet cannelle. Pédicelle à écailles trans-
versales, noirâtre, lisse au sommet, à anneau violet. D'août à
octobre, dans les bois, au pied des arbres. — Comestible.
Agaric couleur d'airain, Cort. tabularis, planche XVII, fig. 74.
Berkl., Ouf/., p. 189; Kickx., p. 192; Bull., t. 431, f. 5; A. ochroleucus,
Pers., Syn., p. 295; Fr., Epie, p. 360.
Chapeau charnu, convexe-plan, finement soyeux, lisse, pâle, un
peu argileux. Lamelles émarginées, planes, assez larges, fragiles,
d'une couleur ambré, puis cannelle. Pédicelle plein, élastique,
allongé, villeux, puis fibrilleux, argileux au-dessous de la cortine.
Eté et automne, dans les bois. — Comestible.
Agaric lustré, Cort. lustratus, planche XX, fig. 93.
Ed., I, p. 258; Fr., Epie, p. 337.
Chapeau charnu, plan-convexe, glabre, un peu visqueux, à
marge fibrilleuse, lavé de blanc. Lamelles arrondies, émarginées,
épaisses, larges, blanches, puis pâlissant. Pédicelle plein, élégam-
ment bulbeux, strié. Cortine blanche, se continuant avec la zone
supérieure, Été, automne. — Comestible.
Agaric à collier aranéeux, Cort. arachnostreptus, planche XXIV,
fig. 128.
Lett., f. 617; Fr., Epie, p. 376.
Chapeau conico-convexe, d'un gris fauve ou couleur de cuir,
pâlissant par le sec et un peu soyeux; chair très ténue, concolore.
Lamelles adnées, un peu espacées, minces, rouillées. Pédicelle
subfistuleux, un peu courbé, lisse, brun pâle ; voile peu apparent.
Eté, automne, dans les prés, endroits gramineux. — Comestible.
Agaric hydrophile, Cort. hydrophilus, planche XXXIV, fig. 179.
Seyn., Montp., p. 80; A. curvatus, Weinm., p. 268; Bull., t. 511; Secr.,
n. 401; Fr., Epie, p. 333.
Chapeau peu charnu, glabre, d'une couleur châtain fauve, pâle,
à bords striés et sinueux, d'une grandeur variant de 2 à 8 centi-
HUITIÈME SOUS-GENRE, CORTINARIA 121
mètres. Lamelles atténuées, presque libres, très nombreuses,
pressées, d'abord purpurines, puis incarnat et brunes. Pédicelle
fistuleux, très tendre, glabre, cylindrique, blanc, lisse, brillant.
De juillet à novembre, en groupes, après les pluies.
Ne se mange pas.
Agaric muqueux, Cort. collinitus, planche XXXV, fig. 186.
Berkl., Outl., p. 186; Pers., Syn., p. 281 ; Sow., t. 9; Fr., Epie., p. 354.
Chapeau charnu, convexe, étalé, d'une couleur orangé fauve,
couvert d'une couche gélatineuse, la marge est lisse. Lamelles
adnées, assez serrées, blanchâtres ou bleuâtres, puis couleur can-
nelle. Pédicelle plein, ferme, cylindrique ; voile floconneux, divisé
en larges écailles concentriques, qui forment souvent près du som-
met un anneau comme glutineux, d'une couleur blanche et
même jaunâtre. Automne, dans les prés et les bois.
Comestible.
Agaric violacé, Cort. violaceus, planche XXXVI, fig. 189.
Linn., n. 1226; Bull., t. 250 et 598, f. 2; Pers., Syn., p. 32; Kickx.,
p. 191 ; Secr., n. 146; Fr., Epie.,]). 360.
Chapeau très charnu, convexe-plan régulier, d'une largeur de
8 à 15 centimètres, d'une couleur violet obscur, velouté, puis cre-
vassé, un peu écailleux, marge enroulée; chair molle, de la même
couleur. Lamelles sub-adnées, fermées, espacées, réunies par des
veines violettes. Pédicelle plein, fort bulbeux à la base, tomenteux,
puis fibrilleux, d'une couleur violet foncé, et violet cendré à l'in-
térieur. Cortine laineuse d'un beau violet. Été et automne, dans
les bois. — Comestible.
Agaric éclatant, Cort. jubarinus, planche XXXVI, fig. 190.
Ed., I, p. 309; A. arçtneoso, Bull., t. 431, f. 1; Fr., Epie, p. 393; Quel.,
p. 149.
Chapeau peu charnu, campanule, souvent ondulé, puis rélléchi,
d'une belle couleur fauve cannelle, luisant, large de 4 à 9 centi-
mètres ; dans le jeune âge le chapeau est orné d'un voile soyeux,
puis fibrilleux. Lamelles adnées, larges, assez espacées, de la cou-
leur du chapeau. Pédicelle plein, puis creux, strié, d'un jaune pâle
en dehors et à l'intérieur, plus pâle au sommet. Cortine soyeuse,"
puis fibrilleuse. Automne, dans les bois de pins, à Vincennes,
Chantillv. etc. — Compatible.
122 DESCRIPTION DES ESPÈCES
Agaric du chien, Cort. caninus, planche XXXVI, fig. 191.
Berkl., OutL, p. 189; Weinm., p. 153; Fr., Epie, p. 368.
Chapeau charnu, convexe-plan, un peu mamelonné, large de
4 à 6 centimètres, sec, d'un brun pâlissant, marge fendillée,
revêtue de fibrilles soyeuses. Lamelles adnées ou légèrement
émarginées, minces, assez serrées, plus ou moins bleuâtres,
purpurines. Pédicelle plein, glabre, un peu bulbeux, atténué vers
le haut, blanchâtre en haut. Cortine fibrilleuse, lâche, lilas pâle.
Eté, automne, dans les bois. — Comestible.
Agaric orellan, Cort. orellanus, planche XXXVI, fig. 192.
Berkl. et Br., jn. 1270; A. calis/eus, Lasch., n. 370; A. purpureus, Bull.,
t. 398; A. conformis, Secr., n. 233; Fr., Epie, p. 371.
Chapeau charnu, compacte, obtus, conique, tigré maculé, orné
d'une zone écailleuse, d'une couleur orangé fauve, marge un
peu enroulée régulièrement; chair ocracé. Lamelles serrées,
émarginées, assez serrées, d'une couleur orangé puis ocracé, ou
fauve rouillé. Pédicelle fibrilleux, laineux, purpurin et jaunâ-
tre en dedans, court. Cortine fibrilleuse rougeâtre, saveur agréa-
ble. Eté et automne, dans les bois en groupes. — Comestible.
Agaric chapeau rougeâtre, Cort. hœmatochelis, planche XXXVII,
fig. 193.
Berkl. etBr., n. 1273; Açjaricus, Bull., 527, f. 1; Paul, t. III; Fr., Epie,
p. 378.
Chapeau charnu, campanule et aplani, large de 9 à 12 centimè-
tres, d'une couleur roux pâle un peu rougeâtre; chair pâle sale.
Lamelles adnées, un peu arrondies, espacées, d'abord cannelle
pâle, puis rouillées. Pédicelle plein, allongé, élégamment bulbeux,
fibrilleux, strié roux pâle; voile disposé en deux zones concentri-
ques, d'une couleur rougeâtre. Été et automne, dans les bois.
— Comestible.
Agaric châtain, Ag. castaneus, planche XXXVII, fig. 196.
Berkl., Ou//., p. 194 ; Agaricus, Bull., t. 268 ; Secr., n. 279 ; Schœff., t. 229;
Fr., Epie, p. 391.
Chapeau mince, coriace, glabre, campanule, puis aplani, châ-
tain, mamelon plus obscur. Lamelles adnées, serrées, minces,
pourpre, ou rouillées. Pédicelle tenace subfistuleux, fibrilleux
vers la cortine, glabre, lisse, d'un rouge pâle. Cortine très ténue,
blanche. Automne, dans les bois, en groupes. — Comestible.
HUITIÈME SOUS-GENRE, CORTINARIA 123
Agaric turbiné, Cort. turbinatus, planche XXXVII, fig. 197.
Berkl., OutL, p, 185; Bull., t. 110; Secr., n. 176; Weinm., n. 162; Fr.,
Epie, p. 346; Quel., 135.
Chapeau charnu, convexe-plan, orbiculaire, lisse, glabre, d'une
couleur jaune sale ou verdâtre ; chair molle, blanche. Lamelles
adnées, minces, serrées, larges, d'un jaune pâle puis un peu
rouillécs. Pédicelle cylindrique d'abord plein, puis creux, jau-
nâtre, bulbe sphérique, déprimé, marginé. Eté et automne, très
fréquent dans tous les bois. — Comestible.
Agaric cannelle, Cort. cinnamomeus, planche XXXVIII, fig. 198.
Linn.,n. 1205; Berkl., OutL, p. 190; Krombh., t. 71, f. 12, 15; Letell.,
t. 018; Weinm., p. 168; Fr., Epie, p. 370.
Chapeau convexe, mamelonné, cannelle, soyeux, couleur varia-
ble. Lamelles adnées, serrées, larges, minces, brillantes, et aussi
de couleur très variable, quelquefois sanguine, rouge cannelle,
safrané, ^fauve jaune, ou jaune d'or. Pédicelle plein, puis creux,
égal, d'une couleur jaunâtre, ainsi que la cortine ; chair jaunâtre.
Automne, commun dans les bois. — Comestible.
Agaric anomal, Cort. anomalus, planche XXXVIII, fig. 199.
Berkl., Oui/., p. 190; Bull., t. 431 f. 2; A. eumorp/ius, Pers.; Weinm.,
p. 153; Fr., Epie, p. 369; Quel., p. 142.
Chapeau mince, charnu, convexe puis bossu, étalé, d'abord
fuligineux, rougeâtre, puis gris blanc, et en vieillissant il devient
jaunâtre ; chair blanche par le temps sec. Lamelles adnées, quel-
quefois émarginées, décurrentes par une dent, serrées, minces,
plus ou moins violacées, puis cannelle. Pédicelle plein dans le
jeune âge, puis creux, grêle allongé, un peu atténué et violacé
vers le haut, blanchâtre en bas, et tomenteux, souvent légèrement
écailleux. Été, automne, dans les bois. — Comestible.
Agaric incisé, Cort. incisus, planche XXXVIII, fig. 200.
Berkl. et Br., n. 1272; Kickx., p. 193; Bull., t. 586, f. 2; Pers., Syn.,
p. 310; Fr., Epie.,?. 384.
Chapeau peu charnu, conique, campanule, avec un mamelon,
puis ouvert, le mamelon se déprime; marge profondément incisée,
d'une couleur jaune roux, puis fauve par le sec, luisant. Lamelles
adnées, minces, serrées, lancéolées, pâle, puis cannelle. Pédicelle
124 DESCRIPTION DES ESPÈCES
fistuleux, grêle, égal, flexueux, flbrilleux, tacheté de roux, plus
pâle au sommet. Cortine adhérente, ocracé, flbrilleuse. Eté,
automne, dans les bois. — Comestible.
Agaric pied grêle, Cort. iliopodius, planche XXXVIII, fig. 201.
Berkl., Outl., p. 193; Bull., t. 586, f. 2; Fr., Epie, p. 385.
Chapeau un peu charnu, en cloche, puis conique allongé, à
mamelon aigu, pointu, enfin convexe, et môme plan. Lamelles
soudées, adnées, un peu espacées, ventrues, pâle jaunâtre, puis
un peu cannelle. Pédicelle cylindrique, flbrilleux, pâle roux, un
peu atténué en haut. Cortine flbrilleuse persistante dans le jeune
âge, puis devenant fugace. Dans les bois, en groupes très varia-
bles. Eté, automne. — Comestible.
Agaric de Bulliard, Cort. Bulliardi, planche XXXVIII, fig. 203.
Berkl., Outl., p. 187; Quel., p. 141, t. 0, 1*. 3; Bull., t. 431, f. 3; Seyn.,
Montp.,y. 91; Pers., Syti., p. 289; Letell., t. 089; Fr., Epie, p. 363.
Chapeau charnu, convexe, large de b' à 8 centimètres, d'abord
jaunâtre, puis teint de rouge safrané, ainsi que la base du pédi-
celle; marge soyeuse munie crime cortine rouge très fugace; chair
jaunâtre. Lamelles adnées, ocre pâle puis cannelle. Pédicelle
plein, blanc au sommet puis jaunâtre, avec des fibrilles rouge
safrané, un peu bulbeux à la base. Automne, dans les bois. Ce
champignon n'est pas vénéneux, mais très-amer.
Agaric de.Léveillé, Cort. Leveillei, planche XXXVIII, fig. 202.
Nous avons trouvé ce Champignon, Léveillé et moi, dans pres-
que tous les bois; on le distingue par un chapeau charnu, mame-
lonné, aminci aux bords; chair pâle ferme, légèrement azurée.
Lamelles adnées, un peu arrondies, espacées, d'une couleur jaune
fauve geai. Pédicelle plein, non bulbeux, en forme de cintre,
azuré dans toute sa longueur, muni d'une cortine annulaire de la
couleur du pédicelle. Spores jaunes. Automne. — Comestible.
Agaric pied vêtu, Cort. licinipes, planche XXXVIII, fig. 204.
Bull., t. 000, f. X, W, t.; Fr., Epie, p. 370; Quel., p. 146.
Chapeau charnu, membraneux, campanule, aplani, déprimé
autour du mamelon, large de G à 9 centimètres, lisse, glabre,
couleur ocracé, à marge profondément incisée ; chair hygrophane.
HUITIÈME SOUS-GENRE, CORTINARIA 12b
Lamelles adnées, très larges en arrière, d'une couleur cannelle,
aqueuses. Pédicelle allongé, fragile, flexueux, blanc pâle, souvent
couvert d'écaillés plumeuses, blanches, blanc villeux à la base,
munie dans le jeune âge d'un anneau très fugace membraneux.
Automne, en groupes dans les bois. — Comestible.
Agaric irrégulier, Cort. irregularis, planche XXXVIII, fig. 205.
A lucidi, Pers., Syn., p. 299; Fr., Epie, n. 394.
Chapeau charnu, largement mamelonné, un peu aminci aux
bords, large de 6 à 8 centimètres, d"un brun sombre, marqué
d'une zone concentrique, déprimé autour du mamelon ; chair
brune. Lamelles atténuées, légèrement arquées, un peu décurren-
tes par une dent. Pédicelle plein, brunâtre, égal, un peu strié,
courbé à la base. Cortine fugace. Automne, dans les bois. Saveur
amère. N'est pas vénéneux. •
Champignon à chapeau plus ou moins charnu, convexe-campa-
nule, puis étalé, mamelonné; voile plus ou moins manifeste, corti-
niforme, formé des fibrilles qui couvrent le chapeau. Pédicelle
ferme, écailleux ou fibrilleux. Lamelles blanches, se décolorant.
Spores rouillées, brunâtres, odorantes.
Agaric à odeur de poire, Ag. piriodorus, planche XII, %. 40.
Pers., Sijn., p. 300; Berkl., Ençj. FI., V, p. 9G; Bull., t. 532; Weinm.,
p. 185; Secr., n. 300; Fv.,Epic, p. 228.
Chapeau charnu, ovoïde, campanule, obtus, large de 6 à 9 cen-
timètres, à disque assez écailleux, à marge recourbée, un peu
lacérée, rougeâtre ou fuligineuse; chair rougeâtre. Lamelles
adnées, puis émarginées, serrées, minces, souvent crispées, blan-
châtres, puis brunâtres, arête blanche. Pédicelle mou, fragile,
souvent courbé, très fibrilleux, d'un blanc poudreux au sommet,
rougeâtre en dedans. Été, automne, dans les bois; odeur de
violette. — Comestible.
Agaric destructeur, Ag. destrictus, planche XXXV, fig. 182.
A.rimoso, Bull., t. 559; Fr., Epie, p. 232.
Chapeau charnu, campanule, puis aplani, mamelonné, large de
5 à 10 centimètres, fibrilleux, fendillé, puis crevassé et écaillé,
d'abord roux, puis pâle. Lamelles adnées en crochets, serrées,
126 DESCRIPTION DES ESPÈCES
minces, blanchâtres, puis grises, cannelle. Pédicelle plein, assez
grêle, strié, blanc rougeâtre, pruineux au sommet. Cortine ténue
et fugace. Été, automne, dans les sentiers, les herbes. — Comes-
tible.
Agaric crevassé, Ag. rimosus, planche XXXV, fig. 184.
Sowerb., t. 323; Batsch., f. 107; Krombh., t. 44, f. 10, 12; Bull., t. 388 ;
Kickx., p. 168; Fr., Epie., p. 232.
Chapeau peu charnu, conique, puis campanule, obtus, fendu
en long, centre lisse ou crevassé, comme tessellé, large de 6 à
8 centimètres, d'une couleur jaunâtre, roussâtre ou brun. Lamelles
libres, fortement atténuées en arrière, avec une arête, sont d'abord
blanchâlres, brunâtres, et enfin rouillées. Pédicelle plein, ferme,
fibreux, arrondi, à bulbe marginé à la base, jaunâtre ou brunâtre,
farineux en haut. Cortine fugace. Automne, dans les bois. Donne
des coliques.
Agaric lanugineux, Ag. lanuginosus, planche XXXV, fig. 185.
Berkl., OutL, p. 153; A. cervicolor, Secr., n. 305; Bull., t. 370; Fr., Epie,
p. 227; A. norridulus, Lach., n. 378.
Chapeau peu charnu, convexe-plan, mamelonné, obtus, large
de 2 à 4 centimètres, fibrilleux, lacéré en fines écailles, et squar-
reux, soyeux, d'une couleur jaunâtre, ou roux.
Agaric à tête conique, Ag. conocephaleus, planche XXII, fig. 101.
Agaricus, Bull., t. 563, f. 1 ; Ed., I, p. 205; Weinm., Ross., p. 269; Que-
let, p. 235; Fr., Epie., p. 334.
Chapeau membraneux, conique, campanule, ocracé, lisse, légè-
rement visqueux, ridé par le sec ; marge striée. Lamelles libres,
ventrues, pâles, ocracé, puis rouillées. Pédicelle fistuleux, long,
grêle pâle, luisant, pulvérulent et strié en haut, sub-radicant.
Spores ocracé. Printemps et été, dans les jardins et les champs.
Ne se mange pas.
Champignons à chapeau généralement conique, puis mame-
lonné. A lamelles un peu adnées, assez serrées, étroites, grisâtre
concolore. Pédicelle plein, tenace, grêle, couvert de petites
écailles denses, d'un gris brun, roux poudreux au sommet. Été
et automne, dans les bois.
HUITIÈME SOUS-GENRE, CORTINARIA 127
Agaric scintillant, Ag. vibratilis, planche XXXVI, fig. 188.
Ed., I, p. 277; Trog., n. 244; Weinm., p. 166; Fr., Epie, p. 358.
Chapeau charnu, bossu, large de 4 à 6 centimètres, glabre,
ocracé couleur de miel, puis jaunâtre, fibrilleux, soyeux ; chair
jaunâtre. Lamelles décurrentes, arquées, serrées, étroites, jaunâ-
tres, puis enfin cannelle. Pédicelle plein, mou en dedans ou creux,
en massue à la base, souvent courbé, lisse, fibrilleux, nu et jau-
nâtre. Cortine fugace. Été et automne, dans tous les bois humides.
— Comestible.
Agaric jaune d'oeuf, Ag. vitellinus, planche XXXVII, fig. 194.
Ed., I. p. 234; Kickx., p. 190; Ayaricus, Pers., Syn., p. 402; Fr., Epie,
p. 333.
Chapeau convexe-plan, large de 2 à 4 centimètres, légèrement
visqueux, lisse, d'une couleur jaune d'œuf brillant. Lamelles
adnées, décurrentes, espacées, réunies par une veine, d'une cou-
leur jaune, un peu glauque sur l'arête. Pédicelle atténué à la base,
mou, fibreux, pâle, luisant, jaunâtre. Sous les pins, été, automne,
dans tous les bois de pins. — Comestible.
Champignon à chapeau mince, ou charnu. Lamelles pleines de
sucs aqueux, adnées, décurrentes. Pédicelle plein, puis creux,
souvent annulaire ou cortiniforme; voile en général visqueux.
Spores blanches.
Agaric perroquet, Ag. psittacinus, planche XXXIV, fig. 176.
Hussey, I, t. 41; Berkl., Ou//., p. 202; Ayaricus, Schajff., t. 301 ; Bull.,
1. 1346, f. 1 ; Sow., t. 82; Fr., Epie, p. 420.
Chapeau conique, puis étalé, mamelonné, strié, très visqueux,
d'une couleur jaune ou vert. Lamelles adnées, ventrues, épaisses,
jaunes, puis vertes, noircissant quand on les froisse. Pédicelle
fistuleux, floconneux, grêle, lisse, tenace, verdâtre près du cha-
peau, jaunâtre à la base, recouvert d'un enduit glutineux.
Automne, dans les prés, les pâturages. Ne se mange pas.
Agaric conique, Ag. conicus, planche XXXIV, fig. 178.
Berkl., Outl., p. 202; Kickx., p. 198; SchœfT., t. 2; A. croceus, Bull.,
t. 50, 524, f. 3; Fr., Epie, p. 419.
Chapeau mince, conique, pointu, presque lobé, puis étalé,
fendu rayonné, humide, visqueux, d'un jaune vif, ou rouge, noir-
128 DESCRIPTION DES ESPÈCES
cissant. Lamelles libres, ventrues, minces, peu serrées, blanches,
noircissant au toucher. Pédicelle cylindrique, creux, strié, d'un
jaune sull'urin, dans les prés, les gazons, après les pluies. Eté,
automne. Ne se mange pas.
Agaric vermillon, Ag. miniatus, planche XXXIV, fig. 180.
Kickx., p. 98; Berkl., Oui/., p. 201; A tricolore, Weinin., p. 69; Quel.,
t. 10, f. 5; Fr., Epie, p. 418.
Chapeau convexe, puis ombiliqué, lisse, glabre, d'une couleur
rouge, puis pâlissant, légèrement écailleux. Lamelles adnées,
espacées, épaisses, jaunes ou orangées. Pédicelle presque plein,
égal, rond, grêle, luisant, lisse, couleur vermillon. Eté, automne,
dans les herbes. Ne se mange pas.
Agaric blanc olivacé, Ag. olivaceo-albus, planche XXXV, fig. 187.
Berkl., Outl., p. 198; A limacinus, B. Alb. et Schwein, n. 514; Secr.,
n. 62; A limacinus, Schseff., t. 312; Fr., Epie, p. 410.
Chapeau glandiforme, puis ouvert, mamelonné, un peu déprimé
autour du mamelon, lisse, glutineux, d'une couleur brun olive,
un peu plus pâle sur le bord. Lamelles décurrentes, espacées,
larges, simples, réunies par des veines à la base, blanches. Pédi-
celle allongé, égal ou atténué à la base, un peu écailleux, tacheté
et visqueux, aranéeux au sommet. Eté et automne, dans tous les
bois. — Comestible.
Champignons à chapeau déprimé; la marge est fortement
enroulée, à la fin se déroule peu à peu. Lamelles décurrentes,
distinctes, se séparent du chapeau.
Agaric enroulé, Ag. involutus. planche XXXIX, fig. 206.
Berkl., Outl., t. 12, f. 5; Kickx., p. 192; Pers., Myc. Eur., 3, p. 62;
A. lateralis, Schseff., t. 72; A. contiguus, Bull., t. 240, 576, f. 2; Fr., Epie,
p. 403.
Chapeau compacte, convexe, puis déprimé, large de 10 à
12 centimètres, d'une couleur ocracé, légèrement rouillé et luisant,
à marge enroulée, veloutée, un peu tomenteuse ; chair olivâtre,
molle, épaisse. Lamelles larges, d'un pâle jaunâtre se tachant au
toucher, anastomosées près du pédicelle qui est charnu, plein, nu,
épais en haut, d'une couleur jaunâtre. Très commun dans les
bois, les prés, le bord des chemins. Tout l'été et l'automne; saveur
douce. — Comestible.
HUITIÈME SOUS-GENRE, CORTINARIA 129
Agaric glutineux, Ag. glutinifer, planche XXXIX, fîg. 207.
A. aromaticus, Sow., t. 144; A. glutinosus, Bull., t. 258, 539, [f. B.; Fr.,
Epie, p. 407.
Chapeau compacte, campanule, puis étalé, large de 6 à 9 centi-
mètres, légèrement visqueux, brillant par le sec, d'une couleur
brun rougeâtre. Lamelles très décurrentes, espacées, pâles, puis
brun pourpre. Pédicelle plein, allongé, fîbrilleux, un peu écail—
leux, jaunâtre, peu visqueux, couleur cannelle en dedans. Cortine
non glutineuse, formant un anneau caduc. Eté et automne, dans
les bois. Comestible.
Agaric des prés, Ag. pratensis, planche XXXIX, fîg. 208.
Berkl., Oui/., p. 199; Kickx., p. 196; Ayaricus, Pers., Syn., p. 304; A.
ficoules, Bull., t. 587; Krombh., t. 43, f. 7, 10; A. miniatus, Sowerb., t. 141;
Fr., Epie., p. 413; Quel., p. 163.
Chapeau à centre compacte, aminci sur les bords, turbiné, d'une
couleur fauve roux, jaunâtre, lisse, humide, crevassé par le temps
sec; ce chapeau de forme bizarre paraît formé par l'épanouisse-
ment du pédicelle. Lamelles arquées, très décurrentes, très
espacées, fermes, veinées à la base, d'une couleur blanche, puis
rougâtre. Pédicelle plein, lisse, atténué à la base, d'une couleur
jaunâtre. Automne, dans les prés, les gazons ; chair ferme, blan-
che. — Comestible excellent.
Agaric ferme, Ag. firmus, planche XXXV, fîg. 183.
Trog. Helv., n. 266; Weinm., p. 157; Bull., t. 96; Fr., Epie, p. 386.
Chapeau charnu, obtus, glabre, dans le jeune âge, ce Champi-
gnon représente deux boules blanchâtres, appliquées l'une sur
l'autre ; à mesure qu'il se développe, les bords du chapeau se
détachent du pédicelle, les fibrilles aranéeuses forment un tissu
réticulaire qui reste attaché au bord du chapeau, comme une
espèce de collet. D'une couleur ocracé ferrugineux, comme le
chapeau. Lamelles larges, très divisées, adnées, couleur cannelle.
Pédicelle gros, plein, très renflé à sa base, blanchâtre. Cortine
ocracé. Sa saveur est très-amère, son goût, fort désagréable; n'est
pas vénéneux, mais ne peut se manger.
130 • DESCRIPTION DES ESPÈCES
9e SOUS-GENRE, LACTARIUS
Les Lactaires sont des Champignons à trame vésiculeuse ferme,
à chapeau déprimé ou ombiliqué, souvent visqueux, à suc laiteux,
blanc, jaune ou rouge. Lamelles lactescentes, simples, inégales,
adhérentes au pédicelle central. Spores blanches kou jaunâtres,
souvent verruqueuses.
Agaric couleur de plomb, Lact. plumbeus, planche XLIII, fig. 230.
BerkL, Oui/., p. 20b; Kickx., p. 100; Agaricus, Bull., t. 282, 539, f. 2;
Barla., t. 21,1". 1, 5; Fi\, Epic.,y. 429; Quel., p. 172; Weinm., p. 48; Secr.,
n. 438.
Chapeau compacte, d'abord conveve, puis en entonnoir, large
de 10 à 20 centimètres, à surface rude, sec, d'une couleur fuligi-
neuse d'abord, et devenant d'un brun noir. Lamelles serrées,
d'abord blanches, puis jaunâtres. Pédicelle plein, égal, un peu
obèse, d'une couleur grise. Eté et automne dans les bois. —
Vénéneux.
Agaric sans zones, Lact. azonites, planche XLIII, fig. 231.
Lact. fuliginosus, Fr., Epie, p. 434; Bull., t. 367, f. 3.
Chapeau charnu, spongieux, convexe, puis concave, flexueux,
sur les bords, gris d'ambre, sans zones, taché irrégulièrement de
noir, finement velouté, puis nu. Lamelles sinuées, puis décur-
rentes, blanches dans le jeune âge, puis ocracé jaune, un peu
rameuses. Pédicelle plein, court, blanchâtre ou cendré, aminci à
la base. Ce Champignon a une saveur douce, mais acre, une chair
blanche, lait blanc. Eté et automne, bords des bois, dans les
herbes. — Comestible.
Agaric mouton, Lact. torminosus, planche XLIII, fig. 232.
Ag., Schœff., t. 12; Bull., t. 529, f. 2; Krombh., t. 13, fig. 15, 23; Barla.,
t. 18, f. 7, 10; Fr., Epie, p. 422; Sowerb., t. 103; Quel., p. 168; Cordier,
p. 114.
Chapeau charnu, mou, glabre, déprimé, zone, briqueté plus ou
moins pâle ou rosé, quelquefois blanc, à bords roulés, barbus,
laineux, tiqueLé de petits points plus foncés ; chair molle, pâle,
lait blanc. Pédicelle épais, puis creux, lisse, plus pâle. Eté et
automne, dans les bois, les bruyères. Donne des coliques.
NEUVIÈME SOUS-GENRE, LACTARIUS 131
Agaric à lait jaune, Lact. thejogalus, planche XLIII, fig. 233.
Berkl., Outl., p. 206 ; Kickx., p. 202 ; Ayaricus, Bull., t. 567, f. 2; Krombh.,
t. 1, f. 23, 24; Paul, t. 71 ; Fr., Epie., p. 432.
Chapeau charnu, convexe, puis mamelonné en vieillissant, et
enfin déprimé et même ombiliqué, large de 4 à 7 centimètres,
légèrement zone, d'une couleur roux fauve, les zones sont plus
pâles ; chair blanche, lait sulfurin acre. Lamelles adnées, décur-
rentes, minces, serrées, jaunâtres. Pédicelle plein, puis creux,
cylindrique, de la couleur du chapeau. Été, automne, dans les
bois. — Comestible (Léveillé).
Agaric camphré, Lact. camphoratus, planche XLIII, fig. 234.
Berkl., Outl., p. 208; Oudem., p. 30; Quel., t. 11, f. 5; Ayaricus, Bull.,
t. 567, f. 1; Barla., t. 20, f. 11, 13; Krombh., t. 39, f. 21, 24; Fr., Epie,
p. 437.
Chapeau charnu, convexe ou en coupe, glabre, humide, très
peu zone, d'une couleur châtain, très roux; chair rougeâtre ;
quand on le brûle, il répand une odeur douce de mélilot ; lait
blanc. Lamelles adnées, décurrentes, serrées, d'une couleur rou-
geâtre. Pédicelle spongieux, ondulé, allongé, de la couleur du
chapeau. Automne, dans les bois et les endroits humides, bords
des mares. — Comestible.
Agaric poivré, Lact. piperatus, planche XLIV, fig. 235.
Linn., Kickx., p. 200; Berkl., Oui/., p. 205; Barla., t. 22, f. 1, 5; Paul,
t. 68, fig. 3, 4; A. acris, Bull., t. 200; Fr., Epie, p. 430; Quel., p. 173.
Chapeau compacte, dur, en entonnoir, variant de 8 à 25 centi-
mètres, assez régulier, lisse, blanc ; chair blanche, lait blanc.
Lamelles serrées, étroites, décurrentes, blanches. Pédicelle court,
épais, blanc lisse. Ce Champignon possède une saveur acre très
prononcée et caractéristique, mais qui disparaît par la cuisson.
Eté, automne, dans tous les bois. — Comestible.
Agaric doré, Lact. volemus, planche XLIV, fig. 236.
Pers., Syst. myc, I, p. 69; Berkl., Outl., p. 207; Kickx., p. 202; Letell.,
t. 624; Hussey, I, t. 87; Barla., t. 20, f. 1, 3; Fr., Epie, p. 435; Cordier,
p. 116, pi., 26, f. 2.
Chapeau charnu, rigide, compacte, ferme, convexe-plan, pres-
que jamais déprimé, large de 8 à 10 centimètres, d'une couleur
jaune chamois, ou fauve clair, sec, jamais zone. Lamelles sub-
132 DESCRIPTION DES ESPÈCES
décurrentes, inégales ; les plus courtes sont coupées assez brus-
quement, d'un blanc pâle, prenant quelquefois la coloration du
chapeau. Pédicelle solide, dur, obèse, droit ou courbe, plein, d'un
roux un peu velouté. Ce Champignon atteint souvent 20 centimè-
tres ; vient dans les bois. Été, automne, saveur acre qui disparaît
par la cuisson. — Comestible.
Agaric caustique, Lact. pyrogallus, planche XLV, fig. 240.
Berkl., Outl., p. 205; Agaricas, Bull., t. 529, f. 1 ; Secr., n. 447; Krombh.,
t. 14, f. 1,9; Fr., Epie, p. ; Quel., p. 171.
Chapeau charnu, ferme, glabre, convexe-plan, puis déprimé,
d'une couleur plombé, livide ou jaunâtre, avec des zones nom-
breuses, concentriques, plus foncées; chair granuleuse et lait
blanc. Lamelles adnées, décurrentes, minces, un peu espacées,
d'une couleur jaune de cire, puis jaune rouge. Pédicelle creux,
souvent atténué en bas, glabre, grisâtre. Eté, automne, dans les
bois. — Vénéneux.
10e SOUS-GENRE, RUSSULA
Ces Champignons ont comme caractères, un chapeau charnu,
globuleux, d'abord convexe, puis étalé et même déprimé, le tissu
est comme globuleux. Les lamelles rigides, fragiles, égales ou
fourchues, ne contenant pas de suc laiteux. Le pédicelle est fort,
uni ou lisse, se confondant avec le chapeau, sans volva. Spores
blanches ou jaunâtres, verruqueuses.
Agaric alutacé, Russ. alutaceus, planche XLV, fig. 241.
Berkl., Outl., t. 13, fig. 8; Kickx., p. 207; Pers., Syn., p. 445; Quel.,
p. 189; Secr., p. 484; Krombh., t. 64, f. 1, 3; Barla., 1. 14, f. 1,3; Fr., Epie,
p. 453.
Chapeau convexe, puis aplani, large de 6 à 8 centimètres, d'une
couleur sanguin clair, pourpre, verdâtre ou fauve ; la pellicule est
souvent visqueuse ; chair blanche. Lamelles libres, très-larges,
égales, assez espacées, d'un jaune pâle. Pédicelle solide, épais,
cylindrique, blanc ou d'un rouge pâle. Printemps, été, automne,
dans les bois; saveur douce, agréable. — Comestible.
DIXIEME SOUS-GENRE, RUSSULA 133
Agaric émétique, Russ. emeticus, planche XLV, fig. 242.
Berkl., Oui/., p. 212; Kickx., p. 205; Quel., p. 186; Agaricus, Harz.,
t. 63; Bail., t. 14, f. 4; Fr., Epie., p. 448.
Chapeau aplani ou déprimé, poli, rose, puis sanguin, large de
7 à 10 centimètres; la marge est souvent sillonnée; chair blanche,
mais rouge sous la pellicule. Lamelles presque libres, larges,
espacées blanches. Pédicelle fort, puis fragile, lisse, blanc ou
rouge. L'été clans les forêts, endroits humides, mares; saveur
très acre. — Vénéneux.
Agaric hétérophylle, Russ. heterophilla, planche XLV, fig. 243.
Berkl., OulL, t. 13, f. 5; Hussey, I, t. 84; Paul, t. 75, f. 1, 5; A. lividus,
Pers.; Fr., Epie, p. 446.
Chapeau ferme, convexe-plan, puis déprimé, d'une couleur
gris olive ou liliacin, quelquefois blanchâtre ou fauvepâle, souvent
un peu visqueux, la marge est peu striée. Lamelles minces, assez
serrées, mêlées à de plus courtes, blanches ou ocracé pâle.
Pédicelle ferme, cylindrique, blanchâtre. Spores un peu jaunâ-
tres. Sa saveur est douce. On le rencontre sur les bords des bois,
dans les gazons, l'été et l'automne. — Comestible.
Agaric blanc de lait, Russ. galochrea, planche XL VI, fig. 244.
Bull., t. 509, f. L. M.; Batt., t. XII, f. E.; Fr., Epie, p. 447.
Chapeau charnu, campanule, puis convexe, large de 5 à 8 cen-
timètres, sec, blanc, lisse, pruineux, souvent finement crevassé ;
chair compacte blanche. Lamelles assez larges, épaisses, espacées,
fourchues, blanches. Pédicelle égal, lisse, assez compacte, tou-
jours blanc. Été, automne, dans les bois. — Comestible.
Agaric doré, Russ. aurata, planche XLVI, fig. 245.
A. auranticolor, Krombh., t. 66, f. 8, 1 1 ; Berkl., OulL, p. 213; Krapf.,
t. 5; Schseff., t. 15, f. 1, 3; Fr., Epie, p. 452.
Chapeau ferme, convexe-plan, large de 5 à 8 centimètres,
d'une couleur citrine, plus ou moins orangé, ou rouge brun, un
peu plus obscur au centre; marge lisse; chair blanche, un peu
citrine sous la pellicule du chapeau qui est quelquefois légèrement
visqueuse. Lamelles libres, larges, égales, un peu arrondies,
brillantes et blanches, puis jaunâtres. Pédicelle cylindrique, un
peu strié, souvent spongieux, blanc ou légèrement jaune citrin.
Lie, automne, dans les bois. — Comestible.
134 DESCRIPTION DES ESPÈCES
Agaric jaune roux, Russ. ravida, planche XLVI, fig. 246.
Bull., t. 509, fig. Q; Secret., n. 600; Quel., p. 190; Fr., Epie, p. 554.
Chapeau ouvert et hémisphérique, large de S à 8 centimètres,
d'une couleur brun fauve, souvent tacheté, assez fragile, marge
un peu pâle, lisse ; chair grisâtre. Lamelles minces, pâles, d'une
couleur jaunâtre. Pédicelle égal, blanchâtre ou taché de roux, un
peu spongieux. Vient l'été à l'ombre, dans les bois. — Comestible.
Agaric fragile, Russ. fragilis, planche XLVI, fig. 247.
Berkl., Oui!., p. 213; Kickx., p. 206; Agaricus, Pers., Syn., p. 440 ;
Krombh., t. 64, f. 12, 18; Bull., t. 509, f. T, u.; Corda apud Sturm., |XI,
t. 53; Fr., Epie, p. 450.
Chapeau convexe, un peu mamelonné, puis plan et même
déprimé, large de 2 à 4 centimètres, très-mince, d'une couleur
incarnat, taché de rouge, à marge ténue. Lamelles assez serrées,
très minces, ventrues, égales, blanches. Pédicelle fragile, blanc,
spongieux, creux, quelquefois strié. Été et automne, dans les
bois ombragés, autour des mares; sa chair est molle, sa saveur
acre. Il donne de violentes coliques.
Agaric verdoyant, Russ. virescens, planche XLVI, fig. 248.
Hussey, II, t. 11 ; Berkl., Outl., t. 13, f. 6; Agaricus, Schseff., t. 94; Barla,
t. 16, f. 10, p. 10, 12; Krombh., t. 67, f. 1, 10 ; Fr., Epie, p. 443.
Chapeau sphérique, charnu, étalé, sec, blanc, mais tacheté ou
moucheté de vert-de-gris, grenu, la marge est droite, obtuse,
lisse: chair blanche, ferme. Lamelles libres, serrées, inégales,
légèrement fourchues, blanchâtres. Pédicelle ferme, plein, blanc,
devient spongieux avec le temps. Été et automne, très commun,
très reconnaissable par ses taches verdâtres sur le chapeau , son
odeur douce et sa saveur agréable. — Comestible.
Agaric sanguin, Russ. sanguinea, planche XL VII, fig. 249.
Berkl., Outl., p. 210; Kickx., p. 203 ; Agaricus, Bull., t. 42; Secr., n. 505;
Fr., Epie, p. 442.
Chapeau ferme, convexe, puis déprimé en entonnoir avec une
bosse au centre, luisant, d'une couleur sanguine un peu plus pâle
sur les bords, large de S à 8 centimètres; chair blanche. Lamelles
décurrentes, serrées et étroites, fragiles, blanches. Pédicelle plein,
cylindrique, mais comme étranglé au sommet, d'une couleur
DIXIÈME SOUS-GENRE, RUSSULA 13b
blanche, le plus souvent rougeâtre; ce Champignon vient solitaire,
l'été et l'automne, dans les forêts humides, 'au bord des ruis-
seaux ; sa saveur est acre. — Vénéneux.
Agaric fétide, Russ. fsetens, planche XLVII, fig. 250.
Sverig., AU. svamp., t. 40; Berkl., Outl., p. 213; Agaricus, Pers., Syn.,
p. 443; Krombh., t. 70, f. 1,0; A.piperatus, Bull., t. 292; Fr., Epie., p. 447;
A. incrassatus, Sowerb., t. 415.
Chapeau globuleux, rarement étalé, peu charnu, visqueux,
d'une couleur ocracé sale, d'une largeur de 8 à 15 centimètres, à
marge sillonnée et à côtes tuberculeuses ; chair très pâle.
Lamelles libres, serrées, blanchâtres. Pédicelle creux, gros, d'un
blanc plus que jaunâtre. Eté, automne, en cercles dans les bois ,
les prés; ce Champignon exhale une mauvaise odeur; sa saveur est
acre. Il est vénéneux.
Agaric fourchu, Russ. furcata, planche XLVII, fig. 251.
Berkl., Oui/., p. 210; Kickx., p. 204; Agaricus, Pers., S. M. I., p. 59;
Krombh., t. 62, f. 1, 2, t. 69, f. 18, 22; Bull., t. 26; Schaîff., t. 94, t. 1 ;
Paul, t. 74, f. 1 ; Fr., Epie., p. 441.
Chapeau compacte, convexe, puis déprimé, ou infundibuliforme,
lisse, plus ou moins vert, ou bien fauve; la marge est mince, lisse;
chair blanche ; saveur amère. Lamelles adnées, décurrentes,
épaisses, souvent fourchues, blanches. Pédicelle ferme, compacte,
lisse, blanc, un peu pointu à la base. Eté, automne, dans les bois.
— Vénéneux.
Agaric cyanoxanthe, Russ. cyanoxanta, planche XLVII, fig. 252.
Berkl. et Br., n. 1131; Cooke, p. 222; Agaricus, Schseff., t. 93; Pers.,
Syn., p. 445; Krombh., t. 67, f. 16, 19; Paul, t. 76, f. 1, 3; Fr., Epie,
p. 446; Secr., n. 520, 523.
Chapeau charnu, convexe-plan, puis déprimé, lisse, variant
extrêmement de couleur, le plus souvent il est grisâtre olive, légè-
rement verdàtre, ou bien blanchâtre livide, ou fauve pâle, la
marge est un peu striée, un peu visqueuse par les temps humides ;
chair blanche, sa saveur est douce. Lamelles étroites, très serrées,
mêlées à de plus courtes, blanches dans le jeune âge, puis un
peu jaunâtre pâle. Pédicelle ferme, cylindrique, blanchâtre. Dans
les bois, bords des chemins, dès le printemps et tout l'été. —
Comestible.
136 DESCRIPTION DES ESPÈCES
Agaric noircissant, Russ. nigricans, planche XL VII, fig. 253.
Hussey, I, t. 73; Berkl., Ou//., p. 209; Kickx, p. 203;' Agaricus, Bull.,
t. 579, f. 2, t. 212; Krombh., t. 70, f. 14, 15; A. adustus, Pers.; Fr., Epie.
p. 439.
Chapeau convexe, puis ombiliqué et déprimé, d'une couleur
d'abord blanc grisâtre et enfin noir, lisse quelquefois, finement
écaillé; chair ferme blanche, rougissant quand on brise, le cha-
peau, puis prenant sa couleur. Lamelles libres, épaisses, espa-
cées, inégales, d'une couleur gris et noir comme le chapeau.
Pédicelle entièrement noir en dedans et en dehors, plein, persis-
tant. Eté, automne, abondant dans tous les bois. N'est pas véné-
neux étant jeune, mais ne se mange pas.
11° SOUS-GENRE, PLEUROPUS
Champignon à chapeau charnu, déprimé, oblique, entier ou
dimidié. Lamelles décurrentes. Pédicelle excentrique, nul ou
latéral. La plupart croissent sur les bois et les arbres malades.
Agaric ulmaire, Ag. ulmarius, planche XXVI, fig. 140.
Bull., t. 510; Sowerb,, t. 07; Pers., Myc. Europ., 3, p. G3, B, 64, 66; A.
ursipes, Lasch., n. 510; Fr., Epie., p. 167.
Chapeau compacte, plus ou moins excentrique, convexe, puis
plan, lisse, glabre, large de 8 à 12 centimètres, d'une couleur
jaunâtre, grisâtre, ou fauve clair, presque toujours marbré de
taches claires, rondes; chair blanche. Lamelles émarginées,
larges, libres, horizontales, serrées, blanches. Pédicelle subex-
centrique, courbé, élastique, épais à la base. Automne, sur les
souches; sa saveur est acidulée. — Comestible.
Agaric marqueté, Ag. tessulatus, planche XXVI, fig. 141.
Bull., t. 513, f. I; Pers., Myc. Europ., 3, n. 65, t. 23, f. 2; Fr., Epie
p. 168. '
Chapeau convexe, tenace, oblique, large de 10 à 15 centimè-
tres, d'une couleur ferrugineux pâle, marbré de lignes hexago-
nales. Lamelles assez épaisses, serrées, comme adhérentes, à
peine décurrentes, blanches. Pédicelle arrondi, ferme, presque
excentrique, oblique, inégal. Automne, sur les poutres, les pom-
miers. — Comestible.
DEUXIÈME GENRE, CANTHARELLUS 137
Agaric oreille de chardon. Ag. eryngii, planche XXIX, fig. 153.
DC, FI. Fr., VI, p. 47; Paul, t. 39; Letell., t. 693 ; Fr., Epie, p. 171 ;
Quel,, p. 79.
Chapeau charnu, tenace, d'abord convexe, puis étalé, déprimé,
un peu tomenteux, d'une couleur gris, puis jaunâtre. Lamelles
décurrentes, larges, blanches ou de la couleur du chapeau. Pédi-
celle excentrique, plein, nu, blanchâtre, un peu pointu à la base.
Eté, automne, sur les racines mortes du chardon- roulant. — Co-
mestible délicat.
Agaric ostracé, Ag. ostreatus, planche XXIX, fig. 155.
Jacq., Aust., t. 288 ; Sowerb., t. 24 1 ; Krombh., t. 41 ; Hussey, II, t. 19 ;
A. dimidiatus, Bull., t. 508; Fr., Epie, p. 173.
Chapeau mou, d'abord convexe et horizontal, puis étalé, large
de 8 à 12 centimètres, lisse, humide, d'une couleur brun cendré,
ou jaune, la pellicule est quelquefois écailleuse. Lamelles décur-
rentes, un peu anastomosées en arrière, larges, blanchâtres ou
légèrement jaunâtres. Pédicelle souvent nul; quand il existe, il
est ferme, oblique, hérissé à la base, épais près du chapeau.
Automne, sur les souches pourries. — Comestible.
2° GENRE, CHANTERELLE, CANTHARELLUS
Champignons à chapeau charnu, membraneux, garni en des-
sous de plis, et non de lamelles, radiants, rameux, presque paral-
lèles, rarement anastomosés, obtus, dont l'hyménium porte de
tous côtés des basides homogènes et solides. Chapeau d'une forme
déterminée, horizontale étant adulte, à bord libre lorsqu'il man-
que. Spores blanches, généralement au nombre de sept. Champi-
gnons terrestres, muscicoles ou lignicoles.
Chanterelle comestible, Cant. cibarius, planche XL VIII, fig. 254.
Harzer, t. 18 ; Krombh., t. 45, f. 1, 11 ; Ag. cantharellus, Linn., Suec,
n. 1207; Sowerb., t. 40; Fr., Epie, p. 455; Barla, t. 28; Merulius, cant.,
Scop., Pers.
Chapeau charnu, en toupie, plan, festonné, lobé, d'une couleur
jaune d'oeuf pâle. Lamelles épaisses, rameuses, étroites, jaunes,
Pédicelle conique, courbe, atténué à la base, de la couleur du
chapeau . Vient dans tous les bois, toute l'année ; chair fibreuse à
odeur fine et agréable. — Comestible.
138 DESCRIPTION DES ESPÈCES
Chanterelle dentée, Cant. dentatus, planche XL VIII, fig. 255.
Chapeau plan, en coupe, d'une couleur fauve, liliacin pâle,
lisse ; la marge est ondulée et dentée. Lamelles en forme de
nervures de la couleur du chapeau, plus pâle à la base. Pédicelle
creux, atténué à la base, très élégant, plus clair que le chapeau.
Eté, automme, dans les bois. Ne se mange pas.
Chanterelle orangé, Cant. aurantiacus, planche XL VIII, fig. 256.
Wulf. in Jacq., Coll. II, t. 14, f. 3; Berkl., Oull., t. 14, f. 1; A. cantharel-
loides, Bull., t. 505; Merulius aurantiacus, Pers., Syn., p. 488, A. M. Eur.,
p. 12; Fi\, Epie, p. 456.
Chapeau charnu, souvent excentrique et ondulé, large de 4 à
8 centimètres, un peu tomenteux, ocracé, orangé ; marge enroulée.
Lamelles décurrentes et droites, serrées, orangé, larges, épaisses.
Pédicelle plein, puis creux, inégal, un peu recourbé, grêle et
cylindrique, de la couleur du chapeau. Été, automne, dans les
bois; délicat. — Comestible.
Chanterelle des grandes mousses, Cant. mucigenus, planche XLVIII,
fig. 257.
Weinrn., p. 291 ; Berkl., Oufl., p. 217; Kickx., p. 209 ; Bull., t. 288,
498, f. 2; M. serotinus, Pers.. M. E., 2, p. 22; Fr., Epie, p. 460; Quelet,
p. 194.
Chapeau membraneux, tenace, en spatule, large de 3 à 5 centi-
mètres, d'une couleur cendré, un peu zone par le sec. Lamelles
espacées, divergentes, rameuses, de la couleur du chapeau. Pédi-
celle très court, rond, horizontal. Fin de l'automne, endroits
ombragés, sur les mousses. — Comestible.
Chanterelle en tube, Cant. tubseformis, planche XLVIII, fig. 259.
Berkl., Outl., p. 215; M. villosus, Pers., IC; A. descr., t. 6, fig. 1 ; Batt.,
t. 23; f. 1 ; Fr., Epie, p. 457.
Chapeau membraneux, en entonnoir, avec la marge rabattue,
souvent lobé, d'une couleur gris fauve ou jaunâtre. Lamelles en
forme de nervures jaune obscur. Pédicelle grêle, fistuleux, un peu
comprimé, glabre, orangé fauve ; son odeur est nauséeuse. Été,
automne, dans les bois. Ne se mange pas.
TROISIÈME GENRE, MARASMIUS 130
3° GENRE, MARASMIUS
Champignons à chapeau coriace, élastique, se continuant avec le
pédicelle. Lamelles espacées, réunies par la base, arête aiguë, à
bord tranchant. Spores blanches. Champignons non-putrescents,
et pouvant reprendre leur forme lorsqu'ils sont humectés.
Agaric faux mousseron, Mar. oreades, planche XII, fîg. 44.
Vittad., t. 6, 10, f. 1 ; Krombh., t. 43. f. 11, 10; A. canjophillus, Schœff.,
t. 77 ; A. pseudomousseron, Bull., t. 144, b28, f. 2 ; A. protensis, Sow., t. 247 ;
Fr., Epie., p. 467.
Chapeau charnu, convexe puis plan, lisse, glabre, large de 3 à
6 centimètres, d'une couleur roux blanchâtre ; chair à saveur
douce. Lamelles libres, larges, espacées, d'abord molles, blan-
châtres puis un peu fauves. Pédicelle plein, tenace, fauve très pâle,
sa base est un peu radicante. Dès le printemps, en cercles dans
les prés, les champs; odeur très agréable. — Comestible.
La fig. 45, planche XII, le représente desséché et pouvant
reprendre sa forme lorsqu'il est humecté.
Agaric brûlant, Mar. urens, planche XIII, fig. 54.
Berkl., Outl., t. 14, f. 3; Kickx., p. 209; Agaricus, Bull., t. 328, f. 1 ; FI.
dan., t. 2018, f. 1 ; Fr., Epie., p. 465.
Chapeau coriace, mince, gris jaunâtre, finement écailleux, à
marge mince, large de 4à8centimètres; chair jaunâtre. Lamelles
libres, sinuées, réunies en anneaux, décollées autour du pédicelle
qui est fibreux, allongé, jaunâtre, couvert d'un duvet blanc,
recourbé et cotonneux à la base. Été, automne, parmi les feuilles,
dans les bois; sa saveur est acre, brûlante; il est vénéneux.
Agaric pied rouge, Mar. erythropus, planche XVI, fig. 71.
Berkl., Outl., p. 220; Kickx., p. 210; Pers., Syn., p. 367; Quel., p. 198 ;
Fr., Epie, p. 470.
Chapeau mince, d'abord convexe, puis plan, d'une couleur roux
ou incarnat pâle, blanchissant par le temps sec. Lamelles sinuées,
libres, larges, lâches, réunies par des veines, blanchâtres. Pédicelle
tenace, fistuleux, brunâtre, brillant, blanc et un peu satiné à la
base. Été, automne en groupes, parmi les feuilles, dans les bois.
Ne se mange pas.
140 DESCRIPTION DES ESPECES
Agaric des feuilles mortes, Mar. epiphyllus, planche XXII, fig. 106.
Berkl., Outl., p. 224 ; Kickx., p. 212; Fr., Epie, p. 479.
Chapeau convexe-plan, très ténu, d'un blanc de lait, puis jaune,
et un peu ombiliqué. Lamelles adnées, espacées, rameuses, souvent
en forme de nervures, blanches. Pédicelle fistuleux, très grêle,
blanchâtre, brun en bas. Été, automne. Ne se mange pas.
Agaric des rameaux, Mar. ramealis, planche XXIII, fig. 116.
Berkl., Oui!., p. 221 ; Kickx., p. 211 ; Agaricus, Bull., t. 336; Pers., Myc.
Eur., 3, p. 124; Fr., Epie, p. 124.
Chapeau peu charnu, plan, déprimé, blanc, roux au centre.
Lamelles adnées en anneau, étroites, blanches. Pédicelle plein,
souvent recourbé, farineux, blanchâtre, roux à la base. Toute
l'année, sur les branches mortes, dans les bois. N'est pas vénéneux.
Agaric rotule, Mar. rotula, planche XXIII, fig. 119.
Berkl., Outl., t. 14, f. 7; Agaricus, Scop., S. M., I., p. 136, C; Syn.,
Sowerb., t. 95; Bull., t. 64, 569, f. 3; Fr., Epie., p. 477 ; Quel., p. 200.
Chapeau très petit, un demi-centimètre, un peu sillonné
roussâtre, avec un mamelon brun. Lamelles espacées, ventrues,
adnées, libres. Pédicelle fistuleux, presque filiforme, brillant, d'un
pourpre noir. Dès le printemps, sur les petites branches mortes,
les feuilles en fascicules. Ne se mange pas.
Agaric réuni, Mar. amadelphus, planche XXIV, fig. 130.
Berkl., Outl., p. 221; Agaricus, Bull., t. 550, f. 3; Secr., n. 798;%».,
Montp., p. 138; Fr., Epie, p. 474.
Chapeau convexe-plan, déprimé, lisse, d'une couleur fauve clair,
blanchissant, strié sur les bords, plus foncé au centre. Lamelles
adnées, larges, espacées, subdécurrentes. Pédicelle court, pâle, un
peu farineux, tuberculeux, aplati à la base.
Eté en groupes sur les branches mortes, dans les bois. Ne se
mange pas.
Agaric alliacé, Mar. alliaceus, planche, XLIX, fig. 263.
Jacq., Aust., t. 82; Berkl., Outl., p. 223; Paul, t. 122, f. 1; Fr., Epie,
p. 475; Quel., p. 199.
Chapeau campanule, ouvert et légèrement mamelonné, large
de 2 à 4 centimètres, lisse, d'une couleur blanc brunâtre, devient
strié sur les bords. Lamelles un peu ventrues, sèches, d'un blanc
QUATRIÈME GENRE, LENTINUS 141
brun, un peu crispées. Pédicelle très long, flstuleux, atténué en
bauL où les lamelles forment un anneau, de la couleur du chapeau.
Ce joli Champignon a une odeur alliacée très forte. On le rencontre
sur les feuilles mortes, le bois pourri. L'été et l'automne dans tous
les bois. — Comestible.
Agaric odeur de ciboule, Mar. prasiosmus, planche XLIX, fîg. 265.
A. alliaceus, Scop., p. 454 ; Bull., t. 524, f. 1 ; A. porreus, FI. dan., t. 2020;
Quelet, p. 197; Fr., Epie, p. 468.
Chapeau mince, d'abord campanule, puis étalé ; marge striée,
d'une couleur gris fauve. Lamelles étroites, serrées, blanches ou
grises. Pédicelle recourbé à la base, pâle, roussâtre, un peu mince
en haut ; il adhère aux feuilles par des fibrilles cotonneuses; odeur
d'ail persistante. On le trouve à l'automne en groupes sur les
feuilles mortes.
4° GENRE, LENTINUS
Les Champignons de ce genre ont le chapeau tenace, homogène.
Lamelles dentelées. Spores blanches, oblongues.
Agaric tigré, Lent, tigrinus, planche XLIX, fig. 266.
Berkl., Oui/., p. 224; Quel., p. 202; Agaricus, Bull., t. 70; :Sowerb.,
t. 68; -Weinm., p. 281 ; Lasch. in Linn., III, p. 395 ; Fr., Epie, p. 481.
Chapeau mince, coriace, convexe-plan, ombiliqué puis en
entonnoir, d'une couleur ocracé, blanchâtre, moucheté de poils
fins brunâtres. Lamelles décurrentes, étroites, serrées, inégales,
dentelées, blanches. Pédicelle recourbé, pâle, écailleux, flocon-
neux; dans le jeune âge, il est muni au sommet d'un anneau
réfléchi fugace. Eté et automne sur toutes les souches. — Comes-
tible.
5° GENRE, PANUS
Champignons à chapeau charnu, tenace, puis coriace. Lamelles
à trame floconneuse et coriace. Spores blanches.
Agaric styptique, Pan. stipticus, planche XXIV, fig. 122.
Berkl., OutL, p. 227 ; Kickx., p. 212; Agaricus, Bull., t. 140, 557, f. 1 ;
Schasff., t. 208; Krombh., t. 44, f. 13, 17 ; Fr., Epie, p. 489; Quel., p. 205.
Chapeau mince, élastique, sec, réniforme, large de 2 à 4 centi-
142 DESCRIPTION DES ESPÈCES
mètres, d'une couleur ocracé cannelle, un peu pruineux ; chair
sale. Lamelles minces, étroites, serrées, réunies par des veines,
de la couleur du chapeau. Pédicelle latéral, recourbé, un peu
dilaté au sommet, jaunâtre ou fauve pâle. Toute l'année sur les
souches ou les troncs secs, vénéneux.
Agaric puant, Pan. faetens, planche XLIX, fig. 264.
Ag. dimidiatus, Secr., n. 1076 ; Bull., t. 817, f. H, N; Fr., Epie, p. 489.
Chapeau très excentrique, plan, puis en spatule, d'une couleur
fauve pâle ou blanc lavé de gris, dimidié, flasque, assez épais.
Lamelles parallèles, assez décurrentes, inégales, incarnat, pâle.
Pédicelle plein, tenace, court, oblique, d'une couleur blanchâtre
ou fauve pâle. Automne, sur les souches de pin, Vincennes, Chan-
tilly. Ne se mange pas.
Agaric en conque, Pan. concatus, planche XLIX, fig. 267.
Berkl., Outl., p. 227; Krombh., t. 42, f. 1,2; Schseff., f. 43, 44 ; Bull.,
t. 298, 517, f. 0, P; Weinm., p. 123; Fr., Epie, p. 488.
Chapeau excentrique, dimidié, flasque, assez mince, verciforme,
couleur cannelle. Lamelles très décurrentes, parallèles, inégales,
incarnat pâle. Pédicelle assez grêle, comprimé, très court, poilu à
la base, roux. Eté et automne, sur les branches mortes et les vieux
troncs d'arbres. N'est pas vénéneux.
6e GENRE, SCHIZOPHYLLUM
Champignons secs coriaces -subéreux, persistants, lignicoles.
Lamelles à arêtes dédoublées en deuxlamellules enroulées. Spores
rondes, blanches.
Schiz commun, S. commune, planche LVII, fig. 287.
Grev., Scot., t. 01 ; Krombh., t. 4, f. 14, 16; Berkl., Outl.,$. 228;Kickx.,
p. 213 ; Bull., t. 346, 581, f. 1 ; Sowerb., p. 183; Fr., Epie, p. 492.
Chapeau très sec, horizontal ou pendant, revêtu d'un duvet
blanc, grisâtre plus ou moins caduc. Lamelles disposées en éventail,
pâles ou grisâtres, purpurines. Pédicelle très court, entier ou lobé.
Spores blanches, cylindriques. Toute l'année, sur les bois morts.
SEPTIÈME GENRE, LENZITES 143
7" GENRE, LENZITES
Champignons subéreux-coriaces, lignicoles et sessiles, plus ou
moins zones. Lamelles coriaces, simples, inégales ou rameuses et
anastomosées en aréoles en arrière, arête obtuse ou aiguë.
Lenz. du bouleau, L. betulina, planche LVII, fig. 288.
Chapeau large de 3 à 6 centimètres, subéreux-coriace, ferme,
aplani, tomenteux plus ou moins zone incarnat, souvent grisâtre.
Lamelles droites, simples ou rameuses et même anastomosées,
d'un blanc sale; chair floconneuse blanche, sessile. Automne sur
les souches, dans tous les bois.
8e GENRE, BOLETUS
Le genre dit Bolet est très homogène; les caractères différentiels
de ses nombreuses espèces, une centaine environ, ne reposent pas
sur des diversités saillantes de forme, d'organisation ou de texture.
Comme les Agarics, ils se développent sur un mycélium blanc ou
jaunâtre, ordinairemet nématoïdeou filamenteux, qui rampe sous
terre, et se laisse distinguer facilement. Du mycélium naissent de
petits agrégats semblables au premier état des Agarics et de tous
les Champignons à réceptacle charnu. Le Bolet, né du dévelop-
pement de cette sorte de bouton, se compose d'un pédicelle
(planche L, fig. P), supportant un chapeau (Q) charnu comme le
pied ; le chapeau ordinairement épais, ne s'écarte guère d'une
forme hémisphérique plus ou moins bombée, bosselée ou déprimée
vers le centre.
Les tubes hyménophores garnissent la partie inférieure du
chapeau (planche L, fig. R), ils se touchent et forment une sur-
face poreuse; la fig. R' R' représente une section de ces tubes
qui peuvent être concaves avant et après l'épanouissement com-
plet du chapeau, ou devenir plans et même convexes. Ces tubes
varient de longueur et de capacité suivant les espèces; sur un
même réceptacle, ils sont plus ou moins inégaux, et se montrent
plus courts à mesure qu'ils se rapprochent du pédicelle ou de la
circonférence du chapeau. Tantôt ils sont décurrents sur le pédi-
celle, tantôt ils deviennent libres, car ils en sont éloignés par un
144 DESCRIPTION DES ESPÈCES
sillon circulaire. Quand on exerce une traction sur eux, ils se
séparent facilement du chapeau et s'écartent les uns des autres.
Ce caractère permet de distinguer les Bolets des Polypores.
De même que les lamelles des Agarics, les tubes des Bolets,
incolores chez certaines espèces, se colorent en même temps que
les spores. Cette couleur des tubes, le professeur Fries la fait
intervenir dans la caractéristique de ses quatre divisions primor-
diales, mais cette classification n'est qu'un procédé transitoire.
Les caractères qui doivent seuls être pris en considération, sont
la forme et les dimensions des spores, leur couleur quelquefois
différente de celle du tube hyménial envisagé dans sa longueur ;
l'état de la surface extérieure du réceptacle, les changements de
couleur ou l'immutabilité du tissu intérieur, etc. La coloration
extérieure des Bolets varie du blanc grisâtre au brun très foncé,
en passant par le jaune, le rouge, le vert; ces teintes, en se mélan-
geant, donnent le ton brun rougeâtre ou olivâtre, extrêmement
fréquent chez les Bolets. Quand à la chair intérieure, elle est
blanche, ou d'un blanc lavé de jaune citrin, ou franchement
jaune, quelquefois teintée d'un peu de rouge sous l'épiderme. Chez
beaucoup d'espèces, le Champignon prend, quand on le coupe ou
qu'on le rompt d'une manière quelconque, des teintes bleues,
vertes ou rouges. On a souvent étudié les Bolets dits bleuissants,
sans arrivera rien de plus certain que des hypothèses.
L'hyménium est formé de cysiides (planche L, fig. S, S), et de
baskles (fig. Z), nées de l'extrémité ou sur les parcours des cellules
minces et allongées qui forment le tube ; les fig. S' , S' , U (fig. 2G9),
présentent des coupes de tubes; les ctjstides (tig. S', S, S) sont en
général renflées au milieu, souvent volumineuses. Les spores (U),
portées au nombre de quatre sur les basides (Z), sont allongées,
fusiformes, de dimension peu variable, en général de 0mm008 à
0mm015 de longueur sur 0mm003, àOmm006 de large. Elles sont plus
souvent colorées en jaune, jaune brun, jaune rouillé ou gris, bru-
nâtre,, rose et blanc. Presque tous les auteurs modernes se servent
de la coloration des spores pour former quatre groupes: 1° les
Ochrospori, à spores jaune ocracé ; 2° les Dermini, à spores
brun rouillé; 3° les Hyporrhodii, à spores rosées; 4° les Leucospori,
à spores blanches.
La chair abondante de ces Champignons rendrait un grand ser-
HUITIÈME GENRE, BOLETUS 145
vice comme substance alimentaire, si les changements de colora-
tion qu'elle subit parfois n'avaient fait attribuer à un trop grand
nombre, sans preuve certaine des qualités malfaisantes. Plusieurs
Bolets fournissent, sous le nom de cèpes, un aliment des plus
nutritif et d'un parfum recherché ; on les mange frais, secs ou
conservés dans des liquides par le procédé d'AppERT.
Bolet comestible, Bol. edulis, planche L, fig. 268.
Bull., t. 60, 494 ; Sowerb., t. 111 ; Lenz., f. 34 ; Krombh., t. 31 ; Vittad.,
t. 22; Barl.,t. 34; A. bulbosus, Schseff., t. 134; B. esculentus, Pers., Myc.
Eur., 2, p. 131 ; Fi\, Epie, p. 508.
Bolet à chapeau épais, gris fauve ou brun, pulvérulent, souvent
humide; chair fine, blanche, un peu rougeàtre sous la pellicule.
Tubes blanchâtres, puis jaune verdâtre. Pédicelle obèse, d'une
couleur blanche ou fauve grisâtre avec un réseau blanc. Vieux dès
le printemps dans les bois, sur le bord des chemins; saveur et
odeur agréables. — Comestible.
Bolet bulbeux, Bol. bulbosus, planche LI, fig. 270.
Schaeff.. t. 134.
Chapeau compacte, épais, large de 10 à 2b centimètres, à pelli-
cules sèches, séparables, d'un brun fauve ou gris fauve. Tubes
blanchâtres, puis jaunâtres. Pédicelle énorme, ovale ou bulbeux,
élégamment réticulé, d'un gris fauve, avec réseau jaunâtre; chair
blanche très odorante et très sapide. Été dans tous les bois. —
Comestible délicat.
Bolet scabre, Bol. scaber, planche LI, fig. 271.
Vittad., t. 28; Barla, t. 35, f. 6, 12; Harzer, t. 2; Kickx.. p. 247; Fr.,
Epie., p. 515; Quelet, p. 248.
Chapeau en coussinet, glabre, d'une couleur rousse ou jaunâtre,
visqueux par le temps humide, alors il est vergeté, ruguleux et
devient fauve; marge pourvue d'une cortine. Tubes petits, arrondis,
d'un blanc sale. Pédicelle solide, plus mince en haut, hérissé
d'écaillés fibreuses, d'un blanc grisâtre. Été et automne dans tous
les bois, surtout aux bords; saveur douce, odeur agréable. —
Comestible.
10
146 DESCRIPTION DES ESPÈCES
Bolet chicotin, Bol. f elleus, planche LI, fig. 272.
Bull., t. 379; Krombh., t. 74, f. 1, 7; Weinm., p. 3U4; Berkl., Outl.,
p. 236; Kickx., p. 248; Fr., Épie, p. 516.
Chapeau mou, d'une couleur fauve brunâtre. Tubes adnés,
allongés, anguleux, d'abord blancs puis incarnat. Pédicelle
solide, mince et réticulé au sommet. Été et automne dans les bois
de pins ; sa chair est amère, blanche, devient incarnat à la cas-
sure. Trop amer pour être mangé.
Bolet subtomenteux, Bol. subtomentosus, planche LU, fig. 273.
Berkl., Outl., p. 232; Secr., n. 35; Kickx., p. 242; B. crassipes, Schœff.,
t. 112; Krombh., t. 37, f. 8, 11; B. communis, Bull., t. 393; Fr., Epie,
p. 503.
Chapeau mou, sec, d'abord fauve olive, puis grisâtre, jaunissant
dans les crevasses. Tubes adnés, anguleux, amples, jaunes. Pédi-
celle fort, à côtes et sillonné, ponctué. Eté et automne, dans les
bois ; chair blanche. — Comestible.
Bolet orangé, Bol, aurantiacus, planche LU, fig 274.
Chapeau en coussinet, glabre, brillant, d'une couleur rorçge
orangé, sec, un peuruguleuxen vieillissant. Tubes petits arrondis,
blancs. Pédicelle solide, plus mince en haut, hérissé d'écaillés
fibreuses, d'une couleur orangé grisâtre. Eté, automne, dans les
bois, solitaire, saveur douce, odeur agréable. — Comestible.
Bolet châtain, Bol. castaneus, planche LU, fig. 275.
Bull., t. 328 ; Pers., Myc. Eur., 2, p. 157 ; Barla, t. 32, f. 11, 15; Krombh.,
t. 4, f. 28, 30; Berkl., Outl., p. 236; Fr., Epie., p. 517.
Chapeau d'abord convexe, puis étalé ou déprimé, ferme, velouté,
d'une couleur marron. Tubes libres, courts, arrondis, blancs, puis
devenant jaunes. Pédicelle d'abord plein, puis creux; un peu
bulbeux à la base; velouté, d'une couleur cannelle. Eté, automne,
dans les bois ; sa chair est blanche, saveur douce. — Comestible.
Bolet bleuissant, Bol. cyanescens, planche LI, fig. 276.
Bull., t. 369; Letell., t. 654; Krombh., t. 35, f. 7, 9; Barla, t. 37; Berkl.
et Br., n. 1020 ; Kickx., p. 248 ; B. constrictus, Pers., Stjn., p. 508; B. lacteus,
Léveill. in Ann. scienc. nat. 1848, p. 124; Fr., Epie, p. 517.
Chapeau écailleux, floconneux, d'une couleur gris jaunâtre ou
fauve. Tubes petits, blancs, puis jaunes. Pédicelle ventru, lisse,
HUITIÈME GENRE, BOLETUS 147
de la couleur du chapeau, blanc au sommet. Au milieu, sur toute
sa longueur, les cellules sont grandes, spongieuses. Été et automne,
dans les bois, sa chair est dure, blanche; quand on le casse, il
prend une couleur bleu obscur. — Comestible.
Bolet tubéreux, Bol. tuberosus, planche LU, fig. 274 bis.
Letell., Ilist.J. 32; Léveill.
Chapeau en coussinet, massif, glabre, sec, d'abord d'une
couleur verdâtre, puis devient jaunâtre. Tubes libres, petits,
jaunes, orifices ronge orangé. Pédicelle très épais, ovalaire et
bulbeux, avec un réseau sanguin sur fond jaunâtre. Été et
automne, dans les bois ; ce Bolet a une chair jaunâtre, bleuissant
rapidement à la cassure; sa saveur est acidulée. — Il est
vénéneux.
Bolet luride, Bol. luridus, planche LU, fig. 275 bis.
Schseff., t. 107; Pers., Syn. et Myc. Eur., 2, p. 132; Krombh., t. 38, P. F.
Il, 17; Berkl., Outl., t. 113, f. 5; Bull., B. tuberosus, t. 100; Kickx., p. 244;
Fr., Epie, p. SU ; Quelet, p. 247.
Chapeau fauve, un peu visqueux, devient couleur de cuir ou
olive. Tubes libres, jaunes, puis verdoyants ; orifice rouge orangé.
Pédicelle solide, égal, d'une couleur jaune ou rougeâtre ou bien
écailleux ponctué ; chair jaunâtre, saveur douce, agréable ; par la
cassure, ce Bolet rougit, verdit et bleuit. Été, automne, dans les
bois. — Très vénéneux.
Bolet pruiné, Bol. pruinatus, planche LU, fig. 276 bis.
Fr., Epie, p. 504; Kickx., p. 241; Bull., t. 393, F. B. G.; B. cupreus,
Schœff.,t. 133, Quelet, p. 243.
Chapeau d'abord convexe, puis plan, glabre ; d'une couleur
brun pourpre, recouvert d'un léger duvet gris obscur. Tubes
adnés, petits, jaune pâle. Pédicelle solide, d'une couleur jaune,
ponctué à la base, se tachant de rouge par place. La chair de ce
Bolet est ferme, blanche ; verdit, bleuit légèrement. Été, automne,
dans les prés et les bois. — Comestible.
Bolet jaunâtre, Bol. luteus, planche LIV, fig. 277.
Linn., Suce, n. 1247; Schœff., t. 114; FI. dan., t. 1135; Barla, t. 31 ,
f. 1, 3; B. annulatus, Pers., Syn., p. 503; Krombh., t. 33; Fr., Epie,
p. 497; Quelet, p. 241.
Chapeau couvert d'une mucosité épaisse ; la pellicule est d'un
148 DESCRIPTION DES ESPÈCES
brun roux ou jaunâtre. Tubes adnés, petits, jaunes. Pédicelle
cylindrique, ferme, muni d'un anneau large, membraneux, d'une
couleur brunâtre; le pédicelle est jaunâtre au-dessous de l'anneau,
blanchâtre et un peu granulé au-dessus. Été, automne, surtout
dans les bois de pins ; sa chair est molle, fade, blanche. —
Comestible.
9e GENRE, FISTULINA
Chapeau dimidié, offre l'aspect d'une masse charnue épaisse, à
contour simple ou lobé. La surface supérieure est de couleur rouge
foncé, bombée et papilleuse, ce qui lui donne l'apparence d'une
langue. La surface inférieure est plane ou légèrement concave,
d'un blanc gris tournant au jaune orangé par place et surtout vers
le pédicelle, devenant rouge brun après la maturité. Le pédicelle
peut manquer et le chapeau être sessile. Les éléments de l'hymé-
nium tapissent la cavité des tubes cylindriques, cystides etbasides.
Les spores (planche LIV, fig. A), portées sur des stérigmates
courts, sont plutôt cunéiformes qu'ovoïdes. Un des points les plus
curieux de l'organisation des fistulines c'est la formation de coni-
dies (planche LIV, fig. B), se développant à l'intérieur du récep-
tacle, disposées sur des cellules étroites, fines et à protoplasma
granuleux. Ces cellules se divisent en branches courtes; à l'ex-
trémité desquelles se trouve une conidie.
Fistuline, Fistulina buglossoides, planche LIV, fig. 278.
Bull., t. 74, 464, 497; Boletus hepaticus, Hudson, Schseff., t. 116, 120;
Krombh., t. 5, f. 9, 10, t. 47, f. 1, 12; F. hepatica,Fv., Epie, p. S22;£fypo-
drys hepaticus, Pers., Myc. Eur,, 2, p. 148; F. hepatica, de Seyne, Rech.
veg. inf., Paris, 1874.
Chapeau charnu, épais, irrégulier. Sa partie supérieure est,
dans le jeune âge, rouge, visqueuse, garnie d'aspérités étoilées,
qui s'effacent lorsqu'elle prend de l'accroissement; la pellicule
s'enlève et laisse voir la chair, qui est incarnat, veiné de blanc,
et rend une eau rougeâtre si on la presse. Sa partie inférieure est
blanche, puis jaunâtre et rousse, formée de tubes isolés, qui
adhèrent à la chair. Pédicelle épais, court, latéral, souvent nul.
Eté, automne, au pied des arbres vivants; est connu sous les
noms de Foie-de-Bœuf, Langue-de-Bœuf, Glu de chêne, etc. —
Comestible excellent. Saint-Germain, Chantilly, etc.
DIXIÈME GENRE, POLYPOUI s 149
10e GENRE, POLYPORUS
Les Polypores sont des Champignons charnus, coriaces, ou
subéreux; le plus souvent sessiles, quelquefois renversés. Le cha-
peau des Polypores est revêtu en dessous des tubes adhérents avec
lui, enchâssés par leur extrémité inférieure dans une membrane
homogène, ne laissant voir que leur ouverture ou pores, lesquels
ne sont séparés que par une cloison très mince. Ces pores ou
tubes contiennent l'hyménium, les cystides, les basides et les
spores, généralement de petite dimension. Les Polypores diffèrent
des Bolets en ce que les tubes des Polypores sont enchâssés dans
une membrane, tandis que les tubes des Bolets sont libres, et
n'adhèrent pas au chapeau.
Polypore du noyer, Pol. juglandis, planche L V, 6g. 279.
Boletus juglandis, Bull., t. 19.
Chapeau charnu, visqueux, ocracé, marbré, à écailles obscures,
noirâtres. Pores assez grands, flexueux, un peu plus pâles. Pédi-
celle latéral, gros, de la couleur du chapeau, écailleux et crevassé.
Eté, automne, sur le tronc des vieux noyers, le Polypore devient
très grand, souvent groupe. — Comestible étant jeune.
Polypore gigantesque, Pol. giganteus, planche LV, fig. 280.
Berkl., Outl., p. 240; Hussey, I, p. 356; Kickx., p. 226; Boletus, Pers.,
Syn., p. 521 ; B. mesentericus, Sckœff., t. 267; Fr., Epie, p. 540.
Chapeau très large, 20 à 30 centimètres, imbriqué et étalé, roux,
finement granulé et velouté, orné d'écaillés brunes et de zones
rousses sur les bords ; chair blanche. Pores petits, presque ronds,
blancs, puis devenant fuligineux. Pédicelle gros comme un tuber-
cule; la saveur de ce Polypore est un peu acidulée. Eté, automne,
à la base des vieilles souches. — Comestible.
Polypore varié, Pol. varius, planche LV, fig. 281.
Pers., Myc. Eut:, 2, p. 57; Secr., n. 10; Berkl., Outl., p. 239; Boletus
calceolus, Bull., t. 360, 445, f. 2; Fr., Epie, p. 535.
Chapeau tenace, ligneux, glabre, difforme, un peu vergeté, d'une
couleur ocracé ou fuligineux. Pores petits, entiers, fauve ou can-
nelle. Pédicelle latéral, lisse, glabre, noir à la base. Eté, automne.
— Comestible, mais trop coriace.
150 DESCRIPTION DES ESPÈCES
Polypore élégant, Pol. elegans, planche LV, fig. 282.
Berkl., Outl., p. 239; Quelet, p. 254; Boletus, Bull., t. 46; FI. dan.,
t. 1075; Fr., Epie, p. 535.
Chapeau charnu, large de 3 à 8 centimètres, lisse, glabre, lui-
sant, ocracé, pâle. Pores plans, petits, blancs, puis jaune pâle.
Pédicelle lisse, glabre, radical et noir à la base. Printemps, été,
sur les branches mortes. Ne se mange pas.
Polypore hispide, Pol. hispidus, planche LV, fig. 283.
Krombh., t. 48, f. 7, 10; Hussey, I, t. 29, 31;Kickx., p. 230 ; Boletus,
Bull., t. 210, 493; Fr., Epie, p. 551 ; Quelet, p. 261.
Chapeau charnu, fibreux, large de 10 à 20 centimètres, épais,
couvert de gros poils rudes, d'une couleur jaunâtre, puis noirâ-
tre. Pores arrondis, petits, longs, jaunes puis pâles. En le coupant
il rend une eau rougeâtre; saveur et odeur acides. Été, automne,
dans les cicatrices des vieux arbres champêtres. Ne se mange pas.
Polypore couleur de soufre, Pol. sulfureus, planche LVI, fig. 284.
Bull., Boletus, t. 429; Hussey, I, t. 46; Berkl., Outl., t. 16, f. 3; Pers.,
Syn., p. 224; Schseff., t. 131, 132; Paul, t. 14; Quelet, p. 256; Fr., Epie,
p. 542; FI. dan., 1019.
Chapeau très large, imbriqué, ondulé, d'une couleurjaunecitrin,
lavé de rouge; chair jaunâtre. Pores petits, sulfureux, le plus
souvent il n'y a pas de pédicelle. Spores globuleuses ou obovales.
Vient sur les arbres, du printemps à l'automne; odeur forte. —
Comestible peu délicat.
Polypore versicolore, Pol. versicolor, planche LVI, fig. 285.
Linn., Suce, n. 1254; Bull., t. 86; Kickx., p. 232; Schseff., t. 263;
P.argyraceus, Pers., Myc. Eur., 2, p. 73;Fr., Epie, p. 568; Quelet, p. 268.
Chapeau coriace, mince, rigide, aplani, déprimé en arrière,
velouté, soyeux, brillant, orné de zones de couleurs variées. Pores
petits, ronds, aigus, blancs, puis jaunâtre pâle. Pas de pédi-
celle. Eté et automne, très commun sur les souches. Ne se mange
pas.
Polypore oblique, Pol. obliquatus, planche LVI, fig. 286.
Bull., t. 7, 459; Polyp. laccatus, Pers., Myc. Eur., 2, p. 64.
Chapeau réniforme ou en éventail, à sillons concentriques, d'une
couleur brun, rouge, brillante et vernissée de laque. Pores petits,
ONZIÈME GENRE, TRAMETES \ffl
réguliers, assez longs, blanchâtres, puis cannelle. Pédicelle varia-
ble; la fig. 388 en représente trois formes. Toujours recouvert d'un
vernis de laque rouge brun. Il vient toute l'année sur les souches
des arbres. Ne se mange pas.
11° GENRE, TRAMETES
Chapeau large, résupiné, ou en coussinet hémisphérique. La
membrane qui supporte l'hyménium descend entre les pores sans
éprouver aucun changement et forme avec eux une trame homo-
gène. Les pores sont entiers, arrondis ou linéaires, ni labyrinthes,
ni lacérés.
Trametès des pins, Tram, pini, planche LX, fig. 307.
Chapeau large, épais, étalé en demi-rond, sillonné, bosselé,
velouté, d'une couleur brune, verdâtre; marge jaune cannelle,
arrondie. Pores irréguliers, larges, un peu anguleux, fauve can-
nelle. La chair de ce Champignon est fauve; d'une odeur d'acide
benzoïque, agréable. Eté, automne, sur les souches de sapins.
Vincennes, Chantilly.
12° GENRE, DŒDALEA
Les Champignons de ce genre ont un chapeau subéreux, coriace,
à face inférieure garnie d'une membrane fructifère sinueuse,
relevée de côté en feuillets saillants, anastomosés, formant des
cavités irrégulières ou des pores allongés flexueux. Basides petites ;
spores blanches. Champignon vivace, toute l'année sur les souches.
Ne se mange pas.
Dédalée du chêne, Dsed. quercina, planche LIX, fig-. 300.
Pers., Syn., p. 500; Berkl., Outl., t. 19, f. 5; Krombh., t. 5, f. 1, 2;
Kickx., p. 218; Agaricus, Linn., Suce, n. 1213; A. labyrinthiformis, Bull.,
t. 352, 422, f. 1 ; Fr., Epie., p. 586.
Ce Champignon est très résistant, élastique, rugueux, bosselé,
aplani , couleur de bois mort, ou fauve sale, ou grisâtre; l'intérieur
est semblable. Pores en sinus labyrinthiforme, lamelleux, couleur
de bois sec. Printemps, été, vivace sur les souches. Ne se mange
pas.
152 DESCRIPTION DES ESPÈCES
13e GENRE, MERULIUS
Les Champignons de ce genre n'ont pas de chapeau, mais une
membrane irrégulière, appliquée de toutes parts par une de ses
faces, à veines sinueuses, anastomosées, formant des espèces de
cellules inégales sur la face libre, et qui portent les basides et les
spores. Les Mérules viennent de préférence sur le bois mort, les
poutres, les celliers et dans les endroits humides.
Mérule tremelloïde, Mer. tremellosus, planche LIX, fig. 302.
Schrad., Spic. 139; FI. dan., t. 1533, 776, f. 1; Fr.,Epic, p. 591.
Membrane charnue, étalée, réfléchie, presque imbriquée, tomen -
teuse, trémelloïdes, blanc d'un côté, plis petits, alvéolaires, à sail-
lies aiguës , variées , incarnat pâle. Automne sur les solives
humides. — Coriace.
14* GENRE, SOLENIA
Champignon haut de 2 à 3 millimètres, membraneux ; hymé-
nium tubuleux, cylindrique, avec un orifice contracté et tourné
vers le sol.
Solenié en faisceaux, Solenia fasciculata, planche LX, fig. 31)9.
Ce Champignon se trouve sous forme de tubes pâles, hauts de
deux millimètres, comprimés, disposés en faisceaux, glabres ou
finement villeux. Automne et hiver, écorce de hêtre.
15° GENRE, HYDNUM
Chapeau de forme variable, portant à sa partie inférieure des
aiguillons plus ou moins libres, coniques, comprimés ou subulés,
dirigés en bas, donnant issue, aux basides et qui contiennent les
spores à leurs extrémités. Pédicelle central, terrestre.
Hydne sinué, Hyd. repandum, planche LVIII, fig. 293.
Linn., Suec, n. 1250; Schseff., t. 318; Bull., t. 172; K.ombh., t. 50,
f. 1, 9; Barla, t. 32, f. 1,9; Huss., I, t. 16 ; Fr., Epie., p. 601.
Chapeau charnu, dur, étalé inégalement, sinué, convexe, ru-
gueux, sans zones, d'un blanc roux, aiguillons inégaux, décurrents,
QUINZIÈME GENRE, HYDNUM 153
un peu épais, entiers ou incisés. Pédicelle difforme, épais à sa
base, souvent excentrique, de la couleur du chapeau.
Été, automne, dans tous les bois ; il est connu sous les noms de
Barbe -de-vache, Pied-de-mouton-blanc, le Mouton, Chevrelle, etc. ;
chair un peu amère. — Comestible.
Hydne en forme de coupe, Hyd. cyathif orme , planche LVIII,
fig. 294.
Bull., t. 156.
Chapeau en gobelet rugueux, fibreux, zone, glabre, ferrugi-
neux, se terminant insensiblement en un pédicelle court de cou-
leur plus claire. Aiguillons courts, extérieur roux, disposés par
séries, la pointe tournée en bas. Vient en groupes, il ressemble à
une grande Pezize. Septembre et octobre dans les bois. N'est pas
vénéneux.
Hydne membraneux, Hyd. membranaceum , planche LVIII ,
fig. 295.
Bull., t. 481, f. 1 ; Pers., Myc. Eur., 2, p. 188 ; Fr., Epie, p. 613.
Chapeau étalé, mince, glabre, ferrugineux. Aiguillons égaux
trifurqués, droits. Entoure la partie inférieure des branches mortes
comme une membrane de cire. Toute Tannée.
Hydne cendré, Hyd. cinereum, planche LVIII, fig. 297.
Bull., t. 419; Quelet, p. 277; Trog., n. 440; Fr., Epie, p. GÛ4.
Chapeau coriace, subéreux, globuleux d'abord, puis s'ouvrant
en entonnoir, lobé régulièrement, un peu incarnat, plus obscur au
centre. Aiguillons grêles, égaux, blanc cendré, courts, trèsdécur-
rents. Été, automne, en groupes. Ne se mange pas.
Hydne hybride, Hyd. hybridum, planche LVII, fig. 298.
Bull., t. 453.
Chapeau mou, soyeux, peu lobé, souvent soudé infundibuli-
forme, ferrugineux, noirâtre, sans zone en dedans. Aiguillons
noirs, courts. Pédicelle sans écailles, gros, court, bosselé, tubé-
reux à la base. Automne, dans les bois de pins.
Hydne cure-oreille, Hyd. auriscalpium, planche LVII, fig. 299.
Linn.,Suec, n. 1260; Schœff., t. 143; Bull., t. 481, f. 3; Krombh., t. 50,
f. 15, 17; Fr., Epie, p. 607.
Chapeau coriace, petit, horizontal, réniforme; hérissé de poils
154 DESCRIPTION DES ESPÈCES
raides, noir fuligineux. Aiguillons égaux, bruns. Pédicelle latéral,
tomenteux, grêle, de la couleur du chapeau. Toute Tannée sur
les cônes de pins.
16e GENRE, SISTOTREMA
Ce genre de Champignons diffère desHydnum, parce qu'il porte
des lames fructifères libres, verticales, au lieu d'aiguillons.
Sistrotema confluent, Sist. confluens, planche LVIII, fig. 296.
Chapeau charnu, irrégulier, horizontal, simple ou confluent,
infundibuliforme, à bords ondulés, blancs puis jaunâtres. Lamelles
entières, d'autres incisées, de la couleur du chapeau. Pédicelle
excentrique blanc, atténué en bas. Eté, automne, au bord des
chemins.
17e GENRE, IRPEX
Champignons coriaces, à chapeau irrégulier, sessile; hyménium
à la partie inférieure, en forme de dents subcoriacés, aiguës, en
séries ou réunies par un réseau.
Irpex blanc, Irp. canescens, planche LIX, fig. 303.
Fr., Epie, p. 621.
Chapeau coriace, orbiculaire, puis confluent; d'une couleur
grise, à pourtour byssoïde ; dents inégales incisées, naissant
d'alvéoles très apparentes dans l'état jeune du chapeau. Toute
l'année sur les arbres.
18e GENRE, RADULUM
Hyménium amphygène, couleur de cire, tuberculeux, rude,
difforme, généralement allongé et cylindrique, obtus, épars et
fascicule.
Radule Fr., Radulum orbiculare, planche LIX, fig. 304.
Appliqué en coussinet, orbiculaire ou confluent, d'un blanc
jaunâtre avec le contour byssoïde. Tubercules allongés, difformes
ou arrondis, épars ou en faisceaux. Automne et hiver, sur les
écorces.
DIX-NEUVIÈME GENRE, PHLEBIA 155
19e GENRE, PHLEBIA
Les Champignons de ce petit genre sont étalés, lisses ou rameux,
élargis, rampants, gélatineux, d'une belle couleur incarnat rouge;
les bords dentés radiés. L'hyménium est gélatineux; recouvre le
côté supérieur du Champignon qui est papillaire, étalé, retourné,
ou ridé en crête. Les spores sont très petites, hyalines.
Phi. Fr., Phlebia merismoides, planche LVII, fig. 289.
Huss., II, t. 44; Quelet, p. 281; Mer. fulous, Lasch., Linn., IV, p. 532 ;
Fr., Epie, p. 624.
Étalé, lisse et rameux, comme incrusté ; d'une couleur incarnat,
puis livide, villeux et blanchâtre en dessous, orangé et hérissé au
pourtour.
Automne et hiver, sur les mousses des troncs d'arbres.
20e GENRE, CRATERELLUS
Champignon charnu,, membraneux, hyménium inférieur,
céracé, persistant, lisse, puis ridé, putrescent en vieillissant. Ces
Champignons ressemblent aux Chanterelles, le Cornucopioïdes a
des rapports avec les Pezizes et les Helvelles.
Graterelle trompette des morts, Crat. cornucopioides, planche
XL VIII, fig. 258.
Schffiff., t. 164 et 276, fig. 4; Krombh., t. 45, f. 13, 17; Pers., Mijc, I;
Fr., Epie, p. 631.
Chapeau turbiné, tronqué, déprimé, non lisse, d'un gris fuli-
gineux, noirâtre, finement écailleux ; hyménium lisse, puis
ruguleux, cendré. Pédicelle tubuleux, terminé en trompe et
membraneux; odeur agréable.
Été et automne, en groupes dans les bois. — Comestible.
Craterelle en forme de trompe, Crat. lutiformis, planche XLVIII,
fig. 260.
Chapeau submembraneux, en trompette, de bonne heure tubulé
et ondulé, brun et floconneux, avec la marge rabattue, souvent
lobée, d'un gris fauve jaunâtre. Lamelles en forme de nervures,
jaune obscur. Pédicelle assez grêle, fistuleux, puis comprimé ;
oranaré fauve. Été et automne dans les bois. — Comestible.
*&v
156 DESCRIPTION DES ESPÈCES
21° GENRE, THELEPHORA
Les Théléphores sont des Champignons charnus, fibreux, puis
rigides, coriaces, formant tantôt un chapeau distinct, porté sur
un pédicelle court, central ou latéral, tantôt un demi-chapeau,
fixé par le côté, tantôt enfin une sorte de membrane adhérente
dans toute son étendue. La membrane fructifère est en dessous,
adhérente à la supérieure; lisse ou porte des papilles arrondies,
obtuses et des basides éparses, grêles, disparaissant rarement tout
à fait.
Thelephore pourpre, Thel. purpurea, planche LX, fig. 308.
Auricularia reflexa, Bull., t. 583, f. I.
Chapeau imbriqué, coriace, mou, velu courtement, marqué de
zones, pâle, déprimé, fauve, glabre et purpurin en dessous.
Automne, sur les troncs d'arbres morts.
22° GENRE, STEREUM
Chapeau coriace, subéreux, horizontal, retourné ou étalé, à
bords libres, hyménium tubercule, ou papillaire distinct.
Stereum taché de sang, St. sanguinolenta, planche LX, fig. 310.
Fr., Epie, p. 578; Berkl. et Br., n. 1290; Kickx., p. 235.
Chapeau mince, coriace, étalé, réfléchi, soyeux, substrié, pâle;
marge aiguë, blanche. Hyménium lisse, glabre, cendré, brunâtre.
Automne, hiver, sur les écorces de pins.
23* GENRE, AURICULARIA
Chapeau coriace, gélatineux, en entonnoir, ou seulement auri-
culé. Hyménium placé extérieurement en grillage, contenant les
basides et les spores.
Auriculaire mésentérique, Aur.mesenterica, planche LVII, fig. 291.
Auricul. tremelloides, Bull., t. 290 ; Pers., Syn., p. 571; Berkl., Oull.,
p. 272 ; Michel, t. 66, f. 4 ; Fr., Epie, p. 646.
Chapeau fixé latéralement, ou sessile, moyen, presque imbriqué,
à bords réfléchis, zones, velus en dedans, d'une couleur gris
VINGT-QUATRIÈME GENRE, CORTICIUM 157
rougeàtre, à disque purpurin, plissé. Ce Champignon commence
par un point qui s'agrandit, se relève en cornet.
Automne, sur les souches placées à l'humidité. Ne se mange
pas.
24* GENRE, CORTICIUM
Ce genre présente un réceptacle adhérent, entièrement étalé,
retourné ; papilles, le plus souvent apercevables. Hyménium
hétérogène, se contractant par le temps sec, imposé sur le mycé-
lium et formant rarement un chapeau.
Corticium jaune blanc, Cort. ocraceum, planche LX, fig. 312.
BerkL, Outl., p. 27b; Kickx., p. 267; Pers., Myc. Eur., I, n. 38, 62; Fr.,
Epie, p. 653; Quelet, p. 291.
Etalé jaunâtre, mou, glabre, à pourtour blanc radié. Hyménium
pâle, jaune, parsemé de grains dorés, puis nu et papilleux.
Automne et hiver sur le bois pourri de pin, sapin.
25° GENRE, CYPHELLA
Ces Champignons affectent plusieurs aspects ; la figure 306
représente la forme de dés à coudre, d'autres espèces sont en
clochettes coniques, d'autres en forme de poire. Il en existe aussi
de membraneux, à hyménium infère, uni, puis rugueux, chagriné.
Cyphella en forme de dé, Cyp. digitalis, planche LIX, fig. 306.
Dessin de Léveillé.
Ce petit Champignon est obliquement suspendu ; en forme
de dé, parcheminé, ridé par des fibres longitudinales sur la
surface externe ; brun. Hyménium bleuâtre blanc, assez lisse.
Eté, automne, sur les branches de sapin.
26° GENRE, CL A VARIA
Champignons gélatineux, charnus ou cornés, épaissis au sommet,
simples ou rameux, le plus souvent atténués, à réceptacle dressé,
cylindrique, homogène, se confondant à la base, et recouvert en
grande partie de l'hyménium ; mais les basides et les spores sont
généralement au sommet des rameaux. Pour la plupart comes-
tibles.
158 DESCRIPTION DES ESPÈCES
Clavaire en crête, Clav. cristata, planche LXI, fig. 314.
Pers., Syn., p. 591 ; FI. dan., t. 1304, f. 2; Krombh., t. 53, f. 12; Schseff.,
t. 170; Fr., Epie, p. 668.
Rameaux dilatés en haut et incisés en crête mince et aiguë.
Tige tenace, lisse, pleine, blanche, grisâtre et veloutée, ou fuli-
gineuse. Été, automne dans les bois. — Comestible.
Clavaire améthyste, Clav. amethystina, planche LXI, fig. 315.
Bull., t. 496. f. 2; Pers., Syn., p. 286; Berkl., Outl., p. 279; Fr., Epie,
p. 067.
Rameaux partant de la base, gros, allongés, arrondis, à divisions
très courtes, aiguës, rameux lisses; à base atténuée, d'une belle
couleur violacé. Été, dans les bois. — Comestible.
Clavaire compacte, Cl. condensata, planche LXI, fig. 316.
Fr., Epie, p. 672; Cl. rubella, Schœff., t. 117.
Dressé en buissons, très rameux, plan, lisse, dilaté, palmé,
d'une couleur pourpre jaune ; mycélium blanc membraneux. Été,
automne, dans les bois. — Comestible.
Clavaire en grappe, Cl. botrytis, planche LXI, fig. 317.
Pers., Syn., p. 587; Barla, t. 40, f. 1, 3; Krombh., t. 53, f. 1, 3; Berkl.,
Outl., p. 278; Quelet, t. 21, f. 4; Cl. acroporhijrea, Schseff., t. 176.
Tronc épais, gros, difforme, décombant, extrêmement rameux,
un peu rugueux, court, à divisions obtuses, rouge incarnat au
sommet ; le tronc varie du blanc au jaune. Été, automne, dans les
bois. — Comestible.
Clavaire jaunâtre, Cl. flava, planche LXI, fig. 318.
Schœff., t. 175; Pers., Syn., p. 586; Barla, t. 40, f. 5; Fr., Epie, p. 666.
Tronc épais, rameaux droits, très rameux, arrondis, denses,
fastigies à divisions obtuses. Il varie du blanc au jaune, et du jaune
au rougeâtre. Automne, dans tous les bois; odeur exquise. —
Comestible.
Clavaire canaliculée, Cl. canaliculata, planche LXII, fig. 319.
Ehrenb., Nov., Act. nat. cur., X, t. 14; Crispula, Fr., Epie, p. 673; Que-
let, p. 298.
Solitaire, très glabre, tenace, flstuleux, puis comprimé, cannelle
ou rayé dans le sens de sa longueur ; d'une couleur blanche.
Automne, dans les bois. — Comestible.
VINGT-SIXIEME GENRE, CLAVARIA 159
Clavaire cendrée, Cl. cinerea, planche LXII, fig. 320.
Bull., t. 354; Letell., t. 708, f. 1 ; Cl. grisea, Rrombh., t. 53, f. 9, 10; Fr.,
Epie, p. 668; Quelet, p. 295.
Tige épaisse, rameaux dilatés, comprimés, glabres, solides, les
latéraux un peu incomplets, à divisions courtes, légèrement
rugueux et obtus. Cette Clavaire se trouve en automne dans les
bois ; sa couleur doit être blanche, mais on la rencontre presque
toujours cendrée, grâce à la présence des spores du Spheria clava-
riarum, qui colore les rameaux en cendré roux. Je conseille de ne
pas manger le Cinerea.
Clavaire coquette, Cl. crispula, planche LXII, fig. 321.
Weimm., p. 503; Berkl., Outl., p. 281 ; kKickx., p. 127 ; Ft., Epie,
t. 673; Bull., t. 358, f. 1, a. b.
Glabre, fragile, très rameux, blanc ocracé, tronc grêle, à
rameaux flexueux, multifldes, à divisions divariquées, radicules
flbrilleuses. Automne, dans les bois. — Comestible.
Clavaire pilon, Cl. pistillaris, planche LXII, fîg. 322.
Linn., Suce, n. 1246; Bull., t. 244; Krombh., t. 54, f. 1, 11; Quelet,
t. 21, f. 2; Schseff., t. 290; Fr., Epie, p. 676.
Grand, gros, piriforme renversé, solitaire, glabre, ferme,
épaissi en haut et obtus, jaune, plein, tige d'abord cylindrique, se
ridant, puis prenant une couleur bistre, blanc; inodore. Automne ;
désagréable au goût. Ne se mange pas.
Clavaire inégale, Cl. insequalis, planche LXIII, fîg. 325.
FI. dan., t. 873, f. 1 ; Weinm,, p. 510; Kickx., p. 125; Cl. bifurca, Bulb.,
t. 264, Fr., Epie, -p. 674.
En groupes, fragiles, d'une couleur jaune ; rameaux versiformes,
simples ou fourchus. Tout l'été dans les bois. — Comestible.
Clavaire petit jonc, Cl. juncea, planche LXII, fig. 329.
Fr. Epie, p. 677; Kickx., p. 124; Berkl., Outl., p. 283.
Groupé, grêle, presque égal, rouge, mou, pubescent étant
jeune, glabre ensuite, un peu fistuleux, pâle ou roux, à base
fibrilleuse; rampant. Automne, hiver, dans les bois, sur les feuilles
tombées.
Clavaire pistilliforme ; Cl. pistilliforma, planche LXIII, fig. 328.
Solitaire, glabre, ferme, légèrement épaissi en haut, un peu
obtus ; tige cylindrique, blanche ; chair blanche, inodore. Automne,
dans les bois. — Comestible.
160 DESCRIPTION DES ESPÈCES
Clavaire blonde, Cl. helvola, planche LXIII, fig. 329.
Cl. cylindrica, Bull., t. 463, f. 1, B.
Moyen, groupé, fascicule, branches graduellement renflées,
fistuleuses, simples, fragiles, allongées, obtuses, d'une couleur
jaune à base plus claire. Été, automne, sur la terre dans les prés.
— Comestible.
Clavaire en crête, Cl. cristata, planche LXIII, fig. 330.
Clavaria laciniata, Bull., t. 415, f. 1; Tkelephor a cristata, Fr., Epie,
p. 637; Merisma cristata, Pers.; Clavaria cristata, Quelet, p. 295.
Presque décombant, glabre, incrustant, tuberculeux, d'une
couleur fauve pâle, rameaux plats, dilatés, laciniés, un peu
difformes, frangés en crêtes minces et aiguës, velouté. Été,
automne, dans les bois, parmi les Graminées. Ne se mange pas.
Clavaire hydnoïde, Cl. hydnoides, planche LXIII, fig. 331.
Presque en buisson, à peine long d'un demi-centimètre; mou,
subuliforme, pellucide, d'une couleur bleuâtre, pâle, rameaux
dressés sur le bois mort. Été, automne.
27» GENRE, CALOCERA
Espèces cornées, gélatineuses, tenaces, visqueuses, venant sur
le bois, sans tige distincte.
Calocaire en pointe, Caloc. cornea, planche LXIII, fig. 327.
Batsch., f. 161; Clav. aculeiformis, Bull., t. 463, f. 4;Mong.,n° 682;
Desm., exs., n° 73; Fr., Epie, p. 680.
Extrêmement petit, groupé, simple ou bifurqué, visqueux,
jaune orangé, très fragile, à base adhérente. Automne, sur le
bois demi-pourri. Ne se mange pas.
Calocaire palmé, Caloc. palmata, planche LVII, fig. 290.
Sehum., Saell., 2, p. 442; Kickx., p. 120; Fr., Epie, p. 680; Quelet,
p. 298.
Tenace, comprimé, rameux, dilaté et divisé vers le haut, où les
petits rameaux sont arrondis et même écartés ; d'une belle couleur
jaune d'or. Automne sur les souches.
VINGT-HUITIÈME GENRE, TYPHULA 161
28e GENRE, TYPHULA
Réceptacle simple ou rameux, très grêle, cylindrique, séparé
du pédicelle, revêtu de la membrane fructifère partout, celle-ci
portant des basides dans toute son étendue, souvent oblitérées, à
cause de leur ténuité. Petits Champignons filiformes, venant sur
les bois morts. Ils diffèrent des Clavaires par leur ténuité et par
l'oblitération des basides.
Typhulé pied rouge, Typh. erytropus, planche LXX, fig. 383.
Tige très grêle, flexueuse, un peu rameuse, allongée, découpée
en pinceau au sommet, portée sur un petit tubercule radical d'une
couleur fauve. Dans les bois, sur les branchages morts, les copeaux
pourris. Printemps, automne.
29e GENRE, HIRNEOLA
Ce genre offre des Champignons à chapeau coriace, gélatineux,
en entonnoir, ou seulement en forme d'oreille, comme celui que
représente la fig. 313. La membrane hyméniale est située exté-
rieurement en grillage ; tous ces Champignons se gonflent par les
temps humides.
Oreille de Judas, Hirneola Judae, planche LX, lig. 311.
Batt., t. 3, fig. T; Huss., I, t. S8; Kroinbh., t, 5,f. SU; Barla, t. 44, f. 17,
18; Linn., Bull., t. 427, f. 2.
Ce Champignon est sessile, mince, étendu ; horizontalement, il
présente presque toujours des échancrures qui lui donnent la
forme d'une oreille d'homme. Sa surface supérieure est d'un
brun rougeâtre, creusée en soucoupe, diversement plissée; la face
inférieure se montre plus pâle, pulvérulente, parsemée de veines
saillantes et divergentes ; sa consistance est gélatineuse, mais
ferme et élastique. On le rencontre Tété, l'automne sur les vieux
troncs d'arbre, principalement le sureau. Légèrement purgatif.
30° GENRE, EXIDIA
Réceptacle mou, gélatineux, homogène, horizontal, presque
bordé, velu, veiné, plissé en dessus, lisse en dessous, composé de
n
162 DESCRIPTION DES ESPÈCES
deux membranes, dont la supérieure est ornée de papilles hétéro-
gènes et d'une membrane qui recouvre les basides et les spores
explosibles.
Exidie plissée, Exid. plicata, planche LIX, fig. 30o.
Klotzscù., Bor., t. 47;>; Fr., Epie, p. 694.
Coussinet discoïde, ondulé, brun noir, parsemé de papilles
coniques scabres, cendré, ponctué à l'extérieur, rétracté et très
aminci parle temps sec. Automne, sur les branches de bouleau.
::i GENRE, TREMELLA
Réceptacle gélatineux, mou, homogène, presque transparent,
polymorphe, lobé, plissé, partout semblable, couvert d'une
membrane glabre, de texture fîbroso-celluleuse ; basides épars à
la superficie de l'hyménium qui est lisse et sans papilles. Cham-
pignons assez grands ou moyens, se développant entre l'écorce et
le bois des racines ; de couleur ordinairement jaune orangé.
Tremelle foliacée, Tremel. foliacea, planche LVII, lîg. 292.
Pers., Obs., 2, p. 98; !/>-. Eur., I, p. 101; Berkl., On!/., p. 287; Kickx.,
p. 117; Bull., t. 406, f. t. a.; Fr., Epie, p. 690; Quelet, 301.
Groupé, grand, lisse, diaphane, ondulé, plissé, à base crépue,
sillonnée, liés entière., de couleur cannelle incarnat.
Automne et hiver, se trouve sur les troncs d'arbres.
32" GENRE, PHALLUS
Volva arrondie, composée d'une double membrane pleine de
gelée, qui se rompt en plusieurs morceaux. Champignon campa-
nule ou conique, entier et donnant issue à un mucus sporulifère,
tenace. Les spores blanches sont sessiles sur les basides. Pédi-
celle spongieux. Champignon pourvu d'un chapeau perforé à son
mu n met et réticulé ou marqué d'enfoncements polygones, d'où
sort une liqueur visqueuse dans laquelle sont engagées les spores;
marge au bord du chapeau libre. Les spores sont, en général,
ellipsoïdes, allongées, rondes, quelquefois un peu réniformes et
mesurent, en moyenne, de \ à S millièmes de longueur.
TRENTE-TROISIÈME GENRE, SIMBLUM 163
Phallus satyre impudique, Ph. impudicus, planche LXIV, fig. 332.
Linn., Spec, 1648; Satyre, Bull., t. 18-2; Midi., t. 83; FI. dan., t. 175;
Schaeff., t. 196, 197, 198; Corda., f. 7, f. 50; Kroinbk., t. 18, f. Kl, 15;
Berkl., t. 20, fig. 3; Barla, t. 46, fig. 1, 4; Paul, t. 191.
Chapeau en forme de cône tronqué ou de cloche, adhérent par
son sommet à l'extrémité supérieure du pédicelle, libre dans le
reste de son étendue (V); la face externe est parsemée d'alvéoles
polygonales, invisibles dans le jeune âge. Elles sont remplies d'une
couche charnue, d'un vert foncé, cpii est interrompue de temps en
temps par de petites veines blanches; ce sont les cloisons des
alvéoles qui font saillie. Le pédicelle (fig. 0), naît au centre de la
volve, sur la partie même du plateau; il représente une colonne
renflée a sa partie moyenne et atténuée aux deux extrémités. La
volve (fig. 333, V), (332, B), qui enveloppe le Champignon est de la
même nature que le mycélium; si on fait une coupe longitudinale
on voit qu'elle est composée de deux membranes fermes., résis-
tantes, élastiques, l'une externe, V, l'autre interne, E. qui se
terminent en cul-de-sac, b; et recouvrent comme une opercule
l'ouverture qui existe au sommet du chapeau (fig. 333, U), et se
prolonge dans l'intérieur du pédicelle (d): en représentant le mucus
de la volve.
Toute la plante exhale une odeur cadavéreuse qui la fait recon-
naître de loin; elle vient à terre, dans les bois,, à la fin de l'été et en
automne. Ne se mange pas. (Fig. 334 petit et grand œuf de Phallus.)
Phallus chien, Ph. caninus, planche LXV, fig. 340.
Schaeff., t. 330; Bott,, t. 4(1, f. E, F; Sow., t. 331.
Chapeau adhérent, nu, conique, perforé de cellules irrégulières.
Pédicelle de 6 à 10 centimètres, flasque, celluleux, atténué en
bas, rougâtre à son sommet. Sa base est entourée par un volva
qui, au jeune âge, enveloppe le Champignon. Dans les bois, l'été,
l'automne, entre les feuilles, sur les troncs d'arbres pourris. Ne
se mange pas. La fig. 341- représente un œuf de Phallus caninus.
33° GENRE, SIMBLUM
Réceptacle ou péridium en forme de volva, sessile, radicule
en forme de lobe.
164 DESCRIPTION DES ESPÈCES
Simbluni Klotzsch, Simblum periphragmoides, planche LXV,
fig. 33b. Dessin de Léveillé.
Chapeau en forme de cloche, à face externe parsemée d'alvéoles
polygonales, môme dans le jeune âge, comme chez les Pézizes ;
une figure non numérotée les représente sans spores. Ces alvéoles
sont enduites dîme pulpe muqueuse mêlée à la masse fibrineuse
du chapeau. Les basides, les cystides et les spores se trouvent dans
cette masse pulpeuse ou à sa surface. Le péclicelle naît dans une
volve qui reste à la base et représente une petite colonne. On ren-
contre ce Champignon dans le Midi de la France. Tout l'été. On
le mange jeune.
34e GENRE, COLEUS. — A. Chevalier et P. Léchier
Péridium en forme de volve radiée, rompu en lobes portant à
son centre une columelle, composée de deux membranes disjointes
par de la gélatine.
Coleus kirudiné, Çol. hirudinosus, planche LXV, fig. 336.
Dessin de Léveillé.
Pédicelle court, se divisant en rameaux charnus, droits, réunis
au sommet sur une base en forme d'entonnoir et anastomosés,
simulant à la surface un petit bassin aréole, spores à la surface.
La fig. 336 représente le Champignon soulevé hors de sa volve ; la
fîg. 336, B, montre le sommet en grillage sans substance mucila-
gineuse. Ce Champignon est très commun dans les environs de
Toulon. Ne se mange pas.
35e GENRE, LYSURUS. — Fr.
Réceptacle pédicule, charnu, enfermé dans un volva, divisé en
lanières du sommet à la base, surface fertile. Dans ce genre les
basides, les cystides et les spores sont situées à la base des divi-
sions des lanières.
Lysurus de Mokusin, Lysurus Mokusin, planche LXV, fig. 337.
Dessin de Léveillé.
Chapeau rétréci à son sommet, se divisant en cinq lobes égaux,
TRENTE-SIXIÈME GENRE, LATERNEA 16b
simples, avec bord à arêtes. Ces lobes sont parsemés sur leur bord
externe de basides, de cystides et de spores.
Le pédicelle sort d'une volve mince, blanche; il est comme
entouré par quatre lobes, deux de charpie côté en forme de colonne
d'un cris pâle en bas, souvent rougeâtre en haut ou mucilaginenx
ou visqueux selon le terrain. Si on t'ait une coupe transversale du
pédicelle, on voit la cavité centrale vide de tissu dans toute son
étendue. La fig. 337, le représente jeune, prêt à se développer.
36e GENRE, LATERNEA. — Turp.
Réceptacle formé de plusieurs branches simples, réunies vers
leur sommet, sortant d'un volva simple arrondi.
Laternea en colonne, Laternea columnata, planche LXV, fig. 338.
Dessin de Léveillé.
Réceptacle externe en forme de volva, simple, ensuite déchiré,
ouvert, composé inférieurement de columelles charnues, simples,
jointes au sommet, portant au dehors de leur point de réunion
un réceptacle cupuliforme auquel sont attachées les spores. Dans
le Midi de la France, en Italie, à Saint-Domingue.
37e GENRE, CLATRACÉS
Champignon sessile, ovoïde ou globuleux, formé de rameaux
charnus, anastomosés en grillage, émettant de tous côtés une
humeur visqueuse où tombent les spores.
Clatrus (en grillage^, Clat. cancellatus, planche LXV, fig. 339.
Dessin de Léveillé.
Champignon sessile, globuleux ou ovoïde, vide dans son centre;
tient à la terre par une petite racine; sa volve est blanche, lisse,
quelquefois plissée par de petits carreaux. Développé, il est charnu,
globuleux ou ovoïde, vide dans le centre, haut de 4 à 8 centimè-
tres, de couleur rouge feu, quelquefois orangé, jaune ou blanche.
Les rameaux s'anastomosent entre eux, formant une espèce de
voûte, percée de part en part de larges trous carrés ou en losanges.
Il est visqueux; à une certaine époque, les rameaux tombent en
déliquescence et entraînent cystides, basides et spores. Très com-
mun dans les Landes; très fétide. Ne se mange pas.
166 DESCRIPTION DES ESPÈCES
88e GENRE, LYGOPERDON (VESSE-LOUP)
Réceptacle turbiné ou globuleux, double, porté sur un pédicelle
plus ou moins long. L'extérieur à aréoles écailleuses, furfuracées,
aplaties, disposées régulièrement, parfois en tubercules polygones,
formant des espèces d'aiguillons; l'intérieur est membraneux, se
rompant irrégulièrement au sommet, contenant des basides et des
spores membraneuses mêlées de filaments d'abord secs, puis se
ramollissant à leur maturité. L'enveloppe devient subéreuse, pul-
vérulente en séchant.
Vesse-loup des prés, Lyc. pratense, planche LXVI, fig. 342.
Pers., Disp. meth.; 7; Bull., t. 435, f. 2.
Ce lycoperdon est peu élevé, hémisphérique, large de 4 à6cen-
limètres, blanc, luisant, mou, un peu lisse, à verrues rares. Pé-
dicelle court ou nul.
Eté, automne, dans les prés, dans les herbes. Se mange jeune.
Vesse-loup hérissé, Lyc. perlatum, planche LXVI, fig. 346.
Person., Syn., 7.
Ce Vesse-loup est d'abord blanc, ensuite fauve ou brun; large
de 4 à 6 centimètres. La base se prolonge plus ou moins en forme
de pédicelle. Sa surface est recouverte de verrues ou papilles fra-
giles., allongées, comme digitées ou lacérées au sommet; chair
blanche, ferme dans le jeune Age; à sa maturité il se convertit en
une poussière brune cpii s'échappe du sommet.
Eté, dans les bois. Se mange.
Vesse-loup piriforme, Lyc. piriformis, planche LXV1I, %. 350.
Schseff., t. 293; Huss.. I, t. 70; Lyc. ovoideum, Bull., 433, f. 3.
En touffes, piriforme, presque plissé sur le pédicelle, fuligi-
neux, pâle, à écailles très minces, un peu arrondies, ensuite radi-
cules, fibreuses, longues. Eté, automne, sur les troncs d'arbres
en décomposition. Se mange très jeune.
Vesse-loup d'hiver, Lyc. hyemale, planche LXVII, fig. 351.
Bull., t. 340, 373; Vaill., Bot., t. 12, f. 13 et 16.
Couleur fuligineuse, à verrues compactes, piquantes., distantes,
persistantes, se détachant rarement dans leur vieillesse. Pédicelle
TRENTE-NEUVIÈME GENRE, GEASTRUM 167
un peu long, presque cylindrique, à peu près nu; fibrilles radi-
cales blanches, allongées. Dans les bois, l'automne.
Se mange très jeune.
Vesse-kmp géant, Lyc. giganteum, planche LXVII, fig. 3a .
Schaeff., t. 191; Batsch., t. 20, 1". 16b; Paul, t. -200; f. I, 201, f. 4; Lyc.
borista, Linu., Pers., Syn., I; Huss., I, t. 26.
CeVesse-loup des bouviers, comme on le nomme vulgairement,
acquiert quelquefois jusqu'à 40 centimètres de diamètre; il est
constamment rond, blanc, fragile, souvent lisse, mais plus ordi-
nairement peluché ou floconneux. Presque sessile ; sa chair d abord
blanche passe peu à peu au jaune verdâtre, puis au gris brun et
finit par se convertir en une masse de poussière brun fuligineux,
après quoi il se gerce et s'ouvre à son sommet. On le mange lors-
qu'il est jeune, c'est-à-dire tant que la chair reste blanche et ferme,
droit à terre, en automne, dans les pâturages, les jardins. 11 a le
goût d'un bon Champignon.
On manque de caractères certains pour distinguer nettement
les espèces du genre Lycoperdon. On pourrait en faire autant
d'espèces que d'individus, suivant leur âge, le lieu, le temps où ils
croissent.
39' GENRE, GEASTRUM
Péridium globuleux, double ; l'extérieur coriace, distinct, per-
sistant, se déchirant en plusieurs lobes étoiles; l'intérieur est
membraneux, pourvu d'une ostiole plus ou moins irrégulière.
Entre les deux péridium il y a un roseau, regardé comme une
sorte de volva, par M. de Candolle.
Geastrum roux, Geast. rufescens, planche LXVI, fig. 343.
Fr., Syst., p. 10; Mich., t. 100; Lyc. stellatum, Bull., t. 338.
Le péridium ou enveloppe extérieure est divisé en six ou sepl
segments ou rayons, épais, coriace, de couleur marron. L'enve-
loppe intérieure, également marron, est sphérique, se déchirant
irrégulièrement au sommet, et répandent une poussière de spores
d'un brun roux.
Automne, dans les bois sablonneux; à Vincennes.
168 DESCRIPTION DES ESPÈCES
40e GENRE, TYLOSTOMÉS
Réceptacle globuleux, déprimé en dessous, papyracé, enveloppé
dans une volve fugace, s'ouvrant par un pore régulier, cartilagi-
neux ou se déchirant irrégulièrement. Pédicule allongé, fibreux,
plein ou fistuleux.
Tylostomé de l'automne, Tyl. brumale, planche LXVI, fig. 344.
Lycoperdon. pedunculatum, Linn., Spec, 1G54; Bull., t. 271, f. 2.
Péridium à ostiole allongée, blanc, globuleux, déprimé. Pédicule
long de 4 à 6 centimètres, fistuleux, presque glabre, parfois squam-
muleux. Parmi les mousses, sur le sable, les vieux murs.
L'hiver et au commencement du printemps. Ne se mange pas.
41e GENRE, LYCOGALA
Réceptacle presque arrondi, double. L'extérieur verruqueux,
l'intérieur persistant, papyracé, plus ou moins fugace, s'ouvrant
à sa partie supérieure; contenant une matière pulpeuse qui ren-
ferme, à sa maturité, des spores sessiles sur des filaments capil-
laires. Petits Champignons sessiles de la grosseur d'un pois.
Lycogala miniata, planche LXVII, %. 352.
Pers., Syn., 158; Ly. esperdon, epidendrum, Bull., t. 503.
Réceptacle globuleux, groupé, d'abord d'un rouge vif, puis
brun ponctué. Spores roses. Sur le bois mort, l'été.
42e GENRE, SCLERODERMA
Réceptacle presque globuleux, sessile ou pédicule, coriace,
'indéhiscent ou se brisant au sommet; parenchyme compacte,
puis pulvérulent. Rasides pressées les unes contre les autres.
. Scléroderme à verrues, Sclerod. verrucosum, planche LXVI,
fig. 347.
Pers., Syn., 154 ; Lycoperdon verrucosum, Bull. t. 24.
Réceptacle presque globuleux, verruqueux, brun jaune, violet
en dedans. Pédicelle épais, radical; écailles ramassées, petites.
On le trouve fréquemment en automne, à terre, dans les bois. Ne
se mange pas.
QUARANTE-TROISIÈME GENRE, TRICHODERM \ 169
Scléroderine commun, Sclerod. vulgare, planche LXVII, fig. 353.
Pers., Syn., 6; Lycoperdon aurantinus, Bull., t. 270; Berkl., t. 15, f. 4.
Réceptacle globuleux, aréole, écailleux, d'un brun jaunâtre.
Pédicelle court, radical, se terminant par une racine formée de
prolongements réunis en touffes. Sur le bord des bois, en automne.
Ne se mange pas.
43e GENRE, TRICHODERM A
Réceptacle arrondi ou en forme de coussin, sessile ou pédicule,
partie supérieure filamenteuse et disparaissant spontanément pour
donner issue aux spores rondes.
Trichoderme vert, Tricho. viride, planche LXVIII, tig. 360.
Arrondi, étalé, 2 à 3 lignes, pulvérulent, verdâtre ; villosités
blanches, fugaces.
Sur l'écorce des bois morts, les tiges des grandes plantes, après
les pluies.
44» .GENRE, HYPHELIA
Réceptacle sessile, irrégulier, étalé, composé de filaments
lâches ou d'une membrane fuguce, de figure diverse ; spores nues,
réunies, rarement entremêlées de filaments. Vient sur les écorces.
Hyphelia rosea, planche LXVIII, lîg. 359.
Un peu étalé, planiscule, couvert d'une poudre rosée; villosités
très ténues, d'un beau rose; les plaques ont 3 ou 4 centimètres de
large.
Sur les rameaux morts, en automne et au printemps.
45e GENRE, STEMONITIS
Réceptacle globuleux ou allongé, presque cylindrique, très
fugace, disparaissant en entier. Pédicelle se prolongeant en une
longue columelle axiforme; après la disparition du réceptacle on
voit les filaments nus de la columelle former le réseau sur lequel
sont éparses les spores sessiles.
Stemonitis typhina, planche LXVIII, fig. 361.
Pers., Obs., I, p, 37; Trichia typhoïdes, Bull., t. 477, f. 2.
Réceptacle cylindrique, épars, très délicat, presque courbé, se
DESCRIPTION DES ESPi i !
détruisant facilement; filaments ronds, obtus. Pédicelle noir,
spores brunes. Il ne reste, après la chute des réceptacles, que de
longs crins noirs formes par le pédicelle et la columelle qui en est
le prolongement. Été,, automne, sur les troncs, la terre.
46° GENRE, SPUMARÏES
Réceptacles nombreux, lixés à une membrane muqueuse com-
mune, recouverte d'une enveloppe molle, difiluente comme de
l'écume et qui se réduit enfin en poussière.
Spumaria alba, planche LXVHI, fîg. 33b.
Dec., FI. fr. II, 260; Relicularia alba, Bull., t. 326.
Masse irrégulière, étendue, plissée d'abord, comme écumeuse,
diffluente, prenant de la consistance et montrant des réceptacles
agglomérés d'un blanc bleuâtre, souvent pendants, se réduisant
en poussière blanche à leur dessiccation. Spores noires sessiles. En
automne, sur les tiges, les feuilles, les rameaux tombés, les
mousses. R. Spores rondes.
47° GENRE, ^ETHALIUM
Réceptacle difforme, double; l'extérieur fibreux, disparaissant:
l'intérieur membrano-celluleux, s'ouvrant au milieu, contenant
des basides et des spores réunies par couches, séparées par des
membranes. Champignon d'abord mou, diffluent, puis pulvé-
rulent.
^Ethalium flavum, planche LXV111, tig. 3o6.
Relicularia lutca, Bull., t. 380, 1'. 1.
Étalé, presque arrondi, d'abord jaune, représentant une légère
écume, ensuite plus solide, à superficie lomenteuse, à spores brun
noir, ramassées. Été. automne, sur la terre, les feuilles, les
mousses, les tiges mortes.
48e GENRE, LÎGNIDIUM
Réceptacle arrondi ou en forme de coussin, d'abord mou, dif-
fluent. puis pulvérulent, se déchirant. Spores groupées, mêlées et
attachées à des flocons rameux, réunis par la base.
QUARANTE-NEUVIÈME GENRE, DIDYMIUM 171
Lignidium vesiculiferum, planche LXVIII, fig. 357.
Sporanges régulièrement arrondis, vésiculeux, lisses, soyeux,
assez fragiles, papilleux, sessiles, ramassés, blanchâtres, puis
noirs. Spores mêlées de filaments luisants, fascicules. Eté,
automne, sur les feuilles. A, grandeur naturelle.
49° GENRE, DIDYMIUM
Réceptacle globuleux ou irrégulier, double, tous les deux mem-
braneux, crustacés, se rompant. L'extérieur devient squammuleux.
Filaments lixés à sa base.
Didym. lobatum, planche LXVIII, fig. 3o8.
Petit, persistant. Réceptacle arrondi, globuleux, hémisphérique,
sessile, à membrane externe cendrée, rousse; l'interne noire.
Spores globuleuses, noirâtres. Sur les branches pourries des
arbres. Automne, hiver.
Didym. ciaereum, planche LX1X, fig. 367.
Physarum einereum, Pers., %«., 170; Trichia cinerea, Bull., t. 477, f. 3.
Membrane blanche sur laquelle s'élèvent une (mile de petits
pédicules simples, un peu écartés, portant chacun un réceptacle
ovoïde, blanc, puis gris, transparent, dont la membrane externe
s'en va en poussière, à réseau gris, sur les feuilles, les écorces et le
bois mort. Automne. Q. Grandeur naturelle.
50° GENRE, PHYSARUM
Réceptacle globuleux ou irrégulier, se rompant au sommet, puis
s'en allant en écailles; filaments attachés au fond du réceptacle ;
columelle proéminente ou nulle. Spores agglomérées.
Phys. bullatum, planche LXIX, fig. 364.
Spxrocarpus viridis, Hull., t. 4SI, f. 1.
Réceptacle lenticulaire, granuleux, vert.Pédicelle allongé, grêle,
briqueté; filaments et spores brun noir. Sur la terre et les bran-
ches mortes. Automne, hiver.
51e GENRE, CRATERIUM
Réceptacle elliptique, papyracé, simple, lisse, tronqué au -"in-
1/2 DESCRIPTION DES ESPÈCES
met et fermé par un opercule plan; filaments très fins, dispa-
raissant peu à peu ; filaments et spores blancs.
Sur les feuilles sèches, les mousses.
Crat. leucocephalum, planche LXIX, fig. 362.
Dittm., t. 11.
Réceptacle en forme de coupe, brun, ainsi que le pédicelle ;
opercule convexe, blanchâtre, très fin, disparaissant peu à peu;
filaments et spores blancs. Sur les feuilles sèches. Réceptacle
grossi en G.
52e GENRE, DIDERMA
Péridium globuleux ou difforme, double membrane de chaque
côté; l'externe est entr'ouverte, comme écailleuse; les filaments
sont floconneux, tournés intérieurement vers la base; columelle
nulle; spores blanches ou ferrugineuses, rondes et rassemblées.
Did. contextum, planche LXIX, fig. 365.
Duby, Bot., 858; Sturm., t. 39.
Réceptacle sessile, aggloméré, fixé, flexueux, contourné plu-
sieurs fois, un peu comprimé; membrane externe d'une couleur
citrin; l'interne, pâle; filaments blancs; spores ferrugineuses.
Dans tous les bois, sur les mousses, les brindilles, les feuilles
humides, à terre. Réceptable grossi en N.
53e GENRE, CIONIUM
Réceptacle double ; l'extérieur est d'une couleur blanc jaunâtre,
persistant; la membrane interne est membraneuse, irrégulière-
ment ouverte à la maturité ; parenchyme formé par un réseau
solide, sans élasticité, se rompant au sommet. Pédicelle court,
blanchâtre.
Cion. iridis, planche LXIX, fig. 361.
Réceptacle sphérique, d'un blanc jaunâtre, à pédicelle court,
de la couleur du réceptacle ; spores noires mêlées, de globules
jaunes. Sur le bois ou les feuilles en putréfaction. Réceptacle grossi
en F.
54e GENRE, LEOCARPUS
Réceptacle double; l'externe est en forme de petit cône fragile ;
CINQUANTE-CINQUIÈME GENRE, LEANGIUM 173
l'interne est membraneux, très léger, naissant sur l'externe. Pé-
dicelle court, blanchâtre ou coloré, léger. Spores simples, obs-
cures.
Leocarpus vermicosus, planche LXIX, fig. 363.
Réceptacle ovoïde, oblong, rouge, luisant. Pédicelle grêle,
blanc, à base membraneuse; filaments blanchâtres, spores noires.
Sur les feuilles, les rameaux, les mousses, etc. Dans les bois, à
l'automne. Réceptacle grossi en 0.
55" GENRE, LEANGIUM
Réceptacle globuleux, irrégulier, simple, membraneux, crus-
tacé, fragile, se rompant en étoile au sommet; filaments vagues,
attachés à la base; columelles nulles ou à peine proéminentes.
Spores agglomérées.
' Leangium lepidotum, planche LXIX, fig. 363.
Nombreux, presque coriace. Réceptacle globuleux, paillé, se
fendant au sommet en segments étoiles, réfléchi. Pédicelle allongé,
grêle, roux ; columelle grande, conique, ramassée. Sur le bois
mort, en automne. Réceptacle grossi en L.
56e GENRE, ANGIORIDIUM
Réceptacle indéterminé, simple, papyracé, fragile, comprimé,
verticalement, rompu en une fente longitudinale; spores rassem-
blées sous forme de corpuscules droites, éparses, linéaires.
Angioridium sinuosum, planche LXIX; fig. 366.
Réceptacle convexe, oblong, sessile, lisse, de formes diverses,
adhérent; membrane externe blanche; l'interne bleuâtre; spores
brunes. Sur les petites tiges des arbres et des herbes en putréfac-
tion. Automne. Réceptacle grossi en N.
57e GENRE, TRIGHIA. — Hall.
Réceptacle simple, se rompant irrégulièrement au sommet,
globuleux, allongé. Pédicelle nu, cylindrique, ferme; spores
simples, d'abord attachées, puis réunies en forme de tétraèdre,
se divisant à la maturité.
1 T -î DESCRIPTION DES ESPÈCES
Tirchia cerina, planche LXX, fig. 378.
Réceptacle ovoïde, d'abord blanc, mou, puis d'un fauve sale.
Pédicelle court, conique, filiforme. Spores noires, sur les troncs
pourris dans les bois. Réceptacle grossi en U.
:;n GENRE, ARGYRïA. — Hall.
Réceptacle membraneux, simple, presque cylindrique, s'ouvrant
en travers ; la partie supérieure très fugace, l'inférieure persistante,
cupuliforme. Spores éparses parmi les filaments, qui, de la base,
sortent avec élasticité sous forme de réseau. Columelle nulle.
Arcyria incarnata, planche LXIX, 1 i y . àij'.t.
Ramassé, couleur rouge. Pédicelle court, canaliculé; chevelure
ovoïde-cylindrique, étalé; membrane sous-jacente nulle. En
automne, sur les branches pourries des chênes.
o9c GENRE, CIRRHOLUS. — Mart.
Réceptacle simple, globuleux, membraneux, se fondant irrégu-
lièrement; columelle en spirale; spores très petites, globuleuses,
non entremêlées de filaments (espèce très rare).
Cirrholus flavus, planche LXX, fig. 370.
Réceptacle rond, couché, se déchirant très irrégulièrement pour
donner passage à une columelle élastique en forme de spirale.
Automne, sur le bois mort. Réceptacle et columelle grossis en S.
60u GENRE, DICTYDIUM
Réceptacle globuleux, simple, membraneux, veiné, réticulé,
formé entièrement de filaments, s'ouvrant presque toujours en
une sorte de grillage. Spores agglomérées, entourées par le
réseau filamenteux.
Dictydium cernuum, planche LXX, fig. 377.
Réceptacle globuleux, dénudé, droit, dressé, grillé, d'une cou-
leur brun pourpre. Pédicelle simple , un peu court et épais.
Automne, sur le bois mort. Réceptacle grossi en R.
SOIXANTE ET UNIÈME GENRE, CKIIUPJA 171)
61° GENRE. CRIBARIA. — Schrad.
Réceptacle presque globuleux, simple, membraneux, s'ouvrant
par moitié dont l'inférieure persiste. Filaments formant en dessus
un réseau libre qui maintient les spores réunies.
Cribaria vulgaris, planche LXX, fig. 375.
Réceptacle rapproché, globuleux, penché, jaune, strié à la base.
Pédicelle allongé, roux, llexueux. Sur les troncs putrides, les
mousses, les feuilles dans les buis. Automne, hiver. Réceptacle
grossi en T.
62e GENRE, LIGE A
Réceptacle papyracé, déterminé, simple, persistant, lisse, cylin-
drique ou globuleux, s'ouvrani irrégulièrement ou en travers.
Spores opaques, ramassées, mêlées de filaments rares ou nuls.
Petits Champignons sessiles, tubuleux ou arrondis.
Licea strobilina, planche LXX , fig. 379.
Réceptacles presque arrondis, oblongs, très nombreux, d'une
couleur brun terne, à spores jaune sale. Automne, sur les écailles
des sapins, sur les feuilles, à terre. Réceptacle grossi en V.
63° GENRE, CLISOSPORIUM. — Fr.
Réceptacle membraneux, sessile, s'entr'ouvrant irrégulièrement.
Spores globuleuses, petites, très nombreuses, d'abord gélatineuses,
ensuite transparentes.
Clisosporium carii, planche LXX, fig. 380.
Filaments extrêmement courts, comme pulvérulents, formant
des plaques blanchâtres ou jaunâtres. Spores rondes, petites,
gélatineuses ou transparentes. Champignon qu'on peut observer,
en automne, sur les feuilles et les bois pourris.
Ci GENRE, POLYANGIUM
Réceptacle sessile, globuleux, hyalin, puis ouvert, creux à l'in-
térieur , sans tissu cellulaire; sporangioles peu nombreuses,
libres ou réunies en petits tas. Réceptacle externe coloré jaune
ou rougeâtre. L'intérieur parsemé d'une masse granuleuse.
176 DESCRIPTION DES ESPÈCES
Polyangium vitelinum, planche LXX, fig. 382.
Réceptacle oblong, globuleux , petit , sessile, couleur jaune
d'oeuf, aggloméré en petits tas, ayant à la base un coussin un peu
tomenteux. Automne, sur le bois mort. Coussin grossi en Z.
65e GENRE, CILICIOCARPUS
Réceptacle floconneux, fugace, supporté par une racine rameuse,
blanche à la base ; sporanges nombreux, rassemblés, agglomérés,
lâches, globuleux, rempli à l'intérieur d'une pulpe gélatineuse,
floconneuse et un peu fibreuse. Spores simples, continues, pou-
dreuses et colorées. Champignon épiphyte à racine en forme de
pédicelle, rameuse, blanche, charnue.
Ciliciocarpus hypogeus, planche LXX, fîg. 381.
Réceptacle pédicule, urcéolé, fibreux,, arrondi, subéreux, d'une
couleur roux pâle, vernuqueux extérieurement, s'ouvrant irrégu-
lièrement. Sporanges sphériques. Pédicelle court, blanc, rameux.
Spores nues, ovales. La fîg. X représente un réceptacle grossi. Été,
automne, sur les couches.
66e GENRE, CYATUS
Réceptacle coriace, légèrement filamenteux à l'extérieur, pres-
que arrondi ou cupuliforme, renfermant clans sa jeunesse une
pulpe gélatineuse où sont contenus les péridiums, de la forme et
presque du volume d'une petite lentille; à la maturité ils restent
attachés dans cette corbeille par un étroit funicule ayant les
spores fixées au centre. Petit Champignon en forme de godet,
croissant en groupes sur le bois.
Cyathus striatus, planche LXVI1I, fîg. 362.
Réceptacle épars, conique, renversé, laineux, grisâtre, ferrugi-
neux, strié longitudinalement ; de couleur plombé en dedans.
Opercule membraneux, blanc; péridium pâle. Eté, sur la terre et
le bois pourri.
On voit un opercule détaché en R.
SOIXANTE-SEPTIÈME GENRE, NIDULARIES] 177
67" GENRE, NIDULARIES
Réceptacle arrondi ou urcéolé, coriace ; ouverture irrégulière ou
orbiculoire, nue ou munie d'un épiphragme. Sporanges super-
posés, le plus souvent lenticulaires, sessiles ou attachés à un funi-
cule élastique.
Nidularia granulifera, planche LXVIII, fig. 365.
Réceptacle cylindrique, à peine tomenteux, légèrement ocré,
rose pâle en dedans, non strié. Péridium petit, lisse, rose, puis un
peu pâle. Printemps, sur le bois mort.
68e GENRE, GAUTIERA. — Vitt.
Réceptacle rond, s'entr'ouvrant à l'extérieur; l'intérieur est
celluleux, poreux, en forme d'alvéoles, radié à la base. Cellules
couvertes d'un hyménium basidiophore ; basides la plupart à
deux spores, les petites portées sur de petits stérigmates. Spores
ovales atténuées à la base; épispore plié, strié longitudinalement
ou en forme de mosaïque.
Gautiera morchelliformis, planche LXVIII, fig. 363.
Réceptacle rond, globuleux, strié, ocracé, tacheté et marqueté
de grisâtre ; l'intérieur est poreux, en forme d'alvéoles étroites ;
la surface est tapissée par l'hyménium ; basides à deux spores, à
deux loges, portées par des stérigmates courts.
Été, automne, au pied des bouleaux, des charmes, dans la
terre à une petite profondeur.
69° GENRE, HYDNANGIUM. — Vitt.
Réceptacle couvert, toujours fermé, fibreux, charnu, finement
membraneux, d'une couleur chair un peu ferrugineux; l'intérieur
élastique gélatineux, à cavités étroites, inégales, rondes ou oblon-
gues. Hyménium celluleux; basides en forme de petit cône pointu,
stérigmate court. Spores petites, globuleuses, très caractéristiques
pour ce genre.
Hydnangium carneum, planche LXVIII, fig. 364.
Réceptacle tuberculeux, arrondi, non rugueux, d'un roux
12
178 DESCRIPTION DES ESPÈCES
ocracé, assez régulier, filamenteux à la base, charnu intérieure-
ment, parsemé de veines jaune rose, à anastomoses fréquentes.
Spores globuleuses, petites, portées sur des stérigmates courts.
On les rencontre en automne, dans les bois, quelquefois à kl
surface du sol où leur base est entourée d'un mycélium mince.
Division II. — THÉCASPORES
Les Champignons de cette division sont extrêmement nombreux
et faciles à reconnaître par leur structure spéciale.
On y distingue, à l'œil nu, le réceptacle proprement dit et, au
microscope, trois espèces de tissus ; le cortical, le parenchyma-
teux, Thyménial ; ce dernier formé de thèques dans lesquelles les
spores sont renfermées. Ces thèques placées à l'intérieur ou à
l'extérieur du réceptacle peuvent être entremêlées de paraphyses
ou nues.
Les Thécasporés se développent sur les feuilles mortes, les
tiges des plantes, les troncs d'arbres qui commencent à se décom-
poser, sur la terre et dans tous les pays. Ils sont très variables
comme forme, structure, taille, couleur; de plus, leur singulier
mode de végétation les signale à l'attention de l'observateur. Afin
d'en faciliter l'étude, je les divise en Thécasporés charnus, comes-
tibles, et en Thécasporés charbonneux, non comestibles.
Prenons pour type une espèce très estimée: la Morille, regardée
comme une friandise par les amateurs de Champignons.
Les Morilles commencent leur développement sous la terre,
sur un mycélium uniformément composé d'un mucilage unicolore,
mais d'une texture très appréciable au microscope. Si on examine
les filaments d'une petite Morille sur son mycélium, on observe
des cellules plates très fines, diversement ramifiées et anastomo-
sées; puis, au sommet du petit cône et sur les côtés, un lacis de
cellules globuleuses qui acquièrent en peu de temps un volume
assez considérable par rapport à l'exiguïté du support qui restera
le pédicelle. Ces filaments sont remplis d'une substance plastique
à laquelle le sommet de la Morille devra sa coloration jaunâtre
et les cellules globuleuses s'allongent par leur sommet, formant
DIVISION II. — THÉCASPORÉS 179
un grand nombre de tubes distincts. Épais, très obtus, à cavités
continues. Peu à peu il apparaît dans l'intérieur une substance
granuleuse et globuleuse, inégale: c'est le protoplasma qui servira
d'aliment à d'autres tubes de la même sorte, naissant sur la même
cellule globuleuse. Cette nouvelle génération atteint un allonge-
ment qui peut égaler de trois à cinq fois le diamètre du filament
générateur ; mais le plus remarquable c'est surtout le mode d'ac-
croissement de ces filaments qui se divisent sur le chapeau de la
Morille en plusieurs loges ou alvéoles séparées par des cloisons
verticales et qui se coupent à travers leur axe de figure. Au fur et
à mesure que chacun de ces filaments parvient à sa croissance
normale, toute la longueur de la cellule se renfle insensiblement
de distance en distance en six ou huit petits corps sphéroïdes à
peine visibles ; ce sont les spores formées librement au sein du
protoplasma qui remplit ces cellules désignées sous le terme de
thèques et qui se recouvrent peu à peu d'une enveloppe , sans
adhérer à la cellule mère. Ce mode de développement a valu aux
Champignons le nom d'Endosporés. Dans cette division, l'organe
fertile de l'hyménium appelé thèque est toujours entouré d'autres
cellules stériles, d'une forme grêle, allongées en simples filaments :
ce sont les paraphyses qui, plus ou moins abondantes, se trans-
forment quelquefois en thèques. (La fig. 384, 2, de la planche LXXI,
représente les thèques ; la fig. 3, les paraphyses). A la maturité,
les thèques laissent échapper des spores qui se déposent en fine
poussière.
Quelques espèces d'Helvelles s'emploient aux mêmes usages,
bien que leur apparence soit différente; les Morilles et les Hel-
velles peuvent être séchées facilement (ce qui augmente leur prix)
et servent d'assaisonnement en hiver, saison dans laquelle les
Champignons frais de toute nature sont difficiles à rencontrer.
Le genre, très nombreux, des Pezizes se divise en plusieurs
groupes; les espèces à grande taille sont généralement terrestres;
elles ont la réputation d'être comestibles, mais sans grande valeur.
Quelques-unes, possédant une saveur franche de Champignon,
prennent à la cuisson un goût nitreux très marqué, et sont fort
peu recherchées par conséquent. Les plus petites espèces se trou-
vent sur les menues branches, les vieilles souches, les feuilles
des plantes mortes, etc.
180 DESCRIPTION DES ESPÈCES
En France, les Truffes abondent; on en trouve aussi quelques
espèces en Algérie. Ce sont des Champignons souterrains, de
structure assez particulière. L'hyménium est en forme d'asques
ou larges sacs, contenant de grandes et belles spores, souvent
colorées, composées d'une membrane nommée épispore, qui peut
être suivant les espèces, lisse, verruqueuse ou lacuneuse. L'épis-
pore est souvent partagée en alvéoles polygonales, terminées par
des cloisons minces, membraneuses et proéminentes. Chez les
Truffes il n'y a pas de disposition spéciale pour la dissémination
des spores, car la vie souterraine de la plante les rendrait toutes
inutiles; mais on peut distinguer deux cas : tantôt le sac, contenu
a l'intérieur de la cellule mère, se forme par un renflement plus ou
moins sphérique ou allongé à l'extrémité du filament qui cons-
titue seul le réceptacle : les spores sont immobiles; tantôt le
réceptacle donne naissance à des cellules cylindriques ou sphé-
riques, soit disséminées dans un parenchyme, soit groupées côte
à côte en hyménium, et il n'est pas rare de voir les cellules ainsi
créées aux dépens du tissu parenchymateux, s'isoler en partie
les unes des autres. Ces cellules de formation secondaire se divi-
sent, se séparent en groupes sur le môme filament, de façon à
produire deux sortes de cellules distinctes que l'on nomme stylo-
spores et paraphyses.
FÉCONDATION DES THECASPORES
On a longtemps soupçonné chez ces Champignons, mais sans
preuves certaines, l'existence d'une reproduction sexuée; depuis,
des observations multiples, des faits nombreux se sont accumulés
et aujourd'hui on n'a plus aucun doute sur ce phénomène. Parmi
les savants qui ont reconnu certains actes de copulation dans les
cellules des Thécasporés jeunes, je citerai le professeur de
Bary (1), le docteur Woronin (2), M. Tulasne (3), dans VAsco-
bolus pulcherrimus de Crouan. Woronin s'est assuré que la coupe
doit son origine à un tube court et flexible, plus gros que les
autres branches du mycélium, et qui bientôt est partagé, par des
cloisons transversales, en une série de cellules dont l'accroisse-
(1) De Bary, Ami. des Se. nul., 5e série, p. 343.
(2) Woronin, Beilr. sur Morph. und Plujs. de Pilze, par de Bary, II, 1800, p. 1-14.
(3) Tulasne, Ami. des Se. nal., S" série, octobre 1800, p. 211.
DIVISION II. — TIIÉCASPORÉS 181
ment successif donne finalement à l'ensemble une apparence
noueuse et inégale. 11 appelle vermiforme le corps ainsi formé et
désigné maintenant sous le nom de Scolécite. M. Tulasne dit que
le corps annulaire ou scolécite peut être aisément isolé dans
VAscobolus purpuraceus. Quand les jeunes réceptacles, encore
sphériques et blancs, n'ont pas atteint un diamètre de plus d'un
vingtième de millimètre, il suffît de les comprimer légèrement
pour en déterminer la rupture au sommet et pour chasser le sco-
lécite, placé au centre d'une petit sphère et formé de six ou huit
cellules courbées en forme de virgules.
J'ai fait une série d'expériences sur la fécondation dans toutes
les classes, mais un Champignon de cette division, le Bah/aria
inquinans (planche LXXIII, fig. 393), m'a particulièrement
donné des résultats que je dois rapporter. Le Bulgaria se déve-
loppe entre les écorces du chêne, du charme, du châtaignier;
on doit le choisir jeune; plus tard sa coloration noire rend les
phénomènes de la fécondation très difficiles à observer ; puis sa
surface ne tarde pas à se couvrir de gerçures irrégulières à mesure
que la cupule se creuse; ces gerçures rejettent au dehors une
matière pultacée ou semi-pulvérulente, plus ou moins abon-
dante, presque toute composée de stylospores; à cet âge, la
cupule est formée du réceptacle et de l'hyménium, occupant
toute la surface supérieure. Quand l'été est suffisamment humide,
cette Pezize se développe avec rapidité sous forme de cupule
jaunâtre très obtuse, entre les fissures des écorces d'arbres morts.
Primitivement la masse comprend un lacis confus de filaments
très fins au milieu d'un mucilage épais, divisé en lobes multiples
et irréguliers: ce sont les extrémités obtuses de ces lobes réunis
au sommet du petit tubercule qui engendrent dans leur milieu les
spermaties et s'entr'ouvrent pour leur livrer passage. Une coupe
longitudinale très mince, placée sur le champ du microscope,
présente des filaments droits, cylindriques, fistuleux, hyalins,
colorés en jaune foncé ; sur ces filaments naissent, de distance en
distance, des cellules plus allongées qui se ramifient: c'est l'ébau-
che du tissu hyménial encore mal défini. Ces cellules ont l'appa-
rence de petites papilles et sont encore mélangées aux filaments,
sans cependant s'anastomoser avec le mycélium. Le moment de
leur formation est le plus favorable pour étudier la fécondation.
182 DESCRtPTION DES ESPÈCES
Le mycélium est pour ainsi dire couvert d'une multitude de petits
mamelons obtus, peu saillants, d'une couleur jaunâtre, premier
rudiment de la Pezize; les fdaments intérieurs de chaque mamelon
se partagent en petites cellules et les deux extrémités d'un fila-
ment formé croissent régulièrement en longueur, paraissant
comme des rameaux superposés; cetle formation s'opère graduel-
lement de la base du petit mamelon à son sommet. A ce moment,
la couche de filaments la plus extérieure s'isole circulairement en
se courbant un peu au dehors; la couche interne est comme géla-
tineuse.
Dans ce milieu, on distingue une cellule d'une forme toute
particulière, beaucoup plus rigide que celles de même provenance
et qui de moment en moment gagne considérablement en volume,
devient plus forte, plus rigide que les autres cellules de même
provenance, engendre sur toute sa surface des hyplies étages en
verticilles imparfaits et rapprochés. Ces cellules nouvelles se bifur-
quent à peu de distance de leur base, et leur diamètre de plus en
plus inégal s'allonge en décrivant un arc de cercle; en même
temps la cavité de la cupule d'abord continue, se divise au
sommet par des cloisons perpendiculaires en plusieurs articles
pour donner naissance aux thèques et aux paraphyses. La cellule
mère qui les avait produits devient plus globuleuse, son inté-
rieur est plein d'une substance jaunâtre, hyaline, qui ne tarde
pas à se diviser en plus ou moins de portions distinctes, s'arron-
dissant en petites sphères qui s'éloignent alors des parois de la
cupule pour se grouper vers son centre où cette masse nage dans
un liquide aqueux; le sommet de la cellule devient globuleux et
prend la forme d'une sphère. Si le scalpel n'a pas tué les
cellules, si la préparation sur laquelle on observe est bien faite,
on aperçoit assez distinctement un filament venant du mycélium,
ayant d'abord un aspect grêle et une forme particulièrement
cylindrique; il arrive au sommet de la sphère, cesse de s'al-
longer, se renfle un peu en se limitant au bas par une cloison;
puis son intérieur s'organise et le protoplasma se sépare en petits
globules; cette cellule grêle, cylindrique, change en quelques
heures de forme, prend l'aspect d'une cellule oblongue faiblement
courbe, s'allonge en pointe tubuleuse, traverse la paroi de la
sphère, et, en s'ouvrant à son extrémité, lui épanche son proto-
DIVISION II. — TIIÉCASPORÉS 183
plasma. J'ai cherché bien des fois à voir le contenu de cet organe
mâle sans y parvenir, à cause de la rapidité du mouvement et du
changement de préparation.
M. Tulasne, qui a suivi ce développement dans d'autres espèces,
donne le nom de scolécite à la sphère et nomme anthéridie ou
organe mâle le filament cylindrique.
A la suite de la fécondation, le scolécite s'allonge de plus en
plus, jusqu'à ce qu'il forme un tube légèrement courbe, sur lequel
apparaissent d'autres filaments ; à sa surface interne naissent de
petits ramuscules qui se dirigent en haut, se ramifiant dans leur
partie basilaire et s'allongeant pour former l'hyménium : on
reconnaît là les paraphyses. A côté se développent d'autres fila-
ments qui se dirigent tantôt à droite, tantôt à gauche delà cupule,
sont plus ou moins étalés, se cloisonnent, se ramifient plus ou
moins considérablement, selon la saison. La seconde formation
après le mycélium ce sont les Hyphes qui, avec les paraphyses,
constituent une partie importante du réceptacle ; le sommet de la
cupule est formé par ces cellules qui n'ont pas de communication
immédiate entre elles. Après la fécondation seulement, les hyphes
offrent de distance en distance, des excroissances latérales qui
grossissent peu à peu, s'allongent, se séparent ensuite de la cellule
mère par une paroi transversale; la nouvelle cellule absorbe tout le
protoplasma de la cellule mère, acquiert peu à peu la forme d'une
thèque, et lorsqu'elle a atteint sa plus grande dimension, il se forme
dans son milieu une substance plastique, d'apparence granuleuse.
Si on l'observe attentivement, on voit qu'elle est comme oléagi-
neuse et très réfringente ; des vacuoles se forment de distance en
distance ; à ce moment paraissent les nucléus, facilement recon-
naissables à leur forme sphérique et à leur réfringence. Ces
thèques s'arrondissent dans leur partie supérieure, sans rien
perdre de leur structure; puis les nucléus disparaissent tout à
coup, le protoplasma se divise, devient plus granuleux, principa-
lement à la partie supérieure; les spores commencent à se former,
la première au sommet de la thèque, mais souvent elles appa-
raissent toutes à la fois au nombre de huit. On ne distingue
d'abord qu'une petite masse globuleuse de protoplasma qui prend
rapidement la forme sphéroïdale et peu à peu devient réfringente;
au centre de chacun de ces globules, on aperçoit un petit nucléus
184 DESCRIPTION DES ESPÈCES
ayant le même aspect, la même forme, un peu moins de réfrin-
gence peut-être, que le générateur de la thèque. Bientôt la spore
change ; sa forme primitive devient ovoïde ; c'est à ce moment
que s'opère la fécondation dans toutes les thèques, et, phénomène
curieux, ce petit globule qui était trouble devient plus réfringent
et s'entoure de l'endospore.
Cette dernière membrane passe par une série de transfor-
mations successives ; elle s'épaissit d'abord, puis se dédouble pour
donner naissance à l'exospore. La spore, parvenue à sa maturité
parfaite, se compose donc de son contenu protoplasmique, d'une
membrane incolore, l'endospore, et de l'exospore coloré ; chaque
spore, dès cet instant semble vivre par elle-même ; mais à leur
maturité, toutes se dirigent vers le sommet de la thèque, s'y
groupent de manières diverses et sont prêtes à être lancées au
dehors au moment de la déhiscence.
De récentes observations microscopiques de l'atmosphère
montrent la grande quantité de spores et de cellules qui y sont
continuellement en suspension. La majorité de ces cellules sont
vivantes et prêtes à entrer en germination dès qu'elles trouvent
des conditions favorables, c'est ce qui est hors de doute, car
lorsque les préparations ont été tenues en observation pendant
assez longtemps, la germination a eu lieu rapidement dans beau-
coup d'entre elles.
Tels sont les principaux phénomènes de la fécondation, phéno-
mènes que j'ai dû me contenter d'analyser succinctement, car un
examen complet m'eut entraîné trop loin.
70- GENRE, GEOGLOSSUM. — Pers.
Pédicelle allongé, cylindrique, dressé, terminé par une massue;
hyménium solide, ovoïde, épaissi, portant des thèques de toutes
parts, distinctes du pédicelle. Ce sont des Champignons terrestres,
allongés, groupés, charnus, simples, vert foncé, à pédicelle très
grêle et très distinct du sommet.
Geoglossum glabrum, planche LXII, ûg. 323.
Glabre, sec, noir, linguiforme, lisse, comprimé ; pédicelle un
peu écailleux, à base blanche, velue. — Vient en automne, sur
les souches, dans les bois.
SOIXANTE-ET-ONZIÈME GENRE, MORCHELLA 18S
71° GENRE, MORCHELLA. — Pillenius
Les Morilles ont un chapeau ovoïde ou conique, plissé, réticulé,
formant des alvéoles nombreuses et irrégulières, portées par un
pédicelle creux; hyménium supérieur, persistant, renfermant des
thèques fixes. Ce sont des Champignons mous, fragiles, semi-
transparents, venant sur la terre au printemps.
Morchella nigra, planche LXXII, fig. 384.
Chapeau presque cylindrique, aigu, noir, à côtes longitudinales
constantes, liées pa*' des rides transversales formant des aréoles
profondes, oblongues linéaires. Pédicelle lisse, petit, mince.
Sur le bord des chemins, au printemps. — Comestible.
Morchelle comestible, Morch. esculenta, planche LXX, fig. 385.
Linn., Spec, 1648; Pers., Syn., 018: Bull., t. 218.
Chapeau fort, gros, ovoïde, obtus, à côtes formant des aréoles
anastomosées. Pédicelle lisse, cylindrique, blanc, mou, gros.
Au printemps, sur la terre, dans les bois. — Comestible délicat.
72e GENRE, VERPA. — Swartz
Chapeau pédicelle, conique, fixé par le centre, charnu, mem-
braneux, n'adhérant pas latéralement au pédicelle, lisse sur les
deux faces ; membrane fructifère supérieure, ridée, contenant des
thèques fixées par la base. Ce genre ne diffère des Helvelles que
par la forme régulière du chapeau.
En forme de dé, Verpa Krombholzii, planche LXX, fig. 386.
Chapeau un peu cylindrique, digitiforme, d'une couleur terre
sombre. Pédicelle grêle, atténué en bas, blanc pâle. Avril, mai;
Chantilly, Compiègne. — Comestible.
73° GENRE, HELVELLA. — Linné
Chapeau irrégulier, orbiculaire, sinué, réfléchi sur les bords,
bombé en dessus, concave et stérile en dessous, divisé en lobes
plies et rabattus, libres ou adhérents au pédicelle ; membrane
fructifère supérieure lisse, persistante, sans veines ni aréoles,
portant des thèques fixes. Les Helvelles sont des Champignons
fragiles, semi-transparents.
186 DESCRIPTION DES ESPÈCES
Helvelle crépue, Helv. crispa, planche LXXII, fig. 388.
Fries., Sysl. myc, II, 14; Bull., t. 466, Helvella milra,
Chapeau courbé en mitre, lobé, libre, crispé, très grand et gros,
pâle en dessus, un peu noirâtre en dessous. Pédicelle fîstuleux,
blanc, à côtes anastomosées, lacuneux. Tout l'été, dans les bois
humides. — Comestible.
Helvella farinosa, planche LXXII, fig. 389.
Chapeau moyen, en forme de mitre, uni en dessous et en dessus,
non ondulé ; ce chapeau a deux lobes aigus et, en complète crois-
sance, devient chamois pâle. Pédicelle grêle, plein, lisse, cassant,
élastique, effleuri. Assez fréquent dans les bois, en septembre,
octobre. — Comestible.
74e GENRE, PEZIZA
Le genre Pezize, très étendu, se partage en groupes parmi
lesquels les Aleuria sont généralement terrestres. Ce groupe
renferme presque toutes les espèces à grande taille ; quelques-
unes cependant, appartenant au genre Lachnca, sont en partie
terrestres, en partie épiphytes. Les plus petites espèces se
trouvent sur les menues branches et les feuilles des plantes mortes ;
d'autres sont parasites sur les vieux Champignons. Les Pezizes
ont un réceptacle cupuliforme, bordé, d'abord presque fermé par
contiguïté del'épiderme, puis ouvert; hyménium lisse, persistant,
distinct, contenant des thèques amples, fixes, lançant avec élasti-
cité leurs spores. Ce sont de petits Champignons charnus ou ciri-
formes, sessiles ou pédicellés.
Pezize orangé, Peziza coccinea, planche LXXIII, fig. 392. A, thèques
et paraphyses.
Schœff., t. 148; Bull., t. 474.
Groupé, presque sessile; cupule d'abord régulière, puis irrégu-
lière, est parfois creusée en soucoupe et régulière, d'autres fois
roulée en oublis, dimidiée ou lobée ; d'une couleur rouge orangé
en dedans, jaune blanc au dehors. Dans les bois, en été et en
automne, sur la terre, la mousse, au bord des fossés.
Comestible ; sans saveur.
Pezize des sapins, Peziza abietina, planche LXXIII, fig. 39b.
Champignon de grande taille, presque sessile, groupé; cupules
SOIXANTE-QUINZIÈME GENRE, ASCOBOLUS 187
membraneuses, cériformes, roulées en limaçon, à grande ouver-
ture, jaune chamois clair en dehors et en dedans. Sur la terre,
dans les bois de pins, août, septembre ; saveur faible. — Comes-
tible.
Pezize en coupe, Peziza acetabulum, planche LXXIII, fig. 396.
Linn., Spec, 1650; Bull., t. 485, f. 4; Bot., t. 13, f. I.
Cupule grande en forme de coupe , fuligineuse et à veines
épaisses, rameuses en dehors. Pédicelle fistuleux, court, pâle,
lacuneux, sillonné. Cette espèce est la plus grande dans un large
rayon autour de Paris. Sur la terre, les lieux ombragés, au prin-
temps. — Comestible. La lettre Z représente les thèques et les
paraphyses faiblement grossies.
75" GENRE, ASCOBOLUS
Mon savant collègue, M. Boudier, a étudié ce groupe (voir son
Mémoire sur les Ascobolés, Annales des Sciences naturelles,
5e série, volume X, 1869.). Ces petits Champignons se présentent
d'abord sous la forme d'un petit globe arrondi et presque entière-
ment cellulaire ; A, réceptacle hémisphérique ou en forme de
cupule. Les thèques sont proéminentes, grandes, claviformes,
distinctes, adhérentes, se rompant avec élasticité et contenant
huit spores sur une seule série.
Ascobulus furfuraceus, planche LXXIII, fig. 394.
Pers., Obs., I, t. 4, f. 3,6; Peziza siereoraria, Bull., t. 376.
Cupules sessiles, fragiles, concaves, grises ou verdâtres, d'abord
plissées et fermées en haut, puis s'ouvrant ; abords calleux, furfu-
racées à l'extérieur. Très commun à la fin de l'été, sur la bouse
de vache ancienne ; on voit à la loupe les thèques qui sont allon-
gées et de couleur noire.
76° GENRE, BULGARIA
Ces Champignons ont un réceptacle orbiculaire, ventru, turbiné,
d'abord clos, puis ouvert, un peu plan, gélatineux en dedans,
rugueux en dehors ; ils sont souvent accompagnés de corps clavi-
formes de même couleur qui, dans la saison, peuvent se trouver
seuls et s'appelaient autrefois Tremella. La partie supérieure de
188 DESCRIPTION DES ESPECES
ces massues répand une grande abondance de spermaties recti-
lignes et très déliées. Mais auparavant elles sont couvertes de
conidies globuleuses. Le Bulgaria, à sa maturité complète, déve-
loppe sur son hyménium des asques délicats claviformes, renfer-
mant chacun huit spores transparentes, allongées, de sorle qu'il
existe, dans ce genre curieux, trois sortes de fruits, appar-
tenant au même Champignon, savoir : des conidies et des sper-
maties hors de la phase Tremella, et des spores contenues dans des
thèques à la maturité. Pour plus de détails, j'engage le lecteur à
lire la description de Tulasne, dans le Selectœ Fungorum Carpo-
logia, volume III.
Bulgaria inquinans, planche LXXIII, fîg. 393.
Fr., Syst. myc, II, 167; Peziza nigra, Bull., t. 400, f. t.
Cupules d'abord régulières, ovoïdes, closes, puis à disque dilaté,
plan, concave, turbiné, enfin irrégulier, ferme, ridé, sillonné,
rougeâtre à l'extérieur, noir, teignant les doigts en dedans. Très
commun sur le vieux bois, dans les chantiers, les forêts. Ce Cham-
pignon a parfois plus de cinq centimètres d'étendue. — Comes-
tible, mais peu délicat.
77" GENRE, SPHiERIA. — Haller
Ce genre, qui varie considérablement selon les espèces, contient
une très grande quantité de Champignons dont le nombre s'accroît
chaque jour. Le caractère général de toutes ces espèces, c'est le
réceptacle qui enveloppe l'hyménium et qui, à la longue, s'ouvre
au sommet par un pore ou ostiole. Dans quelques espèces, le
réceptacle est simple ; il est composé chez d'autres ; plongé dans
un stroma, ou libre ; charnu ou cireux, enfin membraneux. Une
remarque importante à faire, c'est que l'hyménium n'est jamais
à nu. Le conceptacle consiste ordinairement en une couche
extérieure, de structure cellulaire, lisse ou poilue, ordinairement
noirâtre, et en une couche intérieure de cellules compactes qui
donnent naissance à l'hyménium. Un savant de grand mérite,
M. Fabre, d'Avignon, bien connu pour ses livres pédagogiques,
publie, dans les Annales des Sciences naturelles, un travail remar-
quable sur les spores des Sphœria qui présentent des variétés
presque infinies dans leurs types et leurs formes. M. Tulasne nous
SOIXANTE- DIX-HUITIÈME GENRE, TUBER 189
a fait connaître parmi les Sphaeriacées, un grand nombre d'in-
dividus chez lesquels existent des organes multiples de repro-
duction.
Sphaeria ophroglossoides, planche LXII, fîg. 321.
Ehrb., Eus., 100; Clavaria radicosa, Bull., t. 440, f. 2; Sphxria radicosa,
Dec, Fl.fr., II, p. 283.
Tige longue, charnue, grêle, jaune à l'intérieur, d'un jaune
noirâtre en dehors, renflée au sommet en une courte massue,
autour de laquelle sont nichées les loges, et donnant naissance
intérieurement à de longues racines flexueuses et jaunâtres, au
moyen desquelles cette espèce est toujours fixée ; les thèques sont
filiformes, transparentes et contiennent des spores simples, dispo-
sées sur deux rangs.
Réceptacle plus ou moins sphérique, charnu, indéhiscent et non
séparable du parenchyme sans déchirement, lisse ou verruqueux,
pourvu d'un mycélium persistant; sa chair est composée d'un tissu
cellulaire condensé, sous forme de membranes ténues et anasto-
mosées, qui imitent les veines d'un tissu cellulaire simple,
parsemé de sporanges arrondis, ovoïdes ou allongés, sessiles ou
munis d'un court funicule, transparents et renfermant d'une à huit
spores rondes ou ovales, lisses ou papilleuses.
78° GENRE, TUBER
Pour compléter rémunération des espèces comestibles, il ne
me reste plus qu'à parler des Champignons souterrains, dont la
Truffe est le type.
En France, nous avons l'espèce la plus parfumée du monde,
le Tuber cibarium, Tuber melanospemum, Tuber magnatum,
etc. La Truffe, qui appartient à presque toutes nos provinces, est
abondante dans la Guyenne, le Périgord, la Provence, le Dauphiné,
le Poitou, le Languedoc; se retrouve dans le Nivernais, etc.
Les diverses opinions formulées sur la nature de ce précieux
produit ont été groupées et décrites par M. Chatin, dans son très
intéressant travail sur la Truffe (Bouchard, Huzard, éditeurs,
1869, Paris). Avant d'écrire son livre, M. Chatin a étudié surplace
les conditions de la production ; il a recueilli les observations de
190 DESCRIPTION DES ESPÈCES
tous ceux, trufficulteurs, rabassiers ou chercheurs de truffes, négo-
ciants et autres qui pouvaient l'éclairer de leurs appréciations per-
sonnelles.
Tuber cibarium, planche LXXI, fig. 390.
Chevall., FI., par., I, T, 10, f. S; Bull., t. 356.
Enveloppe d'un noir brunâtre, verruqueuse, à verrues prisma-
tiques, polygonales, souvent marquées de taches couleur de rouille,
de la grosseur d'une noisette jusqu'à celle du poing et plus.
L'intérieur est d'un noir violet ou rougeâtre, parcouru de veines
d'abord blanchâtres, puis rougeâtres ; sporanges ou capsules
souvent prolongés en un appendice caudiforme, et contenant ordi-
nairement quatre spores, parfois une à trois seulement. Spores
elliptiques arrondies, opaques, noirâtres, hérissées de courtes
papilles conoïdes aiguës. — Comestible; odeur des plus agréables.
79° GENRE, ELAPHOMICES
Réceptacle hypogé, arrondi, tubéreux, lisse à sa surface; chair
devenant pulvérulente avec l'âge; péridium épais, dur; thèques
globuleuses. Champignons d'habitudes souterraines et de struc-
ture assez particulière.
Dans ce genre, une couche extérieure de cellules forme une sorte
de réceptacle plus ou moins développé. Cette enveloppe renferme
l'hyménium, qui est sinueux et présente souvent des lacunes.
Depuis quelques années, un nombre relativement considérable
de ces tubercules a été découvert dans les environs de Paris par les
cryptogamistes. La structure générale des Elaphomices peut être
étudiée dans l'espèce Muricatus.
Elaphomices muricatus, planche LXVI, fig. 348.
Champignon souterrain, de forme globuleuse, de la grosseur
d'une noix, sans racines, à réceptacle dur, ferme, d'un blanc rou-
geâtre, sans verrues ; sa chair, dans le jeune âge, est d'un blanc
rougeâtre, passe petit à petit au brun et finit par se transformer
en une poussière brunâtre, entremêlée de filaments jaunâtres. On
le rencontre du printemps à l'automne, dans les bois de châtai-
gniers et de chênes des terrains sablonneux. — Ne se mange
pas.
DIVISION III. — CLINOSPORÉS 191
Division III. — CLINOSPORÉS
Les Champignons appartenant à la division des Clinosporés
sont extrêmement nombreux et ordinairement peu volumineux.
Les spores sont fixées sur un clinode, et le clinode est tantôt nu,
tantôt renfermé dans l'intérieur d'un réceptacle, le plus souvent
corné. Ces Champignons se composent presque entièrement d'un
mycélium filamenteux, d'où naissent directement les sporanges.
Beaucoup d'espèces sont sessiles, comme les Tuberculaires, dont
la forme à conidies est un des Champignons les plus communs, et
croît en petits nodules rouges sur toutes les branches mortes. La
surface de ces branches est souvent couverte, d'un bout à l'autre,
de petites proéminences roses, brillantes, faisant saillie à travers
les écorces. Vers l'une des extrémités de la branche, les proémi-
nences sont d'une couleur plus foncée et plus riche, comme de
la sanguine. L'œil nu suffit pour découvrir les différences entre
deux pustules, et, au point où ces deux pustules se mêlent, on
remarque de petites taches de sanguine qui se détachent sur
les marques roses.
En enlevant l'écorce, on voit que les corps roses sont plus
pâles, ets'épanouissent vers le haut en une tête globuleuse couverte
d'un cendré délicat. A la base, cette tête pénètre jusqu'à l'intérieur
et il s'en détache, dans toutes les directions, des fils de mycélium
confinés à l'écorce, et ne parvenant pas dans les tissus du bois
placés au dessous. Le même Champignon a deux sortes de fruits:
l'un, propre à la forme rose du Tubercularia, avec des conidies
nues et délicates ; l'autre, appartenant aux Champignons mûrs,
enfermé dans des asques et engendré dans les parois du réceptacle.
On sait depuis longtemps que de tels cas ne sont pas rares,
mais ils ne peuvent toujours, ni même souvent, être aussi distinc-
tement observés que dans les Tuberculariés : c'est pourquoi j'ai
choisi comme exemple une espèce aussi universellement connue
et que chacun peut facilement rencontrer sur les plantes mortes.
Occupons-nous maintenant des Champignons qui se développent
sur les plantes vivantes et prenons comme exemple le genre Spha-
celia, formé par Léveillé. Ce nom rappelle en même temps, et
l'action de l'ergot de seigle sur l'économie, et la couleur noire qu'il
102 DESCRIPTION DES ESPÈCES
imprime à l'ovaire. On sait que l'ergot des céréales occupe depuis
longtemps les esprits; chacun croit en connaître la nature et la
cause ; tous les ans on parle de nouveaux moyens appliqués à en
prévenir la formation. Malheureusement, de tous les procédés
proposés jusqu'à ce jour, il n'en est aucun qui remplisse son but.
Le développement de l'ergot commence par la formation d'un
mycélium filamenteux qui s'établit à la surface de l'ovaire des
Graminées. Au début ce n'est qu'un corps mou, visqueux et fétide,
difforme en raison de la compression qu'il éprouve de la part des
enveloppes florales. Si on fait une coupe transversale de la fleur
et qu'on l'examine au microscope avec un grossissement de 400
diamètres, on voit, à la base de l'épillet, un point noir qui n'est
pas homogène; au-dessus, une masse visqueuse formée de petits
filaments distincts, invisibles à l'œil nu : c'est le mycélium de la
sphacélie. Ces filaments mycéliens se développent rapidement, se
feutrent, se rangent concentriquement de dehors en dedans en
couches demi-solides, au milieu d'un magma de nature chimique
différente. L'ovaire est donc ainsi remplacé peu à peu par ce tissu
mycélien; mais il conserve sensiblement sa forme; on aperçoit
le stigmate à son extrémité supérieure. En détachant une petite
parcelle du tissu mycélien, on voit, avec le même grossissement,
sa surface creusée de sillons profonds donner naissance à des
basides rayonnantes, et, au sommet de ces basides, naître quatre
ou six conidies. Ces conidies peuvent germer rapidement, si le
milieu leur est propice, en reproduisant aussitôt de nouvelles
conidies qui, à leur tour, parvenues sur d'autres fleurs degrami-
mées, donnent une nouvelle sphacélie. A mesure que l'ovaire
prend de d'accroissement, il pousse en dehors l'ergot. Celui-ci
se rompt quelquefois en traversant les glumes; dans ces cas,
toutes les parties de la fleur sont agglutinées ensemble. On ren-
contre souvent les anthères collées à la surface des glumes; elles
sont entières, linéaires; leur loges sont fermées et remplies de
pollen, circonstance qui prouve que le développement de la
sphacélie précède l'anthère. Au résumé, le développement
de l'ergot des Graminées commence par la formation d'un
mycélium filamenteux qui s'établit à la surface de l'ovaire; celui-
ci est donc remplacé peu à peu par ce mycélium, donnant nais-
sance à des conidies (variété de spores) qui en produisent sponta-
QUATRE- VINGTIÈME GENRE, USTILAGO 193
nément d'autres d'où naît la sphacélie. Le mycélium de la spha-
célie forme à la surface de l'ovaire, quand la germination des
conidies a atteint son apogée, un feutrage dense de filaments
solides, tout d'abord entouré par le tissu de la sphacélie: c'est le
début de l'ergot qui s'accroît, mûrit et durcit. Sur l'ergot, au
printemps, se développent des réceptacles fructifères en forme de
tête sphérique, et pleins de spores qui, placées dans un milieu
favorable, émettent autant de tubes germinatifs : c'est le mycélium
de la sphacélie.
80° GENRE, USTILAGO
Les Ustilago, les Uredo, sont certainement, parmi les petits
Champignons les plus anciennement connus. Les livres saints nous
apprennent, en effet, que Moïse menaçait de la rouille, les Hébreux
rebelles à ses volontés. Chez les Romains, cette maladie était con-
sidérée comme le plus redoutable ennemi des agriculteurs ; aussi
avaient-ils élevé au dieu et à la déesse Rubigo des temples où ils
invoquaient ces divinités pour préserver les champs du terrible
fléau. Le jour de la fête des Rubigoles, fixé au 15 avril par Numa,
la onzième année de son règne, on immolait, au rapport d'Ovide,
Columelle, Varron, etc., une brebis ou un chien ; pendant le sacri-
fice, l'encens fumait dans le temple, et le vin coulait abon-
damment.
La famille des Urédinées, telle que les auteurs la reconnais-
sent, est assez nombreuse en genres ; la nature, le nombre, la
position respective des organes qui la distinguent, ne permettent
guère d'en exposer les caractères d'une manière succincte et
claire. Elle comprend des Champignons parasites ordinairement
très petits et réunis en grand nombre, qui se développent sous
l'épiderme ou dans les tissus des plantes, et se montrent au dehors
après la déchirure de ceux-ci ou leur désorganisation. Les spores,
rondes ou ovales, transparentes ou opaques, semblables à de
la poussière, diversement colorées, isolées, réunies en gâteau,
ou articulées bout à bout comme les grains d'un collier, naissent
immédiatement d'un clinode charnu ou filamenteux, nu ou
contenu dans un réceptacle ; elles sont nues ou renfermées dans
des sporanges sessiles ou pédicellés, à une ou plusieurs loges.
Les Urédinées comprennent quatre sections que l'on peut regarder
13
194 DESCRIPTION DES ESPÈCES
comme autant de petites familles, les Acidies, les Phragmidies,
les Urédinés, les Ustilaginés ; la première appartient aux Clino-
sporés encloclines, et les trois autres aux Clinosporés ectoclines.
Ustilago segetum, planche LXXIV, fig. 401.
Le charbon (Ustilago segetum) se développe sur presque toutes
les Graminées; on ne le voit jamais sur les feuilles ou les chaumes,
mais il attaque les pédicelles des épillets, les glumes et les grains :
le froment, l'orge, l'avoine en sont particulièrement affectés, môme
quand leurs épis se trouvent encore profondement enfermés dans
les feuilles. Les plantes malades sont plus petites, leur vert moins
vif; à la sortie des épis, les grains sont noirs, rapprochés; quel-
ques jours après, par l'agitation du vent, ils se réduisent en une
poussière noire et il ne reste plus que le squelette fortement
défiguré de l'épi.
Une autre espèce de charbon (Ustilago maydis) se développe
dans toutes les parties de la plante; sur la tige elle détermine les
tumeurs qui après s'être ramollies, tombent en poussière et lais-
sent des ulcères sanieux à leur place; lorsque l'épi est envahi,
il n'est pas rare de le trouver entièrement stérile. On ne
peut confondre le charbon avec aucune autre maladie des grains,
parce qu'il se dissipe en poussière au moindre contact. Les spores,
vues au microscope, sont extrêmement petites, très lisses, d'un
noir fuligineux, et dépourvues de toute espèce d'appendice. La
germination se produit facilement par un temps chaud; le tube,
un peu plus petit à sa base, germe clans l'espace de quinze à dix-
huit heures; son contenu devient grossièrement granuleux. En
même temps se montrent sur le tube de petits appendices, rétré-
cis à la base, dans lesquels passe une partie du protoplasma; ils
mûrissent alors pour former des sporules, tandis qu'un sporule
terminal apparaît généralement sur les fils.
Du sporule primaire naissent des sporules secondaires qui sont
d'ordinaire plus petits et donnent lieu quelquefois à une troisième
génération.
La rouille, mais surtout le charbon et la carie, causent de grands
ravages; aussi les agriculteurs ont-ils sérieusement cherché à les
détruire sans y parvenir, toutefois.
Tessier, Traité des maladies des grains, p. 236.
DIVISION IV. — CYSTOSPORÉS 195
Division IV. — CYSTOSPORÉS (ASCOMYCÈTES)
Ces Champignons ont le réceptacle floconneux, cloisonné, sim-
ple ou rameux; des spores continues, renfermées dans un sporange
terminal, membraneux, muni ou non d'une columelle centrale.
Cette division comprend beaucoup d'espèces très intéressantes et
très instructives, plusieurs des phénomènes remarquables qu'elles
présentent ayant plus ou moins de rapports avec la reproduction.
Récemment MM. Van Thieghem et Lemonnier ont fait sur un
groupe de Mucorinées (Ann. de Se. Nat., 1873, p. 335) ; des recher-
ches par lesquelles on peut se former une idée générale de la
structure des Mucors. Prenons comme exemple le Mucor mu-
ceclo, qui est l'espèce la plus commune. Si on place du fumier
frais de cheval dans une atmosphère humide et renfermée, sous
une cloche de verre, la surface se couvre en peu de jours
d'une sorte de nielle blanche. Des filaments de la grosseur
d'un cheveu s'élèvent à la surface, chacun d'eux formant
bientôt vers sa pointe une petite tête ronde qui graduellement
devient noire: c'est un sporange et chacun des filaments blancs
est leur support. Dans les premiers temps, ils sont toujours sans
ramifications ni cloisons; mais lorsque le sporange est mûr, il se
forme souvent, dans l'espace intérieur, des cloisons transversales
en ordre et en nombre variables, et, sur la surface., des branches
également variables pour le nombre et la taille, dont chacune porte
un sporange à sa pointe. Les sporanges qui se produisent les
derniers ressemblent souvent aux premiers; quelquefois, pour-
tant, ils en diffèrent beaucoup, car leur paroi est très épaisse et ne
se détruit pas à la maturité; elle s'ouvre irrégulièrement, ou reste
entière, avec les spores à l'intérieur, pour tomber sur le sol quand
le Champignon s'est flétri. Les spores contenues dans les spo-
ranges sont petites, cylindriques, allongées. Si on les sème dans
un milieu convenable, par exemple dans une solution de sucre,
sur des confitures, etc. elles se gonflent et donnent naissance à
des utricules susceptibles de germination, qui forment prompte-
ment un mycélium : d'autres spores en naissent et le Mucor
mucedo se développe sur toute matière capable de nourrir
la moisissure. D'un autre côté, le Mucor mucedo a d'autres
196 DESCRIPTION DES ESPÈCES
organes de propagation qui diffèrent des sporanges et de leurs
produits et qu'on peut appeler conidies. Sur le fumier ils se mon-
trent en môme temps que les supports des sporanges, ou un peu
après, et, à l'œil nu, ils ressemblent à ces organes; mais un exa-
men plus attentif à la loupe en montre la différence. Un filament
plus épais, sans cloisons, s'élève et se ramifie généralement en se
trifurquant, après avoir crû d'un millimètre., en plusieurs séries
de ramuscules. Les branches fourchues de la dernière série,
portent, au-dessous de leurs pointes, généralement capillaires, de
petits rameaux courts et dressés, et ceux-ci avec lesquels les extré-
mités des branches principales s'articulent par leur sommet un
peu élargi, supportent des spores et des conidies rapprochées les
unes des autres; quinze à vingt de ces corps naissent à l'extrémité
de chaque rameau. Après la formation des conidies, leurs supports
s'affaissent par degrés et disparaissent tout à fait; les conidies
mûres sont rondes, leur surface est à peine colorée et presque
entièrement lisse. Le professeur de Bary a décrit la formation de
ces branches conidifères dans son Mémoire sur les Champignons
parasites. (Ann. des Se. Nat., 4e série, XX, p. G).
81e GENRE, MUCOR
Mucor mucedo, planche LXXII, fig. 391 bis.
Ce petit Champignon se développe sur tous les corps en décom-
position, principalement sur le pain bouilli, les confitures alté-
rées, etc., où la germination des spores se produit facilement.
Coock dit avec juste raison qu'un grand nombre de spores de
Champignons sont constamment flottantes dans l'atmosphère, ce
qui est confirmé par le fait que partout ou une substance conve-
nable se présente, des spores s'en emparent et la convertissent
bientôt en une forêt de végétation. Il est admis que les spores des
moisissures communes sont si largement répandues qu'il est pres-
que impossible de les exclure des vases fermés, ou des prépara-
tions les plus soigneusement abritées. Au contact de l'eau la spore
du Mucor mucedo perd sa couleur, se gonfle et absorbe le fluide
qui l'entoure, jusqu'à ce que son volume se double et qu'elle
devienne ovoïde. Alors, de l'une de ses extrémités, ou des deux,
elle émet un fil épais qui s'allonge et porte des ramifications
DIVISION V. — TRICHOSPORÉS 197
en forme d'ailes. Quelquefois l'exospore se rompt et se détache
de la spore en germination; quarante-huit heures après, le
mycélium envoie dans l'air des branches qui se subdivisent elles-
mêmes abondamment; d'autres branches, courtes, submergées,
restent simples ou présentent des ramifications en touffes, se ter-
minant chacune par une pointe, de sorte que l'ensemble se trouve
hérissé de poils épineux. En deux ou trois jours, des branches
brusquement gonflées en forme de massue font leur apparition
sur les fils, et se prolongent en un nombre égal de fils, porteurs
de sporanges (en A, on voit une touffe de Mucor; en B, un fil por-
teur de sporanges).
Division V. — TRICHOSPORÉS (HYPHOMYCÈTES, de Fr.)
Les Champignons appartenant à cette division constituent les
moisissures parmi lesquelles on compte quelques-unes des for-
mes microscopiques les plus élégantes et les plus délicates. Il est
vrai que beaucoup de ces Champignons ne sont que des formes
conidiales de variétés plus élevées, mais il reste toujours un
grand nombre d'espèces qui, dans l'état actuel de nos connais-
sances, doivent être acceptées comme autonomes. M. Lêveillé
en a fait trois sous-divisions, et classe dans la première les
Isaries, parasites des Insectes. Les opinions sont partagées sur la
question de savoir si, dans ce cas, le Champignon cause la mort
de l'insecte ou la suit; pourtant la croyance générale des entomo-
logistes est que le Champignon frappe mortellement l'insecte.
Coock dit, page 199, qu'on a trouvé une mite posée sur une feuille
comme pendant sa vie, avec VIsaria sphingum sortant de son
corps. Le docLeur Leidy, assure que le Champignon peut com-
mencer l'attaque sur les larves, y développer son mycélium et
produire une masse sporuleuse dans la nymphe.
La mouche commune est fort sujette, en automne, à l'atteinte
d'une moisissure, le Sporendonema, qu'on regarde aujourd'hui
comme la forme terrestre d'un Champignon Saprolegnia. Les
mouches deviennent paresseuses et finissent par se fixer sur un
objet où elles meurent les pattes étendues, la tête déprimée, le
198 DESCRIPTION DES ESPÈCES
corps et les ailes couverts d'une petite moisissure blanche dont les
articles tombent sur l'objet placé au-dessous. Dans le genre Isaria
il est presque certain que les espèces trouvées sur les insectes
morts, papillons, araignées, mouches, fourmis, sont simplement
les Conidiophores d'espèces de Torrubia.
La seconde sous-division renferme les Phycocladés ; c'est de
beaucoup le plus grand Champignon, le plus typique et le plus
intéressant de cette classe. Il contient les moisissures blanches et
noires connues sous les noms de Dématiées et de Mucédinées.
Dans les premiers, la tige a une membrane enveloppante dis-
tincte qui tombe comme une écorce; les filaments, souvent aussi
les spores, sont de couleur noire comme s'ils étaient brûlés. Chez
beaucoup d'espèces, les spores sont très développées, grandes,
multiseptées et nucléées.
Dans les Oxycladécs, le réceptacle est simple ou rameux, cloi-
sonné; les filaments n'ont jamais d'enveloppe et sont ordinai-
rement blancs ou de couleur claire; les spores, continues ou
cloisonnées, fixées en plus ou moins grand nombre, ou solitaires
à l'extrémité des rameaux terminés en pointe. Dans quelques
genres comme les Botrytidées, dans le Peroiiospora, par exemple,
un fruit secondaire est produit par le mycélium, sous forme de
spores dormantes; celles-ci engendrent, comme les spores de la
première espèce, des zoospores.
La dernière sous-division, renfermant les Sclerochètes, se dis-
lingue par un réceptacle plein ou cloisonné, formé d'un seul rang
de cellules ou de plusieurs rangs réunis ensemble, simples ou
rameux; les spores sont isolées çà et là, ou groupées en plus ou
moins grand nombre à la base ou au sommet.
82s GENRE, BOTRYTIS. — Fr.
Filaments simples ou rameux, épars ou réunis, libres, cloi-
sonnés ; les fertiles dressés, à sommet simples. Spores simples,
non cloisonnées, globuleuses ou oblongues, ramassées autour des
divisions des filaments ou à leur sommet.
Très petites moisissures naissant sur des corps divers. La ma-
ladie destructive des vers à soie est due au Botrytis bassiana, qui
attaque l'insecte vivant et le tue. On a écrit beaucoup de choses
QUATRE-VINGT-TROISIÈME GENRE, PERONOSPORA 199
sur ce parasite, mais sans pouvoir le faire disparaître, on prétend
aussi qu'une certaine forme imparfaite de moisissure offre de
grands rapports avec la maladie des abeilles connue sous le nom
de Couvain.
Botrytis agaricina, planche LXXIII, fig. 404.
Filaments étalés, blancs laineux, formant buisson ; filaments
fertiles très rameux (fig. B), à rameaux divariqués, à spores
rondes, grandes. Cette espèce vient sur les Agarics, les Bolets,
qui souffrent considérablement des atteintes d'un tel parasite.
83° GENRE, PERONOSPORA
Filaments délicats, flexibles, à parois minces, sans couches corti-
cales extérieures. Le Peronospora infestons, qui attaque la pomme
de terre, est malheureusement trop connu des cultivateurs. La
maladie qu'il détermine fut jadis attribuée à différentes causes;
mais, depuis longtemps on a reconnu sa véritable nature. De Bary
l'a étudiée avec soin dans son Mémoire sur le Peronospora. (Die
Gegenwurtige herschende Kartoffelkranklieit.). Les uns voient la
cause de l'épidémie, dit-il, dans l'état maladif de la pomme de
terre elle-même, produit accidentellement par les conditions
défavorables du sol et de l'atmosphère, ou due à une détérioration
de la plante par le fait de la culture. Suivant ces opinions, la végé-
tation du parasite serait purement accidentelle, la maladie absolu-
ment indépendante, et même le parasite pourrait fréquemment
épargner les organes atteints. D'autres croient reconnaître dans la
végétation du Peronospora la cause immédiate ou indirecte des
différents symptômes de la maladie, soit que le parasite envahisse
les tiges de la pomme de terre et, en les détruisant ou, pour ainsi
dire, en les empoisonnant, détermine un état maladif des tuber-
cules; soit qu'il s'introduise dans tous les organes de la plante et
que sa végétation soit la cause immédiate de tous les symptômes
du mal, rencontrés, en effet, dans toutes les parties. Les obser-
vations du savant professeur prouvent rigoureusement que l'opi-
nion des derniers est la seule admissible, car toutes les altéra-
tions dites spontanées se retrouvent lorsque le Peronospora est
semé sur une plante. Ses expériences ont conduit M. De Bary à
200 DESCRIPTION DES ESPÈCES
affirmer que la moisissure détermine directement la maladie des
tubercules et des feuilles, et que la végétation du Peronospora est
seule cause de la redoutable épidémie qui ravage les pommes de
terre. Depuis quelques années d'autres savants, et parmi eux,
Berckeley, le docteur Hassal, ont étudié le même genre de
moisissure sur des plantes maraîchères, comme les laitues qui sont,
dans certaines contrées, envahies par le Peronospora gangliformis;
le Peronospora effusa se trouve sur les épinards et les plantes
analogues ; le Peronospora scleideniana, De Bary, est quelquefois
très funeste aux oignons ; les champs de luzerne sont très sujets
au Peronospora trifoliorum, etc.
Peronospora infestans, planche LXSIV, fig. 403.
Mycélium délicat qui pénètre les cavités intercellulaires des
plantes vivantes. Il donne naissance à des filaments dressés,
ramifiés (fig. J), portant aux extrémités de leurs dernières ramus-
cules, des spores subglobuleuses, ovales ou elliptiques, ou, comme
de Bary les appelle, des conidics. Profondément enfoncés dans le
mycélium, au sein de la substance de la plante nourricière,
naissent d'autres corps reproducteurs, appelés oogones (fig. L").
Ceux-ci sont sphériques, plus ou moins verruqueux, brunâtres;
leur contenu se transforme en zoospores très vifs, capables, une
fois sortis, de se mouvoir dans l'eau à l'aide de cils vibratiles.
84» GENRE, VERTICILLIUM
Filaments droits, rameux, rapprochés par touffes, à rameaux
verticillés. Spores globuleuses, solitaires à leur extrémité. Très
petits Champignons naissant sur les tiges mortes.
Verticillium allochroum, planche LXXIV, fig. 400.
Petit Champignon étalé, rose, fig. G ; à filaments fertiles,
rameux, dressés ; à rameaux alternes, portant au sommet une
spore ronde rose (fig. H), globuleuse. Sur les menues branches
tombées à l'automne.
DIVISION VI. — ARTHROSPORÉS 201
Division VI. — ARTHROSPORÉS (PHYCOMYCÈTES)
Ces Champignons se distinguent par la disposition des spores
qui sont articulées entre elles et placées bout à bout, comme les
grains d'un collier ou d'un chapelet. Le réceptacle qui les supporte
est filamenteux, simple ou rameux, cloisonné et atténué de la
base au sommet.
11 n'y a pas d'hyménium propre; les filaments procédant du
mycélium portent des vésicules qui contiennent un nombre
indéfini de spores; les filaments fertiles sont libres ou légèrement
feutrés. Dans la tribu I des Antennariés, les filaments se présen-
tent noirs et en chapelets, plus ou moins feutrés, portant des spo-
ranges irréguliers. Un grand nombre de faits très intéressants
ont été mis en lumière, depuis ces dernières années, sur les
différentes formes que prennent les Arlhrosporés dans le cours
de leur développement. Un frappant exemple nous est fourni
par De Bary, déjà cité (1). Dans chaque maison, écrit le savant
professeur, il y a souvent un hôte visible qui se montre
particulièrement sur les fruits conservés : c'est la moisissure
appelée Aspergillus glaucus, appartenant à la tribu II de cette
division. On la voit à l'œil nu sur la substance, comme une enve-
loppe laineuse, d'abord d'un blanc pur, puis graduellement cou-
verte de petites têtes fines, poudreuses, glauques ou d'un vert
sombre. Un examen plus attentif montre que le Champignon se
compose de filaments fins, fortement ramifiés, en partie disséminés
dans la substance nourricière, en partie dressés obliquement sur
elle. Ils ont une forme cylindrique, avec des extrémités arrondies
et sont partagés en longs articles étendus, dont chacun est une
vésicule clans le sens ordinaire du mot; il contient, enfermés dans
une paroi délicate, sans structure, des corps qui ont l'apparence
d'une substance muqueuse finement granulée, et qu'on désigne
sous le nom de protoplasma. Cette matière, dans certains cas,
remplit également les cellules ; mais parfois, et à mesure que la
cellule vieillit, elle se remplit de cavités aqueuses appelées vacuoles.
L'accroissement en longueur des filaments se produit par suite
(1) A. ce Bart. Sur la moisissure et la fermentation, Magasin trimestriel allemand,
vol. 11, 1872.
202 DESCRIPTION DES ESPÈCES
d'un développement qui a lieu, surtout près de leur pointe : celle-
ci s'avance toujours et, près de l'extrémité, il se forme successi-
vement de nouvelles cloisons ; mais, à une certaine distance,
l'accroissement en longueur cesse. Ce mode d'expansion s'appelle
développement par la pointe. Les rejetons et les branches naissent
comme des dilatations latérales des principaux filaments et, une
fois formés, grandissent d'une façon illimitée,, jusqu'à un certain
point, par l'accroissement en pointe comme le montre la fig. 394, G.
Les filaments développés dans la substance nourricière et sur sa
surface, sont les premières parties du Champignon ; elles durent
tant qu'il végète. Comme ces parties absorbent seules la substance
entière et lui empruntent la nourriture, on les appelle le mycélium.
Les fils superficiels du mycélium produisent d'autres filaments
porteurs des fruits ou fils à conidies : ils sont en moyenne plus
gros que les fils du mycélium, et on ne les voit que par exception
ramifiés ou munis de cloisons ; ils s'élèvent presque perpen-
diculairement dans l'air et atteignent généralement une longueur
d'un demi- millimètre. Leur extrémité supérieure libre se
gonfle et s'arrondit (fig. 394,. H); un filament grossi, prend
une forme ovale et une longueur presque égale à leur rayon
ou, dans les spécimens les plus faibles, au diamètre de la tête
arrondie.
Les protubérances divergentes produisent directement, les
cellules reproductrices, spores ou conidies, et sont appelées
stérigmates. Chaque stérigmate émet d'abord à sa pointe une
petite protubérance ronde, qui, par une base forte et étroite, repose
sur le mycélium; ce corps se remplit de protoplasma, se renfle plus
ou moins, et au bout de quelques temps se sépare du mycélium
au moyen d'une cloison, pour former une cellule reproductrice,
spore ou conidie.
La formation de la première spore a lieu à l'extrémité du stérig-
mate ; une seconde suit de la même manière, puis une troisième ;
chaque spore qui naît pousse celle qui Ta précédée dans l'axe du
stérigmate, à mesure qu'elle croît elle-même ; les spores successi-
vement formées sur un stérigmate restent pour quelque temps en
file les unes après les autres. Ainsi chaque stérigmate porte à son
sommet une chaîne de spores, qui sont d'autant plus anciennes
qu'elles s'éloignent plus du stérigmate. Tous les stérigmates
DIVISION VI. — ARTHROSPORÉS 203
naissent au même instant et marchent ensemble dans la formation
des spores. Chaque spore croît un certain temps et à la fin se
sépare de ses voisines. Les spores sont donc articulées en file,
l'une après l'autre, aux extrémités des stérigmates.
La spore ou la conidie mûre est une cellule de forme ronde ou
largement ovale et remplie d'un protoplasma incolore, et si on
l'observe séparément, on la trouve pourvue d'une membrane
brune, finement verruqueuse et ponctuée. Le même mycélium
qui forme le pédicelle des conidies quand il est près de la fin de
son développement, produit par sa végétation normale une seconde
sorte de fructification. Elle commence par de petites branches
fines et délicates, qui ne se distinguent pas à l'œil nu, et qui,
après une croissance généralement terminée en peu de temps,
finissent en faisant cinq ou six tours à la façon d'un tire-bouchon.
Les sinuosités décroissent de plus en plus en largeur, finissent par
se rapprocher les unes des autres, et toute l'extrémité perd la forme
de tire-bouchon pour prendre celle d'une vis creuse. Dans l'inté-
rieur et sur la surface de ce corps en vis, il se produit un change-
ment compliqué qui fait de lui un oogone reproducteur par la
formation d'un réceptacle globuleux, consistant en une fine paroi
à membrane délicate, et en une file de cellules étroitement enga-
gées les unes dans les autres, entourées par cette masse épaisse.
Par l'accroissement de toutes ces parties, le corps en vis grandit
tellement qu'au temps de sa maturité il est visible à l'oeil nu. La
surface extérieure de la paroi devient compacte et d'un jaune bril-
lant, tandis que la plus grande partie des cellules de la masse
intérieure se transforment en asques où naissent des spores. Ces
cellules s'affranchissent de leur union réciproque, prennent une
forme ovale, large, et produisent, chacune dans son intérieur,
huit spores; celles-ci bientôt remplissent entièrement l'asque.
Quand elles sont tout à fait mûres, la paroi du conceptacle devient
cassante, et par des fissures irrégulières, que le contact amène faci-
lement, les spores rondes et incolores sont mises en liberté. Les
pédicelles des deux sortes de fruits se forment de ce même mycé-
lium dans l'ordre décrit par de Bary. Avant que leur connexion
fut connue, les conceptacles et les pédicelles de conidies étaient
considérés comme des organes de deux espèces bien différentes.
Les conceptacles s'appelaient Eurotium herbarium et les porte-
204 DESCRIPTION DES ESPÈCES
conidies Aspergillus glaucus. Si nous passons au genre Pénicil-
lium, on voit ici le fîlement séminifère principal naître, à diffé-
rentes hauteurs, des rameaux qui portent un pinceau de filaments
secondaires produisant à leur extrémité des spores en chapelets
(planche LXXIV, flg. 405, Q).
Dans ces différents cas, le réceptacle ne se distingue du mycé-
lium que par sa direction et les divers articles de ramification qui
rappellent la variété des inflorescences et de leurs combinaisons
mixtes. Dans la forme typique des Pénicillium, une cellule prend
naissance d'un filament mycélien, se dresse, s'allonge, se ramifie,
se distingue bientôt par son calibre plus grand, ses parois plus
épaisses, et des articles qui multiplient la surface fructifiante; de
toute cette surface s'élèvent des cellules cylindriques ou effilées,
assez courtes, qui donnent naissance aux organes reproducteurs
disposés en chapelets comme dans les Aspergillus. Sous des in-
fluences encore mal connues, les réceptacles simples ou filamen-
teux s'appliquent les uns contre les autres, et forment une sorte
de tige ou de colonne connue sous le nom de coremium. On avait
basé sur cet accident un genre détaché des Pénicillium, mais les
Pénicillium ne présentent pas seuls des formations corëmiales, et
celles-ci sont comme un passage aux réceptacles plus complexes,
parenchymateux ou sarcodes. Après le coremium, vient le genre
Oïdium. Ces Champignons se développent sur les parties vertes
des plantes vivantes, V Oïdium Tuckeri sur les raisins, tous les
phénomènes de végétation de cet Oïdium se passant à l'extérieur.
Les tissus sont affecLés d'abord, puis le Champignon se développe.
Lorsqu'une tache blanche commence à paraître, quelque petite
qu'elle soit, si l'on passe le doigt dessus, elle disparaît ; en regar-
dant alors avec une loupe, on voit dans le point qu'elle occupait,
et autour d'elle, là même où ne se soupçonnait par la maladie, on
voit, dis-je, de très petits points bruns ou noirs sur lesquels se
manifestent successivement les Champignons. Le parenchyme
correspondant à ces points est également brun, moins pénétré de
sucs que celui qui l'avoisine; si à cette époque il était recouvert ou
traversé par un mycélium, on devrait le trouver, mais il n'y
en a pas.
Plus tard l'épiderme s'éraille, le parenchyme se dessèche, et le
Champignon, après avoir vécu quelque temps, disparaît. Lors-
QUATRE-VINGT-CINQUIÈME GENRE, ANTENNARIA 205
que la rafle est atteinte dans toute son étendue, le raisin périt en
entier; quand la maladie attaque les grains dans les premiers
moments de leur formation, ils se dessèchent ou tombent; si, au
contraire, ils ont déjà acquis un certain volume, ils peuvent résis-
ter ; les uns se gercent, s'ouvrent et mettentleurs pépins à décou-
vert, les autres se déforment et arrivent à maturité, mais jamais
ils n'acquièrent alors leur grosseur normale. M. Duchartre, pro-
fesseur à la Faculté des sciences de Paris, a proposé de lancer sur
la vigne malade, à l'aide d'une seringue de jardinier percée de
trous un peu larges, de l'eau dans laquelle on tient en suspension
de la fleur de soufre. Ce moyen simple, peu coûteux, a eu les plus
heureux résultats. L'emploi du soufre, sous cette forme, avait
été déjà conseillé par M. Kile, agriculteur anglais, qui en avait
reconnu les propriétés bienfaisantes. Aujourd'hui le soufrage se
pratique à l'aide d'un soufflet.
85" GENRE, ANTENNARIA. — Linck.
Filaments rameux, couchés, fortement mêlés, moniliformes ;
articles renfermant des spores à plusieurs loges, placés à la base
des filaments. Spores granuliformes; petites productions pilifor-
mes, noirâtres.
Antennaria pinophyla, planche LXXIV, fîg. 402.
Neés., Fung., f. 298; Torula fuligniosa, Pers., Myc. cur., I, p. 21 ; Torula
pinophyla, Cheval., FI. par., I, t. 3, f. 5.
Petites touffes épaisses de filaments noirs, croissant sur les
rameaiiK morts du sapin. Spores visibles, ayant presque une ligne
de diamètre. Toute l'année, Fontainebleau, Chantilly, Vincennes.
8t)° GENRE, ASPERGILLUS. — Micheli
Filaments droits, réunis en touffes, articulés, simples ou
rameux, renflés au sommet, et présentant à l'extrémité de chacun
d'eux un groupe de spores globuleuses. Moisissures blanchâtres,
puis jaunâtres, venant sur toutes les substances gâtées.
206 DESCRIPTION DES ESPÈCES
Aspergillus glaucus, planche LXXIV, fig. 379. — F, grandeur
naturelle; E, grossie 125 diamètres.
Linck., Obs., I, p. 14; Monilia candida, Pers., Syn., 692; Chevall., FI.
par., I, t. 4, f. 17.
Épars ou réunis en touffes grêles, blanches, à filaments fertiles
simples; péridioles globuleux. Toute l'année sur les plantes dé-
posées dans les lieux humides, les Champignons qui se pour-
rissent, etc.
87° GENRE, PENICILLIUM. — Linck
Filaments simples ou rameux, les stériles couchés, cloisonnés,
simples ou rameux ; les fertiles dressés, terminés par un faisceau
de rameaux couverts de spores, formant un capitule terminal.
Très-petites fongosités d'un aspect velu, naissant sur les substances
qui se décomposent.
Pénicillium glaucum, planche LXXIV, fîg. 405.
Linck., Obs., I, p. 15; Mucor penicilliatus, Bull., t. 504, f. XI.
Plus ou moins épais, blanc, à filaments fertiles un peu rameux.
Spores globuleuses, blanches, puis glauques, vient sur les confi-
tures et autres corps mous en putréfaction. La fig. Q, représente
un filament grossi de 250 diamètres.
Pénicillium sparsum, planche LXXIV, fig. 398.
Filaments droits, simples, membraneux, arrondis, divisés en
deux ou trois segments comme le montre la fig. L. Les spores
sont, au sommet, réunies en chapelets et forment un faisceau de
filaments longs, rarement droits, plus souvent inclinés; elles sont
blanches, transparentes et simples, rondes. On trouve cette belle
espèce en automne sur la paille, le foin humide. La fig. M, la
représente grossie de 125 diamètres; C, grandeur naturelle.
DEUXIÈME PARTIE
CHAPITRE PREMIER
EXAMEN CHIMIQUE DES CHAMPIGNONS
En examinant la constitution des Champignons, nous avons vu
qu'ils étaient formés d'éléments anatomiques associés en tissu,
ayant sensiblement la même composition. Ces filaments sont
gorgés d'eau, de substances grasses et de gaz, mais il ne suffit
pas de dire : les Champignons contiennent toutes ces substances;
on doit pousser l'étude plus loin et chercher l'origine de ces pro-
duits, expliquer leur formation, puis les suivre dans leur évolution
à travers la plante. C'est tout un système de recherches nouvelles
qui se présente à nos efforts, car cette partie chimique de l'étude
des Champignons est une des plus importantes, bien qu'un certain
nombre d'analyses aient pourtant été faites.
Bouillon-Lagrange le premier (1) publia quelques travaux sur
les Boleius laricis, ignarius et sur le Tuber cibarium.
Braconnot (2) donna ensuite l'analyse des Agaricus acris, vol-
vaccus, styplicus, etc. et des Boleius juglandis et viscidus.
Vauquelin (3), entre les deux publications de Braconnot,
analysa les Agaricus campestris, bulbosus, inuscarius, etc.
(1) Bouillon-Lagrange. Ann. de chimie. Paris 1804, tome LXXXV, p. 198, et tome LI,
p. 75.
(2) Braconnot. Ann. de chimie. Paris 1811, tome LXXIX, p. 203, et tome LXXXVI1,
p. 237.
(3) Vauquelin. Ann. de chimie. Paris 1813, tome LXXXV, p. S.
208 EXAMEN CHIMIQUE DES CHAMPIGNONS
Ces chimistes en rendant compte de leurs belles analyses, ont
les premiers donné une idée exacte de la composition chimique
des Champignons, et leurs travaux resteront comme la pierre
fondamentale de l'édifice, quoique d'éminents savants en aient
depuis légèrement modifié les résultats.
Le docteur Letellier (1) fit quelques temps après 1826, de
nombreuses expériences toxicologiques sur ce sujet. 11 suit en
général Braconnot et Vauquelin, mais s'étendant sur le principe
acre des Lactaires, et des Russules. Il étudie particulièrement le
caractère vénéneux des Amanites. Le savant médecin trouve à ce
principe l'apparence d'un alcaloïde, mais il l'a constamment
obtenu mêlé à des matières salines ; et comme on isole générale-
ment avec assez de facilité un alcaloïde de ses sels cristallisa-
bles, et qu'on peut l'obtenir assez pur pour le bien définir, les
chimistes qui ont parlé de la découverte du savant docteur l'ont
toujours acceptée avec doute.
Après ces travaux on est longtemps resté sans nouvelles recher-
ches, puis sont venues celles de M. Payen sur le Champignon de
couche, Agaricus campestris, qu'il décompose de la façon suivante :
1° Eau de végétation 91,01
2° Composé azoté avec trace de soufre 04, G8
3° Cellulose, dextrine, sucre matière tertiaire 03,45
4° Sels, phosphates et chlorures alcalins, calciques,
magnésie, silice 00,46
5° Azote pour cent de matières sèches 07,33
celles de MM. Knop et Schnedermann, Pelouse, Liebig, prou-
vant que le sucre de Champignon n'est que de la manmte; celles
de M. Dessaigne montrant que l'acide fungique comprend les
acides citrique et malique mêlés d'un peu d'acide phosphorique,
et que l'acide bolétique est absolument semblable à l'acide fuma-
rique.
MM. Jules Lefort et Gobley firent presque en môme temps
l'analyse du Champignon de couche, Agaricus campestris, et
M. Lefort un peu plus tard, celle de la Truffe. M. Gobley précise
mieux encore que M. Payen:
(1) Letellier. Dissertation sur les propriétés alimentaires médicales et vénéneuses des
Champignons qui croissent aux environs de Paris, 1826, p. 17.
EXAMEN CHIMIQUE DES CHAMPIGNONS 209
Eau 90,50
Albumine 00,60
Cellulose 03,20
Substances grasses : oléine, margarine 00,25
Mannite 00,35
Matières extractives aqueuses et alcooliques 03,80
Chlorures de sodium et de potassium 00,45
Phosphate de potasse et de chaux 00,45
Carbonate de chaux 00,45
Chlorhydrate d'ammoniaque 00,16
Citrate, malate et fumate 00,15
Mais le plus remarquable travail sur la partie chimique des
Champignons est sans contredit celui de M. E. Boudier (1), chi-
miste distingué. Du reste, ce savant mycologiste est parvenu à
isoler 22 substances de VAgaricus campestris, récolté par lui dans
les bois de Montmorency; 20 du Boletus edulis; et à prouver qu'il
existe dans les Champignons un grand nombre de principes immé-
diats, variant suivant les espèces et l'époque de leur vie. Cepen-
dant on ne peut nier une certaine ressemblance dans leur consti-
tution propre; quand on examine les analyses de MM. Gobley,
Payen, Chevallier et Boudier, on est frappé même de leur accord
sur certains points, mais on remarque aussi que sur d'autres tous
se sont trouvés en présence des mêmes éléments, sans pouvoir
surmonter la difficulté.
M. Boudier a découvert dans l'Amanite bulbeuse un principe
toxique qu'il regarde comme un alcaloïde ; il propose d'appeler
bulbosine ce principe qui diffère totalement par ses caractères de
l'amanitine de M. Letellier. En ce qui concerne le principe acre
des Russules et des Lactaires, les expériences de M. Boudier ne
laissent rien à désirer, et malgré ses lacunes son Mémoire sera
toujours consulté avec le plus grand fruit. On peut lui reprocher
cependant d'avoir suivi une vieille méthode, qui ne lui a pas
permis d'isoler entièrement son alcaloïde et de l'obtenir cristallisé.
Je crois être parvenu à rendre cet isolement plus facile par le
procédé que je vais décrire.
Après avoir récolté cinq kilogrammes d'Agaric mouche, Ama-
(1) E. Boudier. Des Champignons, au point de vue de leurs caractères usuels, chimiques et
tonicologiques, 1866, Paris, J.-B. Baillière et fils, mémoire couronné par l'Académie de
médecine.
14
210 EXAMEN CHIMIQUE DES CHAMPIGNONS
nita muscaria; dans les circonstances convenables, je les ai lavés
avec soin pour enlever le sable et autres détritus ; puis, les laissant
égoutter, je les ai coupés très fin dans une terrine vernissée. Alors
j'ai versé dessus sept à huit fois leur poids d'eau distillée acidulée
par l'acide chlorhydrique, 50 grammes d'acide pur par kilogramme
d'eau. J'ai laissé en macération pendant trois heures à froid, puis
en ébullition durant une heure dans une capsule de porcelaine.
Après avoir exprimé dans un linge préalablement lavé à l'eau
distillée, je filtrai la liqueur obtenue, en l'évaporant à une basse
température jusqu'à consistance sirupeuse, et j'obtins ainsi un
sirop d'une odeur de champignon très sensiblement vireuse,
très riche en substances résineuses, avec l'alcaloïde.
On choisit alors un ballon à long col et il faut que le liquide
sirupeux arrivant juste à la naissance du col, remplisse le contenu
du ballon. Il ne reste plus qu'à isoler l'alcaloïde. On remplit le
col du ballon d'alcool amylique bouillant ; on bouche et agite
vivement pendant une ou deux minutes; on laisse reposer; l'alcool
amylique revient petit à petit dans le col chargé d'alcaloïde impur;
on le retire au moyen d'une pipette, on répète cinq ou six fois la
même opération, pour être certain d'avoir convenablement épuisé
la liqueur de son alcaloïde dissous dans l'alcool amylique.
On filtre l'alcool amylique, on l'évaporé au bain-marie à une
basse température. Qand on est parvenu au degré de concentra-
tion sirupeux, on laisse refroidir, on sature par l'ammoniaque dans
une éprouvette, le papier tournesol indiquant le degré de satura-
tion, on verse dessus quatre ou cinq fois le volume d'éther acé-
tique non acide ; on agite vigoureusement la liqueur, en séparant
l'éther acétique au moyen de l'entonnoir à robinet.
Pour être certain d'avoir épuisé la liqueur, on renouvelle une
seconde, même une troisième fois l'opération; les solutions éthé-
rées sont réunies, filtrées et évaporées au bain-marie à une basse
température. On obtient une masse jaunâtre qu'on traite à plusieurs
reprises par de l'eau distillée froide; on filtre; on lave le filtre;
on fait évaporer sous une cloche sur de l'acide sulfurique. Si le
résidu n'est pas suffisamment pur, on le redissout dans l'éther
acétique, on reprend par l'eau distillée, on laisse recristalliser.
Par ce procédé, j'ai obtenu avec trois kilogrammes d'Agaric
mouche, un alcaloïde qui présente les caractères suivants:
EXAMEN CHIMIQUE DES CHAMPIGNONS 211
Vingt centigrammes suffisent pour tuer un chien de moyenne
taille en moins de deux heures.
A l'aide des réactifs on obtient:
Avec Tiodure double de mercure et de potassium, un précipité
blanc;
Avec Tiodure de bismuth et de cadmium, un précipité jaune;
L'iodure de cadmium et de potassium donne un précipité blanc
floconneux ;
Le bichlorure de mercure, un précipité blanc;
Le chlorure d'or, un précipité blanchâtre ;
L'acide phosphomolibdique, un précipité grenu ;
Ces diverses réactions suffisent pour mettre hors de doute l'al-
caloïde, que j'ai présenté à l'Institut et que j'ai nommé Fungine.
Pour rendre complète l'étude chimique des Champignons autant
que l'état de la science le permet, je vais décrire la localisation
des éléments constitutifs les plus importants que l'on retrouve à
l'analyse.
Commençons par l'eau, agent indispensable de la vie animale et
végétale ; le Champignon en renferme de 80 à 92 pour cent. Tout
le monde sait que l'absorption de l'eau par les racines des plantes
est la première manifestation de l'activité vitale.
Cette fonction a depuis longtemps frappé les observateurs ; Hales
a publié, sur la force ascensionnelle de l'eau par les racines, de
belles expériences. M. Jamin a fait connaître en partie le rôle de
l'eau pendant la germination de la graine, l'évolution de la
racine et de la gemmule.
Le Champignon n'ayant pas de racines, mais un tissu très fin,
très délié, le mycélium joue envers la terre humide le rôle de la
terre de pipe sur l'humidité de la bouche, et l'eau pénètre dans
le Champignon par endosmose ; phénomène étudié particulière-
ment et avec une rare sagacité par M. Dutrochet.
Toutes les analyses nous dévoilent, dans l'eau des Champignons,
une matière azotée insoluble qui se coagule facilement par l'ac-
tion de la chaleur, et rappelle complètement l'albumine de l'œuf.
L'albumine contenue dans les cellules des Champignons et
facilement séparée par l'ébullition, peut être séchée et pesée.
Comment apparaît-elle au milieu du Lissu? On ne peut, quant à
présent, énoncer sur ce sujet que des probabilités.
212 EXAMEN CIHMIQUE DES CHAMPIGNONS
L'albumine appartient à la famille des ammoniaques composées,
produites comme on sait par la combinaison directe de l'ammo-
niaque avec des composés carbonés, ainsi que cela a lieu dans la
synthèse de l'urée par le procédé Wœhler.
Lorsqu'on calcine des Champignons, il s'en dégage des vapeurs
douées de cette odeur nauséabonde qui accompagne la décompo-
sition ignée des matières animales. Si la calcination a lieu en
présence de la chaux sodée, l'odeur et les réactions caractéristiques
de l'ammoniaque apparaissent et ne laissent aucun doute sur la
présence de l'azote. Les matières azotées sont neutres ou alcalines;
les premières ont une constitution presque identique et forment
des corps qu'on désigne sous le nom de matières albuminoïdes ou
protéiques, à cause des facilités avec lesquelles elles se métamor-
phosent.
Les substances azotées alcalines constituent, dans les Champi-
gnons vénéneux, un groupe redoutable par leurs propriétés
toxiques : ce sont les alcaloïdes.
La matière qui forme les tissus solides des Champignons, les
membranes utriculaires, les poils, etc., est composée de substances
cellulosiques. La formule générale de ces corps est: C12 H10 O10 ou
un multiple.
MM. Chevallier et Gobley ont trouvé dans les Champignons
une matière particulière, solide et cristallisable, surtout remar-
quable par son point de fusion, élevé à 140, et parla propriété de
ne point subir d'altération sous l'influence de la potasse caustique.
Cette substance n'est pas nouvelle; Braconnet, en 1811, la nom-
mait adipocire ou matière grasse des Champignons, et l'avait
reconnue insoluble dans l'eau et dans l'alcool froid, soluble en
toute proportion dans l'éther.
Pour l'obtenir il est plus avantageux de laisser sécher les Cham-
pignons et de les réduire en poudre grossière, que l'on met dans
une allonge de verre du digesteur de Payen. On verse, par le tube
à boule, de l'éther anhydre qui dissout et entraîne la matière grasse
vers le récipient inférieur, plongeant dans un bain-marie dont
l'eau est maintenue à une température supérieure à son point
d'ébullition. L'éther, réduit en vapeur, s'élève par un autre tube,
vient se condenser dans le ballon supérieur et retombe sur la
poudre. On peut, par ce moyen, avec une quantité d'éther limité,
obtenir la matière grasse.
EXAMEN CHIMIQUE DES CHAMPIGNONS 213
Si Ton examine au microscope une tranche de Champignon,
on voit une multitude de globules qui se rassemblent et nagent
dans un liquide émulsif. Animé du mouvement Brownien, dans
les cellules, les globules sont plus gros, de beaucoup plus visibles
et se réunissent entre eux.
En présence de l'eau distillée, ces globules se divisent à l'infini;
le liquide perd sa transparence, devient laiteux et opaque ; par
l'iode, on a une coloration vineuse ; par la solution alcoolique de
potasse caustique, on constate l'insolubilité des globules gras ;
l'alcool trouble et précipite certaines substances. Si maintenant
nous cherchons, en nous appuyant sur les observations microsco-
piques, à concevoir le mécanisme et la formation, dans le torrent
circulatoire, des matières grasses, nous les voyons, pour devenir
aptes à jouer un rôle nutritif, subir une élaboration particulière.
Les corps gras ne s'absorbant pas facilement par les cellules orga-
niques, ces globules ne pénétreraient point dans les tissus s'ils
n'avaient éprouvé la transformation physique, nommée émulsion,
prélude de bien des transformations nutritives, éprouvées par les
corps gras. L'émulsion consiste dans une simple modification d'état
physique ou de division mécanique du corps gras en un nombre
infini de petits globules qui persistent et se maintiennent en sus-
pension.
On pourrait croire, dès lors, que ces globules gras émulsionnés
doivent, en vertu de certaines fonctions caractérisées parles réac-
tifs, donner les matériaux du sucre. Si cela était, il faudrait
employer, pour expliquer le fait, le terme de mutation chimique
dans toute sa rigueur.
M. Claude Bernard a prouvé que les matières grasses de l'orga-
nisme doivent en partie passer par un chemin tracé d'avance,
dont la formation glycosique est une étape nécessaire, et consi-
dérer les globules gras, contenus dans les cellules des Champi-
gnons, comme des éthers d'un alcool particulier, la glycérine, qui
a la propriété de se combiner avec trois atomes d'acide.
SUCRE DES CHAMPIGNONS
En 1806, Proust (1) retira un sucre de l'extrait aqueux des
Champignons au moyen du procédé suivant : on traite l'extrait
(1) Proust, Ann. de chimie et de physique, tome LVII, p. 143, 1806.
214 EXAMEN CHIMIQUE DES CHAMPIGNONS
par l'eau bouillante ; on laisse reposer dix minutes, on décante
la liqueur qui, en refroidissant, dépose des aiguilles soyeuses
d'une couleur grise ayant une saveur légèrement sucrée. On
ne le sépare pas par une première opération ; il faut, pour y
parvenir complètement, réitérer les traitements quatre ou cinq
fois. Les cristaux recueillis sur un filtre et décolorés au moyen
du charbon animal, sont parfaitement blancs et se présentent
sous forme d'aiguilles fines et soyeuses. Pour les obtenir en
longs prismes quadrilatères à base carrée, on les redissout dans
l'eau distillée, en laissant la solution s'évaporer dans une éluve:
VAgaricus eclulis en contient de 0,25 à 0,29 centigrammes pour
100 grammes.
Ce sucre soumis à l'action de la chaleur, fond entre 160
et 165; on obtient ainsi un liquide incolore, -qui cristallise à
la suite d'un refroidissement immédiat.
En 1866, M. Chevallier (1) voulut s'assurer s'il n'existait
pas de sucre fermentescible dans les tissus de VAgaricus edulis.
Ces Champignons ayant été cueillis par moi dans les bois de
Chantilly, le savant professeur de l'Ecole de Pharmacie mit,
dans deux flacons de 250 grammes de capacité, du suc récem-
ment extrait avec de la levure de bière ; dans le second il
ajouta, en outre de ces deux substances, une petite quantité
d'acide tartrique pour activer la fermentation. Les deux flacons
furent placés à l'étuve chauffée de 18 à 25 degrés ; pendant
trois jours, le mélange ne donna aucun signe de fermentation
et les liqueurs, soumises à la distillation, ne produisirent pas
d'alcool. Dans ces dernières années M. Muntz a fait séjourner
des Champignons de la même espèce dans un ballon ; en pré-
sence de l'acide carbonique, il obtint un dégagement d'hydro-
gène, semblant amené par une combustion intérieure ; dans ce
cas, comme on ne peut admettre la décomposition de l'eau du
Champignon, ce dégagement d'hydrogène ne saurait être attribué
qu'à la mannite qui se transforme en un glycose, pour subir
la fermentation alcoolique.
En 1839, M. Frémy (2) publia un mémoire sur la formation
de l'alcool, C4H602, aux dépens de la mannite C6H706; l'équation
(1) Chevallier, Bull, de l'Académie de médecine, 19 février 1866.
(2) Compte rendu, tome IX, p. 16o, 1839.
EXAMEN CHIMIQUE DES CHAMPIGNONS 21b
donne C6H:06 = C'H60- X C20- + H ; cette transformation
est corrélative avec un dégagement d'acide carbonique qui peut
être absorbé par la potasse et d'hydrogène, dont la production
distingue la fermentation alcoolique de la mannite de celle des
sucres proprement dits.
On trouve, à l'analyse des mêmes Champignons, de l'acide
lactique; sa formation est beaucoup moins abondante que
celle de l'alcool ; elle paraît d'ailleurs indépendante, comme le
démontre l'équation de sa formation. L'acide lactique C6H606,
ne diffère de la mannite C6B?06 que par un équivalent d'hy-
drogène C6H706 = C6HG06 -+- H. Les conditions dans lesquelles
l'acide lactique prend naissance aux dépens de la mannite sont
les mêmes que celles de la fermentation lactique du sucre.
Pour expliquer un fait analogue, M. Berthelot (Chimie orga-
nique fondée sur la synthèse, p. 71 et suivantes) dit que l'acide
acétique qui se produit dans la fermentation de la mannite est
dû à une oxydation secondaire de l'alcool, ou plutôt à la décom-
position directe de la mannite et de l'acide lactique.
Le savant chimiste a bien soin de faire remarquer que ces
formations d'alcool et d'acides butyrique et lactique établissent,
entre la mannite et les dérivés des alcools proprement dits,
certaines relations analytiques très importantes ; ainsi, la man-
nite joue au même titre que la glycérine le rôle d'un alcool
polyatomique. Si on soumet le Bolelus satanas, la Chanterelle,
VAgaricus nebularis, VAgaricus fascicularis, VAgaricus stipticus,
à une atmosphère d'acide carbonique, ces Champignons subis-
sent la fermentation alcoolique sans dégager l'hydrogène. Ils
ne contiennent pas de mannite, et, chimiquement parlant, on
doit diviser les grands Agarics et les Bolets en deux classes:
ceux qui renferment comme sucre de la mannite ; ceux qui
contiennent de la tréhalose. Pour faire cette division, il faut
analyser chaque espèce en particulier ; c'est une étude assez
difficile, car certains Champignons en renferment des proportions
très minimes. On peut toujours vérifier, puisque les deux sucres
présentent des propriétés différentes.
Bans l'état actuel de la science, les expériences que je viens
de citer prouvent donc que les Champignons, par leur com-
bustion , peuvent changer la mannite en un autre sucre , la
21 G OBSERVATIONS SUR LES CHAMPIGNONS COMESTIBLES
glycose, qui est un aliment pour les végétaux. La mannite est
au contraire, un corps difficile à utiliser, ne pouvant servir ni à
la nutrition, ni au développement des cryptogames. Il y a
ainsi, au point de vue physiologique, une distinction frappante
entre ces deux sucres. La glycose existe dans le Champignon
pour servir d'aliment de réparation; la mannite est un dépôt qui
ne peut entrer dans le mouvement nutritif sans devenir un
produit d'excrétion ; elle forme des accumulations qui s'emma-
gasinent dans les tissus pendant la première période de leur
développement.
CHAPITRE II
OBSERVATIONS SUR LES CHAMPIGNONS COMESTIBLES ET VÉNÉNEUX
Avant d'apprécier l'influence que les Champignons exercent
sur l'homme, je vais présenter quelques observations qui me
sont personnelles sur certaines espèces. Presque tous les Cham-
pignons supportent parfaitement la cuisson, môme la digestion
par l'homme et les animaux, sans être sensiblement altérés
dans la nature de leur tissu. Les spores résistent bien aussi
à la coction dans l'eau et au travail digestif des animaux, car
on ne trouve, pour ainsi dire, pas de différence entre la colo-
ration de celles qui ont été cuites et de celles qui sont fraî-
chement cueillies : elles se présentent toujours avec la môme
forme, la même grosseur et la même couleur. Quant au tissu
du Champignon, il n'est en rien modifié dans la forme et la
grosseur des cellules ; seulement celles - ci n'ont plus cette
transparence qu'on leur reconnaît à l'état normal : toutes sont
plus ou moins fanées, plissées de diverses manières, et offrent
à l'intérieur un grand nombre de granulations de protoplasma
tué par la chaleur.
OBSERVATIONS SUR LES CHAMPIGNONS COMESTIBLES 217
L'ensemble de ces granulations caractérise précisément les
véritables matières albuminoïdes comme la caséine, la fibrine,
et l'albumine. On est donc en droit de supposer que des subs-
tances de ce genre constituent le protoplasma des Champi-
gnons. Il est bon de remarquer toutefois que, dans les cellules
ou le suc abonde comme chez le genre Lactaire, le suc pro-
toplasmique, à mesure qu'il devient plus fluide, acquiert une
plus grande fermeté et résiste assez longtemps à l'action de la
chaleur.
Sous d'autres rapports encore le protoplasma se comporte de
la même manière que les matières albuminoïdes. Chauffé à
100 degrés, il se trouble, se raidit et meurt ; l'alcool et les
acides minéraux étendus le coagulent aussi.
Quant au noyau, soumis aux mêmes réactifs, il agit comme
un protoplasma plein de vie et abondamment pourvu d'eau ;
le noyau jeune est même plus sensible; âgé, il devieut plus
résistant. Je donne ces caractères qui auraient leur utilité dans
un cas d'empoisonnement ; le médecin légiste peut, au moyen
du microscope, déterminer, sinon avec certitude du moins avec
de très grandes probabilités, la section à laquelle l'espèce de
Champignon appartient, et quelquefois cette espèce elle-même.
Lorsque les déjections ont lieu peu de temps après l'ingestion,
il doit toujours être possible de rencontrer quelques parcelles
du tissu et quelques spores.
Presque toutes les Amanites sont vénéneuses; quelques variétés
comme les Am. bulbosa, muscaria, mappa, phalloïdes le sont
au plus haut degré ; Am. ovoidus, strobiliformis (planche IV,
fig. 11 et 12) se rangent dans les comestibles, mais, par leur
ressemblance avec les autres Amanites vénéneuses, et surtout
avec l'Agaric de couche. Je conseille prudemment de ne manger
que trois espèces : YAm. cœsarea (planche III, fig. 8), Am.
rubescms (fig. 10). Am. vaginata (pi. VI, fig. 18 à 20 bis).
Les Amanites ne sont pas les seules qui contiennent des
Champignons dangereux ; il en existe encore d'autres sections
du genre Agaric; le Nébuleux (planche XVII, fig. 75), que
Batsch cite comme comestible, occasionne des douleurs abdo-
minales très sérieuses ; le docteur Cordier, pour en avoir
mangé en ma présence, a été gravement incommodé. Cette,
218 OBSERVATIONS SUR LES CHAMPIGNONS COMESTIBLES
espèce se rencontre fréquemment à Saint-Germain, Meudon,
Chantilly, etc. Les Coprins (planche XL, XLI, XLII), répandus
sur tout le globe, sont les seuls qui se fondent en une eau
noire ; jeunes, ils sont inoffensifs ; avancés, personne n'est tenté
de les manger. Les Agarics laiteux appartiennent au genre
Lactaires (planche XLIII, XLIV, XLV) ; ils se distinguent par
le jus blanc qui en découle quand on les blesse ; les spores
sont plus ou moins globuleuses et rugueuses, ou échinulées.
L'espèce comestible la plus remarquable de ce genre est le
Lac. deliciosus (flg. 237), dans lequel le lait est d'abord rouge
safran, puis verdâtre; ce Champignon prend une couleur d'un
vert livide quand il est meurtri ou brisé. Le Volemus (fig. 236)
donne un lait blanc, d'une saveur douce et agréable ; c'est un
des meilleurs, tandis que dans les espèces délétères à lait blanc,
le liquide a un goût piquant et acre. Le Lactarins piperatus
(fig. 235) est classé dans certains pays parmi les Champignons
dangereux; on le mange pourtant en Bourgogne, en Auvergne;
j'en ai fait l'essai, et j'ai constaté que son âcreté disparaît par la
cuisson. Ce suc spécial est un liquide albumineux qui tient en
suspension des résines solides ou fluides a un degré de division
extrême; c'est la résine qui donne au suc la coloration jaune,
blanche ou rouge; on peut s'en convaincre par une expérience très
simple. Le suc laiteux des Lactaires s'écoule assez facilement,
surtout au voisinage des feuillets, quand on brise ou qu'on coupe
un Champignon frais ; recueilli dans un tube à analyse ou dans
une capsule de porcelaine, le liquide ne tarde pas à se coaguler ;
il perd sa couleur blanche et prend celle qu'a généralement
la résine qu'il contient.
Boudier (1) a fait différentes analyses chimiques sur plusieurs
espèces de Champignons; mais nous savons que, pour isoler les
principes immédiats qu'on rencontre dans ces cryptogames, il y a
certaines difficultés à surmonter : il faut changer de méthode à
cause des substances mucilagineuses, fixer, comme nous avons
fait, le principe actif par un acide minéral, l'isoler à l'aide de l'al-
cool amylique. Ces analyses devraient être reprises par une per-
sonne exercée aux manipulations chimiques; on cherche partout
des découvertes nouvelles : voilà une mine.
(1) Boudier. Des Champignons au point de vue toxicologique, J.-B. Baillièro, 1866.
OBSERVATIONS SUR LES CHAMPIGNONS COMESTIBLES 219
Les Russules (planches XLV, XLVI, XLVII, fig. 241 à 253),
ressemblent par beaucoup de points aux Lactaires, mais sans lait;
quelques-unes sont dangereuses, d'autres comestibles.
Parmi les dernières, on peut citer VHeterophilla (fîg. 243),
Champignon très commun dans tous les bois de la France et qui
a un parfum remarquable. Dans beaucoup de nos provinces on
mange le R. vircscens (fig. 248). Une troisième espèce de Russule,
R. alutacea (fig. 241), reconnaissais à ses feuillets jaune chamois,
n'est nullement à dédaigner. Trois ou quatre autres ont aussi
le mérite d'être comestibles, les Russula aurata (fig. 245),
R. cyanoxantha (fig. 252), etc.; pourtant je préviens qu'il y a
aussi des espèces nuisibles comme le Russula emetica à feuil-
lets blancs (fig. 242), le R. fragilis (fig. 247). Dans le genre
Panus, on trouve le P. stipticus (planche XXIV, fig. 122), qui
est malfaisant; mais sa petite taille, sa chair coriace et sa saveur
désagréable suffisent pour en éloigner les amateurs. Le Champi-
gnon des fées, au contraire, Marasmius orcades (planche XL1X,
fig. 262), bien que fort petit, est un comestible des plus délicieux;
on le trouve en cercles dans les prairies. Ce Champignon a l'avan-
tage de sécher rapidement et de conserver longtemps son arôme.
Les Caniharellus ont une odeur et un aspect charmant et appé-
tissant (planche XLVIII, fig. 254 à 257) ; leur couleur est jaune
d'or brillant, et leur goût a été comparé avec raison à celui des
abricots mûrs; on les mange presque universellement. Parmi les
Bolets, où les feuillets sont remplacés par des tubes, on rencontre
moins d'espèces comestibles que dans les Agarics. Le Roletus edulis
(planche L, fig. 268) est renommé entre tous ; c'est le cep de
Bordeaux ; coupé en tranches minces et séché, il se vend partout
en France; le Roletus aurantiacus paraît dès le commencement
de l'été et a, quand il est cru, un parfum particulier de noi-
sette; le Roletus scaber (fig. 271), est aussi très commun. Le
Rolelus castaneus (fig. 275), petite espèce à saveur douce et
agréable, est très bonne, bien préparée. Plusieurs Bolets sont
pourtant dangereux. Le R. luridus (fig. 275 bis), fort répandu
dans nos contrées, surtout en automne, occasionne des accidents
graves. La chair de quelques Bolets change de couleur quand
elle est entamée ; celle du Bolet bleuissant, R. cyanesceyxs (fig. 276),
passe assez rapidement au bleu foncé ; cependant c'est Une espèce
bonne à manger.
220 OBSERVATIONS SUR LES CHAMPIGNONS COMESTIBLES
Il y a très peu de vrais Polypores comestibles : le Polyporus ju-
glandis (fig. 279), le P. giganteus (flg. 280), a la consistance du
cuir lorsqu'il est vieux; quelques-uns sont utiles à l'industrie. Le
Bolet amadouvier, P. fomentarius, s'emploie généralement pour
la fabrication de l'amadou, qui est une branche de commerce
assez considérable. Les gantiers font un usage fréquent du P. his-
pidus (flg. 283), pour teindre les peaux en couleur marron fauve.
Le P. sulfureus (planche LVI, fig. 284) sert à teindre en jaune.
On récolte dans la forêt de Saint-Germain, à Chantilly, Fontaine-
bleau, un Champignon charnu, juteux, ressemblant un peu à une
langue de bœuf par sa forme et à un bifteck par son apparence,
mais beaucoup plus encore par son goût. Aussi lui a-t-on donné
le nom de langue de bœuf (planche LIV, fig. 278). On le mange
partout à l'égal des meilleures espèces comestibles.
Les Hydnes, au lieu de pores ou de tubes, ont des épines et des
verrues, sur lesquelles s'étend la surface fructifère. Le plus com-
mun est YHyd. repandum (planche LVIII, fig. 293), qu'on trouve
dans tous les bois ; il a une légère saveur de poivre, qui dispa-
raît par la cuisson : c'est un Champignon très estimé. Comme il
est sec de sa nature, on peut le sécher et le conserver pour l'hiver.
Les Clavaires (planche LXI, LX1I) sont généralement comestibles;
le Cl. crispula est une très belle espèce qui a la taille et un peu
l'apparence d'un petit chou-fleur. Parmi les Tremelles, aucune ne
mérite d'être citée ; la plus curieuse l'Oreille de Judas, Himeola
auricula Judœ (fig. 311), passe pour purgative, à tort sans doute,
car elle est employée comme aliment dans diverses parties du
monde : en Chine notamment on s'en sert pour faire de la soupe.
Il n'y a point, parmi les Phailoïdées (planche LXIV, fig. 332 à
341), d'espèce qui ait une valeur économique; on mange, dans
certains pays, la bourse gélatineuse du Phallus (fig. 334), et en
Ecosse la tige poreuse du Phallus impudicus ; mais ces exemples
ne doivent pas nous conduire à recommander leur consommation.
Une espèce de Vesse-de-loup, Lycoperdon giganteum (planche
LXVII, fig. 3S4) a de très zélés partisans, et quand elle est jeune,
crémeuse et bien préparée, c'est un bon aliment. J'ai mangé
presque tous les Lycoperdons jeunes sans trouver de différence
avec les meilleurs Agarics.
Le lecteur trouvera des détails supplémentaires aux descrip-
tions des espèces.
OBSERVATIONS SUR LES CHAMPIGNONS COMESTIBLES 221
Nous remarquons dans la seconde classe les Thécasporés, Lév.,
ou Ascomycètes des auteurs, quelques Champignons fort estimés;
les délicieuses Morilles; le Morchella esculenta et le M. nigra sont
les plus communes, mais il y a des espèces beaucoup plus grandes,
comme le M. crassipes, le M. semilibera, toutes comestibles; cer-
taines Helvelles (flg. 388), se mangent et se sèchent facilement. Un
curieux Champignon, avec son chapeau semblable à un capuchon,
le Verpa digitaliformis (planche LXXI, flg. 386), se consomme en
Italie; quelques espèces de Pezizes, bien que comestibles, ont fort
peu de valeur, par suite d'une odeur nitreuse bien marquée :
P. Acetabulum (flg. 396), P. coccinea, etc.
Pour compléter rénumération des espèces comestibles et
vénéneuses, il ne reste plus qu'à parler des Champignons sou-
terrains, dont la Truffe exquise est le type et donne en France les
produits les plus parfumés, Tuber cibarium (flg. 390), T. melanos-
permum, T. magnatum. Les Truffes viennent de préférence au
milieu du chevelu des racines des arbres et, en particulier, du
chêne rouvre, Quercus robur. Lin, du chêne yeuse, Q. ilex, Lin, du
chêne kermès, Q. coccifera Lin. Elles acquièrent sous ces arbres
un parfum qui leur manque lorsquelles se développent entre
les racines du charme, du châtaignier. La Truffe noire (flg. 390)
est celle que Ton récolte de préférence en Périgord; elle vient
surtout dans les bois de chêne rouvre. C'est sur les terrains juras-
siques et principalement sur les oolithes, que les Truffes croissent
en plus grand nombre. La Champagne et la Bourgogne produi-
sent la Truffe rousse {Tuber rufum), etc. Les botanistes regardent
avec raison les Truffes comme des Champignons souterrains se
reproduisant de spores comme les autres Champignons; la plupart
des cultivateurs, tout au contraire, n'y voient que des excrois-
sances végétales de la nature des noix de galle, ou un accident
dans la végétation de divers arbres. Telle est du moins l'opinion
émise par M. Martin-Ravel. M. Chatin, déjà cité, fait bonne jus-
tice de toutes les hypothèses émises touchant la reproduction de
ces végétaux.
Les enfants, en Auvergne, mangent presque toujours cru
YElaphomyces granulatus, et je n'ai pas eu connaissance du moin-
dre malheur. Les moisissures qui viennent sur les fruits et les
confitures (représentées planche LXXIV, flg. 397, 399, 400, 40b)
222 OBSERVATIONS SUR LES CHAMPIGNONS COMESTIBLES
sont moins dangereuses que celles des céréales et du pain.
M. Cordier et moi, avons mangé, sans en être incommodés, le
Pénicillium glaucum, venu sur un pot de confitures. Parmi les
Champignons employés en médecine, la première place doit être
donnée à l'Ergot, que Ton récolte sur le seigle, le blé et beaucoup
de graminées sauvages, à cause de son principe actif: il tient son
rang dans le Codex. D'autres, qui avaient une réputation autrefois,
sont maintenant écartés.
En 1868 M. le docteur Curie et M. Pierre Vigier, savant phar-
macien de Paris, ont cherché à isoler l'alcaloïde des Champignons
vénéneux, dans le même sens que MM. Schmidberg et Koppe, de
Dorpat. Ils s'occupèrent exclusivement de VAmanitamappa, parce
que c'était celui qui leur avait paru le plus toxique. M. Vigier a
donné à cette Amanite deux formes pharmaceutiques : l°une alcoo-
lature qui se prépare en laissant quinze jours en contact un kilo-
gramme de Champignons vénéneux frais écrasés avec un kilo-
gramme d'alcool à 90°, on passe avec expression et l'on filtre.
Cette alcoolature s'administre à la dose de quatre à six grammes
par jour dans certaines affections catarrhales ; 2° des pilules
de cinq centigrammes d'extrait provenant de la distillation
de l'alcoolature. Ces pilules se prennent à la dose de trois à
quatre par jour. M. le docteur Curie publiera certainement bientôt
le résultat de ses recherches thérapeutiques sur ce sujet.
La levure, rangée aussi parmi les substances pharmaceutiques,
est de peu d'importance. Je ne dirai qu'un mot de l'amadou qui se
prépare avec le Pohjporus fomentarius, le P. ignarius coupés en
tranches séchés et battus jusqu'à ce qu'ils deviennent mous. Cela
complète la liste si importante des Champignons qui rendent
directement service à l'humanité dans l'alimentation, la médecine
ou les arts.
INFLUENCE DES CHAMPIGNONS SUR L'HOMME ET LES ANIMAUX 223
CHAPITRE III
INFLUENCE DES CHAMPIGNONS SUR L'HOMME ET LES ANIMAUX
Après l'examen des propriétés physiques, il ne sera pas sans
intérêt d'apprécier l'influence des Champignons sur l'homme et les
animaux, plus longuement. En décrivant les espèces, j'ai montré
qu'un grand nombre de cryptogames peuvent être utilisés comme
nourriture, et que plusieurs d'entre eux fournissent des aliments
vraiment délicats. Il est nécessaire aussi de déclarer, d'une façon
plus positive encore, que beaucoup sont vénéneux et renferment
des poisons violents qui, pris même en petite quantité, peuvent
donner rapidement la mort.
Les journaux mentionnent chaque année des empoisonnements,
mais ils ne disent jamais par quelles espèces les accidents ont été
occasionnés. Les anciens ont dû avoir de nombreux malheurs à
déplorer aussi ; la preuve, c'est le soin que mettent les auteurs,
depuis Dioscoride, à établir une distinction et à donner les moyens
de combattre le poison. Ils faisaient remarquer pourtant que les
Champignons donnaient la mort, non seulement 'parce qu'il y en
avait de vénéneux, mais aussi parce qu'on en mangeait sans mesure,
et de peu cuits ou de coriaces. Dans ces conditions, en effet, les
accidents sont toujours possibles, et il est probable, vu la pauvre
nature humaine, qu'ils le seraient encore, quand même chaque
Champignon nuisible aurait le mot poison inscrit sur son chapeau.
On nous demande sans cesse des règles claires pour distinguer
les Champignons vénéneux des comestibles ; nous ne pouvons
cependant répondre que ceci : comment reconnaître le persil de la
morelle ; la jusquiame de la pomme de terre ; le stramonium du
tabac ou de l'oseille? Il n'y a pas de caractère général, mais il y a
des différences spécifiques. Il en est de même pour les Champi-
gnons ; on doit apprendre à les discerner de la même manière que
l'on distingue le persil de la ciguë. Les Champignons ont encore
un grand avantage à cet égard, puisqu'on peut donner pour eux
une ou deux indications générales, tandis qu'il n'y en a aucune
d'applicable aux plantes supérieures. Un dicton très répandu dans
224 INFLUENCE DES CHAMPIGNONS SUR L' HOMME ET LES ANIMAUX
la population ries villes et des campagnes et qu'un célèbre natu-
raliste, Bulliard, avait déjà réfuté dès 1791, c'est que la cuiller
d'argent noircit au contact des Champignons vénéneux. Jamais
les Champignons vénéneux n'altèrent par leur cuisson l'éclat de
l'or ni de l'argent : ce sont des expériences faciles à répéter et que
j'ai faites personnellement sur les Agarics et les Bolets les plus
vénéneux, c'est-à-dire sur ceux qui occasionnent la presque tota-
lité des empoisonnements. Persuadé qu'il est important de faire
connaître au public l'insuffisance absolue de ce moyen, j'aiderai
peut-être ainsi à prévenir bien des malheurs. Il faut se souveuir
que la cuiller d'argent brunit par la cuisson des œufs sur le plat ;
pourtant, voilà un mets qui n'est pas vénéneux. Quand on fait cuire
un chou, la cuiller prend une coloration plombée : le chou n'est
pas malfaisant cependant ; mais les œufs et les choux, comme bien
d'autres substances végétales et animales, contiennent une essence
formant avec l'argent, sous l'influence de la chaleur, du sulfure
qui est noir. Je ne dis pas que, dans certains cas, la cuiller ne
puisse prendre une coloration brunâtre, résultat seulement de
l'état avancé des Champignons, qui contiennent des substances
albuminoïdes, dégageant de l'hydrogène sulfuré, sous l'action de
la chaleur.
On rejette de la consommation toutes les substances altérées ;
il est bon d'agir pareillement à l'égard des Champignons, et de se
bien convaincre qu'une seule exception, à des caractères donnés,
peut, dans le cas qui nous occupe, entraîner la mort de familles
entières, et que les exceptions sont presque aussi nombreuses que
la règle même.
Une des espèces les plus belles, mais des plus vénéneuses que
nous possédions, c'est la fausse Oronge ou Agaric mouche
(planche II, fig. 7), qu'on emploie quelquefois comme poison pour
détruire les mouches. Mérat (Dictionnaire de matière médicale)
dit que jamais les insectes et les limaces n'attaquent ce Champi-
gnon. Je puis assurer, et ne suis pas le seul, qu'on trouve
fréquemment ce joli cryptogame mangé par des larves de Diptères
et de Staphylinides. Les limaces ont un goût très prononcé pour
ses feuillets ; le docteur Léveillé a nourri plusieurs jours des
limaces grises et rouges avec les plus vénéneuses Amanites, telles
que le muscaria, le mappa, Am. bulbosa et phalloïdes. On
INFLUENCE DES CHAMPIGNONS SUR L'HOMME ET LES ANIMAUX 225
sait que les Champignons se rapprochent des substances animales
par l'abondance de leurs principes azotés; ils contiennent un prin-
cipe acre détruit par la dessiccation et l'ébullition, et un principe
vénéneux, nommé Amanitine quand on l'extrait du genre Amanite,
et Fungine, lorsqu'on l'obtient dans les autres classes; ce principe
vénéneux doit être regardé comme doué d'un caractère basique,
parce qu'il est susceptible de s'unir aux acides pour donner nais-
sance à des sels. (Schoras et moi, avons présenté à ce sujet à
l'Académie des sciences, dans sa séance du 2b avril 186b, un
mémoire sur l'alcaloïde des espèces vénéneuses, travail dont
M. Fbémy a été nommé rapporteur.)
Les Champignons comestibles, bien préparés, sont un aliment
très nourrissant ; aussi les Russes, qui en consomment une grande
quantité donnent-ils une attention particulière au mode de cuisson,
en y ajoutant force sel et vinaigre ; l'un ou l'autre de ces condi-
ments, par une longue ébullition, devant puissamment agir pour
détruire le poison.
Je connais un garde, dans nos environs, qui mange tous les
Champignons, comestibles ou vénéneux, par le procédé Gérard,
très praticable, du reste. Il consiste à jeter, chaque 500 grammes
de Champignons, coupés en morceaux d'assez médiocre grandeur,
en quatre pour les moyens, en huit pour les plus gros, dans un
litre d'eau acidulée par trois cuillerées de vinaigre ou deux cuille-
rées de sel gris ; si l'on n'a que de l'eau à sa disposition, il faut la
renouveler une ou deux fois. On laisse les Champignons macérer
pendant deux heures, puis on les lave à grande eau ; ils sont alors
mis dans l'eau froide qu'on porte à l'ébullition, et, après un quart
d'heure ou mieux encore une demi-heure, on les retire, on les
lave, on les essuie et on les apprête.
Le procédé a été expérimenté par F. Gérard sur lui-même, en
présence des membres désignés par le Conseil de salubrité :
MM. Beaude, Flandin, Cadet de Gassicourt et le docteur Cordier.
Parmi les espèces que Gérard avaient préparées, se trouvaient
quelques pieds de fausse Oronge (figure 7), d'Agaric bulbeux
(planche V, fig. 14), le Phalloïde (planche V, fig. 16), tous Cham-
pignons essentiellement vénéneux. Gérard et sa famille les ont
mangés devant la Commission, dont plusieurs membres en ont
goûté ; personne ne fut incommodé.
226 INFLUENCE DES CHAMPIGNONS SUR L'HOMME ET LES ANIMAUX
M. Pouchet de Rouen (1) a fait bouillir dans un litre d'eau,
pendant un quart d'heure, six fausses Oronges; la décoction,
donnée à un chien, le tua peu d'heures après, tandis que les Cham-
pignons eux-mêmes furent mangés sans inconvénient par un autre
chien. Cette expérience, répétée un grand nombre de fois, soit
avec la fausse Oronge, soit avec l'Agaric bulbeux, lui a toujours
donné des résultats semblables. D'après mes expériences person-
nelles, le blanchiment ne suffit pas pour détruire entièrement le
principe actif de certains Agarics ; des chiens sont morts après
avoir absorbé des Champignons traités par l'eau bouillante, tandis
que je n'ai jamais vu d'accidents par le procédé Gérard. Bulliard
a mangé des fausses Oronges avant Gérard, par le même procédé,
sans en avoir ressenti autre chose qu'une légère âcreté à la gorge,
due sans doute à l'huile essentielle qui est émulsionnée par une
cuisson suffisante ; le principe vénéneux est sans saveur et sans
odeur. Mais la fausse Oronge est-elle vraiment un poison éner-
gique? Ce qui en ferait douter, c'est qu'elle compte parmi les
Champignons alimentaires à Bonneville et sur d'autres points de
la Savoie.
En résumé, dans l'état actuel de nos connaissances, personne
n'oserait se permettre de donner un procédé infaillible pour neu-
traliser le toxique introduit dans l'économie. L'action du vinaigre,
quelque peu dilué qu'il soit, a pour effet de favoriser la sortie du
suc des Champignons ; c'est pourquoi l'eau acidulée qui a servi à
la macération est bien plus colorée que l'eau pure provenant
de leur ébullition.
Le vinaigre est donc, malgré ses défauts, le seul préservatif que
l'on puisse indiquer pour atténuer le principe vénéneux.
(1) Journal des Connaissances médieales. 1838-1839, tome VI, p. 347.
EFFETS DES CHAMPIGNONS VÉNÉNEUX SUR L'HOMME ET LES ANIMAUX 227
CHAPITRE IV
EFFETS DES CHAMPIGNONS YËNÉNEUX SUR L'HOME ET LES ANIMAUX.
TRAITEMENT.
Sans vouloir rapporter ici des exemples particuliers d'empoi-
sonnement sur l'homme, et je pourrais en citer un grand nombre,
je crois avoir fait connaître la dangereuse influence des Champi-
gnons autant que le permet l'état actuel de la question; voyons
les effets qu'ils peuvent déterminer. Ces effets varient un peu avec
l'espèce qui les produit, mais en général, ils se réduisent aux
suivants: tranchées, envies de vomir, évacuations par haut et par
bas, chaleur d'entrailles, langueurs, douleurs vives presque con-
tinues, crampes, mouvements convulsifs de telle ou telle par-
tie du corps, soif dévorante, pouls petit, dur, tendu et fréquent;
dans certaines circonstances, il se manifeste une sorte d'ivresse,
un délire sourd et une espèce d'assoupissement qui endort le ma-
lade, jusqu'à ce que les douleurs ou les convulsions le réveillent.
Quelquefois l'infortuné conserve toutes ses facultés intellectuelles;
des douleurs et des convulsions atroces épuisent ses forces et
finissent par amener la mort. Presque toujours, les effets des
Champignons vénéneux ne se manifestent que 5, 7, 12 ou môme
24 heures après qu'ils ont été mangés.
TRAITEMENT
Débarrasser les voies digestives des Champignons qui s'y trou-
vent par l'émétique, à la dose de 0,15 centigrammes que l'on
dissout dans un verre d'eau. On fera boire la dissolution d'émé-
tique tiède par gorgées, de cinq en cinq minutes jusqu'à ce que le
vomissement ait lieu. Si Ton agit immédiatement après le repas,
le vomissement suffit quelquefois pour entraîner tous les Cham-
pignons et faire cesser les accidents; mais si les secours conve-
nables ont été différés, si les symptômes ne sont survenus qu'au
bout de plusieurs heures, on doit présumer qu'une partie des
Champignons vénéneux a passé dans l'intestin, et il faut avoir
228 TRAITEMENT
recours au médecin. En l'attendant on peut donner un purgatif;
60 grammes d'huile de ricin avec 60 grammes de sirop de fleurs
de pêcher, que Ton fait prendre en trois fois de quart d'heure en
quart d'heure; si on parvient à chasser les Champignons, il faut
combattre l'inflammation qu'ils ont produite ; on fait boire à cet
effet de l'eau de riz gommée, ou de la tisane de racine de gui-
mauve, du café noir. Dans le cas de convulsions, on calme le
système nerveux avec une potion éthérée : 60 grammes de sirop
d'éther pour 100 grammes d'eau de fleurs d'oranger. En même
temps, on donnera au malade d'heure en heure un paquet de
0,25 centigrammes de sulfate de quinine ; ce moyen m'a réussi une
fois. On fera des frictions sur le ventre avec de l'huile de camo-
mille camphrée tiède pendant S minutes avec la main et toutes les
heures; des bains peuvent être prescrits.
Quand on veut expérimenter un Champignon vénéneux sur un
chien, c'est toujours à jeun qu'on le fait, pour que l'absorption
ait lieu avec une plus grande rapidité. Que ce soit avec les
Amanites ou les Bolets vénéneux ou suspects, on donne généra-
lement 100 grammes de Champignons en pâtée; une ou deux
heures après l'ingestion du Champignon, j'ai toujours constaté
chez les animaux une tendance à la syncope. Mais ce qui frappe
surtout, c'est la dilatation effrayante de la pupille, une soif
ardente, la gorge toujours sèche ; le chien meurt quelques heures
après.
J'ai cherché naturellement bien des fois à enrayer les effets
toxiques, en introduisant dans la gueule des chiens 0,1b centi-
grammes de turbith minéral pour favoriser les vomissements, et
en leur faisant prendre une grande quantité de sirop de nerprun.
Quand la substance toxique était absorbée, on les laissait mourir.
Dans ces dernières années, j'ai cherché un contre-poison phy-
siologique, un contre-poison dont les effets après absorption
fussent diamétralement opposés dans l'organisme à ceux produits
par l'alcaloïde du Champignon, caractérisé comme poison acre et
stupéfiant. J'ai fait quelquefois, au moyen de la seringue de
Pravaz, d'abord sous la peau au milieu du dos, une injection avec
deux milligrammes de nitrate de pilocarpine. Une demi-heure
après je commençais à donner une seconde injection avec la
môme dose, mais cette fois un peu à gauche du cœur. Trois quarts
CULTURE DES CHAMPIGNONS POUR L'ALIMENTATION 229
d'heure après la première, un quart d'heure après la seconde,
sous l'influence de ce médicament sudorifique par excellence, on
constate à la surface de la peau un faible retour de chaleur, que
l'on active encore par des frictions avec un bouchon de foin.
Aussitôt que possible on fait boire à l'animal S grammes de nitrate
de potasse dissous dans 100 grammes d'eau de guimauve. Avec
l'aide de ces divers moyens combinés, la pupille devient sensible,
se contracte, ce qui n'avait pas lieu précédemment. Pour être
rigoureusement vrai, je dirai que jamais le chien ne revient à
son état normal, mais il vit, et l'empoisonnement cesse. Ce qui
réussit chez le chien est indiqué pour l'homme.
CHAPITRE V
CULTURE DES CHAMPIGNONS POUR L'ALIMENTATION
Les Champignons poussent partout où la végétation peut se
manifester; cependant on doit dire que, pour le plus grand
nombre des Agarics, l'ombre, une humidité modérée, une chaleur
continue, mais douce, sont nécessaires. Il n'est ni sans profit ni
sans intérêt, pour ceux mêmes qui ne se proposent pas une étude
spéciale, d'avoir des notions sur les habitudes de ces organismes
et d'apprendre jusqu'à quel point les circonstances et les corps
environnants influent sur leur production. Une promenade dans
un bois en automne démontrera la prédilection des Agarics et de
quelques autres petits groupes pour de semblables lieux, où ils
trouvent plus d'ombre que dans les bruyères et les pâturages décou-
verts. On peut remarquer que certaines espèces croissant sur le sol
préfèrent l'ombre d'arbres d'essences particulières ; les Agarics qui
poussent dans les bois de hêtres diffèrent beaucoup de ceux des
bois de chênes, et les uns et les autres se distinguent de ceux que
l'on cueille dans les bois de pins ou de sapins. Comme beaucoup
de ces Agarics servent à l'alimentation, l'homme a cherché des
230 CULTURE DES CHAMPIGNONS POUR L'ALIMENTATION
moyens factices pour les faire croître et les multiplier à son gré.
Ce n'est pas, du reste, un art moderne ; du temps de Dioscoride,
et probablement avant lui, on reproduisait artificiellement des
espèces comestibles. D'après cet auteur il suffirait, pour avoir des
Champignons, de répandre de l'écorce de peuplier réduite en
poudre, sur une couche de terre bien fumée. Selon Ménandre, un
des procédés mis en usage chez les Grecs consistait à couvrir de
fumier une souche de figuier et à l'humecter fréquemment. Le
docteur Badham a obtenu lui-même le Pohjporus avellanus en flam-
bant au-dessus d'une poignée de paille, un morceau de noisetier,
arrosé ensuite et mis de côté; au bout d'un mois environ les
Champignons se montrent tout blancs, ayant de six à quinze cen-
timètres de diamètre, et excellents à manger; leur profusion est
souvent telle qu'ils cachent le bois sur lequel ils poussent. Dans
quelques provinces du midi de la France, on cultive presque de la
sorte VAgaricus attenuatus. M. A. Saint-Hilaire, dit de son
côté, qu'en Languedoc on se procure abondamment, dans presque
toutes les saisons de l'année, YAgaricus segerita. Il suffit pour cela
de recouvrir d'une couche de terre des tranches de peuplier que
l'on arrose de temps en temps afin d'activer leur développement.
En Italie on soumet à une sorte de culture le Bolet tubérastre,
qui est un Champignon très délicat et fort recherché en tous pays.
Dans les environs de Naples, un Polypore inconnu dans notre
pays s'obtient en mouillant la Piclra funghaia, ou pierre à
Champignons, sorte de tuf imprégné de mycélium. Les Pohjporus
mettent, dit-on, sept jours à atteindre leur développement, et on
peut obtenir six récoltes par an de la masse, en la maintenant
convenablement humide. Brugerin, médecin de François Ier,
auteur d'un traité ayant pour : titre De Re Cibaria, dit en parlant
de cette production : « Qui ne verrait pas avec admiration des
Champignons sortir d'un fragment de roche, et qui, détachés de la
pierre, sont toute l'année remplacés par d'autres, car il semble
qu'une partie de leur pédicule se pétrifie pour grossir la pierre
qui en est ensemencée, phénomène qui nous découvre une vie
d'un nouveau genre. » Le mycélium de ce Champignon est ample,
consistant, englobe et lie ensemble de la terre, des fragments de
pierres, des bois et autres corps qui se trouvent dans le voisinage,
de façon à former des masses quelquefois très considérables ; ces
CULTURE DES CHAMPIGNONS POUR L'ALIMENTATION 231
masses retiennent constamment à leur superficie des spores du
mycélium de ce Polypore. Peut-être devrait-on rapportera cet
ordre de faits l'apparition de l'Oronge comestible , Amanita
csesarea, tous les deux ans, dans un petit carré du bois de
Verrières, près Paris. Ce Champignon est très commun au delà de
la Loire, mais, clans nos environs, je ne connais que Verrières et le
bois des Essarts-le-Roi, propriété appartenante M. le professeur
Chatin, où l'on rencontre cette délicieuse Amanite. Il y a quelques
années M. Chevreul présentait à l'Académie des Sciences quelques
magnifiques Champignons produits, au moyen du procédé sui-
vant, par le docteur Labordette: il fait d'abord naître les Cham-
pignons en semant les spores sur une vitre couverte de sable
mouillé ; ensuite il choisit dans le nombre les individus les plus
vigoureux et sème ou plante le mycélium dans le sol humide
d'une cave, sol consistant en terreau couvert d'une couche de
sable et de gravier de six à huit centimètres d'épaisseur; puis
d'une autre couche de gravois épaisse de cinq à six centimètres.
Ce lit est arrosé avec une solution étendue de nitrate de potasse,
et, au bout de six à huit jours, les Champignons atteignent une
grande taille.
Comme on le sait, il se récolte dans les carrières qui avoisinent
Paris d'immenses quantités de Champignons; dans une seule car-
rière, à Noisy-le-Sec, le propriétaire fait chaque jour d'abondantes
récoltes, et en envoie quelquefois au marché plus de deux cent
livres. Dans ce milieu la température est si égale que la culture y
est possible en toute saison, mais surtout en hiver. Du reste ce
que l'on pourrait appeler la culture domestique des Champignons,
faite par des personnes presque inexpérimentées, pour la consom-
mation de la famille, est très facile. Il suffit d'avoir une cave, des
cabanes de bois, de vieilles boîtes, un coin de jardin, etc. Môme
dans les villes cette opération n'est pas impraticable, puisque les
écuries et les poulaillers fournissent toujours du fumier, et la
méthode fort simple, consiste en ces deux opérations nécessaires
et distinctes :
1° Préparation du fumier destiné à former les couches.
2° Confection et conduite de ces couches.
232 PRÉPARATION DU FUMIER
CHAPITRE VI
PRÉPARATION DU FUMIER
En toute saison, que l'on veuille opérer à l'air libre, ou à cou-
vert, on prend du fumier de cheval, de mulet ou d'âne, en quantité
proportionnée au nombre de couches que l'on veut établir. Des
auteurs en chambre disent que le fumier des chevaux de trait ou de
travail est préférable à celui des chevaux de luxe, ordinairement
trop pailleux et pas assez assoupli par le piétinement. Je réponds
qu'un peu de paille n'est pas nuisible, carie blanc de Champignon
est bien plus beau, plus long, et produit aussi davantage. M'adres-
sant aux classes ouvrières dans nos campagnes, je leur conseille
d'abord d'occuper leurs enfants à ramasser le crottin sur les
routes ; s'il est mêlé avec un peu de sable du chemin, tant mieux.
On choisit un terrain uni et sain, les endroits non pavés sont pré-
férables pour disposer le fumier en toisé ou plancher d'un mètre
vingt centimètres d'épaisseur; plus le tas est gros, mieux le
fumier se prépare. Le crottin de cheval seul, doit être trépigné
solidement; plus il sera pressé, plus il s'échauffera; mais il y
faut une certaine limite, car si le bâton qu'on y plonge à dessein
devient trop chaud pour être tenu à la main, le Champignon se
détruira. Alors on retournera deux fois par jour le fumier pour
laisser échapper la chaleur et la vapeur ; si l'on néglige cette
précaution, le blanc naturel du crottin n'existe plus ; il faut se
servir de blanc artificiel quand la couche est faite, mais cet ex-
pédient est à éviter pour cause de dépense.
On fait un tas de fumier de cheval uni comme un toisé de
moellons et on trépigne avec les pieds; plus il sera serré, mieux il
s'échauffera; si c'est en été et que le temps soit très sec et
chaud, on le mouille abondamment ; dans le cas contraire on
n'arrose pas, le fumier ne devant être ni sec, ni trop humecté.
On le laisse pendant huit jours sans y toucher pour que la
fermentation se fasse, ce que l'on reconnaît à la couleur blanche
qu'il prend intérieurement et qui se manifeste même à sa surface.
On procède alors au premier remaniement ; on prend le dessus
PRÉPARATION DU FUMIER 233
et les côtés pour former le lit d'un nouveau tas, et ainsi de
suite en ayant soin de mettre dans l'intérieur le fumier qui était
sur les côtés et à la superficie, de bien mélanger le tout et
d'en retirer les impuretés ; le tas établi, on le laisse reposer
encore une dizaine de jours, pendant lesquels il acquiert autant
de chaleur que la première fois. On remanie de nouveau de
la môme façon ; une huitaine de jours après, le fumier a acquis
le degré de douceur nécessaire pour être employé.
C'est de ces opérations précises que dépend la parfaite con-
fection d'une meule. Pour s'assurer si le fumier est bon, on
sonde le milieu de la surface supérieure avec une fourche jusqu'à
une profondeur de SO à 60 centimètres. Le fumier retiré de
cette profondeur doit être onctueux, avoir une chaleur moite,
surtout ne plus rendre d'eau si on le comprime entre les mains.
Sec, sa liaison se fait difficilement, il n'est pas au point voulu ;
en Thumectant convenablement on peut l'y ramener, et souvent
on lui donne un quatrième remaniement. Que se passe-t-il
dans ces diverses opérations ? On sait que le fumier est
formé par le mélange, et la combinaison des déjections ani-
males avec diverses matières végétales employées comme litière.
Or, la qualité du fumier dépend de celle des aliments que
l'animal consomme, et sous ce rapport on peut dire que tout
leur azote se retrouve intégralement dans l'organisme des
animaux, ou clans leurs excréments.
Les réactions que subit le fumier pendant le remaniement sont
des plus complexes. Avant les travaux publiés par le baron
Paul Thénard, on n'avait que des idées assez confuses sur ce
sujet; le premier il a su distinguer les trois groupes de corps
azotés qui se forment successivement dans l'ordre suivant :
1° Le groupe de corps bruns solubles dans tous les réactifs,
prenant naissance au moment où les matières ammoniacales
commencent à réagir sur la litière ;
2° Le groupe des corps bruns insolubles dans les acides et
dans tous les réactifs, sauf la potasse, la soude, l'ammoniaque,
leurs carbonates, et leurs phosphates ;
3° Le groupe des corps bruns insolubles dans tous les réactifs,
qu'ils soient acides, neutres ou alcalins.
11 est inutile de connaître un mot de chimie pour distinguer
234 PRÉPARATION DU FUMIER
la différence qui existe entre la première réaction et la troi-
sième. On savait que, quand l'urine se putréfie, tout son azote
passe rapidement à l'état de phosphate, de benzoate et de car-
bonate d'ammoniaque, mais sans former de corps fumiques,
car, ceux-ci se produisent seulement par l'association des ma-
tières végétales aux substances animales. M. P. Thénard, pour
dégager ce qui se passe dans les réactions complexes du fumier,
a eu recours à l'analyse ; de plus il a obtenu ces produits synthéti-
quement, pour le premier groupe, en faisant réagir l'ammoniaque
sur la glycose, maintenue à la température de 100°, sachant
qu'à 100° l'absorption de l'ammoniaque s'opère vivement; le
produit distillé donne de l'eau tenant en dissolution du car-
bonate d'ammoniaque : c'est la glycose azotée de M. P. Thénard,
renfermant 9,72 pour 100 d'azote, soluble dans tous les réactifs.
Pour obtenir la formation par synthèse des corps du second
groupe, le savant agronome met en contact pendant quinze à
vingt jours, de l'humate d'ammoniaque et du glycose azoté ;
ce dernier corps se combine directement et donne naissance à
un produit qui contient 4.10 d'azote, ce qui représente, à peu
de chose près, un équivalent d'acide humique avec un équiva-
lent de glycose azotée : c'est l'acide fumique qui se forme dans
le fumier pendant le second remaniement, insoluble dans les
acides, sauf la potasse, la soude. Le troisième groupe est le
résultat de la combinaison d'un équivalent de glycose azotée
avec 5 équivalents de glycose ordinaire ; le produit de cette
réaction est insoluble dans tous les réactifs. Cette courte analyse
fait voir que M. P. Thénard, a non seulement étudié les réactions
opérées dans le fumier, mais y ajoute ce fait très important,
que, des matières animales ou des sels ammoniacaux, mêlés
en abondance au fumier vierge, constituent des corps fumiques.
FORMATION DES COUCHES 235
CHAPITRE YII
FORMATION DES COUCHES
Le fumier réunissant toutes les conditions de réussite, il ne
s'agit plus que d'établir une couche semblable à la figure 401
(planche LXXV). On prend et on place le fumier avec une fourche
de façon à donner à la couche 50 ou 60 centimètres de base.
On l'élève à la même hauteur en la rétrécissant graduellement
de manière à la terminer au sommet en dos d'âne. Si on peut
construire plusieurs couches les unes à côté des autres, on doit
laisser entre chacune d'elles une distance de quarante centi-
mètres, pour faciliter les soins à leur donner et pour opérer
plus aisément la cueillette.
Le fumier sera placé de manière à ne pas laisser de vide
dans l'intérieur, et il ne faut jamais l'arroser en montant la
couche ; celle-ci achevée, on bat doucement les côtés avec les
dos d'une pelle pour la régulariser et la consolider en même
temps ; puis on la peigne, c'est-à-dire qu'avec les doigts ou
une fauche on ratisse légèrement de haut en bas les deux surfaces
en retirant les brins de paille qui dépassent. On la laisse en
cet état de cinq à huit jours, temps indispensable pour que la
couche ait environ de 30 à 35 degrés. Si le fumier ne pouvait
atteindre cette température, on couvrirait les couches de che-
mises de longues pailles, afin d'activer la chaleur et l'humidité:
avec l'habitude on voit d'un coup d'œil si le fumier jette trop
ou pas assez d'humidité ; et s'il est bon de laisser deux ou
trois jours de plus. Dans les caves, on établit un courant d'air
si la couche rend trop d'humidité ; il faut comme la pratique
le demande, qu'elle soit en moiteur et douce au toucher, attendre
en un mot que le coup de feu soit passé, et que la tem-
pérature de l'intérieur de la couche ne fasse pas monter le ther-
momètre à plus de 35 degrés, dans les caves ou à l'air libre.
LARD AGE (Planche LXXV, Fig. 401, A)
La couche terminée ainsi qu'il est dit au chapitre précédent,
on procède à la plantation du blanc ou mycélium : cette opé-
236 FORMATION DES COUCHES
ration se nomme lardage. Pour l'effectuer on se procure, chez
les marchands grainiers qui les expédient en bourriches, des
galettes de fumier chargées de ces filaments blanchâtres et
feutrés qui constituent le mycélium, et ont la propriété de sur-
vivre plusieurs années ; il est môme très commode quand on
détruit une vieille couche, de conserver le blanc qu'on trouve sur
ses bords et ses parties plus sèches ; on le garde avec soin
dans un endroit très sec, et, lorsqu'on refait une nouvelle couche,
on l'emploie seul ou bien on le mêle au fumier d'été, s'assu-
rant ainsi la continuation d'une excellente récolte.
Pour l'opération du lardage, on relève le fumier comme le
montre la fig. 401 ; à la distance de 25 ou 30 centimètres, puis
on fait des trous d'environ quatre ou cinq centimètres de pro-
fondeur et de cinq à huit centimètres de largeur, dirigés oblique-
ment de bas en haut ; on introduit dans chacun d'eux une
galette de blanc de Champignon de môme dimension, et on
l'applique à fleur de couche, c'est-à-dire que l'ouverture, faite
avec les doigts se trouve exactement remplie par la galette,
sur laquelle on rabat soigneusement le fumier qui était relevé ;
on appuie légèrement avec le dos de la main pour consolider
la mise de blanc, qui doit être couverte entièrement ou en
partie, le premier rang se met à 10 centimètres de la base
(fig. A'), le deuxième et le quatrième s'espacent dans une pro-
portion convenable pour utiliser la couche, de façon cependant
qu'une distance de 12 à 15 centimètres soit toujours gardée.
Après le lardage, quelques champignonnistes arrosent par-dessus
une couverture en grande litière, appelée chemise ; mais l'ar-
rosage et la chemise ne sont utiles que pour les couches à
air libre : les caves et les carrières n'exigent pas cette précau-
tion. Une dizaine de jours après la mise en place de la galette,
on commence à pouvoir se rendre compte des chances de succès
ou d'insuccès.
Si les endroits où se trouvent les galettes rougissent, le mycé-
lium était mauvais ; il faut remettre de nouveau blanc entre les
premiers, à moins que la couche n'ait pris trop de chaleur,
car on la laisserait alors reposer jusqu'à ce qu'elle revienne
au degré de température convenable. Quand on s'aperçoit que
le mycélium a pris, on peut compter sur une bonne réussite
FORMATION DES COUCHES 237
lorsque les filaments blancs s'anastomosent dans le voisinage
des galettes et que celles-ci font corps avec la couche. Le blanc
est bien attaché s'il a pénétré jusqu'au sommet de la couche
et s'unit étroitement au fumier.
GOBLAGE (Fig. 402, C)
Huit à dix jours après le lardage, on tasse fortement la couche
avec les mains, puis on en recouvre la surface d'un mélange
de sciure de pierre, de sable et d'un huitième de terre ; on
peut se servir avantageusement de terre de décombres ou de
démolitions tamisée très fin. Ce mélange se fait à pelle, et doit
être répandu le plus uniformément possible, ni trop sec, ni
trop humide ; une fois placé sur la couche, on l'humecte légè-
rement, puis, quelques heures après, on le bat modérément
avec le dos d'une pelle, d'une bêche, ou encore avec une planche ;
c'est ce que l'on nomme le talochage. Ce travail terminé, on
n'a plus qu'à attendre la pousse des Champignons que fait
voir la figure C ; une bonne couche donne trois mois, hiver
comme été, dans les caves et les carrières ; il en est de même
à l'air libre de mai à octobre. Quelquefois il arrive qu'une couche
cesse de produire tout à coup et sans cause apparente ; il faut
toujours se souvenir que les Champignons respirent comme les
animaux, absorbent de l'oxygène et dégagent de l'acide car-
bonique en proportion nuisible et qu'on doit renouveler l'air
pour chasser l'humidité et le carbone. Quelques-uns croient
qu'on peut faire une couche nouvelle sur une ancienne ; erreur !
le fumier qui a servi ne produit plus, bien qu'il ne soit pas
épuisé d'azote ; on ne doit pas non plus, lorsqu'on cueille des
Champignons mettre de la terre dans le trou laissé vide par
le pédicelle, mais raffermir simplement avec le dos de la main;
dans les jardins, à air libre, on donne une légère mouillure
si la terre paraît par trop sèche; ici, à Noisy-le-Sec, dans les
carrières, on n'opère pas autrement. L'époque la plus favorable
pour établir une couche à l'air est le milieu du printemps :
la récolte se fait alors en juillet ; en l'établissant au commen-
cement de l'été la récolte se fera en septembre.
Paris fournit dans ses anciennes carrières d'immenses quan-
238 HABITATION DES CHAMPIGNONS
tités de Champignons; on en apporte par jour de 20 à
30,000 maniveaux au carreau de la Halle ; chaque maniveau
contient de 8 à 12 individus et se vend, suivant la saison de
20 à 40 centimes. On voit quelquefois d'autres espèces croissant
dans les couches à côté des Champignons communs ; il est
probable que le blanc étranger, dans ces cas, est introduit
avec les substances employées.
La culture des truffes se pratique couramment en Provence, etc.,
en semant des glands dits truffiers, c'est-à-dire tombés des
chênes sur le sol des truffières placées à leur ombre. On doit
admettre que les aspérités du gland emportent, avec des parcelles
du sol, quelques-unes des spores de la truffe. Deux conditions
sont indispensables : sol calcaire et climat de la vigne.
CHAPITRE VIII
HABITATION DES CHAMPIGNONS
En toute région, quelle qu'elle soit, écrit Fries, il est nécessaire
d'abord d'établir une distinction entre ses parties nues et décou-
vertes et ses parties boisées. Dans le pays plat et découvert l'éva-
poration est plus rapide, grâce à l'action combinée du soleil et du
vent: il en résulte qu'il y a moins de Champignons que dans les
endroits montagneux et boisés comme le Limousin, où on récolte
plusieurs espèces qui lui sont propres, l'Oronge, Amanita cœsarea,
l'oreille de chardon, Ag. eryngii, habite spécialement la Touraine.
Les Coprins, qui augmentent en nombre, surtout dans les
environs de Paris, région extraordinairement cultivée et fertile.
Les pays bien boisés comme Villers-Cotterets, Chantilly, où
l'humidité se conserve plus longtemps, produisent par consé-
quent, d'immenses quantités de Champignons. Les Agarics et les
Bolets dépendent beaucoup de la nature des forêts. Quand les bois
sont coupés d'une façon périodique, les espèces semblent changer
HABITATION DES CHAMPIGNONS 239
de place: celles qui abondent dans les fourrés épais deviennent
rares ou disparaissent par suite de la coupe, comme nous l'avons
remarqué à Meudon, et d'autres, inobservés jusque-là, les rempla-
cent. Quelques espèces aussi sont particulières à certaines essences
forestières et diffèrent par exemple sous les hêtres et les sapins.
Sous l'ombrage des forets de sapins comme à Ory, près Chantilly,
où à Vincennes près le champ de course, les Champignons se mon-
trent plus tôt; c'est au point que souvent j'ai fait une belle récolte
à Ory, tandis qu'à Chantilly, sous les bois feuillus, je voyais à
peine commencer la croissance. Il est vrai que, dans les grands
bois, les feuilles tombées formant des couches épaisses, retiennent
l'humidité dans le sol et retardent ainsi la végétation des Champi-
gnons; d'un autre côté, ces bois conservent l'humidité plus long-
temps, circonstances qui permettent aux grandes et belles espèces
de se mieux développer. Tous les botanistes qui observent une loca-
lité sous le rapport de sa Flore mycologique pendant une période
de dix ans, ont dû être frappés de la différence produite dans le
nombre et la variété des espèces par ce que Ton peut appeler une
saison favorable. Il est raisonnable de supposer qu'une succession
d'années sèches exerce une influence considérable sur la Flore
d'un lieu, et que la chaleur et l'humidité jouent un rôle important
dans la végétation mycologique. J'ai remarqué que la véritable
Oronge d'abord commune dans une petite localité du bois de Ver-
rières, devient de plus en plus rare ; il y a des années même où
l'on n'en rencontre plus, sans cependant qu'elle disparaisse entiè-
rement. Bien que nous sachions fort peu de chose sur les condi-
tions de germination de cette Amanite, la cause de ce fait est due
sans doute à un changement dans la constitution physique du
terrain, car, on a fait une coupe de bois, qui a pu détruire la végé-
tation de ce Champignon. Si on compare la Flore cryptogamique
de la forêt de Fontainebleau à celle de la forêt de Compiègne, on
peut observer que la première est moins riche en variétés que la
seconde, la forêt de Sénart s'appauvrit depuis quelques années
par suite des progrès de la culture.
C'est surtout pendant les temps frais et humides de l'automne
que les grands Champignons prospèrent le plus vigoureusement
dans notre pays, et on remarquera facilement que leur nombre
s'accroît avec l'humidité de la saison. Pour s'en convaincre, il
240 HABITATION DES CHAMPIGNONS
suffit de considérer la production de la zone centrale Européenne,
où la température est moyenne et les pluies assez fréquentes; les
récoltes sont moindres dans le midi, où il y a trop de chaleur et
pas assez d'humidité, et dans le nord, où la température moyenne
est peu élevée. Le nombre des espèces varie dans chaque zone
suivant la nature, les accidents du sol ; et, comme elles préfèrent
généralement un arbre à un autre, plus ceux-ci seront variés,
plus elles le seront aussi. Sous le rapport de l'altitude que les
Champignons peuvent atteindre, Oswald Heer, nous a fourni
quelques renseignements précieux pour les Alpes. A 5,000 pieds
il a rencontré très abondamment YAgaricus muscarius et le Me-
rulius cantharellus ; l'un et l'autre avaient totalement disparu à
2,550; il a vu un très bel échantillon de Clavaria cristata à 5,600
pieds. De 6,500 pieds jusqu'à 7,000, il a trouvé un très grand
nombre d'Agarics, et enfin à 6,780, deux Pezizes : l'une d'elles
croissait sur les tiges mortes du Chrysanthemum atratnm.
Phillipi rapporte que, dans son ascension de l'Etna, il observa
à 3,000 pieds de hauteur le Nidularia crucibulum et à 5,100 le
Geastrum hygromctricum. M. Agassiz, qui parcourut si longtemps
les régions froides et élevées, a vu un Mycène dont le pied était
très long croître parmi les mousses, sur les bords du glacier de
l'Aar, à 8,000 pieds d'altitude. Les observations de M. Junghuhn,
faites sur le Meropi, Kendang, Burang-Rang, Tyermai, etc.,
hautes montagnes de Java, ne sont pas moins intéressantes; elles
nous apprennent que la plus grande partie des Champignons se
montre à la hauteur de 3,000 à 5,000 pieds, qu'ils croissent dans
toutes les saisons et presque toujours solitaires. Au delà de
5.000 pieds, ils deviennent fort rares. Le Schizophillum commun,
que l'on trouve presque dans tous le pays, croît depuis le niveau
de la mer jusqu'à 6,000 pieds; de 1,000 à 2,000 pieds, on ren-
contre les Polyporus minimus, flavus, Xanthopus , Xerotus
indiens, Telephora papyracea, Sphœria peltata, Hypoxylon alu-
tacea, Cenangium paradoxum; de 2,000 à 4,000, le Polyporus
vulgaris, spadicus, lacevus, bicolor, versicolor, Dœdelea crustacea,
Thelephora ostrea, Clavraria cristata, Peziza scutellata, Stilbum
incamatum; de 4,000 à 5,000 YAgaricus campestris, Favolus
pustulatus, Cyphella musœ, Arcyria punicea, Hysterium flexuo-
sum, Sphœria, Peziza; enfin de 5,000 à 8,000, le Chantharellus
HABITATION DES CHAMPIGNONS 241
redivivus. MM. de Humboldt, Bonpland et Galeoti, ont trouvé des
Champignons à des hauteurs considérables, sur les Cordillières.
On voit par cet exposé que les Champignons diminuent en
nombre quand on atteint le sommet des montagnes; par consé-
quent à mesure que la température s'abaisse. Le résultat est le
même si l'on considère la latitude sous laquelle ils se développent.
Dans la zone équatoriale, et dans la tropicale surtout, ils pa-
raissent plus abondants et plus variés que clans la zone tempérée,
où ils sont partout très nombreux; ils diminuent ensuite à mesure
que l'on avance vers les régions polaires. Nous devons à Ber-
keley, que j'ai déjà souvent cité, la description d'un grand
nombre de Champignons de l'hémisphère austral. MM. Gaudichaud
et Raoul ont enrichi la collection du Muséum de Paris d'espèces
récoltées dans les îles Malouines et la Nouvelle-Zélande.
Le professeur Ehrenberg, qui a décrit les Champignons du
voyage de Chamisso, note encore les Uredo interstiiialis et rosœ, à
Unalaska, par S4° lat. sept; les Œcidium epilobi, Uredo pijrolœ,
puccinia, vesiculosa, Eurotium herbarium, etc. par 65° lat. sept,
dans l'île Saint-Laurent, les Sphseriahederse, Triblidium arclicum,
et, dans l'île de Chamisso, située au 66e degré, le Sphsevia her-
barum. Enfin Robert Brown , dans sa Flore de l'île de
Melville, par 74° 47' lat. sept., mentionne deux Champignons;
c'est le point le plus reculé où l'on en ait jamais rencontré.
11 est donc impossible, sur des données aussi faibles, de pou-
voir tracer les premières lignes de l'arithmétique des cryptogames;
nous nous contenterons de remarquer que la Flore cryptogamique
de l'Amérique boréale a les plus grands rapports avec celle de
l'Europe. Quelques genres paraissent appartenir à certaines
régions : ainsi on n'a observé jusqu'à ce jour les genres Broomcia,
Phcllorina, Scoleiocarpus , Polyplocium, qu'au cap de Bonne-
Espérance; H y mono gramme, Cymoioderma, Trichocoma, Tri-
champhora, qu'à Java; Hyperrhiza en Caroline; Peter vphyllus en
Egypte ; mais rien ne prouve qu'ils n'existent point dans d'autres
pays, ou qu'ils ne sont pas représentés par des espèces analogues.
Dans mon second volume, les «Champignons parasites», je démon-
trerai que les différents genres de Champignons ne se renferment
pas dans des limites aussi étroites que certaines familles des
plantes phanérogames.
16
2 2 ACTION DES AGENTS EXTÉRIEURS
CHAPITRE IX
ACTION DES AGENTS EXTÉRIEURS
L'absence de la lumière, d'une influence si remarquable sur les
autres plantes, l'est beaucoup moins sur les Champignons. Dans les
caves, les souterrains, les galeries de mines, où il y a beaucoup
de soutiens en bois, ces parties sont couvertes de rosettes blanches
plus ou moins larges, ou supportent de longs flocons blancs, qui
ressemblent à des houppes, à des globes; tantôt ce sont des Rhizo-
morpha qui montent, qui descendent ou se laissent pendre: toutes
ces végétations, incomplètement développées, appartiennent aux
Champignons. Hoffmann Scopoli , de Humboldt nous en ont
fait connaître un grand nombre. On a observé que les bois des
mines de sel gemme présentent moins de productions fongiques,
probablement parce que, pénétrés de sel, ils se décomposent
beaucoup plus lentement. L'action de l'air est aussi marquée que
celle de la lumière. Les Champignons n'arrivent jamais à leur état
normal quand l'air est vicié ou qu'il ne circule pas librement ; ils
éprouvent la même modification qu'à l'obscurité, s'étiolent et
s'allongent indéfiniment. Une température assez haute, jointe à
l'humidité, favorise singulièrement leur croissance : c'est à ces
deux causes réunies que l'on doit rapporter le développement de
Champignons que Meri, célèbre chirurgien du commencement du
XVIIIe siècle, observa chez un malade, sur les différentes pièces
d'un appareil de fracture. L'action directe du soleil en fait périr
un grand nombre ; elle n'épargne guère que ces petits parasites
qui vivent sur les feuilles et ceux qui poussent dans les prairies.
Au-dessous de zéro, les spores et les Champignons sommeillent,
mais la rapidité avec laquelle nous voyons, sous la latitude de
Paris, l'Agaric pulvérulent, Bull., et l'Agaric à pied noir, Bull.,
se montrer à divers intervalles, pendant l'hiver, quand le froid
vient à cesser, nous prouvent que quelques-uns n'y sont pas très
sensibles. L'Agaric champêtre, Caryophyllœus, comatus, arundi-
naceus, etc., ne paraissent en aucune manière influencés par les
gelées blanches ; d'autres, brusquement surpris par le froid, con-
ACTION DES AGENTS EXTÉRIEURS 243
servent leur forme et ne pourrissent que lorsque le dégel survient.
UAgaricus stipticus et le Schizophillum commun me semblent
faire exception cependant ; car, dans les forêts, on les voit alter-
nativement se flétrir et revenir à leur état naturel, suivant les
circonstances. Mais les Téléphores, les Dœdaleas, les Polypores,
surtout ceux qui sont épais, subéreux, résistent aux froids les plus
intenses de nos pays : ils gèlent, dégèlent et continuent de croître
quand leur bonne saison arrive.
Les effets de l'électricité ne sont pas nuisibles aux Champignons,
puisqu'on en trouve un bien plus grand nombre après les pluies
orageuses qu'après les ondées ordinaires. Les anciens avaient déjà
remarqué que, plus les orages étaient fréquents, plus les truffes se
montraient abondantes. Cette croyance est encore généralement
répandue aujourd'hui dans le pays où croissent ces précieux
tubercules ; la Sphacélie, petit Champignon qui produit l'ergot
des graminées, ne se rencontre que si les mois de mai et juin
sont chauds et orageux.
Les brouillards ont-ils une action sur le développement des
Champignons? Aucune observation ne le confirme, quoique,
dans les campagnes,, on attribue la rouille et le charbon à leur
présence. Toutefois, en automne, époque où l'on observe plus
fréquemment ces maladies, l'humidité continuelle qu'ils entre-
tiennent prolonge leur existence.
L'acide arsénieux a une action fort vive sur les Champignons et
les fait périr très promptement. De nombreuses expériences prou-
vent que la germination des graines est empêchée quand elles sont
plongées dans un sol inerte, comme le sable lavé, le verre pilé,
et qui est arrosé seulement avec de l'eau, tenant en solution de
l'arsenic. Le bichlorure de mercure est aussi un poison violent
pour les Champignons; soumis à son action, on les voit se ramollir
à l'instant même, perdre leurs formes et leurs couleurs ; jusqu'à
ce jour, on ne s'en est servi pour leur conservation que quand ils
ont été préalablement desséchés.
Quelques Champignons, comme les Boletus cyanesceus, Bull.,
luridus F., Erythropus pers, etc., dont la chair est blanche,
deviennent presque instantanément bleus au contact de l'air, si
on les rompt. Comment ce phénomène a-t-il lieu, et comment se
fait-il qu'en les exposant à la chaleur de l'ammoniaque liquide,
244 RÉCOLTÉ ET CONSERVATION DES CHAMPIGNONS
il ne se manifeste pas, tandis que ce môme réactif, d'après les
belles recherches de M. Decaisne, convertit à l'instant môme le
principe colorant jaune de la garance en rouge? Aux chimistes
de donner la solution de cet intéressant problème.
CHAPITRE X
RÉCOLTE ET CONSERVATION DES CHAMPIGNONS
Le botaniste qui récolte des Champignons doit savoir les pré-
parer, afin que les matériaux, qu'il a souvent acquis avec beaucoup
de peine, puissent servir à l'étude. Tous les parasites, comme les
Œcidium, Urcclo, Puccinia, et ceux qui se rencontrent sur les
feuilles mortes, ne demandent pas d'autres soins que n'en exigent
les plantes sur lesquelles ils se sont développés. Les nombreuses
espèces de Sphéries qui ont une certaine consistance, doivent être
enlevées avec la portion de l'écorce ou du bois qui les porte,
mais en lame très mince, afin de pouvoir se prêter à la compres-
sion. Si les écorces sont trop dures ou desséchées, on peut les
amincir ou les rendre flexibles à l'aide de l'humidité ; sans cette
précaution, on a un petit nombre d'espèces pour un volume très
considérable et fort incommode. Si les Champignons sont visqueux
ou d'une consistance gélatineuse, il faut les laisser sécher à l'air
libre et ne les comprimer que quand ils ne peuvent plus adhérer
au papier. On les conserve encore en les fixant solidement sur une
planche, à l'aide d'une ficelle qui les enroule et que l'on fait passer
entre les individus, pour ne pas les déformer. Les Champignons
rameux, comme les Clavaires, lesMérisma, présentent quelquefois
des masses considérables ; on est alors obligé de les diviser, mais
il faut avoir la précaution de noter leur couleur et de recevoir les
spores sur un papier ; on les laisse exposés à l'air et, quand ils
sont flétris, on les soumet à une légère pression, afin de ne pas
trop altérer leur forme.
RÉCOLTE ET CONSERVATION DES CHAMPIGNONS 245
Les Téléphores et toutes les espèces membraneuses se dessèchent
très facilement ; si elles sont contournées, irrégulières, on leur
rend la souplesse en les exposant à l'humidité. Les Pezizes perdent
constamment leur forme et leur couleur, dont on doit toujours tenir
note ; si elles sont terricoles, on les dépouille de la terre ou du
sable qu'elles ont à leur base et on les expose quelque temps à
l'air avant de les comprimer ; si elles vivent sur des bois, des tiges
de plantes, 'on divise ces parties de manière qu'elles aient peu de
volume. Il est facile de sécher entièrement les Tubéracés ou de les
couper par tronches ; on les conserve aussi très bien dans l'alcool
ou dans l'eau salée. Les Lycoperdacés, quand on les trouve secs,
peuvent être soumis à la pression, après avoir passé une nuit
dehors ; comme ils contiennent des sels déliquescents, ils se
ramollissent et se laissent comprimer sans peine ; si ce sont des
Geaster, des Tylostoma, il faut s'arranger de manière que leur
mode de déhiscence soit visible. Quand on récolte ces Champignons
frais, il faut, de toute nécessité, les laisser à l'air parcourir leurs
périodes de végétation ; on les voit alors se ramollir, changer de
couleur comme s'ils étaient décomposés; plus tard, le liquide
qu'ils contenaient s'évapore entièrement, et on agit avec eux comme
s'ils eussent été récoltés secs. On peut encore, après les avoir arra-
chés de terre, les tremper une ou deux fois dans une solution de
sublimé corrosif: alors ils meurent promptement, leur réceptacle
prend de la consistance, et on les conserve avec leur forme et leur
volume. Ce dernier moyen est le seul qui permette de garderies
Trichiacés et autres Myxogastères ; mais dans les uns et les autres,
il faut avoir soin de noler la forme des écailles et surtout la couleur,
constamment altérée par l'agent conservateur.
Les Phalloïdes, les Clathroïdes, dont il existe un si petit
nombre daus les herbiers, sont beaucoup plus faciles à préparer
qu'ils ne le paraissent. La planche LXV, vient tout entière de
l'herbier du docteur Léveillé. Ces champignons ont été arrachés
avec leur volve et, à l'aide d'une ficelle, on les a suspendus dans
l'air, le réceptacle en bas'; le latex s'écoule ou se dessèche, les
autres parties se déforment un peu ; quand ils sont presque secs,
on les met en presse, mais auparavant il faut les ajusler et rétablir
les rapports des différentes parties. Cette opéralion , quoique
longue, réussit toujours quand elle est faite patiemment.
24G RÉCOLTE ET CONSERVATION DES CHAMPIGNONS
Les Morilles, les Helvelles, les grandes Pezizes, les Clavaires,
se conservent très bien en entier, presque avec leurs couleurs na-
turelles, lorsqu'on les met dans du sable fin et très sec, ou bien
dans du sable stéarine, mais il faut d'abord leur laisser perdre à
l'air une forte partie de l'eau de végétation.
Les Champignons coriaces ou subéreux, comme la plupart des
Polypores, des Agarics, n'ont pas besoin d'être préparés; ceux
qui peuvent s'aplatir sont soumis à une pression plus ou moins
forte. Les Lentinus, quand ils sont frais, se dessèchent avec la
plus grande facilité; s'ils sont secs, un peu d'humidité leur rend la
forme, la souplesse, et ils se prêtent à toutes les opérations. Beau-
coup d'espèces ontle chapeau en forme d'entonnoir; en se servant
du sable stéarine, comme je l'ai dit plus haut, elles gardent forme
et couleurs naturelles. Le sable stéarine se prépare en faisant dis-
soudre 100 grammes de stéarine pour un kilogramme de sable:
on le conserve dans un endroit bien sec.
Klotzsch indique, pour les Bolets et les Agarics charnus, un
procédé ingénieux, qui respecte assez bien les caractères prin-
cipaux: j'en emprunte la description aux archives de botanique,
(t. I, p. 287). « Avec un instrument en forme de scalpel, parta-
geant la plante en trois portions verticales, a partir du sommet
du chapeau jusqu'à la base du pédicule, de manière à pouvoir en
retirer la tranche du milieu, on apercevra distinctement les con-
tours du Champignon, la nature interne de son pédicule creux,
spongieux ou solide, l'épaisseur du chapeau, la disposition de ses
feuillets égaux ou inégaux en longueur, décurrents ou non sur le
pédicule, etc. Il reste alors deux portions extérieures, qui donnent
une idée parfaite de tous les contours de l'échantillon. Avant de
procéder à la dessiccation, il est aussi nécessaire de séparer le
pédicule du chapeau, et de gratter les lames ou feuillets si c'est
un Agaric, et les tubes si c'est un Bolet. Nous avons cinq portions
savoir: la tranche intérieure, les deux côtés du pédicule, et ceux
du chapeau. Cette opération terminée, on expose la plante à l'air,
le temps indispensable pour enlever une partie de son humidité
sans rider sa surface ; on le met ensuite en presse, comme pour
les autres plantes, dans une feuille de papier non collée, qu'on a
soin de renouveler journellement jusqu'à ce que le Champignon
soit parfaitement sec. Il suffit alors d'attacher sur du papier blanc
RÉCOLTE ET CONSERVATION DES CHAMPIGNONS 247
chaque pièce dans sa position naturelle pour avoir une idée nette
du Champignon. La volve ou bourse et l'anneau sont pareillement
conservés; dans quelques petites espèces., comme les Agaricus
fllopcs, supinus, Galericulatus , il devient inutile d'enlever les
feuillets. » Cette méthode, comme on le voit, est extrêmement
ingénieuse et offre de sérieux avantages.
Le Botaniste qui veut utiliser ses collections de Champignons
charnus, doit en faire un croquis afin d'avoir le port et les propor-
tions; noter s'il y a une volve ou un anneau, reconnaître la colo-
ration des spores, indiquer l'épaisseur du chapeau, surtout la dis-
position des lames, leur rapport avec le pédicule, et enfin exprimer
par une teinte plate la couleur des diverses parties.
Pour conclure, je dirai à tous ceux qui ont bien voulu me
suivre jusqu'ici : Vous avez vu que, depuis une cinquantaine d'an-
nées, cette partie de la botanique est beaucoup mieux connue;
quoique le nombre des espèces ait prodigieusement augmenté;
vous savez aussi que la vie de presque toutes ces espèces est
encore à décrire. Elles sont grandes les perspectives de décou-
vertes nouvelles, pour le chercheur persévérant et laborieux.
Aujourd'hui, l'admiration n'est plus fondée sur un fol engouement ;
la célébrité du savant croît en raison du degré d'utilité de ses tra-
vaux; le plus populaire est celui qui fait contribuer la science au
bien-être de tous, et qui comprend qu'elle est moins un but qu'un
moyen. L'homme ne veut plus se livrer à l'empirisme, depuis qu'il
a reconnu qu'en vivifiant l'intelligence, l'expérience et l'obser-
vation le préservent du malheur d'errer à l'aventure. Aussi les
peuples civilisés se sont-ils jetés à l'envi dans les larges voies
que leur ouvrait la science, et se sont-ils empressés de réunir
tout ce qui pouvait contribuer à ses progrès.
Les bibliothèques s'enrichissent chaque année de tous les
trésors de l'esprit; les musées accumulent, conservent et classent
les produits des trois règnes. Chaque ville de quelque importance
a son cabinet d'histoire naturelle, son jardin botanique, sa biblio-
thèque, son académie. Des chaires d'enseignement sont confiées
aux hommes les plus éclairés et les plus dévoués aux progrès de la
248 SUPPLÉMENT A LA DESCRIPTION DES ESTÈCES
science; l'étude de la nature a sa part aujourd'hui, même dans
l'instruction la plus humble. C'est pour m'associer à ce grand
mouvement que j'apporte ma pierre ; quelque laborieuses qu'aient
pu être mes recherches, je livre à tous les amis de l'instruction un
ouvrage qui a de nombreuses imperfections sans doute, mais un
livre consciencieux. Je le crois pourtant plus pratiquement utile
qu'aucun des travaux du même genre qui l'ont précédé, et, si
peu modeste que semble cette assertion, elle n'en est pas moins
l'expression de ma pensée.
SUPPLÉMENT A LA DESCRIPTION DES ESPÈCES
LEPÏOTA
Agaric granuleux, Ag. granulo, planche XXIV, fîg. 127.
Batscli., t. G, f. 24 ; Hartz., t. 44, f. 1 ; Sclium., p. 200; A. granul. ferru-
f/ineus, Pers., Fr. Epie, p. 30; Quel. p. 36.
Chapeau convexe-plan, d'une couleur jaune, large de 3 à
5 centimètres, élégamment granulé et floconneux. Lamelles
légèrement adnées ou libres, blanches. Pédicelle grêle, de
la couleur du chapeau, épaissi à la base, muni d'un anneau
membraneux, pulvérulent et floconneux, jaune. Spores blanches.
De juillet à novembre, dans les bois, parmi les mousses,
les bruyères. — Comestible.
GYMNOPUS
Agaric de souris, Ag. myomyces, planche XXIV, fig. 120.
Alb. et Schw., Letell., t. 003, 1'. G ; Laoch., n. 505.
Chapeau charnu mince, irrégulier, gris à écailles fîbrilleuses,
grises et blanchâtres, chair peu épaisse, jaunâtre. Lamelles
émarginées, blanches puis cendrées de brun. Pédicelle cylin-
SUPPLÉMENT A LA DESCRIPTION DES ESPÈCES 249
drique, blanc grisâtre écailleux, floconneux, muni d'une cortine
grise. Spores ocracés.
Été, automne, dans les bois. — Comestible peu délicat.
PRATELLA
Agaric foramineux, Ag. foraminulosus, planche XXII, fig. 100.
Bull., t. 535; f. 1.
Chapeau membraneux, campanule, large de 3 à 4 centi-
mètres, jaune pelle, lisse, plus clair et luisant par le sec.
Lamelles en cône, adnées, paraissant libres, couleur cannelle
pâle. Pédicelle raide, grêle, long de 5 à 8 centimètres, jaune
pâle. Spores jaunes, ovales.
De juin à novembre, dans les herbes, sur les détritus et
les vieilles souches. — Comestible.
Agaric crétacé, Ag. cretaceus, planche XXXIII, fig. 174.
Syst. Myc, I, p. 28; Sv. Bot., t. 59G, f. 2; Scyn. Mont., p. 85; Quel.,
p. 107; Fr. Epie, p. 279.
Chapeau charnu, convexe et aplani, obtus, sec, écailleux,
est très légèrement fauve à son sommet, large de 8 à 10 centi-
mètres, chair épaisse, blanche. Lamelles écartées, ventrues,
étroites vers le pédicelle, blanches, brunissant avec l'âge. Pédi-
celle ferme, allongé, atténué en haut, lisse, blanc, anneau
supérieur ample, blanc, réfléchi, à bords retroussés.
Été, automne, dans les champs, les prés. — Comestible.
LACTARIUS
Agaric délicieux, Lact. deliciosus, planche XLIV, fig. 237.
llussey, I, p. G7; Agaricus, Linn., Suec, n. 1211; Schœff., t. 1 1 ; FI.
dan., I. 1751; Letell., t. 632; Barlat., t. 19; Vittad., t. 42; Krombh., t. 1 1 ;
Fr. Epie, 431.
Chapeau charnu, convexe-plan, ombiliqué, glabre, rouge-
brique ou jaunâtre, zone, rugueux et finement écailleux. Lait
et chair orangés puis verddtres; saveur douce. Lamelles planes,
assez épaisses, orangées, verdissant ainsi que les blessures.
Pédicelle creux, orangé-pâle, souvent maculé, long de 8 à
12 centimètres. Spore sphérique muriquée jaune.
Été et automne, sous les pins. — Comestible délicieux.
SUPPLÉMENT À LA DESCRIPTION DES ESPÈCES
Agaric douceâtre, Lact. subdulcis, planche XLIV, fig. 238.
Berk., Outl., p. 208; Agaricus, Bull., t. 227; Sowerb., t. 204; Barla,
t. 20, f, 4, 10; Quel., t. 11, f. 3; Leiiz., f. 11 ; Fr. Epie, 437.
Chapeau charnu, large de 5 à 8 centimètres, peu épais,
avec un petit mamelon au centre, d'une couleur roux-cannelle
plus ou moins foncé ; chair rousse douceâtre ; lait blanc.
Lamelles décurrentes, minces, serrées, de la môme couleur
du chapeau. Pédicelle peu épais, long de 3 à G centimètres,
égal, de couleur fauve rougeâtre.
Été, automne, dans tous les bois. — Comestible.
Agaric à toison, Lact. vellereus, planche XLV, fig. 239.
Hussey, I, t. C3; Berkl., Ou//., p. 206; Kickx., p. 200; Barla., t. 22,
. 6, 8; Krombh., t. 57, f. 10, 13; A. piperatus, Poil., Pal., 3; p. 289; Fr.
Epie, p. 430.
Chapeau compacte, convexe, puis en entonnoir, large de
de 10 à 20 centimètres, blanc finement velouté; chair et lait
blancs. Lamelles épaisses, assez espacées, larges, un peu
rameuses, pâles, blanchâtres à reflets rougeâtres, décurrentes.
Pédicelle obèse, court, plein, blanc, légèrement velouté.
Été, automne, dans tous les bois. — Comestible.
FIN
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Micheli (P.-A). — Nova gênera plantarum. Florentia, 1729.
Montagne (J.-F.-C). — Sylloge gencrum specierumque cryptogatnarum, etc.
Paris, 1856.
Necker (E.-J.). — Traité sur la mycetologie. Mannheim, 1783, in-8°.
Nées von Esenbeck (E.-T.), Henry et Ball. — Das System der Pilze.
Bonn., 1837-1859, in-8°, pi.
Parmentier. — Recherches sur l'usage et les effets des Champignons,
1872.
Paulet (J.-J.) et Léveillé. — Iconographie des Champignons. Recueil
de 217 planches, dessinées d'après nature et coloriées, 1855, in-fol.
INDEX BI1SU0URAPIUUUE 2S3
Persoon. — Traité sur les Champignons comestibles. Paris, 1818. —
Mycologia curopea, 1822-1828, 3 vol. in-8° avec 30 planches color.
Pline (G. -P. -S.). — Histoire naturelle en 37 livres.
Pouchet. — Expériences sur les champignons vénéneux. — Journal des
conn. mcd. prat. et de pharmacologie, 6e volume.
Roques (G.). — Histoire des Champignons comestibles et vénéneux. Paris,
1841.
Schœffer (J.-X.). — Fungorum qui in Bavaria et Palatinata cirea Ratis-
bonum nascuntur, icônes. Ratisbona?, 1762-1774, 4 vol. in-4°.
Schmid (J.). — De fungis esculentis et venenatis. Vindebonse, 1836.
Scopoli (J. A.). — Flora carniolica. Viennœ, 1772, 2 vol. in-8°, pi.
Secretan. — Mycoyraphie suisse, in-8°, 1833.
Sowerby (G.). — Couloured figures of English fungi or mushrooms.
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Tessier. — Expériences sur la carie des blés. 178a, in-8°.
Tiieopiirasti. — De historia plantarum libri decem, grœce et latine.
Amstelodami, 1644, in-folio, fig.
Tode (H. -G.). — Fungi Mecklenburgenses selecti. Luneburgi, 1790-1791.
1 vol. in-4°, 17 pi.
Trattinick (L.). — Fungi austriaci delectis singulari iconibus, 40 obser-
vationibusque illustrati. Vindobonee, 1809-1830, 20 planches.
Tulasne (L.-R. et G.). — Fungi hypogœi. Histoire et monographie des
champignons hypogées. Paris, 1862, gr. in-4°, pi. — Selecta fungo-
rum carpologia, gr. in-4°, 1861-1866.
Vauquelin. — An/ia/es de chimie, liv. XXX, 33, etc.
Vittadini (C). — Descrizione dei funghi mungereci piu communi delF
Ralia et de velenosi, che possono co' medesimi confondersi. Milan,
1835, fig. — Monographia tuberacearum. Milan, 1831, fig. in-4°.
Wallroth (C.-F.). — Flora cryptogamica Germanise. 1831-1833, in-12.
Weinmann (J.-A.). — Hymeno et gasteromycetes. 1836, in-8°.
Willdenow (C.-L.). — Florœ berolinensis prodomus. Berolini, 1787.
Van-Tiegiiem et Le Monnier. — Recherches sur les mucorinées. —
Ann. dcsSci. nat., 1873, XVII, p. 211.
TABLE DES MATIÈRES
Pages.
Préface v
PREMIÈRE PARTIE
CHAPITRE PREMIER
Disposition du livre 1
CHAPITRE II
Considérations générales o
Bibliographie 8
CHAPITRE III
Des classifications 11
CHAPITRE IV
Distribution méthodique des Champignons, par J.-H. Léveillé 17, 18
CHAPITRE V
Germination des spores 36
§ I. —Des Mycélium -13
§ II. — Fécondation 44
§ III. — Fécondations assexuée, sexuée, par conjugaison, par copu- 46
lation 47
§ IV. — Polymorphisme. — Générations alternantes 40
CHAPITRE VI
Respiration des Champignons 52
§ I. — De la nutrition . . • 54
§ II. — Développement des tissus 50
CHAPITRE VII
Structure. — Organisation des Champignons 59
§ I. — Du pédicelle 00
§ IL— Du chapeau 01
CHAPITRE VIII
Des lames ou feuillets des Agaricinées 03
CHAPITRE IX
Genèse de l'Hyménium. — Basides. — Cystides 6b
TABLE DES MATIERES '255
Pages.
CHAPITRE X
Du genre Agaric 67
Division du genre Agaric en 10 sous-genres 69
CHAPITRE XI
Description des espèces 71 à 206
DEUXIÈME PARTIE
CHAPITRE PREMIER
Examen chimique des Champignons 207
CHAPITRE II
Observations sur les Champignons comestibles et vénéneux 216
CHAPITRE III
Influence des Champignons sur l'homme et les animaux 223
CHAPITRE IV
Effets des Champignons sur l'homme et les animaux. — Traitement 227
CHAPITRE V
Culture des Champignons pour l'alimentation 229
CHAPITRE VI
Préparation du fumier 232
CHAPITRE VII
Construction des couches 235
Lardages 235
Gobtage 237
CHAPITRE VIII
Habitation des Champignons 238
CHAPITRE IX
Action des agents extérieurs 242
CHAPITRE X
Récolte et conservation des Champignons 244
Supplément à la description des espèces 248
Index bibliographique 251
Table des matières 254
Table alphabétique 256
TABLE ALPHABÉTIQUE
A
Tages.
£cidium 51
Aclion des agents extérieur sur les champignons 242
Agarioinès 71
Agaric 07
Ag. acerbe, acerbus, Bull., pi. XVII, fig. 72 83
Ag. erugineux, œruginosus, Cuit., pi. XIX, fig. 84 110
Ag. mousseaon, albellus, D. C, pi. XIII, fig. 48 82
Ag. alliacé, alliaceus, Jacq., pi. XLIX, fig. 263 140
Ag. de l'aune, alnicola, Fr., pi. XX, fig. 89 105
Ag. alutacé, alutaceus, Pers., pi. XLV, fig. 241 132
Ag. réuni, amadelphus, Bull., pi. XXIV, fig. 130 140
Ag. aman., amanita, pi. II, fig. 7 71
Ag. amanite, Coupe de l'œuf, pi. III, fig. 9 72
Ag. couleur d'amianthe, amianthinus, Scop., pi. VIII, fig. 2'i 77
Ag. anisé, anisatus, Pers., pi. XV, fig, 05 88
Ag. anomal, anomalus, Fr., pi. XXXVIII, fig. 199 123
Ag. apicré, apicreus, Fr., pi. XXXI, fig. 161 106
Ag. à appendice, appindiculatus, Bull., pi. XXX, fig. 158 113
Ag. aqueux, aquosus, Bull., pi. XVIII, fig. 81 92
Ag. à collier araneux, arachnostreptus, Letell., pi. XXIV, fig. 128 120
Ag. arqué, arquatus, Bull., pi. X, fig. 31 79
Ag. ardoisé, ardosiacus, Bull., pi. XXVII, fig. 143 99
Ag. sablé, arenatus, Pers., pi. XVII, fig. 73 120
Ag. à bracelet, armilaria, pi. IX 76
Ag. des moissons, arvalis, Weinm, pi. XIX, fig. 87 106
Ag. des champs, arvensis, Schœlï, pi. XXXIII, fig. 172 109
Ag. atramentaire, atramentarius, Bull , pi. XLI, fig. 215 110
Ag. atténue, attenuatus, D. C, pi. XXXII, fig. 166 104
Ag. doré, aurata, Kromb., pi. XLVI, fig. 2i5 133
Ag. sans-zone, azonites, Bull., pi. XLIII, fig. 231 130
Ag. trapu, brevipes, Bull., pi. XIII, fig. 49 82
Ag. bulbeux, bulbosa, Vaill., pi. V, fig. 14 74
Agaric de bulliard, bulliardi, Pers., pi. XXXVIII, fig. 203 124
Ag. de l'automne, brumalis, Fr., pi. XV, fig. 64 87
Ag. butireux, butyraceus, Bull., pi. XV, fig. 62 91
Ag. oronge, cœsarea, Scop., pi. III, fig. 8 72
Ag. champêtre, campestris, Lin, pi. XXXII, fig. 165 108
Ag. odeur de camphre, camphoratus, Bull., pi. XLIII, fig. 234 131
Ag. de de candolle, candolleanus, Fr. XXI, fig. 98 111
Ag. du chien, caninus, Fr., pi. XXXVI, fig. 191 122
Ag. cartilagineux, cartilagineux, Bull., pi. X, fig. 33 80
Aj. chàlain, castaneus, Bull., pi. XXXVII, fig. 190 122
TABLE ALPHABÉTIQUE 257
Pages.
Ag. en bassin, catinus, Fr., pi. XVI, 68 88
Ag. à tête jaune, chrysenterus, Bull., pi. XX, fig. 92 84
Ag. blanc cendré, cinerascens, Bull., pi. X, fig. 32 80
Ag. cendré, cinereus, Bull., pi. XL1I, fig. 225 118
Ag. couleur cannelle, cinnamomeus, Bull., pi. XXXVIII, fig. 19S 123
Ag. pied en clef, clavipes, Lin., pi. XXI, fig. 99 89
Ag. clou, clavus, Lin, pi. XXIV, fig. 124 93
Ag. contraclile, clusillis, Fr., pi. XVIII, fig. 80 92
Ag. en bouclier, clypeolarius, Bull., pi. VIII, fig. 2b 78
Ag. muqueux, collinitus, Pers., pl. XXXV, fig. 186 121
Ag. des collines, collinus, Scop., pl. XXII, fig. 102 94
Ag. chevelu, comatus, FI. Dan., pl. XLI, fig. 214 115
Ag. en conque, conchatus, Bull., pl. XLIX, fig. 267 142
Ag. entassé, congresatus, Bull., pl. pl. XXIII, fig. 11 i 114
Ag. conique, conicus, Scop., pl. XXXIV, fig. 178 127
Ag. à tête conique, conocephalus, Bull., pl. XX 11. fig. 101 126
Ag. pulvérulent, conissans, Fr., pl. XXXI, fi--. 162 100
Ag, tonlu, contortus, Bull., pl. XVIII, fig. NJ 92
Ag. coronille, coronilla, Bull., pl. XXVI, li'.i 110
Ag. des écorces, corticalis, Schum., pl. XXIII, fig. 121 97
Ag. crétacé, cretaceus, Fr., pl. XXXIII, fig. 174 249
Ag. échaude, crustiliniformis, Bull. XXVI, fig. 137 104
Ag. des caves, cryptarum, Letell., pl. XXXII, fig. 170 90
Ag. feuillets en coin, cuneifo'.ius, Fr., pl. XVII, fig. 76 83
Ag. en coupe, cupularis, Bull., pl. XXXI, fig. 164 102
Ag. jaune bleuâtre, cyanoxantha, Pers., pl. XLVII, (1g. 232 135
Ag. délicieux, de'iciosus, Lin, pl. XLIV, fig. 237 250
Ag. déliquescent, deliquescens, Fr., pl. XL, fig. 212 Mu
Ag. destructeur, destrictus, Fr., pl. XXXV, fig. 182 125
Ag. disséminé, disseminatus, Pers., pl. XLII, fig. 223 118
Ag. ami des feuilles, driophilus, Bull., pl. XVI, fig. 70 91
Ag. à lamelles olivâtres, elœodes, Fr., pl. XXX, fig. 159 112
Ag. comestible, edulis, Bull., pl. XXXIII, fig. 17b 109
Ag. émétique, emeticus, Fr., pl. XLV, fig. 242 133
Ag. velu, ephebeus, Fr., pl. XXXIV, fig. 181 97
Ag. éphémère, ephemereus, Bull., pl. XLII, fig. 224 118
Ag. faux éphémère, ephemeroïdes, Bull., pl. XLII, fig. 229 119
Ag. des feuilles mortes, epiphyllus, FI. Dan, pl. XXII, fig. 106 140
Ag. des bruyères, ericeus, Pers., pl. XIX, fig. 86 112
Ag. des bruyères, ericetorum, Bull., pl. XIII, fig. 50 86
Ag. du chardon, eryngii, D. C, pl. XXIX, fig. 153 137
Ag. pied rouge, erythropus, Pers., pl. XVI. fig. 71 139
Ag. comestible, esculentus, Jacq., pl. XXV, fig. 134 94
Ag. excorié, escoriatus, pl- VII, fig. 23 77
Ag. éteignoir, extinctorius, Paul, pl. XLII, fig. 219 117
Ag. en faisceaux, fascicularis, Huds, pl. XXI, fig. 96 111
Ag. fertile, fertilis, Bull., pl. XXVII, 142 99
Ag. fichet, fibula, Bull., pl. XXII, fig. 110 95
Ag. fimetaire, fimetarius, Lour., pl. XLI, fig. 216 116
Ag. du terreas, limi-putris, Boit, pl. XL, fig. 211 115
Ag. ferme, firmus, Fr., pl. XXXV, fig. 183 129
Ag. flasque, flaccidus, Sow., pl. XVI, fig. 69 88
Ag. fauve blanc, flavo-alhus, Fr., pl. XXIII, fig. 120 97
Ag. foramineux, foraminulosus, Fr. pl. XXII, fig. 100 249
17
258 TABLE ALPHABÉTIQUE
Pa , .
Ag. fétide, fœtens, Pers., pi. XLVII, fig. 250 135
Ag. fétide, fœtens, Secret., pi. XLIX, fig. 264 142
Ag. parfumé, fragans, Sow. pi. XIII, fig. 51 86
Ag. fragile, fragilis, Lin, pi. XLVI, fig. 247 134
Ag. couleur de froment, frumentaceus, Fr., pi. XII, fig. 42 81
Ag. pied en fuseau, fusipes, Bull., pi. X, fig. 34 90
Ag. fuseau, fusus, Fr., pi. XXXI, fig. 160 105
Ag. fourchu, furcata, Pers., pi. XLVII, fig. 251 135
Ag. en casque, galericulatus, Scop., pi. XXII, fig. 103 96
Ag. blanc verdâtre, galochrea, Bull., pi. XLVI, fig. 244 133
Ag. géotrope, geotropus, Miill., pi. XI, fig. 38 85
Ag. gigantesque, giganteus, Sow., pi. XV, fig. 60 87
Ag. glutineux, glutinifer, SchœlT., pi. XXXIX, fig. 207 129
Ag. granuleux, granulosus, Batsch., pi. XXIV, fig. 127 249
Ag. à pied rayé, grammopodius, Bull., pi. XI, fig. 39 81
Ag. à odeur forte, graveolens, Pers., pi. XIV, fig. 55 82
Ag. pied nu, gymnopodius, Bull., pi. XXXI, fig. 163 106
Ag. à pied flexueux, gyroflexus, Paul, pi. XXIII, fig. 118 113
Ag. des devins, hariolorum, Bull., pi. XX, fig. 93 93
Ag. taché de rouge, hœmatochelis , Fr., pi. XXXVII , fig. 193 122
Ag. à graines rouges, hosmastospermus, Bull., pi. XXXIII, fig. 173 109
Ag. hétérophylle, heteropnilla, Fr., pi. XLV, fig. 243 133
Ag. nivelé, hydrogrammus, Bull., pi. XI, fig. 37 95
Ag. hydrophile, hydrophilus, Bull., pi. XXXIV, fig. 179 120
Ag. horizontal, horizontalis, Fr. XXIII, 117 107
Ag. pied grêle, iliopodius, Fr., pi. XXXVIII, fig. 201 124
Ag. incisé, incisus, Fr., pi. XXXVIII, fig. 200 123
Ag. inodore, inodorus, Sev., pi. XXII, fig. 111 98
Ag. ïonide, ionides, Bull., pi. XX, fig. 94 85
Ag. irrégulier, irregularis, Pers., pi. XXXVIII, fig. 205 125
Ag. retourné, inversas, Scop., pi. XVI, fig. 67 91
Ag. roulé, involutus, Batsch, pi. XXXIX, fig. 206 128
Ag. éclatant, jubarinus, Bull., pi. XXXVI, fig. 190 121
Ag. couleur de laque, laccatus, Scop.. pi. XIII fig. 52 90
Ag. piep en forme de lance, lancipes, Paul, pi. XXI, fig. 97 93
Ag. pied brillant, lampropus, Fr., pi. XXVII, fig. 146 100
Ag. lanugineux, lanuginosus, Bull., plXXXV fig. 185 126
Ag. à tète blanche, leucocephalus, Bull., pi. XX, fig. 91 84
Ag. de léveillé, leveillei, Sic, pi. XXXV11I, fig. 202 124
Ag. pied vêtu, licinipes, Bull., pi. XXXVIII fig. 20 i 124
Ag. rayé, lineatus, Bull., pi. XXII, fig. 109 96
Ag. livide, lividus, Bull., pi. XXXIV, fig. 177 99
Ag. long pied, longipes, Bull., pi. XIX, fig. 85 92
Ag. lustré, lustratUS, Pers., pi. XX, fig. 93 120
Ag. papille, mammosus, Lin., pi. XXV, fig. 130 101
Ag. mappa, mappa, Batsch. pi. V, fig. 15 74
Ag. à graine noire, melaspermus, Bull., pi. XXV, fig. 132 110
Ag. couleur de miel, melleus, FI. Dan., pi. IX, fig. 2S 78
Ag. de moyenne taille, mesomorphus, A et S., pi. VIII fig. 26 78
Ag. micacé, micaceus, Bull., pi. XL fig. 213 115
Ag. vermillon, miniatus, Fr., pi. XXXIV fig. 180 128
Ag. mou, mollis, Schaff., pi. XX1V, fig. 125 108
Ag. couleur bronzée, molibdinus, Bull., pi. XIV fig. 57 87
Ag. momentané, momentaneus, Bull., pi. XL1I. fig. 218 116
TABLE ALPHABÉTIQUE 259
Pages.
Ag. mucilagineux, mucidus, Schrad., pi. IX, fig. 29 79
Ag. à mouche, muscaria, L., pi. Il , fig. 7 72
Ag. gris de souris, murinaceus, Bull., pi. VIII, fig. 27 80
Ag. changeant, mutabilis, FI. Batt., pi. XXVIII, fig. 150 103
Ag. de souris, Myomyces, Pers., pi. XXIV fig. 126 - '>'■ '
Ag. nain, nanus, Bull., pi. XXVII, fig. 143 Û7
Ag. nébuleux, nebulosus, Batch., pi. XVII, fig. 75 89
Ag. noircissant, nigricans, Bull., pi. XLVII, Qg. 233 136
Ag. clignotant, nictitans, Hussey, pi. X fig. 35 80
Ag. nu, nudUS, Bull., pi. XII, fig. 43 SI 37
Ag. jarre, obbatus, Buxb., pi. XIII, fig. 53 86
Ag. obturé, obturatus, Fr., pi. XXXII , fig. 169 HO
Ag. pied gonflé, œdematopus, SchœlT., pi- XIV, fig. 59 91
Ag. odorant, odorus, l'ers., pi. XV, fig. 65 88
Ag. odorant, odorus jeune, Pers., pi. XV fig. 66
Ag. blanc olive, olivaceo-albus, Fr.. pi. XXXV, fig. 187 128
Ag. faux mouceron, oreades, Boit., pi. XII, fig. 44 139
Ag. faux mouceron sec, oreades, Boit., pi. XII, fig. 45 139
Ag. orcelle, orcella, Bull., pi. XXVIII. fig. 147 100
Ag. orellan, orellanus, Fr., pi. XXXVI, fig. 192 122
Ag. en coquille, ostreatus, Jacq, pi. XXIX, fig.155 137
Ag. des pacages, ovinus, Bull., pi. XVII, fig. 77 83
Ag. ovoïde, ovoidea, Bull., pi. IV, fig. 11 "3
Ag. papilionacé, papilionaceus, Bull., pi. XL, fig, 209 114
Ag. transparent, pellucidus, Bull., pi. XXII, fig. 113 102
Ag. pied châtain, phaeopodins, Bull., pi. XXXVII, fig. 193 94
Ag. pied noir, phaeospermus, Bull., pi. XXIX fig. 151 110
Ag. phaloïde, phalloides, Seer., pi. V fig. 16 75
Ag. physaloide, physaloides, pi. XX, fig. 90 113
Ag. pie, picaceus, Bull., pi. XL fig. 210 114
Ag. piluliforme, pilulœformis, Bull., pi. XXII1, fig. 115 111
Ag. poivré acre, piperatus, Bull., pi. XLIV, fig. 235 131
Ag. pliant, plicatilis, Curt., pi. XL1I fig. 226 118
Ag. couleur de plomb, plumbeus, Bull., pi. XLI1I, fig. 230 130
Ag. odeur de ciboule, prasiosmus, Fr., pi. XLIX, fig. 265 141
Ag. des près, pratensis, Pers., pi. XXXIX, fig. 20S 129
Ag. couleuvre, procerus, Boll., pi. VII, fig. 21 76 37
Ag. couleuvre jeune, procerus, Boit., pi. VII, fig. 23 76
Ag. pruineux, pruinosus, Lasch., pi. XI, fig. 40 86
Ag. prunelle, prunulus, Pers., pi. XXVIII, fig. 149 100
Ag. perroquet, psittacinus, Schœff., pi. XXXIV, fig. 176 127
Ag. pudique, pudicus, Bull., pi. XXXII, fig. 167 104
Ag. pur, purus, Pers., pi. XXII, fig. 107 96
Ag. pygmée, pygmeus, Bull., pi. XXIV, fig. 129 101
Ag. odeur de poire, pyriodorus, Pers., pi. XII, fig. 46 125
Ag. pirolriche, pyrotrichus, Holmsk., pi. XXX. fig. 156 111
Ag. caustique, pyrogalus, Bull., pi. XLV, fig. 240 132
Ag. radié, radiatus, Boit., pi. XLII, fig. 228 1 19
Ag. racine de navet, radicosus, Bull., pi. XXV, fig. 133 103
Ag. des rameaux, ramealis, Bull., pi. XXIII, fig. 116 140
Ag. raclé, ramentaceus, Bull., pi. IX fig. 30 79
Ag. gris jaunâtre ravida, Bulf., pi. XLVI, ûg. 246 134
Ag. déchiré, recutita, Fr., pi. IV, fig. 13 74
Ag. ondulé, répandus, Bull., pi. X, fig. 36 98
260 TABLE ALPHABÉTIQUE
Pages.
Ag. crevassé, rimosus, Bull., pi. XXXV, fi g. 184 126
Ag. rose blanc, rhodopolius, Fi\, pi. XI, fig. 41 98
Ag. rose, roseus, FI. Dan., pi. XXII, fig. 104 %
Ag. rutule, rotula, Scop., pi. XXIII, fig. 119 140
Ag. rougeâtre, rubescens, Pers., pi. 111, fig. 10 73
Ag. sanguin, sanguinea, Albet. Schw., pi. XLV1I, fig. 219 134
Ag. odeur de savon, saponaceus, Fr., pi. XVIII, fig. 78 84
Ag. excorié, scoriatus, Sohœff., pi. VII, fig. 22 77
Ag. demi-orbiculaire, semi-orbicularis, Bull., pi. XXV, fig. 133 107
Ag. satiné, sericeus, Bull., pi. XXVIII, fig. loi 99
Ag. dentelé, serrulatus, Pers., XXVIII, fig. 148 101
Ag. sidéroïde, sideroïdes, Bull., pi. XXII, fig. 108 107
Ag. sinué, sinuatus, Pers., pi. XXVII, fig. 144 99
Ag. chapeau sinué sinuosus, Bull., pi. XXVI, fig. 138 105
Ag. sordide, sordidus, Fr., pi. XV, fig. 63 83
Ag. écailleux, squarrosus, Miill., pi. XX1X, fig. 1"2 103
Ag. à odeur agréable suaveolens, Troe., pi. XV, fig. Cl 87
Ag. douceâtre, SuMulciS, FI. Dan., pi. XLIV, fig. 238 250
Ag. couleur de soufre sulfureus, Bull., pi. XIV, fig. 56 83
Ag. sans chair, spectrum, Ed., pi. XL.II, fig. 227 119
Ag. sphaleromorphe, splialeromorphus, Bull., pi, XXV, fig. 131 103
Ag. remarquable, spectabilis, Bull., pi. XII, fig. 47 102
Ag. stercoraire, stercoriarius, Fr., pi. XLI, fig. 217 116
Ag. pomme de pin, strobiliformis, Vilt., pi. IV, fig. 12 74
Ag. sliplique, stipticus, Fr., pi. XXIV, fig. 122 141
Ag. sauvage, sylvicola, Vitl., pi. XXXII, fig. 108 108
Ag. couleur d'airain, tabularis, Fr., pi. XVII fig. 74 120
Ag. à lait jaune, thejogalus, Bull., pi. XLII1 fig. 233 131
Ag. grêle, tener, Schœff., pi. XXII, fig. 103 107
Ag. marqueté, tessulatus, Bull., pi. XXVI, fig. l 'il 136
Ag. terreux, terreus, Schœff., pi. XXXII, fig. 171 83
Ag. turbiné, turbinatus, Bull., pi. XXXVII fig. 197 123
Ag. tigré, tignnus, Schœfi'., pi. XLIX, fig. 206 141
Ag. chancelant, titubans , pi. XL1I, fig. 221 117
Ag. drapé, tomentosus, Bull., pi. XL1I, fig. 220 117
Ag. à coliques, torminosus, Schœff., pi. XL11I, fig. 232 130
Ag. dorme, ulmarius, Bull., pi. XXVI fig. 140 136
Ag. ombellifère, umbeliferus, Lin., pi. XXII, fig. 112 93
Ag. ondulé, undulatus, Bull., pi. XIX, fig. 83 89
Ag. brûlant, urens, Bull., pi. XIII fig. 34 139
Ag. engainé, vaginata, Bull., pi. VI, fig. 18 75
Ag. engainé, vaginata, Bull., pi. VI, fig. 19 76
Ag. engainé, vaginata, Bull., pi. VI, fig. 20 76
Ag. engainé, livide, vaginata, Bull., pi. VI, fig. 20 bis 76
Ag. variable, variabilis, Pers., pi. XXIV, fig. 123 101
Ag. à toison, vellereus, Fr., pi. XLV, fig. 239 250
Ag. toisonné, velutinus, Pers., XXX, fig. 157 112
Ag. à pied velouté, velutipes, Curt., pi. XIV, fig. 58 90
Ag ventru, ventricosus, Bull., pi. XVIII, fig. 79 92
Ag. vibratile, vibratilis, Fr., pi. XXXVI, fig. 183 127
Ag. violet, violaceus, Lin., pi. XXXVI, fig. 189 121
Ag. verdoyant, virescens, Schœff., pi. XLVI, fig. 248 134
Ag. visqueux, viscidus, Lin., pi. XIX, fig. 83 89
Ag. jaune d'œuf, vitelinus, Pers., pi. XXXVII, fig. 194 127
TABLE ALPHABÉTIQUE 261
Pages
Ag. pâle jaunâtre, volemus, Fr., pi. XLIV, fig. 236 131
Amanita, pi. II, fig. 7 72
Am. bulbeux, bulbosa, Bull., pi. V, fig. 14 : 74
Am. oronge, cœsaera, Schœff., pi. III, fig. 8 72
Am. mappa, mappa, Bals., pi. V, fig. lo 74
Am. mouche, muscaria, Lin., pi. II , fig. 7 72
Am. ovoïde, ovoidea, Bull., pi. IV, fig. 11 73
Am. ciguë, phalloïdes, Secr., pi. V, fig. 10 73
Am. déchiré, recutita, Ed., pi. IV, fig. 13 74
Am. rougeàtre, rubescens, l'ers., pi. III, fig. 10 73
Am. pomme de pin, strobiliformis, Vitt., pi. IV, fig. 12 7i
Am. engainé, vaginata, Bull., pi. VI, fig. 18 75
Am. petite coiffé, volvaceus (minor), Bull., pi. V, fig. 17 75
Adnées (lames), pi. 1 63
Angioridium sinuosum, pi. LXVIX, fig. 371 173
jEcidium SI 52
iEthalium flavum, pi. LXVIII , fig. 356 170
Alternante génération 49
Antheridie 46
Anthérozoïdes 46
Annularia 14
Antennaria pinophyla, pi. LXXIV, fig. 402 205
Antennariés 201
Arciria incarnata, pi. LXVIX, fig. 374 174
Armilaria, 70 14
Arthrosporés 17, 33 201
Ascobolus furfuraceus, pi. LXXI1I, fig. 394 187
Asexuée fécondation 46
Ascomycètes 13
Asques et sporidiss 191
Aspergillus glancus, pi. LXXIV, fig. 399 -< < S
Atmosphère, ses spores 184 194
Auricularinés 13
Auricularia mesenterica, pi. LV1I, fig. 291 136
Autoïque 31
Azygospore 48
B
Basides 65
Basidiosporés 17 18
Blanc de (champignon) 44 233
Blé, nielle et rouille 150 193
Bulets (chapeaux des) 143
Boletus 143
Bulet, orangé, aurantiacus, Fr., pi. LU, fig. 274 146
Bol. lulbeux, bulbosus, Pers., pi. LI, fig. 270 145
Bol. châtain, castaneus, Bull., pi. LU, fig. 275 146
Bol. bleuissant, cyanescens, Bull., pi. LU, fig. 276 146
Bol. comestible, edulis, Bull., pi. L, fig. 208 145
Bol. chicotin, felleus, Bull., pi. LI fig. 272 1 10
Bol. luride, luridus, Schœff., pi. LUI, fig. 273 bis 147
Bol. jaunâtre, luteus, Lin., pi. LIV, fig. 277 147
262 TABLE ALPHABÉTIQUE
Pages.
Bol. pruiné, pruinatus, Bull., pi. LUI, fig. 276 bis 147
Bol. scabre, scaber, F., pi. Ll, fig. 271 143
Bol. sub-tomenteux, sub-tomentosus, Lin., pi. LU, fig. 273 146
Bol. tubéreux, tuberosus, Bull., pi. LUI, fig. 274 bis 147
Botrytis, agaricina, Fr., pi. LXX1V, fig. 404 199 198
Bot, diffusa, Bals., pi. LXX1V, fig. 397 199
Bovista 167
Bulgaria inquinans, F., pi. LXXIII, 11g. 393 188 187
— fécondation 180 181
Calocsra 100
Calorara, cornea, Batsch., pi. LXII1, fig. 327 ICO
— palmata, Schum., pi LV1I, fig. 290 160
Car.tharellus 137
Chanterelle orangé, aurantiacus, Fr., pi. XLV11I, fig. 256 138
Chant, comestible, cibarius, Fr., pi. XLV1I1. fig. 254 137
Chant, dentér, dentatus, Pers., XLVIII, fig. 23b 138
Chant, des grandes mousses, muscigenus, Fr., pi. XLVIII, fig. 237 138
Chant, en tube, tubœformis, Fr., pi. XLVIII, fig. 2:19 138
Caves, carrières 231
Carie et nielle du blé 30 194
Carcithe G
Carpogone 44
Cellules accouplées 42
Changement de couleur des bolets 145
Chapeau des agarics et des bolets 61 143
Chêne (truffes du) 221
Chlamydospores 43
Chromospores 69
Ciliciocarpus , hypogeus, Cord., pi. LXX, fig. 381 176
Cionium, Iridis, Lk., pi. LXIX, fig. 366 172
Cladosporium, Lk 50
Classification des Champignons 11
de Nées d'Esexbeck 11 12
De Bary 15
Ad. Brongniart 12
Persoon • 07 13
Fries 14
Bonofden 14
Berkeley 15
Cooke 16 68
LÉVE1LLÉ 69 17
QUELET 68
Rabenhorts , etc 68
Clathrus, cancellatus, Pers., pi. LXV, fig. 339 165
Clathracés, pi. LXV 163
Claudopus 14
Clavaria 157
Clavaire améthyste, amethystina, Bull., pi. LXI, fi. 315 158
Clav. en grappe, botrytis, Pers., pi. LXI, fig. 317 158
C.lav. canaliculée, canaliculata, Fr., pi. LXII, fi.. 319 158
TABLE ALPHABÉTIQUE 263
Pages.
Clav. cendrée, cinerea, Bull., pi. LXII, fig. 320 159
Clav. compacte, condensata, Fr., pi. LXI, fig. 310 138
Clav. coquette, crispula, Fr., pi. LXII, fig. 321 159
Clav. en crête, cristata, Pers., pi. LXII, fig. 31 i 158
Clav. en crête, cristatum, Bull., pi. LXIII, fig. 330 160
Clav. jaunâtre fllava, Pers., pi. LXI, p.. 318 138
Clav. blonde, helvola, Pers.. pi. LXIII, fig. 329 1G0
Clav. hydnoïde, hydnoides, Jungh., pi. LXIII, fig. 331 ICO
Clav. inégale, inequalis, FI. dan., pi. LXIII, fig. 325 159
Clav. petit jonc, juncea, Fr., pi. LXIII, fig. 326 159
Clav. pilon, pistillaris, Pers., pi. LXII, fig. 322 159
Clav. pistilliforme, pistilliforma, Pers., pi. LXIII, fig. 32S 159
Clinosporés 17, 27, 35 191
Clissosporium carii, Fr., pi. LXX, fig. 380 175
Clitocybe 14
Clitopilus 1 i
Collybia 79
Co léus hirudinosus, Chev. et Lech, pi. LXV, fig, 33C ICI
Coloration des spores 38
Champignon de couche, son analyse 208 209
Conceptacles 203
Considérations générales 5
Condition de végétation 55
Chitonia 14
Cbiamydospores 43
Conidies des Erysiphe 42
— des fistuline 50
— des mucor 195
— des peziza 50
— des sphœria 42
Comdifères 19C
Conidiophores 198
Coniomycètes 13 14
Coprin, pi. XL, fig. 200 114
Coprinus, pi. XL, fig. 223 114
Copulation 47 180
Copulative 48
Cortinaria 119
Couches, confection des couches : à air libre : les caves ; les carrières 235 23G
Couches en fructification, pi. LXXV, fig. 407 237
Coupe de l'œuf d'ammanite, pi. III, fig. 9 72
Coremium 204
Corticium, ochraceum, Fr., pi. LX, fig. 312 157
Coryne sarcoides 50
Couvain 199
Craterellus .• 155
Craterelle, trompette des morts, cornucopioïdes, Pers., pi. XLVIII, fig. 258 135
Craterelle, tubeformis, Pers., pi. XLVIII, fig. 259 155
Craterium, leucocephalum, Dem., pi. LXIX, pi. 367 171 172
Crepidotus 1 ï
Cribaria, vulgaris, Pers., pi. LXX, fig. 375 173
Cryptomycètes 15
Cryptatrichei 15
Culture des Champignons pour l'alimentation 229
264 TABLE ALPHABÉTIQUE
Pages.
Cyatus, striatus, Wild., pi. LXVI, fig. 349 176
Cyphella, digitalis, Fr., pi. L1X, fig. 306 157
Cyrrholus, flavus, Mart., pi. LXX, fig. 37C 174
Cystides Oi, Go 66
Cystisporés 47
Cystopus, candidus, Lév 42
D
Dcedalea du chêne, quercina, Pers., pi. LIX, fig. 300 151
Decurrentes (lames), pi. 1 63
Dématiées 198
Dermini 14
Derminus 68
Desséchés Champignons 244
Développement des tissus 56
Dictydium, cernuum, Schrad., pi. LXX, fig. 377 174
Diderma, contextum, Pers., pi. LXIX, fig, 370 172
Didymium, lobatum, N^es., pi. LXVI1I, fig. 358 171
Didymium, cinereum, pi. LXIX, fig. 367 171
Dimorphisme 49
Discomycètes 13 14
Dissémination des spores 38 180
Disposition des lames des agaricinées, pi. I 63
Disposition du livre 2
Distribution méthodique des Champignons 17
Division du genre agaric 14 69
Division des Champignons 17
Dualisme
E
Ecartées (lames) 63
Effets des Champignons vénéneux sur l'homme et les animaux 227
Eccilia 14
Ectobarides 18
Ectoclines 18
Ectothèques 18
Elaphomices 190
Elaphomice, muricatus, Fr.. pi. LXVI, fig. 348 190
Emarginées (lames) 63
Endoclines 18
Endosporés 15 38
Endothèques 18
Entobasides 18
Entoloma. 14
Enthophytes 13 15
Ephyphytes 13
Epine-vinette 51
Ergot des graminées 191 192
Erysiphe, Cichoraceum, D. C 49
Eurotium herbarium 203
Examen chimique des Champignons 207
Excipulini 15
TABLE ALPHABÉTIQUE 265
Pages.
Exidie 161
Exidia, plicata, KL, pi. LIX, fig. 30b 161
Exospore 39 40
F
Favolus, Boucheanus, Kl., pi. LIX, fig. 301 240
Fécondation asexuée 46
Fécond, sexuée 46
Fécond, des basidiosporés 44
Fécond, des pepizes 49
Fécond, des thécasporés 180
Feuillets ou lames des agarics 63
Fistulina 148
Fistuline hépatique, Fr., pi. LIV, fig. 278 148
Fistul. Buglosoïdes, Bull., pi. LIV, fig. 27S 148
Flammula 9b 102
Formation des stroma, pi. LXXV, fig. 4I1„ 56 57
Fumagine 50
Fumier, sa préparation 232
G
Galera 1 '•, 9b 102
Gasleromycètes lb
Ganthiera morchelliformis, Vin., pi. LXVIII, fig. 363 177
Geasterum rufescens, Fr., pi. LXVI, fig. 343 : 167
Genèse de l'hymenium 0b
Genre et sous-genre des Agarics 67 09
Génération alternante 49
Germination des spores 36
Germination de mucor des £cidium 41 43
Germinal, des spores du Campestris, pi. LXXV, pi. 409 39
Gobtage 237
Geoglossum, glabium, Pers., pi. LXII, fig. 323 184
Gomphius 1 '« 67
Gonosphere 47
Gymnopus 67, G9 79
Gymnope 79
Gymnosporangiuni 52
Gyromitra
H
Habitation des Champignons 238
Hebeloma 9o" 102
Helvelles '5 179
Helvella *8b
Helvelle, Barinosa, pi. LXXII, fig. 389 186
Hel crépue, crispa, Fr , pi. LXXII, fig. 3S8 186
Hétéroïque 51
Hidnum 1S2
26G TABLE ALPHABÉTIQUE
Pages.
Hidne, cure-oreille, auriscalpium, Lin., pi. LVIII, fig. 299 133
Hid. cendré, Cinereum, Bull., pi. LVIII, fig. 297 153
Hid. en forme de coupe, cyathiforme, Bull., pi. LVIII, fig. 294 153
Hid. hybride, hybridum, Bull., pi. LVIII, fig. 298 153
Hid. membraneux, membranaceum, Bull., pi. LVIII, fig. 295 153
Hid. Sinué, repandum, Lin., pi. LVIII, fig. 293 182
Hirneola sambuci 161
Hirn. oreille de juda, auricula judoe, Fr., pi. LX, fig. 311 1G1
Hydnangium, carneum, Wallr., LXVIII, fig. 364 177
Hygrocibe 14
Hygrophorus 1 4
Hymenium des Champignons 65
Hymenomycées 12
Hymenomicètes 14
Hymenogaster 1 i
Hymenularii 14
Hypogées 15
Hypholoma 14 102
Hyphes 183
Hyphomicètes •. . . . 13, 15 197
Hyphomycées 12
Hyphelia, rosea, Fr., pi. LXVIII, fig. 359 169
Hyporrhodii 14
Hyporhodius 68
Hypodermès 15
Hypoxilées 13
Hypoxilon 12
I
Index bibliographique 251
Influence des champignons sur l'homme et les animaux 223
Inocybe 14
Inoloma 14
Irpex, canescens, Bull., pi. LVIX, fig. 303 154
Isariei 14
Isaria 197
L
Lactaire 130
Lactifluus 67
Lactarius 69 130
Laiteux champignons 130
Lames des agaricinées 63
Lames adnées, pi. I 63
Lames écartées, pi. 1 63
Lames émarginées, pi. 1 63
Lames décurrentes, pi. I 63
Lames libres, pi. 1 63
Lames sinuées, pi. 1 63
Lardage, pi. LXXV 235
Laternea, columnata, ïurp., pi. I.XV, fig. 338 165
TABLE ALPHABÉTIQUE 267
Pages.
Leangium , lepidotum, Ditm. pi. LXIX, fi g. 368 173
Lentinus, tigrinus, Fr., pi. XLIX, fig. 260 141
Lenziles, Betulina, Fr., p!. LVII, fig. 2S8 143
Leocarpus, vermicosus, Lk., pi. LXIX, fig. 373 173
Lepiota 15 76
Lépiote 76
Lepista 68
Leptonia 15 9S
Leucospore 69
Leucosporii 1 i 144
Leucosporus 68
Licea strobilina, Alb. et Schwz. pi. LXX, fig. 379 17b
Lignidium, vesiculiferum, Lk., LXVIII, fig. 337 170
Lycogala, miniata, Ditm. in Sturm., pi. LXVII, fig. 332 168
Lycoperdon 166
Lyc. gigantesque, giganteum, Batsch., pi. LXVII, fig. 354 167
Lyc. hyemale, duret, mont., pi. LXVII, fig. 331 166
Lyc. pratense, Bull., pi. LXVI, fig. 342 166
Lyc. perlatum, Pers., pi. LXVI, fig. 346 166
Lyc. pyriformis, Schœff, pi. LXVII, fig. 330 ICO
Lysurus, Mokusin, Cib., pi. LXV, fig. 337 164
M
Macrocyle 4b
Marasmius 139
Mar. amadelphus, pi. XXIV, fig. 130 140
Mar. alliaceus, pi. LXIX, fig. 263 140
Mar. oreades, pi. XLIX, fig. 262 139
Mar. prasiosmus, pi. XLIX, fig. 263 141
Mélanconiées 27
Mesenterica 44
Meruluis 67
Mer. tremollosus, Lamk., pi. L1X, fig. 302 152
Monoblepharis 47
Monoxène bl
Moisissure, leur culture, leur dimorphisme, leur structure 199 201
Morchella 18b 221
Morille, sa germination 178
Mor. esculenta, Pers., pi. LXXI, fig. 38b 185
Mor. nigra, pi. LXXI, fig. 384 18b
Mouche commune (champignon de) 197
Mucédinées 12 198
Mucor, muce:lo, Pers., pi. LXXII, fig. 391 bis 196
Mucorées 12
Mucorinii 14
Mucorinées 42, 48 193
Mycélium hymenoïde 44, 43 48
Myc. malacoïde 44
Myc. nematoïde 44
Myc. scloroïdes 44
Mycelini 14
268 TABLE ALPHABÉTIQUE
Pages.
Mycena 14 95
Mycene 94
Myxomycètes \ .5
N
Nancaria 14 102
Nolanea 11 95
Nemasporei ig
Nidularies 177
Nidularia, granulifera, pi. LXVIII, fig. 365 177
Nielle des céréales go 193
Nyetalis, asterophora, Fr., pi. LX, fig. 313 177
Nutrition des champignons 54
O
Ochrospore I44
Observation sur les champignons comestible et vénéneux 216
Observation sur le Peronospora infestans 199
Œuf damanita cœsarea, pi. 111, fig. 9 71
Œuf de Phallus impudicus, pi. LX1V, fig. 334 1G3
Œuf de Phallus caninus, pi. LXV, fig. 341 1C3
Oidium Tuckeri 204
Omphalia 14
Oocystes 4g
Oogones des saprolegniées 47
Organisation des Champignons 159
Osphère 47
Oospore 37 47
Oxycladées 193
P
Panus, conchatus, Fr., pi. XLIX, fig. 267 142
Pan. fœtens, pi. XLIX, fig. 264 142
Pan. stipticus, pi. XXIV, fig. 122 \.\\
Paraphyses et thèques I79
Parasites des plantes 194
Pedicelle, pi. II, fig. 7 72 qq
Pédicule, pi. II, fig. 7 72
Pénicillium, glaucum, Link., pi. LXXIV, fig. 405 206
Pen. sparsum, grev., pi. LXXIV, fig. 398 206
Peridermium 41
Perisporiacées ig
Peronospora, infestans, Caps., pi. LXXIV, fig. 403 199 200
Peziza 186
Pezize. abietina, Pers., pi. LXXIII, fig. 395 1S6
Pez. acetabulum, Lin., pi. LXXIII, fig. 390 187
Pez. coccinea, Jacq., pi. LXXIII, fig. 392 1S6
Pez. inquinans, Fr., pi. LXXIII, fig. 393 1S8
Phacidiées jg
TABLE ALPHABÉTIQUE 269
Pages.
Phalloïdées structure 163
Plullus du chien, caninus, Huds., pi. LXV, fig. 340 163
Phal. impudique, impudicus, Lin., pi. LXIV, fig. 332 163
Phlebia, merismoides, Fr., pi. LVII, fig. 2S9 155
Phlebomorpha 44
Pholiota 14 102
Pholiote 102
Phycoeladés 198
Phycomyoètes 15
Phycomyces, nitens, Kye 43 48
Physarum, bullatum, Dit. in Sturm., pi. LX1X, fig. 369 171
Physariées 44
Pietra funghaia 230
Planche à couche de champignons, pi. LXXV, (ig. 406 235
Pleurope 136
Pleuropus 67, 70 130
Pluteus 14
Podissoma et Rœstelia 41 52
Polymorphisme 49
Polyangium, vitelinum, Lk., pi. LXX, fig. 382 175
l 'i ilypore 144 149
Polyporus, espèces comestibles 149
Pol. élégant, elegans, Boit., pi. LV, fig. 2S2 150
Pol. gigantesque, giganteus, Boit., pi. LV, fig. 280 149
Pol. hispide, hispidus, Bull., pi. LV, fig. 2S3 150
Pol. du noyer, juglandis, Bull., pi. LV, fig. 279 149
Pol. oblique, obliquatus, Bull., pi. LVI, fig. 286 150
Pol. sulfureux, sulfureus, Fr., pi. LVI, fig. 284 150
Pol. varié, varius, Fr., pi. LV, fig. 281 149
Pol. bigarée, versicolor, Fr., pi. LVI, fig. 285 150
Pomme de terre (maladie delà) 199
Pratella 09 102
Préface v
Préparation du fumier 232
Protomycètes 15
Psalliota 14
Psathyra 14
Psatyrella 14
Pseudospores 41
Psilocybe 14 102
Puccinia et structure 50
Pycnides 50
Pyrénomicès 13
Pyronema confluens 48
R
Radulum, orbiculare, Fr., pi. LVIX, fig. 304 154
Reproduction sexuée 46
Respiration des champignons 52
Rœstelia et podisma 52
Rliizoctonia 44
44 M9
Rhyzomorpha .
270 TABLE ALPHABÉTIQUE
Pages.
Rhizopus nigricans 'a
Rhyzopus f
Rhodospores D
Rouille du blé ; des herbes
Russula, espèces comestible
'MO
Russule
S
Saprelognia monoica ;'7
Saprolegniées, accouplement ''
Satyre •; ^3
Schizophillum, commune, Fr., pi. LVII, fig. 287 62 142
Sclérochètes
Scléromycées
Sclerotium *'
Scoleeites
Scol. des Bulgaria
Peziza '™
Scleroderma, verrucosum, Ter., pi. LXV1, fig. 347 10°
Sclerod. vulgare, Fr., pi. LXVII, fig. 353 l69
Sexuée, reproduction
Simblum, periphragmoïdes, Berk. , pi. LXV, fig. 335 163
Sisiotrema, confluens, Pers., pi. LVIII, fig. 296 1S^
Solenia, fasciculata, Pers., pi. LX, fig. 309 1®
n a il- 20ô
Soutrage de la vigne
Sous-genre, amanita ' '
■ fiQ 114
Sous-genre, coprinus
. . AQ 1 1 0
Sous-genre, cortinana VJ
po 70
Sous-genre, gymnopus "J
Sous-genre, Lactarius "J
Sous-genre, Lepiota 69
Sous-genre, Mycena 69 9ù
Sous-genre, Omphalia °9 9*
Sous-genre, pratella 69 102
Sous-genre, pleuropus ' ■
Sous-genre, Russula 6J lo"
10
Spermogonies
Sphacélïe 191 129
Sphœria, Hypoxilon, Ehrh., pi. LXV1, fig. 34b 189
Sphœ. ophioglosoïdes, Ehrh., pi. LXII, fig. 324 189
Sphœronemei °
Spores ou conidies —
Sporanges 43 47
Spores d'été et d'hiver ol
39
Spores en germination, fig. 409
Spores en chapelet "^
30
]]...... 38
197
Spores de campestris, pi. LXXV, fig. 408
Spores des agaricinées
Sporendonema
Sporidies
KO
Sporidies du Rœstelia °-
Spumaria , abba, DC, pi. LXV1I1, fig. 3ob 17°
TABLE ALPHABÉTIQUE 271
Pages.
Sucre des Champignons 213
Supplément à la description des espèces 249
Stereum, sanguinolentum, Fr., pi. LX, fig. 310 156
Stemonitis, typhyna, Purs. pi. LXVIII, fig. 361 169
Stroma 36
Stropharia 15 102
Structure et organisation des champignons 51
Structure des Agaricinées 56, 60 61
— Aspergillées 201
— Bolets 143
— Clavariées 157
— Coprins 64
— Helvellées 179
— Ilydnées 64, 152 220
— Mucedinées 198
Mucorinées 42, 195, 19G 221
— Nidulariées 177
— phalloïdëes 220
— polypores 149 220
pucciniées 50
— sphceriaoées 188
Truffes 179, 1S0 189
— Uredinées 193
— ■ ustilaginées 42 194
Stylospores 181
Sympixidei 15
Syzigites megalocarpus i7 49
Système reproducteur 57
— végétatif 57
Table alphabétique 257
Table des matières 255
Telamonia 240
Teleutospores 51
Thèques 13, 49, 1*2 179
Thecasporés 17 178
Thelephora, purpurea, Schum., pi. LX, fig. 30? 156
Tilletia, caries 42
Torrubia et isaria 197 198
Torula 50
Torulacées 197
Trametes, pini, Fr. , pi. LX, fig. 307 151
Tremella, foliacea, Pers., pi. LVI1, fig. 292 162
Trémelle 162
Trichia, cerina, Ditm. in Sturm., pi. LXX, fig. 378 173
Trichiacées 44
Trichobasis, rubigo-vera 50
Trichoderma, viride, Pers., pi. LXVIII, fig. 360 169
Trichodormacei 14
Trichocoma 1 » 241
Trichosporés 17 197
272 TABLE ALPHABÉTIQUE
Tages.
Truffe cullure 238
Tubaria 14
Tuber, cibarium, Sibth., pi. LXXII, Hg. 390 190
Tuberacées 12 1S9
Tubercularia 191
Tylostoma, Brurnale, Berlero, pi. LXVI, fig. 3ii 168
Tympanis, aucupariee, Fr., pi. LXXI, fig. 367 173
Typhula, erytropus, Fr., pi. LXX, fig. 383 161
U
Uredinées, polymorphismes 193
Dredo, caries, EC 193
Uredo, rubigo-vera, DC SI
Uredospores SI
Usage dus champignons 22o
Uslilaginées, germination 193
Ustilago, segetum, Fr., Dilm., pi. LXXI V, fig. 401 193 19'.
— maydis ■ , 194
V
Vénéneux (champignons) 216
Vers à soie (maladie des) 198
Verpa, digitaliformis Pers., pi. LXXI, fig. 386 185
Vesseloup comestible 166
Verticillium, allocbroum, cord., pi. LXXIV, fig. 400 200
Volvaria 14 9b
Vigne (sa maladie) 204
X
Xanthopus ' 240
Xerotus • 240
Xyloma 240
Z
Zoospores 36
Zoospores des algues 42
— cystopus 47
— peronospora 200
Zygospores 37, 47 48
Zygospores du mucor 43 48
10236. — Paris. Imp. Félii Maltiste et C«, rue Dussoubs, 22.
ADDITIONS ET CORRECTIONS
A FAIRE DANS L'INDICATION DES PAGES ET DES PLANCHES
Dages
Lignes
Au lieu
de :
Lisez ;
VI
23
ou le Posidonia du Sabinier,
ou le Puccinia.
9
18
SOWBRBIJ,
Sowbrbii.
69
17
4° Sous-genre, Mycena,
4' Sous-genre, Omphalia.
69
20
5e Sous-genre, Omphalia,
5e Sous-genre, Mycena.
72
31
en dessus,
en dessous.
73
14
au sommet, long.
au sommet, pédicelle long
77
16
la fig. 22,
la fig. 23.
77
19
fig. 23,
fig. 22.
77
29
Amiantinus,
amianthinus.
80
7
cinerasceus,
cinerascens.
80
24
mince,
minces.
81
22
toujous,
toujours.
84
37
Comestible,
Suspect.
87
18
plan,
plein.
89
1
nebulosus,
nebularis.
90
31
velutinus,
velutipes.
91
0
blanches,
de la couleur du chapeau.
99
9
sinuatus, planche
XXVI, fig. 138, planche XXVII, fig. 144.
100
19
planche XXVII,
planche XXVIII.
109
24
planche XXXII,
planche XXXIII.
111
14
Candoleanus,
Candolleanus.
118
28
fig. 326,
fig. 226.
125
20
Ag. piriodorus,
Cort. pyriodorus.
125
31
Ag.,
Cort.
126
5
Ag.,
Cort.
126
16
Ag.,
Cort.
126
22
Ag. conocephaleus,
Cort. conocephalus.
127
1
Ag.,
Cort.
127
11
Ag.,
Cort.
127
24
Ag.,
Cort.
127
33
Ag.,
Cort.
128
5
Ag.,
Cort.
228
13
Ag.,
Cort.
128
19
blanches,
jaunâtres.
128
26
Ag.,
Cort.
129
1
Ag.,
Cort.
129
10
Ag.,
Cort.
129
22
Ag.,
Cort.
Pages
Lignes
Au lieu de :
Lisez :
130
10
conveve,
convexe.
130
26
Agaric mouton,
Agaric à coliques.
133
20
Russ. galochrea,
Russ. galochroa.
136
23
rondes,
linéaires.
138
17
Cant. mucigenus,
Cant. muscigenus.
139
8
protensis,
pratcnsis.
139
17
Mar. urens,
Mar. prasiosmus.
141
6
Mar. urens, fig. 261.
141
31
styptique,
stiptique.
141
fig. 265.
Mollis.
142
14
Pan. concatus,
Pan conchatus.
143
15
ordinairemet,
ordinairement.
145
14
Vieux,
Vient.
146
31
planche LI,
planche LU.
147
5
planche LU,
planche LUI.
147
14
planche LU,
planche LUI.
147
24
planche LU,
planche LUI.
133
27
planche LVU,
planche LXIII.
159
28
Cl. juncea, planche LXII,
planche LXIII.
165
8
La fig. 337,
La fig. 337 (a).
166
25
Lyc. piriformis,
Lyc. pyriforme.
172
21
Réceptacle grossi en N,
Réceptacle grossi en M.
173
4
Leocarpus vermicosus, fig. 363,
vernicosus, fig. 368,
176
18
66' GENRE, CYATUS,
CYATHUS.
181
9
petit sphère,
petite sphère.
185
7
planche LXXII,
planche LXXI.
18b
12
planche LXX,
planche LXXI.
185
23
planche LXX.
planche LXXI.
186
7
Helvella farinosa,
Helvella barinosa.
189
4
Spgaeria ophroglossoides,
Sphaeria ophioglossoides
190
4
planche LXXI,
planche LXXII.
190
25
Elaphomices,
Elaphomyces.
199
5
planche LXX1II,
planche LXXIV.
202
8
fig. 394, G,
fig. 399, F.
202
19
(fig. 394, H),
(fig. 399, E).
206
1
fig. 379,
fig, 399.
206
23
fig. L,
fig. G-
206
27
La fig. M,
La fig. D.
219
17
Marasmius orcades,
Marasmius oreades,
237
5
GOBLAGE.
GOBTAGE.
248
12
Ag. granulo,
Ag. granulosus.
256
4
Action des agents extérieur,
Action des agents extérieurs
257
23
Crustiliniformis,
crustuliniformis.
257
27
Page 250,
Page 249,
258
14
Page 249, .
Page 248.
258
21
hœmastospermus,
hœmatospermus .
259
5
Page 249,
Page 248.
259
17
faux mouceron,
faux mousseron.
Pages
Lignes
Au lieu de
Lisez ■.
259
18
faux mouceron,
faux mousseron.
2S9
26
phaeopodins,
phaeopodius.
259
44
pygmeus,
pygmoeus.
260
36
Ag, à coliques,
Ag. mouton.
260
38
umbeliferus,
umbell ifer erus .
260
40
urens,
prasiosmus.
261
Ib
pi. LXVIX, fig. 371.
pi. LXIX, fig, 366.
261
24
Arciria.pl. LXVIX,
%■
374.
Arcyria, pi. LXIX, fig. 369
262
31
fig. 360,
fig. 461.
263
4
pi. LXII,
pi. LXI.
263
18
Colléus,
Coléus.
263
47
Page 135,
Page 155.
263
48
Craterelle, tubeformis,
Craterelle, lutiformis.
263
49
fig. 367.
fig. 362.
264
1
pi. LXVI, fig, 349,
pi. LXVIII, fig. 362.
264
16
fig. 370,
fig. 365.
264
36
Elaphomice,
Elaphomices.
265
23
Geasterum,
Geastrum.
266
7
Hirneola sambuci,
Hirneola judœ.
266
33
pi. LVIX,
pi. LIX.
267
1
fig. 368,
fig. 363.
267
4
Leocarpus vermicosus, fig. 373,
vernicosus, fig. 368.
267
20
Lyc. pxriformis,
Lyc. pyriforme.
267
26
pi. LXIX,
pi. XLIX.
267
27
Page 139,
Page 219.
268
11
Nyetalis,
Nyetalis.
Planche X, fig. 31, Arenatus,
Arquatus.
Planche LXVIX,
LXIX.
11817. — Paris. Imp. Félii Malteste et O, rue Dussoubs, 22.
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